Georges Yoram Federmann

Chant yiddish

Une petite vingtaine de personnes se sont retrouvées ce dimanche 24 avril, journée de la déportation, sur l’étroit trottoir laissé libre par les travaux, devant le bâtiment de l’Institut d’anatomie normale de l’ex Hôpital civil de Strasbourg où se trouve une plaque pour 86 juifs martyrisés par les nazis et dont les cadavres avaient été retrouvés en morceaux à la fin de la seconde guerre mondiale suite à des “expériences” du professeur nazi Hirt. Leurs restes sont enterrés au cimetière israélite de Cronenbourg où une stèle rappelle désormais leur mémoire.

Commémoration Institut d’Anatomie normale de Strasbourg

Commémoration Institut d’Anatomie normale de Strasbourg
24 avr. 2011

cercle Menachem Taffel

Les participants représentaient presque toutes les catégories de victimes des camps nazis, Juifs, Roms, homosexuel-le-s, malades psychiques.

deux Sarkozy morts au Struthof GYFedermann

Suite au travail de M. Toledano, des noms de Sintis se sont ajoutés au noms des autres victimes.

une Pénélope yiddish

Une Rwandaise rappelait le génocide dans ce pays.

enfants à la rue GYFedermann

On a écouté deux chants yiddish, ainsi que la prise de parole de Georges Yoram Federmann du cercle Menachem Taffel, organisateur depuis des années de cette cérémonie, où manquait cette année un représentant de la mairie habituellement présent

Une partie du quai Pasteur, près de l’entée du Nouvel Hôpital, va bientôt s’appeler Quai Menachem Taffel.

quai Menachem Taffel

Le travail de connaissance continue.

DNA:

Strasbourg / Commémoration devant l’institut d’anatomie

Mémoire des expériences nazies

Depuis 1999, le cercle Menachem Taffel organise chaque année devant les portes de l’institut d’anatomie de la faculté de médecine de Strasbourg une rencontre.

Devant les portes de l'institut d'anatomie, une douzaine de personnes se sont souvenues hier des expériences menées par les nazis à Strasbourg et au camp du Struthof, ainsi que des victimes des génocides du siècle passé. (Photo DNA - Marc Rollmann)zoom 

Devant les portes de l’institut d’anatomie, une douzaine de personnes se sont souvenues hier des expériences menées par les nazis à Strasbourg et au camp du Struthof, ainsi que des victimes des génocides du siècle passé. (Photo DNA – Marc Rollmann)

Elle rappelle l’extermination de 86 juifs en 1943, décidée par August Hirt, un professeur de médecine nazi de la Reichsuniversität de Strasbourg. Les crânes et les corps des victimes devaient être exposés dans un hypothétique «musée de la Race».

La rencontre rappelle également l’anéantissement en 1943 et 1944 de Roms et de Sintis (des tsiganes d’origine allemande). Ils avaient été choisis par les médecins nazis installés à Strasbourg, notamment pour des expériences sur la vaccination contre le typhus.

Les fils du souvenir

Hier, lors de la rencontre commémorative, le psychiatre Georges Federmann a souligné la persévérance des membres et des sympathisants de l’association Menachem Taffel, qui, tels des « Pénélope», tissent les fils du souvenir depuis 1999. Depuis 2005, une plaque de cuivre apposée à l’entrée du bâtiment rappelle les «morts pour rien» accumulés par les médecins nazis de l’université de Strasbourg.

C’est dans une rue en travaux, avec un espace très limité en bordure de l’institut d’anatomie, que la commémoration s’est déroulée. Elle a été ouverte et cloturée (sic) en musique, par deux chants poignants en yiddish, évoquant d’une manière très forte la Shoah.