« On lâche rien » ? Lâchez votre haine des putes !

Lettre ouverte à tousTEs les manifestantEs du 1er mai

Act Up-Paris et le Strass tenaient une station à la fin de la manifestation
du 1er mai. Act Up-Paris est une association de séropos, de malades du
sida, d’activistes ; le Strass est le syndicat du travail sexuel. PrésentEs
juste avant la place de la Bastille, nous avons eu l’occasion d’entendre
dans de nombreux cortèges syndicaux la chanson « On lâche rien ».

A plusieurs reprises, nous avons donc pu entendre : « SDF, chômeurs,
ouvriers, paysans, immigrés, sans papier, ils ont voulu nous diviser ». Et
bien sûr, nous voudrions danser là-dessus.

Sauf qu’il y a des putes parmi nous. Et que quelques secondes plus tard, la
chanson nous explique que « la République se prostitue sur le trottoir des
dictateurs ». On doit comprendre que la République s’est « compromise »,
sauf que le verbe utilisé est « se prostituer ».

Non, se prostituer n’est pas compromettre ses idéaux, son intégrité, ses
valeurs. Se prostituer, c’est simplement proposer un service sexuel contre
de l’argent. Les prostituéEs sont parmi les premières victimes de la
répression à la sauce Sarkozy ; et les travailleurSEs du sexe sont d’autant
plus exposéEs que les partis de gauche se sont alliés, objectivement, à
l’UMP pour leur rendre la vie encore plus difficile.

Alors, vraiment, ras-le-bol des chansons « de gauche » qui stigmatisent les
putes. Lâchez votre haine des putes. Arrêtez de prendre les putes comme
objets de haine, de mépris, de pitié. Arrêtez d’utiliser la prostitution
comme image de la dégradation, ou si vous le faites, assumez de faire le
jeu de la haine et de la division,

Merci d’avance

Act Up-Paris et le Strass

http://site.strass-syndicat.org/2012/05/ne-nous-parlez-pas-de-%c2%ab%c2%a0vrai-travail%c2%a0%c2%bb-parlez-nous-de-droits%c2%a0/

 NON A LA PENALISATION DES « CLIENTS » DE PROSTITUE.ES – PETITION PUBLIQUE POUR L’ABANDON DU PROJET DE LOI DE ROSELYNE BACHELOT

http://www.nonalapenalisationdesclientsdeprostituesprostituees.net/

Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et «client de prostituées»

 

Je viens de lire dans le Libé du 1er avril (comme une sorte de mauvaise blague) qu’allait être déposée par Mme Roselyne Bachelot une proposition de loi visant à pénaliser les «clients de prostituées» d’une lourde peine s’inspirant du « modèle suédois », c’est à dire une amende (lourde aussi, j’imagine), plus 6 mois de prison. Cette proposition, je cite encore: « ne fait guère débat chez les parlementaires, à gauche comme à droite. Elle est soutenue par la plupart des associations féministes… etc ». C’est donc sous la bénédiction générale et dans le silence de tous qu’une telle abjection va s’abattre sur nous, – huit ans après celle qui, interdisant toute forme de racolage, consista à jeter dans la clandestinité, la précarité, la misère et l’enfer toutes les personnes se prostituant et au désespoir, ainsi que dans cet autre enfer, celui de leur solitude ou de leur propre couple, tous ceux qui profitaient de leur secours, de leur savoir, de leurs «services».

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