Cercle de silence de Strasbourg

Le prochain cercle de silence de Strasbourg aura lieu jeudi 30 décembre 2010 à 18 heures, Place Kléber.

Le 30 novembre dernier, nous étions réunis comme chaque mois afin de protester contre la criminalisation des personnes démunies de papiers. Ce même jour, un jeune garçon complètement perdu arrivait en gare de Strasbourg. La Police des Frontières qui ratisse quasiment en permanence la gare ne manque pas de repérer son désarroi et va très vite s’occuper de lui : il n’a pas de papiers et il se retrouve donc enfermé au Centre de Rétention de Geispolsheim.

Il explique qu’il voudrait juste demander l’asile parce que la moitié de sa famille a déjà été assassinée et que lui-même a été détenu et torturé durant deux mois. Il est Tamoul et a fui précipitamment son pays, le Sri-Lanka. Il s’appelle Sivanathan et il a juste 18 ans. Alors, on le conduit, menotté, au Tribunal Administratif de Strasbourg… qui rejette son recours contre l’Arrêté de Reconduite à la Frontière.

Il retourne donc au Centre de Rétention où il peut néanmoins saisir l’OFPRA, l’Office de Protection des Réfugiés. Quelques jours plus tard, on l’emmène à Paris, toujours menotté et escorté par des gendarmes, pour s’expliquer de vive voix. Sachant que si l’OFPRA rejette sa demande, on pourra l’expulser. Sous l’emprise de la panique, il évoque dans des « termes confus et décousus » selon les termes de l’OFPRA : sa sœur disparue dont on a retrouvé le corps mutilé, son beau-frère dont on n’a jamais retrouvé le corps, son autre sœur vivante mais anéantie par un viol collectif, son frère qui n’a plus de bras et aussi sa propre détention durant deux mois dans un camp d’internement, les tortures dont il ne sait pas parler mais dont son corps garde les traces muettes, sa libération et ses parents qui le font partir à tout prix pour ne pas perdre un enfant de plus…

Le rejet de l’OFPRA tombe dès le lendemain et ce même jour, les gendarmes veulent à nouveau le conduire à Paris, mais cette fois-ci au consulat du Sri-Lanka pour obtenir le laissez-passer permettant de le renvoyer. La force du désespoir est telle qu’il refuse d’embarquer dans l’avion. Le lendemain, il fait une requête à la Cour Européenne des Droits de l’Homme afin de suspendre son expulsion en disant qu’il a peur d’être à nouveau torturé et de mourir.

Il attend la réponse quand le lendemain, les gendarmes veulent à nouveau l’emmener au consulat du Sri-Lanka. Impossible : il se débat à nouveau, personne ne comprend sa langue mais il faut être sourd pour ne pas entendre qu’il s’agit d’appels au secours, de cris de terreur. Néanmoins, la Préfecture engage une procédure judiciaire auprès du Tribunal de Grande Instance pour ce double refus de se plier à la mesure d’éloignement qui le frappe.

Enfin ! le lendemain, la Cour Européenne des Droits de l’Homme suspend son exécution en se fondant sur l’article 3 du « risque de torture et de traitement inhumain et dégradant ». L’histoire devrait s’arrêter là. Selon toute vraisemblance, il devait être libéré puisque la rétention ne s’avérait plus nécessaire et il pouvait ainsi faire son recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile plus sereinement en ayant le temps de rassembler des preuves quant aux membres de sa famille déjà décimée et aussi demander une expertise médicale de ses traces de torture.

Mais contre tout entendement, au lieu de le libérer, le Juge des Libertés et de la Détention décide de prolonger son enfermement le temps d’attendre la décision du Tribunal de Grande Instance. L’avocate plaide en disant que ces refus d’embarquement ne sauraient être considérés comme un délit puisqu’il s’agissait de sauver sa vie, ce dont la Cour Européenne des Droits de l’Homme a confirmé le risque. Mais contre tout entendement, ce tribunal le condamne à un mois de prison ferme. A cette heure, il est donc emprisonné à la Maison d’Arrêt de Strasbourg.

C’est invraisemblable mais vrai : la surdité et l’absurdité de la politique de l’enfermement et de l’expulsion qui régit le système administratif et judiciaire actuel ne permet plus d’entendre Sivanathan. En attendant, il nous dit que peu lui importe, il peut bien rester emprisonné 6 mois, 1 an ou bien davantage « pourvu qu’on ne me renvoie pas entre les mains des tortionnaires que je cherche à fuir ». La fête quoi !

Oui là bas c’est bien pire. Ici, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, saisie en urgence, lui aura permis d’être protégé provisoirement… derrière les barreaux d’une de nos prisons surpeuplée. Alors bonne fêtes de fin d’année Sivanathan !

Le 13 décembre 2010, alors que Sivanathan était en proie à la torture de l’attente ou plus précisément à l’attente de la torture, le Ministre de l’Intérieur réunissait l’ensemble des préfets pour les appeler à « amplifier les expulsions d’étrangers en situation irrégulière pour atteindre l’objectif 2010 de 28 000 reconduites à la frontière » en soulignant qu’il veillera personnellement à leurs résultats car « cette année, seules 25 511 reconduites avaient été exécutées, soit une diminution de 7% par rapport à 2009 ».

PS : le 4 janvier 2011, 17h30-19 heures, Librairie Kléber, venez nombreux et invitez vos amis à la lecture publique des « Chroniques de rétention 2008/2010 » écrites par les intervenants de la CIMADE dans les centres de rétention (Editions Solin/Actes Sud) afin que l’on ne puisse pas dire que l’on ne savait pas. C’est le sujet de ces chroniques comme c’est le sujet des cercles de silence.

Mail : cercledesilence.strasbourg@gmail.com

Site : humilité.fr

Et si vous avez envie de hurler au lieu de vous taire, après le Cercle de silence, le Carré de Bruit …

 6e Carré de Bruit à Strasbourg

lundi 15 mars

18 h

place Kléber

Strasbourg

http://www.dailymotion.com/video/xatk2h_1er-carr%C3%A9-de-bruit-de-strasbourg_news

La droite gouvernementale vient de se prendre une claque électorale!

Il est encore plus insupportable que les expulsions d’étrangers se poursuivent!

vidéo : 1er-carre-de-bruit-de-strasbourg

Non aux expulsions!

Aucun humain n’est illégal!

 “Tu accueilleras l’étranger, car tu as été étranger en Misraïm”

5e Carré de Bruit

ce lundi 15 février 2010

18h

place Kléber à Strasbourg

Stop aux expulsions d’étrangers!

Fermeture des Centres de Rétention Administrative!

Dissolution du Ministère de l’Immigration!

Archives

1er Carré de Bruit à Strasbourg

carre_bruit

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vidéo : 1er-carre-de-bruit-de-strasbourg

 famille Hoxha/Préfecture: 1 à 0/ Cercle de silence à Strasbourg le 30 décembre à 18h

dernière minute:

Bonne nouvelle pour la famille kosovare passée au TA hier après midi.

Le juge vient (tardivement) de rendre sa décision. Il enjoint la Préfecture de réexaminer la situation de la famille.

Il n’a pas retenu les arguments humanitaires mais a considéré que la famille ne s’est pas soustraite de manière intentionnelle et systématique à la réadmission, la police ne s’étant présentée qu’une seule fois à l’hôtel où la famille est hébergée.

Vu que le délai pour les renvoyer en Hongrie est échu depuis le 16 décembre, M. et Mme HOXHA et leurs six enfants devraient pouvoir demander l’asile en France, avec une autorisation provisoire de séjour.

A suivre dès la semaine prochaine.

Merci à tous de votre soutien.

Comme chaque mois, le prochain cercle de silence de Strasbourg aura lieu : mercredi le 30 décembre 2009 à 18 heures Place Kléber.

Il fait froid, il fait glacial pour ceux d’entre nous qui, dans cet univers de lumières artificielles de fêtes, vivent sous l’emprise de la peur de l’arrestation, de l’enfermement et de l’exclusion qui se décline en expulsion.

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 Bilan décevant du 2e carré de bruit

Le deuxième Carré de Bruit n’a pas été un succès.

Il y avait deux fois moins de présents ce lundi 17, place Kléber, qu’il y a un mois. Néanmoins, cela ne nous a pas empêchés de rester environ une demi-heure, d’abord statiques, sur le côté de l’ex Maison rouge.

libérez Kléber!

Toute la place était interdite par des barrières afin de construire le dispositif de la commémoration du 22 novembre 1945.

Comble de malchance, le mégaphone était en panne…

Enfin, munis d’instruments divers, crécelle, sifflet, couvercles de casserole, de pancartes et d’affiches, nous avons fait le tour de la place en scandant: “Non, non, non aux expulsions!”

http://www.dailymotion.com/video/xb68zt_2e-carre-de-bruit-strasbourg_news

j'y suis j'y reste

Le lundi est un jour un peu creux, au centre ville, et il fait nuit très tôt.

Le prochain Carré de Bruit aura lieu le 15 décembre, en pleine “capitale de Noël.”

Quant au Cercle de silence, il se tiendra le 30 novembre, au même endroit.

Silence ou bruit, peu importe comme on l’a déclaré au seul média qui s’était déplacé, Radio Dreyeckland.

Tous les moyens sont bons pour dénoncer la xénophobie d’Etat qui cette année aura comme résultat d’expulser 27 000 “étrangers”.

Ne Besson pas la garde!

Besson, sans les Lumières

Note: le 21 novembre, nos amis d’Avignon, reprenant l’initiative, organisent leur carré de bruit, rue de la République.

http://www.anticapitaliste.org/?p=1198