Où était Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, le soir du vote pour l’admission de la Palestine à l’ONU ?

N° 1234 – Jeudi 6 Décembre 2012 p27

Fondation France-Israël
Grand Gala au Quai d’Orsay

Le gala traditionnel de la Fondation France-Israël s’est tenu dans les Salons du ministère des Affaires étrangères jeudi 29 novembre, en présence de Laurent Fabius. Une date dont la valeur symbo­lique ne cesse d’augmenter : anniversaire du vote à l’ONU de la résolution 181 aboutissant à la création de deux Etats, un juif et un arabe (virtuel), et dorénavant celui de l’accepta­tion de la Palestine comme Etat non membre.

Une certaine émotion a été ressentie au début du Gala de la Fondation France-Israël (FFI). Sous les peintu­res et les lustres des luxueux salons du Quai d’Orsay, avant le repas préparé par Ruben Sarfati, jeune cuisinier révélé par la télévision, Nicole Guedj, présidente de la Fondation a fait projeter le film du vote de la résolution 181.
Nous voilà donc projetés 65 années en arrière, en noir et blanc, le 29 novembre 1947, au siège de l’organisation des Na­tions unies (ONU), réunie en assemblée gé­nérale. C’est le moment où le président de la séance fait voter un à un tous les repré­sentants des pays membres pour savoir si, oui ou non, ils acceptent le plan de partage de la Palestine mandataire en deux Etats, un juif et un arabe. Alors que s’égrènent les oui, les non, et les abstentions, arrive le tour de la France, qui répond oui. Un oui qui, ce soir du 29 novembre 2012, fait mut murer une partie des invités. Sans doute car à quelques milliers de kilomètres, la même assemblée se réunit à New York pour sta­tuer du sort de la Palestine. Et que la France, d’un même oui, a approuvé ce jour-là le passage au statut d’Etat non membre pour la «Palestine».

La Fondation France-Israël ne se prive pas d’affirmer son opinion
Retour à la projection. Enfin la résolution est votée, par 33 voix contre 13 opposées et 10 abstentions. A un certain moment, le président de séance fait taire des personnes hors champ de la caméra, et l’on ne sait s’il s’agit de manifestations hostiles ou favora­bles à Israël. Suivent des images de liesse dans les rues israéliennes.
Puis Nicole Guedj prend la parole. « Si en 1947 on a pu, à l’ONU, imposer le si­lence après le vote de la résolution 181, faisant droit aux aspirations du peuple juif à la création de son Etat, aujourd’hui rien ne nous empêche au ministère français des Affaires étrangères, en votre présence Monsieur le ministre, dans les somptueux salons du Quai d’Orsay, de nous lever pour applaudir la création de l’Etat d’Is­raël ». Et la salle se lève, ministre des Af­faires étrangères, conseiller Moyen-Orient, directeurs de service du Quai d’Orsay, directeurs de cabinets et invités divers inclus, et applaudit la création de l’Etat d’Israël. Standing ovation.
Certaines personnes échangent des coups d’œil amusés. Que se joue-t-il ici précisé­ment, puisqu’il ne s’agit certainement pas de provocation, pas dans ce lieu où la di­plomatie est érigée en dogme ? Mais tout de même, au même moment, à F ONU, la France vient de voter oui, et c’est Laurent Fabius lui-même qui l’a annoncé dans la presse quelques jours plus tôt. Alors ?

Des positions nationales souvent contradictoires
Alors, la Fondation France Israël qui entretient des relations privilégiées avec le Quai d’Orsay, comme en témoigne ce gala, ne se prive pas d’affirmer son opi­nion. Et même si dehors la Ligue de dé­fense juive manifeste son désaccord avec la position de la France et la tenue de ce gala, la Fondation joue sa partition, mi-pragmatique, mi-équilibriste.
Pragmatique, parce qu’en dépit de la po­sition française à l’ONU, la coopération entre la FFI et le Quai d’Orsay est réelle. M. Mattei, le patron de la direction de la mondialisation (un service du ministère) siège même au conseil d’administration de la Fondation, et « apporte une aide réelle » dixit Nicole Guedj. Sensibiliser à la réalité israélienne au cœur même du dispositif po­litique pourrait être la devise de Nicole Guedj, qui dit constater « une évolution de la politique française grâce aux hommes qui l’animent ». D’autre part il est indénia­ble que sur le plan économique, scientifi­que et même diplomatique (dossier iranien) « la France est l’amie d’Israël » comme l’a souligné Laurent Fabius.
Equilibriste, parce que nommée France Israël, la Fondation doit, pour préserver sa cohésion, toujours trouver un terrain d’en­tente entre des positions nationales souvent contradictoires. Pour seul exemple, l’am­bassadeur d’Israël en France Yossi Gai, as­sis aux «côtés de Laurent Fabius durant le gala, s’est fait convoquer au ministère des Affaires étrangères quelques jours après. La France affirmant son désaccord, suite à l’annonce israélienne d’entamer un nou­veau programme de construction dans la zone El qui entoure une partie de Jérusa­lem. « J’aime à rappeler que ce plan de partage aurait pu permettre la création de deux Etats, et qu’Israël a su saisir sa chance », explique Nicole Guedj, une chance que les Arabes n’ont pas saisi. « Laurent Fabius nous a confié que nous avions bien fait de diffuser ce film, parce que l’on comprend mieux cette situation ». Un exemple de cette sensibilisation ?

Pierre Assouline

Archives
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/5552
Contrairement aux affirmations limite de feu Georges Frêche sur Fabius [“tronche pas catholique”] appuyées par le Causeur François Miclo [“air pas casher”],, on voit que François Fabius, malgré la conversion au catholicisme, a non seulement un air très casher, mais mange même casher, avec ses invités, au Quai d’Orsay! Et la laïcité, bordel!

Note sur une “baffe” promise mais jamais reçue

François Miclo, dans un commentaire sur le billet cité plus haut, me demandait de lui rappeler qu’il me “colle une baffe” à la prochaine rencontre!

Non seulement le Causeur n’a pas (encore heureux!) joint le geste à la parole (“Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire, dit Laverdure..Zazie dans le ‘rétro’?”, mais, croisé hier soir au centre-ville, il a même fait demi-tour pour me saluer fort civilement en s’excusant de son inattention…Il avait les yeux mi-clos?

Hopplà, salü, Franz!

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