Un politicien alsacien controversé, Joseph Rossé, par Michel Krempper

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Un politicien controversé d’entre les deux guerres qui passe pour un collabo des nazis pour les uns, pour un homme qui aurait rusé avec eux sous l’annexion de l’Alsace-Moselle, alors que la maison d’édition Alsatia, dont il était gérant, poursuivait ses publications depuis Colmar; et même, pour quelques uns,il est présenté comme un “juste” ayant sauvé des Juifs. Plusieurs fois député de Colmar, ayant connu von Stauffenberg, auteur de l’attentat raté contre Hitler en 1944, il a été condamné par la France gaullo-communiste à de la prison en 1947 et est mort prématurément lors de son emprisonnement en 1951.

M. Krempper ayant plusieurs fois critiqué des historiens de gauche connus en Alsace, qui s’opposent à cette réhabilitation de Rossé, des participants au débat ont émis le vœu que soit organisé un débat contradictoire entre les deux thèses. Des conditions ont été évoquées par M. Krempper qui a relevé, selon lui, plusieurs erreurs (ou mensonges) dans un n° de Saison d’Alsace consacré à cette question. De l’autre côté, M. Alfred Wahl, comme probablement M. Léon Strauss, dénieraient la qualité d’historien à M. Krempper.

La Feuille de chou publie, au nom de la liberté du débat public, en Alsace, l’exposé de M. Krempper, de même qu’elle publiera toute contribution d’historiens opposés aux thèses exposées ici, comme dans l’ouvrage paru sous le nom de M. Krempper.

A suive, donc…

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DNA
Jacques Fortier
29/05/2016 à 05:00

Édition – Un livre de Michel Krempper Joseph Rossé, le député alsacien qui passa 2 450 jours en prison
Michel Krempper, après son livre sur l’autonomisme, s’attaque à une biographie de Joseph Rossé, l’un de ses grands élus d’entre-deux-guerres. Et tente d’absoudre l’ancien député de Colmar.

A beaucoup aujourd’hui en Alsace, le nom de Joseph Rossé ne dit plus rien. Mais dans le troisième quart du XXe siècle, prononcer ce nom était souvent le ferment d’une querelle, tant était vive la discorde entre ceux qui faisaient de l’ancien député de Colmar un « infâme collabo » et ceux qui voyaient en lui une injuste victime de l’Épuration.

Sur le site de l’Assemblée nationale, on apprend que Joseph Rossé (1892-1951) fut brièvement député du Haut-Rhin en 1928, puis de 1932 à 1942. Mais sa biographie s’interrompt en queue-de-poisson en octobre 1939, précisant que « les autorités nazies » l’ont fait libérer des geôles françaises où il attendait un jugement « pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État ».

C’est un symbole : le flou et le soupçon entourent la plupart des biographies de Rossé. Parce qu’il fut des Nanziger , ces quinze cadres autonomistes soupçonnés d’espionnage par la France, arrêtés, emprisonnés, puis livrés aux autorités nazies, et qui ont alors apposé leurs signatures (sous la contrainte, plaideront-ils) sur le « Manifeste des Trois-Epis » demandant l’intégration de l’Alsace dans le IIIe Reich.
Préférer les archives
à leurs commentaires

Fin 2014, l’historien Bernard Wittmann défendait l’un d’eux, Jean Keppi (1887-1967). Aujourd’hui, c’est Joseph Rossé dont Michel Krempper rouvre le dossier, après le travail de Gabriel Andrès (publié en 2003 chez Do Bentzinger). Sans parti pris, si ce n’est un regard décomplexé et bienveillant sur les autonomismes alsaciens, leurs ombres et leurs lumières, préférant les archives – fonds BNU et fonds privés – à leurs commentaires.

Joseph Rossé, Alsacien interdit de mémoire rappelle qui fut cet instituteur, puissant animateur du syndicat des instituteurs catholiques, révoqué en 1926 parce que signataire du Heimatbund , la plateforme commune des autonomistes.
L’« Alsatia » de la guerre

Devenu journaliste dans la presse catholique, élu député, déchu, condamné (au procès de Colmar), emprisonné, amnistié, réélu, ce chrétien, pacifiste, bilingue, se voulait davantage partisan d’une « autonomie administrative » contre l’autonomie politique de Roos, Schall ou Hauss.

Après les Trois-Epis, redevenu patron de l’éditeur Alsatia, mais privé de son groupe de presse, a-t-il été, comme le pense Krempper, un courageux et discret « résistant anti-hitlérien », utilisant les portes ouvertes par son statut de Nanziger pour sauver des têtes et éditer des livres antinazis, nouant même des liens avec les conjurés de l’attentat manqué contre Hitler en juillet 1944 ? Le tribunal militaire de Nancy, en 1947, dans un tout autre contexte, n’a pas eu la même conviction : condamné à quinze ans de travaux forcés, Rossé ira de prison en prison (dans sa vie, il fut détenu 2 450 jours) avant de mourir en 1951 dans un centre de détention du Lot-et-Garonne.

Michel Krempper présentera son livre le jeudi 2 juin (19 h 30) au foyer culturel de Dannemarie.

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