La « politique municipale de la race » à l’œuvre ?

roms remparts juin 2016

La « politique municipale de la race » à l’œuvre

Les DNA du 8 juin 2016 consacrent un article, sous le clavier d’Antoine Bonin, à la mendicité des Roms à Strasbourg à laquelle la ville voudrait opposer un nouvel arrêté..

Sans doute est-ce de saison maintenant que le tourisme bat son plein dans l’hyper-centre.

Il s’agirait « d’endiguer l’afflux de mendiants d’origine rom constaté depuis plusieurs semaines à Strasbourg ».

Certes, on ne peut nier qu’avec la belle saison, le nombre de personnes faisant la manche augmente, mais la population visée n’est pas majoritairement rom.

Le maire, Roland Ries, serait sur le point de signer un arrêté anti-mendicité rom. Un arrêté sur critère ethnique…

Le journaliste note la difficulté de la question :

« Le sujet est des plus délicats. Car la Ville œuvre depuis plusieurs années pour l’insertion des familles roms qui ont choisi de s’établir à Strasbourg. »

En effet, la ville se vante urbi et orbi de travailler à l’insertion des Roms. Elle a logé dans des caravanes plusieurs centaines d’entre eux sur des lieux comme à “l’Espace 16” et sur le dit « Espace Hoche ». Il faut croire que cette politique n’est pas une réussite, sans quoi les Roms auraient un travail et un logement et ne seraient pas contraints de mendier. Mieux encore, comme le disait M. Muller, bénévole de la Croix-Rouge à Eric Fassin sur « l’Espace Hoche », la ville de Strasbourg convoie tous les matins à 8 h 30 des Roms du camp éloigné de 12 km à la ville de Strasbourg. Un service municipal de transport de la mendicité ?

Mais les personnes visées par un futur arrêté anti-mendicité seraient des « femmes qui sont déposées tôt le matin par des véhicules de grosse cylindrée et récupérées le soir » selon Jean-Jacques Gsell, président de l’Office du tourisme.

Il y a peut-être quelques familles nouvelles arrivantes, si on en juge par la vingtaine de tentes dans lesquelles elles dorment chaque nuit rue des Remparts aux abord de l’Espace XVI avant d’être chassées par la police municipale à 5 h 30. Mais à qui fera-t-on croire au mythe des « grosses cylindrées » ? M. Gsell doit confondre avec les prostituées bulgares logées à Kehl et travaillant à Strasbourg.

Selon l’ex-adjoint ce seraient de « faux-mendiants » ! En réalité, pour qui suit les affaires roms à Strasbourg, les Roms qui font la manche ou parfois vendent des journaux sont des Strasbourgeois de longue date. Et leur présence dans ces activités de survie ne serait-elle pas encore une fois la preuve de l’échec global de la politique dite d’insertion clamée par l’adjointe aux solidarités?

Si on ne peut résoudre un « problème », reste à le supprimer de l’espace public. D’où « les services de la Ville ont préparé une mesure dont les dispositions n’ont pas encore été dévoilées officiellement…»

On souhaite bien du plaisir aux services juridiques de la ville de Strasbourg pour leur arrêté anti-mendicité rom ! Car comment échapper au racisme anti-Roms et à la xénophobie à l’égard d’une population roumaine donc européenne en distinguant, parmi ceux et celles qui s’adonnent à la manche pour survivre, entre les Roms et les non-Roms ?

Reste à espérer que les associations locales comme Latchorom, le Mrap, la LDH… qui sont censées lutter contre le racisme et les discriminations s’emparent de ce nouveau scandale municipal !

 

1 Commentaire

  1. scoccia scoccia
    8 juin 2016    

    merci de nous avoir informés…à quand un arrêté contre ceux qui éventuellement exploiteraient la mendicité des Roms..et un arrêté contre la misère ils y pensent à la Mairie de Strasbourg?

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