« La France aujourd’hui est très dangereuse pour la situation actuelle au Mali. Elle n’est pas là pour le nord mais pour le maintien de l’ancien système »

arton9115-45534Interview réalisée par Omar & Jawad d’ATTAC / CADTM Maroc fin du mois de février 2013 avec les membres du secrétariat national du mouvement MP22 du Mali :

– Professeur Rokia Sanogo, présidente du MP22 au Mali
- Mme. Mariam Diawara, Avocate et Présidente du Club des avocats « Ahmed Sékou Touré »
- Mr Perygnama Sylla, membre secrétariat exécutif de MP22

OMAR : Nous vivons aujourd’hui une situation de désinformation totale par rapport à ce qui se passe chez vous au Mali. Nous avons pu à travers nos échanges depuis hier apprendre beaucoup de choses qui nous ont bouleversés et donc nous sommes là pour en savoir d’avantage.

Suite interview: http://cadtm.org/La-France-aujourd-hui-est-tres

 Islamophobie : la ligne rouge a été franchie

Lettre ouverte à Christiane Taubira par Guillaume Weill-Raynal, ex-avocat et essayiste

Madame la Ministre,
Depuis quelques années, déjà, nous nous habituons.
Nous nous étions habitués à entendre des journalistes respectables, ou tenus pour tels, avouer sans gêne être “un peu islamophobe”.
Nous nous sommes accoutumés à voir fleurir périodiquement, comme des marronniers, les couvertures sensationnalistes et racoleuses d’hebdomadaires et de magazines consacrées à l’islam sur le ton du “ce-qu’on-n’ose-pas-dire”, qui entretiennent avec beaucoup de démagogie et de confusion la peur du foulard, du hallal, des prières des rues, du terrorisme international, de réalités sociales de pays fort éloignés, et qui n’ont en réalité d’autre but que d’entretenir une haine aussi préconçue qu’irrationnelle à l’encontre de certains de nos concitoyens.
Ces dérives sont devenues tellement courantes qu’elles finissent par nous apparaître, même quand elles nous heurtent, comme le cadre “acquis”, et donc inévitable, dans lequel le débat serait dorénavant appelé à se poursuivre.
Mais où est la limite ? L’islamophobie, comme le relevait récemment Azouz Begag, “avance comme un bulldozer silencieux”. Preuve en est le sondage publié il y a quelques semaines par “Le Monde”, selon lequel 74% des Français considèrent que l’islam est incompatible avec les valeurs de la République. Une religion pourtant pratiquée et vécue de manière paisible, en France, par l’immense majorité de ses fidèles. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’origine fantasmatique d’un tel ressenti, entretenu précisément par ces dérives médiatiques que je viens d’évoquer.
La limite a été franchie ces dernières semaines.

 Tirer dans le tas ! De l’avenir des musulmans en France par Alain Gresh

islamophobie

Longtemps, les colonisés ont été considérés comme appartenant à une espèce inférieure, dont le statut ne relevait ni de principes universels, ni du droit international. Et que l’on pouvait exploiter, voire exterminer sans remords. Dieu reconnaîtrait les siens !

En 1898, Heinrich von Treischke, un expert en sciences politiques, soutenait ce qui pour nombre de ses contemporains apparaissait comme une banalité : « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. » La balle dum-dum fut inventée à la fin du XIXe siècle ; elle causait des blessures particulièrement graves. En 1897, la convention internationale de La Haye adoptée par les Etats « civilisés » la bannissait ; elle fut réservée à « la chasse au gros gibier et aux guerres coloniales » (lire « La fin du droit international ? », 16 août 2006). « Exterminez toutes ces brutes », gribouille, durant ses tribulations au cœur du Congo colonial, le Dr Kurz, le personage central de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad.

A la même époque, l’antisémitisme, fondé sur les mêmes théories « scientifiques » de la race, affirmait que les juifs étaient des sous-humains, théories ouvrant la voie au génocide de la seconde guerre mondiale. Durant ces années, le gouvernement de Vichy adoptait des lois sans précédent d’exclusion des juifs, d’interdiction de nombre de leurs pratiques religieuses, de déchéance de citoyens français de leur nationalité, tout en contribuant activement à l’entreprise génocidaire nazie.

Depuis, il semblait que ces discours et ces mesures d’exclusion ne pouvaient être défendus en France, non seulement contre les juifs, mais contre toute minorité. Nous avions tort.

Dans un texte intitulé « Que faire des musulmans une fois le Coran interdit ? », publié par le site Boulevard Voltaire et qui n’a suscité aucune condamnation officielle de tous ceux qui sont si prompts à condamner tout acte antisémite, Christine Tasin fait « un rêve » — merci à Sébastien de m’avoir signalé ce texte.

« Les musulmans, qu’ils soient Français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales, afin de supprimer l’appel d’air permanent qu’elles suscitent. Bien sûr, il faudra ou sortir de l’Union européenne ou la faire exploser puisqu’elle voudra nous empêcher de faire la loi chez nous, et reconstituer une Europe des nations.

Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. »

(…)

« Bien sûr enfin, on nous dira qu’il y a trop de citoyens concernés. Et qu’on ne peut expulser des gens présents depuis si longtemps en France, avec la nationalité du pays. À ceux-là, nous répondrons qu’en 1962, on a fait partir d’Algérie plus de 10 % de sa population, dont la plus grande partie n’avait plus aucun contact avec la France depuis plusieurs générations. À notre connaissance, c’est loin d’être le cas de nombreux musulmans qui vont en vacances, tous les ans, “au pays”. »

Ce texte se passe de commentaires. Pour vous distraire, si l’on peut dire, remplacez le terme musulmans par juifs, roms ou Noirs… Et vous aurez une idée de la France « ethniquement pure » que l’on nous prépare.

http://blog.mondediplo.net/2013-04-16-Tirer-dans-le-tas-De-l-avenir-des-musulmans-en

 Fin de la grève à PSA / Aulnay

GRÈVE À L'USINE PSA D'AULNAY-SOUS-BOIS

Pendant 4 mois de grève, les salariés ont tenu en échec PSA et ont réussi à ne pas se faire écraser

Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay
Ce vendredi 17 mai, les salariés de PSA Aulnay en grève depuis 4 mois (16 janvier) ont voté en Assemblée Générale la suspension de la grève et ont demandé à la CGT et à la CFDT de signer un protocole de fin de grève.
Pour l’ensemble des salariés, la fermeture de l’usine reste toujours inacceptable et injustifiée. Cette fermeture est un véritable gâchis social, qui aura des conséquences désastreuses au niveau de la région. C’est pourquoi, si les salariés ont décidé de suspendre la grève, ils n’ont pas renoncé à défendre leurs droits.
Depuis 4 mois, des centaines de salariés ont réussi à tenir en échec la direction de PSA dont le principal actionnaire, la famille Peugeot, est une des familles les plus riches et les puissantes de France. Contre eux, les grévistes ont eu aussi le gouvernement, qui a pris fait et cause pour la famille Peugeot et ses actionnaires et a mobilisé les moyens de l’État contre la grève.
Depuis 4 mois, les salariés ont montré qu’il est possible de relever la tête et de se battre collectivement, de ne pas se faire écraser, même s’ils n’ont pas réussi à faire reculer PSA sur la fermeture de l’usine ou à obtenir un CDI pour tous et une pré-retraite dès 55 ans. Il aurait fallu pour cela une lutte qui se généralise.
Cette longue grève est une véritable fierté pour les centaines de salariés qui y ont participé. C’est la fierté d’avoir mené un combat juste et légitime. C’est le combat pour l’emploi et pour protéger les conditions d’existence face à une direction qui licencie dans le seul but d’augmenter les profits.
Le soutien extraordinaire de dizaines de milliers de travailleurs est la preuve la plus éclatante que cette grève était juste, et que nombre de militants et de travailleurs s’y reconnaissaient.
Tous les grévistes tiennent à remercier tous les travailleurs qui les ont soutenus et leur ont permis de tenir.
Grâce à la grève, PSA a dû céder un certain nombre de mesures.
Concernant l’ensemble des salariés concernés par le PSE :
- La prime de licenciement supra-légale est passée de 6 mois à 12 mois.
- Pour les travailleurs âgés, le départ anticipé est passé de 30 à 36 mois.
- Les critères restrictifs pour toucher les primes de déménagement ont été quasiment annulés.
- La prime de mutation est passée de 5 000 € brut imposable à 5 000 € net non-imposable
Concernant les grévistes de PSA Aulnay :
- La réintégration des 4 salariés honteusement licenciés. Ils pourront bénéficier des mesures du PSE ou de la possibilité de reclassement à la RATP, SNCF ou ADP.
- L’annulation des procédures de licenciements contre les délégués.
- L’annulation de toutes les poursuites pénales et disciplinaires.
- Des garanties écrites concernant les mutations.
- Une indemnité forfaitaire supplémentaire pour ceux qui choisiraient de quitter l’entreprise avant le 31 mai.
- Les journées de grève sont neutralisées pour le paiement des journées de chômage, du calcul de la prime de 13ème mois, des jours de congés payés, des jours fériés, ce qui atténue fortement les pertes financières de la grève.
La grève reste la meilleure arme des travailleurs !
Jean-Pierre MERCIER
DS CGT PSA Aulnay

 Communiqué UNIRS – Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires

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Après avoir mollement soutenu les manifestants contre la contre-­‐réforme des retraites de Fillon-­‐ Sarkozy de 2010, après avoir vigoureusement promis qu’il s’attaquerait à la finance lors de sa campagne électorale et qu’il préconiserait toujours des réformes justes, M. Hollande élu Président de la République s’est rapidement installé dans les ornières du traité Merckel-­‐Sarkozy.

Désormais, les réformes engagées dans les domaines économiques, sociaux, budgétaires et financiers s’apparentent à celles qui sont préconisées ou demandées par les «  marchés financiers  », à celles qui sont souhaitées ou conseillées par le FMI, la BCE et la Commission Européenne, à celles qui sont présentées par les économistes et les experts officiels et patentés comme étant les seules possibles, les seules raisonnables et réalistes.

Engagé dans la course à la réduction des déficits publics tout en conservant le boulet de la concurrence fiscale entre les Etats, le gouvernement conduit une réelle politique d’austérité et de rigueur pour la majorité de la population.

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 Amnistie sociale : un jour « grave » pour la gauche

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A l’appel de la CGT, militants syndicaux et politiques se sont rassemblés jeudi 16 mai pour soutenir la proposition de loi sur l’amnistie sociale. Le texte revenait, le matin même, en débat à l’Assemblée nationale. La gauche est profondément divisée.

La suite: http://www.regards.fr/web/Amnistie-sociale-un-jour-grave,6648

Et aussi: Amnistie sociale: syndicalistes et Front de gauche se mobilisent:

http://www.humanite.fr/social-eco/lois-sur-lamnistie-sociale-et-les-licenciements-bo-541712