Syngue Sabour [Pierre de patience]

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Syngue Sabour, le roman couronné au Goncourt en 2008, est devenu un film, magnifique et terrifiant, réalisé par l’auteur même de l’ouvrage, le poète afghan Atiq Rahimi.

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Un film qu’il ne faut pas manquer. Dans un Afghanistan en guerre, une femme, mère de deux fillettes, veille sur son époux, dans le coma, une balle dans la nuque. Elle bricole une perfusion avant de pouvoir acheter du sérum. L’homme est muet. La femme peut enfin lui parler. Peu à peu, tout en s’occupant de son “confort”, elle lui confie tout de sa vie de femme, d’épouse, délaissée par un héros de guerre, qu’elle a épousé en photographie, du fait de son absence. Quand des combats se déroulent dans la rue, elle se réfugie dans une cave avec les voisins. Tout ce qu’elle n’a, pas plus que les autres femmes, pu dire, elle le murmure de sa voix douce de plus en plus assurée, sans fard, jusqu’à des révélations inavouables sur sa sexualité, et les rapports qui l’ont rendue mère, dans une langue directe et crue. Des combattants entrent dans la maison, un commandant brutal; on craint pour la vie de la femme; un jeune soldat, qui reviendra plusieurs fois: il bégaie… La vie quotidienne est difficile, sans électricité, ni eau, ni argent. Le mollah se présente trois fois, mais chaque fois, il reste à la porte, astucieuse manière de mettre la religion à l’écart. Les plans sont magnifiques, les séquences d’intérieur et d’extérieur, la ville, les rues, se succèdent, dans une lenteur quasi hypnotisante donnée dès le générique où la caméra glisse doucement sur les figures d’un rideau. La femme, interprétée par une actrice iranienne, très belle, parle, de plus en plus assurée, enfin maitresse d’elle-même. A l’intérieur, elle est en cheveux, quand quelqu’un frappe au portail, elle se couvre d’un foulard, quand elle sort, elle revêt la burqa. On découvre sa tante, au maquillage, tenancière de bordel, et les clients, fugacement aperçus. L’époux dans le coma, dont elle est persuadée qu’il l’entend, est cette pierre de patience forcée, qui donne son titre au roman comme au film. La pierre restera-t-elle inerte?

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