Anatomie du souvenir: commémoration de génocides sans concurrence mémorielle

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Il n’y avait qu’une vingtaine de personnes ce dimanche matin à 10h devant l’Institut d’anatomie normale pour une nouvelle commémoration off de la journée des déportés, en partie les mêmes fidèles, en partie des têtes nouvelles.

Il s’agit, à l’appel de Georges Yoram Federmann et du Cercle Menachem Taffel, de rappeler les sinistres expérimentations pseudo médicales du professeur Hirt, en particulier, et des autres médecins nazis, sur les 86 victimes juives transportées d’Europe centrale en Alsace, dont les corps et les membres découpés ont été retrouvés dans les caves du bâtiment à la libération de Strasbourg.

Rien de compassé ici comme dans les cérémonies officielles, mais du sens, de l’émotion, et les témoignages de plusieurs présents représentant en leur nom propre les diverses et nombreuses victimes du nazisme et des génocides postérieurs.

Point de concurrence mémorielle, au contraire, ni de prétendue unicité du génocide des Juifs. L’histoire du monde, depuis la fin de la seconde guerre mondiale prouve, hélas, que le plus jamais ça n’est pas encore survenu.

Et le Dr Federmann, fort de son expérience quotidienne de médecin-psychiatre au service des plus pauvres et “sans-droits” de remarquer que ce sont les meilleurs médecins de l’époque qui ont commis des crimes abominables, et que nul n’est vacciné aujourd’hui et demain contre ce mal.

Et les résistances du corps médical aujourd’hui encore à soigner les SDF ou les Roms et autres sans-papiers, ou à l’inscription des crimes sur les lieux mêmes ou à leur enseignement obligatoire en 1re année de médecine en sont une preuve supplémentaire. Et parfois le zèle mis à effacer le nom du professeur Leriche, en dentaire, ressemble trop à une forme de négation par effacement de l’histoire. Inscrire le crime contre l’humanité, inscrire les noms des criminels, mais pas effacer la mémoire pour que la connaissance progresse et demeure.

Shlomo ben Jacov

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 M. Valls, une circulaire ne suffit pas, c’est la loi qu’il faut modifier

La lutte des sans-papiers de Lille et la poursuite des expulsions viennent confirmer avec force que la circulaire Valls, publiée le 28 novembre 2012, ne répond pas à la revendication portée par nos organisations « pour une égalité des droits entre Français et étrangers ». Cette revendication avait été réaffirmée durant les campagnes présidentielle et législative par les organisations suivantes : Autre Monde, CGT Paris, La Cimade IDF, Droits Devant !!, Fasti, FSU Paris, Gisti, LDH Paris, Mrap, RESF, Union Syndicale Solidaires.

En partant du vécu de milliers de migrants, les organisations signataires proposaient des mesures précises pour sortir d’une logique qui, circulaire après circulaire, loi après loi, avait globalement réduit à peau de chagrin les droits des migrant-e-s.

Elles proposaient d’avoir le courage politique de marquer une véritable rupture avec la politique antérieure et de réformer en profondeur le Ceseda et le Code du travail.

La circulaire Valls ne suffit pas, dans la mesure où elle n’est pas opposable devant un tribunal et reste marquée par une logique de quota de régularisation.

Par sa nature même, elle ne remet pas en cause le pouvoir discrétionnaire des préfets et ne permet en aucun cas d’asseoir une égalité de traitement, les étrangers ne pouvant pas s’appuyer sur ce texte devant les tribunaux.

D’autre part, elle ne remet pas en cause les principes d’exclusion des dispositifs légaux précédents : critères arbitraires, exclusion encore une fois du département de Mayotte, conditions encore restrictives, notamment pour les travailleurs.

La circulaire continue de faire de l’employeur le seul interlocuteur de l’administration en lui laissant le pouvoir exorbitant de donner des suites, ou non, à la démarche de régularisation, elle exclut de fait les travailleurs au noir et impose des périodes de clandestinité préalables à tout titre de séjour.

C’est pourquoi nous, les organisations soussignées, tenons à rappeler notre volonté de défendre l’égalité des droits entre Français et immigrés et de rompre avec cette politique de stigmatisation des migrants.

Nous exhortons le gouvernement à aller vers des choix qui intègrent la mobilité des personnes, qui reconnaissent une place à chacun–e, en mettant au centre la solidarité et l’égalité plutôt que le rejet et la peur.

Nous rappelons notre exigence que soient modifiés le Ceseda et le Code du travail pour des régularisations de plein droit.

Nous revendiquons la création d’un titre de séjour unique, stable, avec droit au travail, renouvelable de plein droit, donnant à tous les étrangers les mêmes droits.

janvier 2013


Organisations signataires : Autremonde, CGT Paris, La Cimade IDF, Droits Devant !!, Fasti, FSU Paris, Gisti, LDH Paris, Mrap, RESF, Union Syndicale Solidaires

 

 INED- Le nombre et la part des immigrés dans la population: comparaisons internationales

Pour en finir avec les fantasmes…

Immigration

Novembre 2010 – Ined (Institut national d’études démographiques) – Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales (4 pages)

http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/49628/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_472.pdf

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 Gisti: Les frontières d’Israël passent-elles par Roissy?

Communiqué du Gisti
Les frontières d’Israël passent-elles par Roissy ?
Contre toutes les politiques de sous-traitance du contrôle des frontières

Jeudi et vendredi dernier, plusieurs dizaines de militantes et de militants de la cause palestinienne ont été retenus à l’aéroport de Roissy et empêchés de prendre un avion pour Tel Aviv. Alors qu’elles étaient en possession des réservations et documents de voyage nécessaires, ces personnes se sont vu opposer des refus d’enregistrement ou d’embarquement. Les mêmes scènes se sont produites dans d’autres aéroports européens, notamment à Genève, Bruxelles ou Budapest.

Beaucoup ont découvert à cette occasion que les compagnies d’aviation acceptaient de faire le travail de la police. Elles ont en effet cédé ici aux pressions du gouvernement israélien qui les menaçait de devoir rapatrier à leurs frais ces passagers « indésirables ». Ces pratiques visant à empêcher des militants de manifester leur solidarité avec les habitants de Gaza et de Cisjordanie et les atteintes à la liberté de circulation qui en résultent méritent d’être vigoureusement dénoncées. Mais ces méthodes sont loin d’être exceptionnelles : elles sont utilisées partout, chaque jour, dans la plus grande indifférence et le plus grand silence médiatique. Or leurs conséquences sont dramatiques car elles dressent des obstacles permanents et quasi infranchissables sur la route des migrants à la recherche d’un refuge ou d’une vie meilleure.

Les pays du Nord pratiquent, en effet, cette « externalisation » des tâches de police en matière de contrôle des migrations au mépris, entre autres, du droit inaliénable, proclamé par tous les textes internationaux, de quitter son pays et de la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951. Depuis des années, pour échapper aux amendes dont elles sont menacées, les compagnies aériennes acceptent d’opérer un tri parmi leurs passagers en écartant toutes celles et ceux qui, aux yeux des États de destination, présentent un « risque migratoire ». Ce faisant, elles contraignent des millions de personnes à utiliser des voies d’accès clandestines, toujours plus coûteuses et périlleuses.

Il faut dénoncer les mécanismes de la coopération inter-étatique et cette privatisation des contrôles qui ont abouti ces jours-ci à porter de graves atteintes au droit de circuler et à cette autre liberté fondamentale dans une démocratie qu’est la liberté de manifester. Mais il faut aussi et surtout faire en sorte que la publicité donnée à ces événements soit l’occasion d’une prise conscience des pratiques habituelles des États qui, sur fond de mondialisation, visent à assigner à résidence tous ceux dont les déplacements les inquiètent ou dérangent leurs intérêts.
Le 12 juillet 2011

http://www.gisti.org/spip.php?article2333