“Comment être alsacien aujourd’hui?”, avec Roland Ries, au Centre culturel alsacien

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Roland Ries était l’invité du Centre Culturel Alsacien du boulevard de la Victoire à Strasbourg. Il a pu noter que le local était trop exigu pour sa conférence et toutes les activités qui s’y déroulent régulièrement. On attend donc du sénateur-maire qu’il offre des espaces plus grands aux amis de l’Alsace…

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Son exposé liminaire, bref, a porté sur ses origines, sa formation au Collège épiscopal Saint-Étienne…, sur son entrée en politique dont, avec sincérité, il ne parvient pas vraiment à donner les raisons. Pas vraiment engagé en mai 68, alors qu’il préparait l’agrégation, il s’est découvert, les années suivantes, modérément régionaliste alsacien et membre d’un Parti socialiste dont ce n’était pas la tasse de tisane, maintenant encore, quand on se souvient des prises de positions super jacobines de certains de ses conseillers municipaux ou adjoints…

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Il ne l’a pas évoqué, mais a aussi été longtemps syndicaliste au SNES-FEN, puis FSU, où il se contentait de faire de la figuration dans les instances dirigeantes départementale et régionale. Il siégeait avec la liste, alors majoritaire, Unité Indépendance Démocratie, socialisante, celle qui ayant eu le projet de se rapprocher de syndicats aussi réformistes qu’elle, comme la CFDT recentrée, n’a pas hésité à scissionner la FEN, pour se débarrasser des tendances plus à gauche, Unité et Action, proche du PCF et École Émancipée, syndicaliste-révolutionnaire, à laquelle le tenancier de la Feuille émargeait.

Pour revenir au sujet, disons que Roland Ries, authentique alsacien de centre-gauche, fils d’un père incorporé de force dans la Wehrmacht, est tout sauf un idéologue. Sympathique, mais quelque peu indécis, sans vraie colonne vertébrale, écoutant les avis des uns et des autres, pour ne décider qu’en creux, comme on l’a encore vu récemment dans sa non prise de position au référendum sur la Collectivité territoriale d’Alsace.

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Concernant la “laïcité” en Alsace-Moselle [qui n'existe pas], il assume sans état d’âme, contrairement à son épouse, membre de Laïcité d’Accord, et aux positions que, syndicaliste, il était censé partager, le Concordat, les ministres des cultes payés par la République et les cours de religion prétendus obligatoires.
Et son vivre-ensemble est singulièrement monothéiste.

On apprécie le rapprochement avec le Limousin martyr d’Oradour-sur-Glane et tout ce qui, comme l’Euro-district, pourtant si lent à se concrétiser populairement, va dans le sens de l’amitié et du rapprochement franco-allemand auquel œuvrait aussi le très récent disparu et résistant, André Bord.

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Et on souhaite, sans trop y croire que les engagements qu’il a pris oralement devant l’assistance nombreuse du Centre culturel alsacien seront tenus, comme la ratification, enfin, de la Charte des langues régionales et minoritaires.

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On n’a pas échappé à une question, même édulcorée, de M. Husser, distinguant les Alsaciens “de souche” de ceux “d’adoption”. On te voit venir!

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 Stop à l’homophobie !

Stop-homophobie

lu dans les DNA

Sigolsheim / Mariage pour tous Thierry Speitel reçoit deux cartouches par courrier

Thierry Speitel regrettait les débordements qui ont sans doute causé d’irrémédiables dégâts parmi les jeunes homosexuels qu’il sait particulièrement fragiles.

Thierry Speitel, maire sans étiquette de Sigolsheim, a été destinataire ce matin en mairie d’une lettre comprenant deux cartouches scotchées à l’article des DNA daté du 26 avril dernier (voir l’article lié) dans lequel il s’exprimait sur son homosexualité. L’élu va déposer plainte cet après-midi à la gendarmerie de Kaysersberg.

C’est la secrétaire de la mairie de Sigolsheim qui a fait la découverte ce matin en ouvrant le courrier : deux balles en métal scotchées à l’article paru dans les DNA du 26 avril dans lequel le maire de la commune, Thierry Speitel, s’explique sur son homosexualité après l’adoption de la loi sur le mariage pour tous. L’article est recouvert de quelques mots, dont « … des malades… ». Thierry Speitel va déposer plainte cet après-midi à la gendarmerie de Kaysersberg à laquelle il apportera l’enveloppe et son contenu.

« C’est quand même violent. On a encore du boulot à faire en matière de tolérance », expliquait ce matin l’élu qui dit avoir reçu plus de 200 messages de sympathie après la publication de l’article dans les DNA et son passage dans l’émission La voix est libre le samedi 27 avril sur France 3 Alsace. Il signale toutefois quelques messages plus violents. « Je ne suis pas un chien. Je refuse de fermer ma gueule quand on me vise », disait-il encore ce matin. « M’envoyer des balles est un geste qui veut dire grosso modo qu’il faut me descendre. Je ne sais pas ce que je dois penser de tout ça. C’est abominable. »

Cette menace d’un élu alsacien ayant pris position sur le mariage pour tous renvoie aux menaces dont Fabienne Keller, la sénatrice UMP de Strasbourg, favorable à la loi, a été la cible la semaine dernière.

Dans l’article des DNA, Thierry Speitel en appelait au « bien vivre ensemble ». Il vit depuis plus de sept ans avec son compagnon, projette de se marier et « pourquoi pas » d’adopter des enfants. Il regrettait aussi qu’on en ait fait autant sur la loi. Je ne comprends pas la peur des uns et des autres. On n’est pas des sous-hommes. On n’a rien enlevé à personne. On a juste donné les mêmes droits à tout le monde» soulignait ce catholique pratiquant qui en appelle à la fraternité «une chose qui doit se cultiver tous les jours».

 Après le referendum : affaiblissement ou renforcement de l’identité alsacienne ?

Alsace Agonie 07-11-2009 10-34-06

LIBRE OPINION

Après le referendum : affaiblissement ou renforcement de l’identité alsacienne ?

Pierre Klein

Jean-Marie Woehrling[1]

Dès les résultats connus, on a avancé la thèse de la « fin du particularisme alsacien ». Il est vrai que l’affirmation d’un projet régional alsacien était sous-jacente à l’idée de fusion des trois collectivités et que celle-ci a été attaquée pour ce motif par les éléments les plus extrêmes et les plus jacobins, en même temps que d’autres aspects de ce « particularisme » (le droit local, l’enseignement bilingue paritaire) étaient remis en cause.

Toutefois, ni le déroulement de la campagne ni l’analyse du scrutin ne permettent de retenir la thèse d’un rejet de la dimension alsacienne. C’est plutôt la permanence de certaines traditions alsaciennes qui s’expriment dans ces résultats : la méfiance à l’égard d‘un leadership strasbourgeois jugé lointain et hautain, la préférence pour le concret et l’existant plutôt que pour les constructions abstraites et nouvelles (Besser a Spatz en der Hand statt a Duwa uf’m Dach), la méfiance à l’égard d’un projet dont les modalités auraient été arrêtés à Paris. Tout ceci ne traduit pas un rejet de la personnalité régionale.

C’est au contraire l’insuffisant affirmation de l’identité alsacienne dans le projet, au bénéfice d’arguments « technocratiques », qui a suscité l’indifférence voire la méfiance des électeurs. Plus d’Alsace aurait été un slogan davantage porteur que plus d’efficacité. Ensemble, les électeurs des deux départements, les uns par le non, les autres par l’abstention, ont fait entendre qu’ils veulent un autre projet régional et non que l’identité régionale ne les intéresse plus. C’est bien en fin de compte une certaine idée d’Alsace qui sort vainqueur du scrutin. Plus que jamais, les Alsaciens sont conscients de leur situation géo-économique au sein du Rhin supérieur et de que ce facteur décisif pour le dynamisme de la région implique un certain nombre d’investissements culturels, notamment dans la langue régionale, c’est-à-dire l’allemand dans sa version standard comme dans ses formes dialectales.

Malgré le grand gâchis qu’il représente, l’échec du projet de réforme des structures peut nous donner l’opportunité de nous concentrer sur les contenus : un projet régional impliquant toutes les composantes géographiques de l’Alsace axé sur des questions concrètes. Comment mieux vivre ensemble, comment être plus efficaces dans le monde de la compétition, comment nous sentir bien dans notre peau malgré l’inéluctable nécessité d’ajuster nos dépenses à nos ressources, comment cultiver la solidarité sans brider l’initiative, comment gérer avec parcimonie notre territoire ?

Les réponses à ces questions, nous devrons les trouver, même sans réformes institutionnelles, dans notre cadre territorial qui est l’Alsace. Celui-ci offre à tous les habitants de l’Alsace une richesse culturelle considérable s’ils veulent bien la prendre en main. A titre d’exemple, même sans fusion, la Région et les deux Départements sont appelés, à l’occasion des assises de la langue et de la culture régionales en voie de préparation, à adopter une charte linguistique qui mettra en œuvre les grands principes européens de respect des langues régionales, qui à la fois nous donnera plus d’atouts économique, plus d’ouverture sur le monde et plus de personnalité. JMW et PK

[1] Pierre Klein est président d’Initiative Citoyenne Alsacienne (ICA) ; Jean-Marie Woehrling est président de Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle – René Schickele Gesellschaft

 Le secrétaire régional de la CGT appelle à voter non. Le projet, dit-il, ne vise qu’à diminuer les droits des salariés.

publiée le 06/03/2013 à 05:00 | Vu 36 fois

Opinion Raymond Ruck, secrétaire régional de la CGT « La collectivité, un cheval de Troie »
Raymond Ruck. Photo Archives DNA

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Raymond Ruck. Photo Archives DNA

La création de la collectivité territoriale d’Alsace qui remplacerait les trois collectivités que sont les deux départements et l’actuelle Région serait-elle de nature à améliorer la vie des salariés de notre région ?

Ce projet n’est pas porté par une volonté populaire. La notion d’empilement institutionnel et de savoir qui fait quoi sont uniquement des spéculations d’initiés. À l’heure où le nombre de demandeurs d’emploi atteint, voire dépasse le pic le plus élevé jamais connu dans notre région, cette idée ne suscitera que peu d’intérêt parmi nos collègues de travail dans les entreprises.

Si la question semble relever de la sphère politique, la CGT sait d’expérience qu’une décision politique n’est jamais neutre pour les intérêts des salariés.

La question de la modification de l’organisation du territoire découle, au-delà des préoccupations politiciennes des élus locaux, de l’environnement économique et social. Nous connaissons aujourd’hui une crise majeure qui touche durement les salariés. Sa cause réside dans les objectifs de rentabilité fixés par les financiers, les banquiers, les actionnaires et les PDG à leurs services. Pour atteindre leurs exigences, ils veulent obliger les salariés à une flexibilité de leur emploi et de leur salaire.
Variable d’ajustement

Dans cette optique, les règles du Code du travail sont trop contraignantes et sont un obstacle au développement de la compétitivité. Les salariés, qui sont les créateurs des richesses produites, sont ainsi voués à être des variables d’ajustement de la guerre économique planétaire. L’accord honteux négocié le 11 janvier entre toutes les organisations syndicales des employeurs et trois syndicats de salariés (CFDT, CGC et CFTC) minoritaires réduit sévèrement encore les droits des salariés et s’inscrit dans cette orientation désastreuse.

Les choix politiques dans tous les domaines ne répondent pas aux souhaits des électeurs mais bien à cette vaste compétition qui broie la vie de millions de personnes.

Le projet porté par une majorité des élus locaux n’échappe pas à cette règle et vise à augmenter la compétitivité du territoire alsacien. Ce n’est pas une invention de la CGT ; l’objectif de favoriser l’attractivité et la compétitivité du territoire alsacien figure dans les documents produits lors de l’élaboration de ce projet de fusion territoriale. C’est pourquoi, dans un premier temps, le texte soutenant le projet réclame l’attribution d’une capacité réglementaire et d’un droit à expérimenter.
Les jours fériés locaux

Certains pensent d’ailleurs déjà à instrumentaliser le droit local hérité de l’histoire particulière de notre région pour le faire évoluer indépendamment du cadre des lois de la République française. Le MEDEF d’Alsace, qui a opté pour la fusion de ses instances départementales, revendique un processus concerté avec les syndicats des salariés de la région pour augmenter la compétitivité en abandonnant par exemple les jours fériés supplémentaires issus du droit local.
« Les économies ne se feront qu’au détriment de l’emploi »

Les discours produits par les promoteurs de la collectivité unique occultent ces enjeux fondamentaux au profit d’arguments simplistes susceptibles d’emporter la conviction des électeurs. Les présidents Richert, Kennel et Buttner mettent en avant la simplicité et les économies d’échelle censées découler de la mise en place d’une structure unique pour assurer plus d’efficacité. Ce n’est qu’un miroir aux alouettes. Si les économies devaient se réaliser, ce ne serait qu’au détriment de l’emploi et des services publics rendus à la population.

La CGT Alsace appelle les salariés à réfléchir et à ne pas se laisser abuser par cette nouvelle collectivité dont personne ne connaît les compétences et les moyens propres à les financer. On nous réclame un chèque en blanc. Quel peut-être l’intérêt pour la région Alsace de faire cavalier seul alors qu’un acte III de la décentralisation est en cours de discussion dans le cadre national ? Ce projet soumis à votre approbation n’est qu’un cheval de Troie.

Salariés, lors de la consultation référendaire le 7 avril pour défendre vos droits sociaux, le vote efficace, c’est le vote non.
publiée le 06/03/2013 à 05:00

 7 ème semaine des Oubliés de l’Histoire

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7 me Semaine des Oubliés de l’Histoire.

Dédiée à Stéphane HESSEL et à Adolphe LOW mort à Strasbourg le 12 novembre 2012 à l’âge de 97 ans. Antinazi, brigadiste international et résistant FFI. « Lion indomptable et doux comme un agneau ».

Cette 7ème semaine va se composer d’un riche ensemble de manifestations qui vont continuer à explorer notre « mémoire en creux » et encourager, toujours, « le devoir de connaissance » que nous privilégions au « devoir de mémoire ».

Et nous nous faisons forts de vous faire découvrir l’au-delà de l’évidence de certains évènements et de certains faits figés dans le marbre constituant nos environnements historique, idéologique et imaginaire familiers.

Pourquoi décidons-nous parfois, collectivement, « de ne pas voir et de ne pas entendre » ?

Cela s’est traduit dès le 14 février 2013 par la célébration, aujourd’hui réglée, du massacre de 1349, Place de la République, à Strasbourg.

Massacre à la structure moderne et si familière, si nous osons dire, qui non pas une fois encore, mais une fois déjà, montre que ce sont les organisations sociales les plus évoluées d’ Occident , en 1349 comme à partir de 1933, qui élaborent les conditions de la mise à mort de l’Autre, du juif ou de tout autre bouc-émissaire potentiel.

En effet Strasbourg, ville libre, dotée d’une des premières constitutions écrites au Monde décide alors de la mise à mort de tous ses juifs , en 1349.

Nous avons retenu de ce massacre la conduite héroïque de l’Ammeister de l’époque, Peter SCHWARBER, qui va prendre le parti des juifs en perdant fortune et charges avec d’être banni à Benfeld.

Nous militons pour qu’une rue lui soit dédiée à Strasbourg et Benfeld.

Nous avons participé le 28 février au désormais mensuel « Café Psy » de l’association Aube, où l’on a invité l’un d’entre nous à évoquer la question de l’exclusion sociale, de la précarité et de la prise en charge des patients les plus fragiles, dont les demandeurs d’asile et les clandestins, dans le domaine de la psychiatrie. (Voir l’article de Prescrire de Novembre 13 : « Accueillir des étrangers malades : l’expérience du département du Bas-Rhin »).

Une journée particulière sera dédiée le 13 mars à l’équipe du Collège André Malraux de Paron près de Sens qui pour la dixième année « Réalise l’Europe »et à qui nous décernerons le 7ème prix Véronique DUTRIEZ.

Voir site www.realisonsleurope.fr

Le travail exécuté autour de Vincent Moissenet, est un travail d’explorateur, unique en Europe, qui consiste à former chaque année une nouvelle classe de 3ème aux techniques de l’investigation historique et aux techniques de l’audiovisuel, pour réaliser un documentaire original sur l’histoire de l’Europe, depuis celui concernant la guerre de 1914-1919 jusqu’aux Etats-Unis d’Europe, demain.

Nous leur présenterons le 13 mars « Le Chemin de la Mémoire et le Chemin de Croix ». (voir site du Judaïsme Alsacien et site de L’Autre Voie No 9)

Le 27 mars à 18H30 nous participerons à accueillir Bernard FRIOT à l’IECS qui insiste de manière originale sur « La puissance du salariat » et sur le fait que les cotisations sociales créent de l’emploi.

Nous sommes attachés dans le cadre des Oubliés à préserver les outils structurés et historiques de la protection sociale à la française fondés, sur l’universalisme et la solidarité.

Nous soutenons la pérennité Sécurité Sociale et nous opposons aux attaques qui la visent.

Nous soutenons la relance de la construction d’un salariat solidaire et efficace, notamment en matière d’emploi.

7 avril à 10H. Yom Hashoah.

Le 20 avril de 15 à 17 H à la Librairie Kléber, Chloé TRABAND, paysagiste parisienne, présentera en exclusivité un travail de recherches effectué en Bosnie Herzégovine en 2010-2011,qui s’intitule « Réconciliés par la Ruine et les Délaissés. Mémoire. Oubli. Absence »,

suite à l’initiative du Centre André Malraux de Sarajevo et du paysagiste Gilles Clément.

Les ruines traumatiques liées à la guerre sont des lieux sensibles devenus des barrières symboliques et physiques pour l’homme.

Celui-ci ne fréquente plus ces espaces , il les évite même.

L’histoire douloureuse qui les marque fait d’eux des zones d’ombres qui ponctuent les espaces investis. Ces sites ne seraient selon Louis Martin même plus des lieux car ils ne sont habités que par le végétal.

Dans cette perspective, Chloé TRABAND propose des réponses soucieuses de la mémoire, de l’oubli et de l’absence, en travaillant sur l’idée de « régénération » et de « résilience ».

Elle interroge la capacité que l’homme et la nature ont de coexister ensemble dans un lieu qui n’est ni tout à fait entièrement de la nature, ni tout à fait dédié à l’homme.

Elle propose d’inciter le franchissement de ces espaces pour leur donner un sens nouveau, tout en respectant la mémoire des lieux et la dynamique végétale en place.

Drainé par la Bregava, une rivière épaisse et nourricière, la ville de STOLAC est une commune de 5 5OO habitants, dans une vallée du sud de la Bosnie Herzégovine. Inscrit dans un contexte rural et montagneux, elle a été, pendant la guerre, une des plus grosses cibles militaires de la région. Aujourd’hui, elle porte toujours de profondes traces des conflits.

Cette approche n’ira pas sans réveiller en nous le souvenir et les représentations mentales d’autres ruines que se soient celles d’une partie de Strasbourg, consécutives aux bombardements américains, de septembre 1944, ou encore celles d’Oradour sur Glane (liées indéfectiblement au souvenir des Malgré Nous).

Sans parler des ruines de Dresde ou celles d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le 27 avril nous nous appuierons sur le texte accueilli par « l’Autre Voie n°9 »

http://www.deroutes.com/AV9/memoire9.htm

et le site du « Judaïsme alsacien »

http://judaisme.sdv.fr/perso/gyfeder/memoire.htm

pour effectuer notre « Chemin de la Mémoire et Chemin de Croix » en collaboration avec le Centre National du Résistant Déporté (CNRD) de Madame Frédérique NEAU-DUFOUR.

Départ en car Place de Bordeaux à 10H.

Visite gratuite réalisée par Georges Yoram Federmann.

Inscriptions dans la limite des places disponibles sur federmanja@gmail.com

Le 28 avril à 10H nous serons devant l’Institut d’Anatomie pour la cérémonie en hommage aux victimes des expérimentations médicales réalisées sur des Juifs et des Roms, à Strasbourg et au Struthof en 1943 et 1944.

Nous militons pour qu’une plaque soit apposée à la Chambre à Gaz du Struthof pour rappeler le martyr des Roms.

Le 18 mai Café d’ Histoire au Mémorial d’Alsace Moselle sur « le Chemin de la mémoire et Chemin de croix ».

Le 13 juin à 19H à la Maison des Associations projection débat autour du documentaire de Gabrielle Schaff « On remuait les lèvres mais on ne disait rien » sur la douleur morale des Malgré Nous, co-animé avec Nicolas Mengus.

Georges Yoram Federmann

et Jean-Marc Lenoble.

federmanja@gmail.com

 Tomi Ungerer

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Les délires “sado-maso” de Tomi Ungerer, par José Meidinger

Il est capable de dessiner les pires délires « sadomaso » ou de croasser de plaisir devant les ébats de ses grenouilles érotiques, avant de retomber, vieillard indigne, dans l’innocence de son enfance, de ses innombrables albums pour bambins sages, dont « Les Trois Brigands » et « Jean de la Lune » qui ont fait le tour du monde. Tout à la fois faux modeste et fier-à-bras, comme Artaban, il est le seul artiste français à se voir dédier un musée de son vivant où près de 8 000 de ses dessins et œuvres sont réunis.

Il ? Je ne l’ai volontairement pas nommé jusque-là. J’étais sûr, en effet, que son nom ne vous dirait rien, car peu de Français de l’intérieur – c’est comme ça qu’on vous appelle en Alsace — connaissent cet illustrateur et satiriste talentueux. Tomi Ungerer, c’est de lui qu’il s’agit, célèbre à l’étranger, bizarrement méconnu chez nous où les artistes de ce gabarit ne sont pourtant pas légion. Bien au-dessus du lot cependant, si on le compare à Wolinski, Siné ou Charb que Nicolas Gauthier a écharpé à juste titre sur Boulevard Voltaire.

C’est vrai que Tomi Ungerer, jouant dans une division nettement supérieure, a toujours boudé le parisianisme à la mords-moi le crayon, pour aller vivre de son stylomine aux États-Unis, au Canada et en Allemagne. La notoriété tient parfois à peu de choses : Ungerer partage avec Albert Schweitzer et Victor Schoelcher, l’illustre inconnu qui a aboli l’esclavage, le handicap du patronyme impossible, du nom à coucher dehors que personne ne retient.

Aujourd’hui, Tomi Ungerer se rappelle enfin à notre bon souvenir hexagonal — il était temps, à 81 ans ! — grâce à l’adaptation pour le cinéma de son célèbre « Jean de la lune », un dessin animé qui semble enchanter petits et grands. Notre caricaturiste surdoué sera-t-il enfin apprécié à sa juste valeur ? Tomi ne s’en soucie guère, préférant s’identifier au héros de son conte en avouant qu’il a passé toute sa vie « à tomber de la lune ». Une vie peuplée de dessins qui décoiffent, dénoncent ou dérangent, mais également d’aphorismes ou de bons mots, comme celui sur l’histoire de sa région natale, entre la France et l’Allemagne : « L’Alsace a ceci de commun avec les cabinets qu’elle est toujours occupée ! » Pour lui, la satire comme la caricature sont des domaines où « l’artiste, à la fois briquet et lance-flammes, découvre la jouissance de l’incendiaire. »

Autre dessinateur alsacien de talent – allez, on va dire français — encore plus confidentiel que Tomi Ungerer mais dont la notoriété est immense Outre-Atlantique : le Strasbourgeois Frédéric Back, deux Oscars à Hollywood pour deux films d’animation — « Crac, la chaise berçante » et surtout « L’Homme qui plantait des arbres », lu par Philippe Noiret et qui a obtenu plus de 40 prix à travers le monde. Il est vrai que ses compatriotes ont des circonstances atténuantes : Frédéric Back a quitté l’Alsace « occupée » en 1940 pour émigrer au Québec où il est entré à la télévision canadienne comme illustrateur, créateur d’effets visuels, de décors et de maquettes. C’est là qu’il a fait toute sa carrière. Télérama et Arte ne l’ont pas encore vraiment découvert…
José Meidinger, le 23 janvier 2013

 Les Dernières Nouvelles d’Alsace deviendraient-elles régionalistes ou autonomistes?

Bien sûr que non, mais c’est la Une des DNA de ce 7 décembre qui nous a inspiré cette question, ainsi que le contenu de l’article signé par le très alsacien Jacques Fortier, toujours en première ligne, comme les dirigeants de l’ Institut du Droit Local pour la défense de ce droit alsacien-mosellan particulariste pris en bloc.

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