Grèce: “tout va très bien”…

Communiqué de presse

Fermeture des « Pharmacies Sociales » !!!
Que se passe t il ?

L’Ordre National des Pharmaciens grecs demande au ministère de la Santé la fermeture des « Pharmacies Sociales », considérant qu’elles n’ont plus aucun rôle à jouer dans la réalité actuelle, tout en en mentionnant combien utile et nécessaire a été leur rôle pendant la durée de la crise.

Beaucoup de questions évidentes se posent :

1 L’Ordre des Pharmaciens considère que la crise est terminée ?
Même si :
les retraites continuent à être amputées et que les retraités s’appauvrissent continuellement ?
Le chômage continue à atteindre des taux à deux chiffres (les statistiques officielles d’ELSTAT sont de 21,7% pour le mois de mai avec plus d’un million de chômeurs) ?
On parle maintenant de « salaires » de 200 à 300 euros avec le slogan qui va de soi : à demi travail, demi-salaire ! ?
Le nombre de mendiants et de SDF continue d’augmenter à un rythme rapide (se promener, même dans le centre de Glyfada, fait mal au cœur) ?
Les citoyens suppriment des biens de consommation de base dans leur alimentation (selon de nombreuses recherches sur le sujet) ?
Les dettes impayées aux banques ou à l’Etat enflent ?
L’augmentation des taxes directes ou indirectes affecte les plus faibles ?
Maintenant ils ne peuvent même plus s’assurer de leur maison avec de plus en plus comme résultat ces images dramatiques de ventes aux enchères ?

2 En août 2014 l’accès aux médicaments des malades non assurés avait initialement fait l’objet de la loi (Κ.Υ.Α. Γ.Π/ΟΙΚ. 56432/28.6.14) qui leur accordait le même reste à charge qu’aux malades assurés, alors que nos concitoyens «sans ressources»1-détenteurs du livret de prévoyance-continuaient à se procurer leurs médicaments entièrement gratuits dans les hôpitaux publics
Pourquoi cela est il caché ?

Il n’est fait référence qu’à la dernière loi (4368/2016 et ΚΥΑ Α3(γ)/ ΓΠ/κ.25132/04.4.2016) Comme pour la loi précédente, le traitement y est identique pour l’accès aux médicaments entre les assurés et les non assurés, mais la situation des «personnes sans ressources» a empiré.
Les «personnes sans ressources» se procurent leurs médicaments sans reste à charge dans les pharmacies privées sur critère de leur revenu : moins de 2400 euros par an pour une personne seule.
On leur demande généralement en fonction des médicaments (et pas pour des médicaments spéciaux), de payer la différence entre le prix de vente et le prix de référence.2
La différence entre le prix de vente au détail et le prix de référence modifie aussi le reste à charge des autres citoyens.
Maintenant les pourcentages de reste à charge inscrits sur les ordonnances, par exemple 10%, 25% sont rarement appliqués, sans parler des produits consommables ou des médicaments non inscrits sur l’ordonnance ! (analgésiques, vitamines3)

Pourquoi n’ont ils pas demandé depuis 2014 la suppression des pharmacies sociales ?

3 Pour les basses retraites :un malade avec une retraite de 384 euros par mois, par exemple, soit 4.608 euros par an, il n’a donc aucune exemption de reste à charge, et si il a plusieurs affections : pulmonaire, cardiaque ou un problème de diabète ?
Quelqu’un peut il penser qu’il peut régler le coût de son reste à charge établi suivant le type de médicaments et payer en plus son loyer, la nourriture (s’il ne s’adresse pas à la soupe populaire), l’eau, l’électricité (pour ne parler que des besoins de base) ? ?.

4 L’Ordre des Pharmaciens pense donc que ceux, silencieux et honteux la plupart du temps, qui s’adressent pour de l’aide aux dispensaires sociaux, sont de simples « resquilleurs » à qui il plaît de prendre des médicaments donnés par quelqu’un qui n’en avait plus besoin, plutôt que de se rendre normalement à sa pharmacie ?

Mis à part la date de la demande, le fait que dans le cadre des « Pharmacies Sociales » il y ait des structures qui fonctionnent suivant des principes différents pose la question de la nécessité évidente et généralement reconnue du soutien aux structures sociales (et pas seulement des Pharmacies Sociales).
Il y a les « Pharmacies Sociales » subventionnées (par des Fonds européens ou des ONG), à coté de structures de solidarité autogérées indépendantes non subventionnées comme le Dispensaire Social Métropolitain d’Elliniko (MKIE), qui offre de soins entièrement bénévoles et sans échange d’argent.
L’action et le travail du MKIE (qui comporte également une pharmacie) tire sa renommée de sa reconnaissance par les citoyens, aussi bien en Grèce qu’à l’étranger.
Il fonctionne selon un code de valeurs morales et avec le contrôle continu des conditions des bénéficiaires.
Il les envoie aux pharmacies privées lorsque l’achat de médicaments n’est pas une charge démesurée.
Il comprend aussi les problèmes des pharmaciens dont ne sont pas responsables les simples citoyens mais les politiques.

Ceux qui prévoient la fermeture de telles structures absolument nécessaires auront à faire face à la société elle même. D’ailleurs des structures comme le MKIE se ferment toutes seules, il suffit que n’existent pas les raisons qui les rendent indispensables.
Donc que tous ceux pour qui « importe» le bien de la société grecque s’occupent de lutter essentiellement pour supprimer les causes de l’existence des structures sociales de solidarité.
Le MKIE se bat en Grèce et aussi au niveau européen et c’est pour cela que les structures de solidarité de la plupart des pays européens, et pas seulement, nous soutiennent avec ardeur.

Le Dispensaire Social Métropolitain d’Elliniko

Traduction Palili

http://www.mkiellinikou.org/blog/2017/10/24/pfs/

Texte du DSM de Elliniko – Marc Devos V2

La santé pour tous,
qu’en est-il en Grèce ?

Conférence-débat
organisée par un collectif d’associations et de citoyens
et les associations ADAG et Alsace-Crète

Conférence animée par
Bruno PERCEBOIS et Eliane MANDINE
Auteurs du livre Les dispensaires autogérés grecs*

Vendredi 17 novembre à 20h
Maison des Associations, 1A, Place des Orphelins, Strasbourg
(Entrée libre, chapeau)

solidarite-grece-67@orange.fr
*En vente dans la salle, 8 euros

LES DISPENSAIRES AUTOGERES

L’effondrement du système de santé est certainement une des conséquences les plus tragiques de la crise économique et sociale qui secoue la Grèce. Selon Médecins du monde, 25 à 30% des personnes qui se présentent aujourd’hui à l’hôpital sont refusées.
Fermetures de dizaines d’hôpitaux, réduction drastique des effectifs, multiplication des suicides et des maladies mentales, pénurie de médicaments, pourcentage croissant de la population privée d’accès aux soins : face à cette situation les Grecs ont réagi en créant des structures solidaires gratuites et autogérées pour prendre en charge collectivement les questions de santé.
Ces nouveaux dispensaires gratuits couvrent l’ensemble du territoire et ce sont des centaines de milliers de patients qui ont recours à leurs services. Un autre système de santé émerge, une résistance sociale s’organise.
Face au manque de médicaments et de matériels médicaux, désormais impossibles à importer, un réseau international de solidarité tente d’apporter son aide à ces dispensaires autogérés
« Nous considérons notre initiative comme faisant partie d’un mouvement général de solidarité qui se développe au sein de la société grecque. Tous ensemble,nous luttons pour que les droits sociaux ne soient pas abolis et que le régime de la peur et de l’individualisme ne domine pas. Nous luttons pour établir des valeurs de solidarité, de justice et de dignité »
au dos du livre « les dispensaires autogérés grecs
imprimé par nos soins ne pas jeter sur la voie publique

tract 2e(1)

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