Voilà cela aura été le plus court voyage à l’étranger de ma vie !

Je suis parti lundi dans la nuit pour Tel Aviv et je suis rentré dans la nuit de mercredi à jeudi Marseille !
En fait, je ne suis jamais rentré en Israël pour aller à Jérusalem.
En arrivant au contrôle des passeports à l’aéroport Ben Gourion, le contrôleur m’a tout de suite montré les tampons du Liban et m’a demandé de m’asseoir dans une petite salle. Après quelques heures (je ne sais plus trop bien !) d’attente, je fus invité à parler dans un bureau avec une dame qui m’interrogea sur les raisons de ma venue ici en anglais…Je lui explique que je suis venu pour le tourisme, rejoindre une amie de France qui était chez des amis d’ici…Elle me demande si j’étais venu déjà en Israël, je lui réponds oui. Elle me demande des précisions. Je lui dis que c’était dans le cadre des campagnes civiles de protection du peuple palestinien et que je souhaitais connaître la situation de l’éducation dans les territoires occupés en tant que professeur…Elle me demande où j’habite, où j’habitais auparavant, qu’est ce que je faisais au Liban, au Honduras, pourquoi le Liban, le Honduras…Elle me demande de retourner dans la petite salle. Je ne suis pas seul, beaucoup de gens restent un moment dans cette salle puis repartent avec leur passeport, direction la salle des bagages. Au cours d’un long moment d’attente, je demande où est mon sac à dos, combien de temps cela va durer, pas de réponse.
Deuxième interrogatoire avec la même dame et un homme qui parle français, je répète la même chose, la femme a l’air fâché et me montre une page Internet (que je n’(ai jamais vue !) sur moi avec mon nom et ma photo en grand où est inscrit en anglais que j’ai signé en 2009 une pétition contre l’expulsion de leurs maisons des palestiniens à Jérusalem et ma participation à une rencontre au café équitable à Marseille contre le coup d’état au Honduras en 2009 également !
Je leur réponds que je ne connais pas cette page, qu’en effet j’ai bien participé à une réunion sur le Honduras…On me demande de retourner dans la petite pièce.
Plus tard, on me demande d’aller en face au bureau de l’immigration où il y a de nombreuses personnes principalement d’origine slave…Un homme me pose à peu près les mêmes questions, me demande des précisions sur la personne que je vais rejoindre (son âge, son pays, le jour de son arrivée. Je lui dis que j’ai un numéro de téléphone d’elle en Israël, qu’elle m’attend… Il me demande également son numéro en France, je lui dis que je ne l’ai pas. IL me refait asseoir dans la salle d’attente, on me donne un sandwich et une bouteille d’eau.
Deuxième interrogatoire au bureau de l’immigration. Un homme parlant français assez costaud et agressif arrive. Il semble qu’ils regardent de plus en plus l’ordinateur. Le premier homme décide d’appeler mon amie. Ils dialoguent un long moment en anglais, l’homme est assez ouvert, il semble « chancelant »…Il lui dit qu’il la rappellera…Ensuite, l’homme agressif commence à me demander comment j’étais venu il y a dix ans, où j’étais allé, avec quel passeport…Je lui dis que depuis dix ans j’avais changé de passeport, que j’étais allé à Jérusalem et dans les territoires occupés. Et il me demande alors pourquoi j’avais passé le passage d’Israël à Gaza et pourquoi je ne l’avais pas dit …Je lui dis que oui, qu’on ne m’avait pas demandé avant ce que j’avais fait, il y a dix ans…Il me dit que j’ai menti. Je lui réponds que j’ai répondu aux questions…Il me repose des questions sur le Honduras…Au bout d’un moment, ils me disent que je pourrais entrer si je signe un papier où je déclare ne pas rentrer dans les territoires occupés. J’accepte. Arrive alors la première femme que j’avais vue, très en colère qui dit aux autres de regarder la fameuse page Internet, que c’était en 2009 (rappel : pétition et Honduras !!) et qu’en quelque sorte, on ne peut pas me faire confiance (petite anecdote : une femme qui m’a surveillé ensuite dans le bureau à regarder sur Google et ne semble pas avoir trouvé cette page, que personne n’a trouvé d’ailleurs !). Ils reviennent et me disent que je ne peux pas rentrer dans le pays. Il est à peu près 5 heures du matin, j’étais arrivé à 23 h 30 ! Je suis bien sûr crevé ! Je n’ai pas pou fumer pendant tout ce temps !
Un homme arrive, me conduit chercher mon bagage. Mes bagages sont fouillés de font en comble dans une salle spéciale, ils passent une sorte de brosse sur tous les objets, mon ordinateur et mon appareil photo sont menés dans une salle. Je suis bien sûr fouillé moi-même dans une autre salle spéciale mais le jeune homme est gentil. Je monte ensuite avec d’autres expulsés dans un van, tous les bagages doivent être dans le coffre ! 2, 3 hommes avec des uniformes où un logo semble t’il de l’aviation militaire est imprimé nous conduisent dans un camp de rétention très sécurisé caché par des bâches. On est enfin autorisé dans la cour à fumer une clope ! On monte à l’étage dans la pièce des bagages : on peut prendre une brosse à dent, un dentifrice, des livres, pas de feu, ni de portable ! On est ensuite enregistré à l’accueil et conduit dans une pièce éclairée jour et nuit, un dortoir avec 6 lits superposés, sans drap propre et avec un matelas plastique très abîmé. On nous enferme dans cette pièce. Dans la pièce, il y a que des hommes qui parlent russe et certainement hébreu ( avec les gardiens ?)., pas un mot d’anglais ! On nous donne un sandwich le matin, un plat chaud à midi et un sandwich le soir (entre parenthèses de la compagnie aérienne « El Al » !!!). Nous avons droit à une visite d’une médecin ne parlant qu’hébreu ( !!). Elle fait traduire en anglais que j’ai une tension élevée et me donne un médicament. On m’autorise à fumer et à appeler deux fois mon amie dans la journée. Elle me dit que le consul de France à Jérusalem appelle régulièrement le centre de rétention. Dans l’après-midi, j’ai, dans la cour, lors de la deuxième sortie-clope, la tête qui tourne, ils me disent de boire de l’eau. J’explique à un homme israélien qui me le demande ce que je fais là, il me souhaite bon courage !!! Ils reviennent me voir une ou deux fois dans la chambre pour voir si je vais bien. Je devrais normalement partir le lendemain à 4 heures 15 du matin.
Cette nuit fût terrible, je n’avais pas l’heure, je regardais par la fenêtre s’il y avait autant de bruits de voitures sur l’autoroute, si le jour pointait, me feraient-ils vraiment partir ! L’angoisse ! Et je pensais qu’il fallait beaucoup de temps pour enregistrer les bagages, les fouiller, me fouiller, faire des papiers…
On m’appelle, je récupère mes bagages déjà enregistrés ( !), mon portable, il est 3 heures 30 !
En fait, je suis conduit dans un van directement au bas de l’avion, une femme donne mon portable au Stewart qui le donnera à une dame de l’aéroport à Istanbul où j’ai du expliquer au contrôle des frontières qu’est ce que je faisais là ! La compagnie PEGASUS a bien sûr refusé de me donner la suite de mon voyage Istanbul- Marseille, je devais payer ! Je suis retourné au contrôle des passeports, je suis allé à la direction de l’aéroport, au bout de 3 heures, on me donne enfin mon ticket d’enregistrement pour Marseille ! Ouf !
Sachant que je n’appartiens à l’heure actuelle à aucun parti, aucune organisation, je trouve très inquiétant, très grave de voir l’Etat israélien agir ainsi. C’est pour moi, le signe d’une schizophrénie chronique qui ne pourra durer mais qui tant qu’elle durera, sera dramatique pour le peuple palestinien abandonné même par les autorités palestiniennes à Jérusalem par exemple…

 Le consul de France à Gaza et sa famille blessés par un tir israélien

The French Consul and his Family in Gaza were Wounded in an Israeli Attack on a Palestinian Navy Site in the Northern Gaza Strip

 http://www.pchrgaza.org/

On Monday, 14 November 2011, the French Consul in the Gaza Strip, Majdi Jameel Yaseen Shaqqoura, 44, and his two children were wounded in an Israeli attack on the Palestinian Navy site in the southwest of Beit Lahia, located in northern Gaza.  They were in their home when they were injured by shrapnel.  Additionally, as a result of the same attack the consul’s wife suffered from hemorrhage that led to a miscarriage.

 

Lire la suite

 Vaulx-en-Velin: le préfet contre le maire, solidaire du peuple palestinien!

Compte-rendu de l’audience du procès intenté par la préfecture du Rhône contre la mairie de Vaulx-en-Velin tenue le 29/06/2011.

 

Suite au refus d’obtempérer à la demande du préfet de retirer le drapeau palestinien flottant devant la mairie aux côtés des drapeaux français et européen, le maire de Vaulx-en-Velin, Bernard Genin, était invité ce 29 juin à comparaître devant le tribunal administratif, attaqué par le préfet pour non-respect du principe de neutralité. Une centaine de personnes, élus, militants pour les droits des palestiniens, citoyens vaudais, dont 5 membres de l’UJFP lyonnaise étaient présentes pour le soutenir. C’est salle comble que la séance s’est ouverte sur la présentation du travail de M. le Rapporteur, magistrat indépendant et neutre, ainsi que le précisa M. le Président en préambule : en l’absence d’un cadre juridique précis pour juger de cette affaire, ce travail liminaire consistant en une étude détaillée du cadre légal comprenant un ensemble choisi de cas de jurisprudences considérés probants pour éclairer le cas en cours fut requis par la cour. Ainsi, en ce qui concerne les cas de non-respect du principe de neutralité politique s’appliquant au service public sanctionnés par la justice, M. le Rapporteur nous fit part d’une mairie ayant été exhortée à décrocher le portrait du maréchal Pétain de la salle du conseil ainsi que de celui d’une mairie martiniquaise ayant hissé le drapeau indépendantiste, sous les huées de l’assistance! Quant aux cas, nombreux, des mairies arborant le drapeau tibétain, invoqués par la défense, M. le Rapporteur déclara cet argument « classique » inopérant d’un point de vue juridique, du fait que ces situations n’ont jamais été l’objet d’un jugement. La défense, en particulier M. le Maire lui-même, s’appuya sur ce point critique pour tenter de faire valoir que le procès engagé par laétait un acte politique, qu’il fait état d’une différence de traitement selon les causes envers lesquelles s’expriment la solidarité des mairies, « deux poids deux mesures » furent ses termes. L’avocat de la préfecture ne souhaita pas s’exprimer. M. le Maire réaffirma son engagement solidaire auprès de la population, en particulier la jeunesse, de Beit Sahour, liée à la ville de Vaulx-en-Velin par une convention de coopération et sa volonté d’interpeller le gouvernement français sur les droits des Palestiniens reconnus par l’ONU et pourtant incessamment bafoués par Israël. Il narra les félicitations reçues du vice-consul de France à Tel-Aviv lors du pavoisement récent du drapeau français devant la mairie de Beit Sahour au son de la Marseillaise. Il déclara enfin qu’il se soumettrait bien entendu à la décision du tribunal mais que diverses actions de solidarité n’auraient de cesse d’être mises en œuvre par la ville de Vaulx-en-Velin… Un calicot présentant Vaulx-en-Velin comme ville solidaire sera bientôt étendu sur la façade de la mairie, comprenant la liste de villes avec lesquelles sont établies des conventions de coopération, 3 à ce jour, palestinienne, arménienne et nicaraguayenne, liste illustrée par les photos de leurs drapeaux…sa prestation a reçu les applaudissements enthousiastes de la salle.

Le verdict du tribunal sera rendu le 6 juillet.

 

UJFP LYON

 L’Etat “juif” expulse une juive française…

Olivia Zémor expulsée par Israël : Anticolonialistes palestiniens, israéliens et internationaux mobilisés ensemble

Publié le 22-12-2010

Je viens de rentrer en France ce mercredi après-midi 22 décembre après avoir été expulsée par le gouvernement israélien en pleine nuit, après 30 heures d’interrogatoire, de détention et de tentatives de m’embarquer de force dans des avions, avant que j’aie pu rencontrer une avocate et prévenir le Consulat de France. Merci à tous ceux qui s’en sont indignés.

Chères amies, Chers amis,

Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont inquiétés de mon arrestation à l’aéroport Ben Gourion, de ma détention dans une cellule du centre de rétention des services de l’immigration, et de mon expulsion manu militari par un Etat qui se dit démocratique, mais ne peut supporter la moindre contestation de sa politique.

Lire la suite

 Jean Claude Lefort a rencontré Salah Hamouri dans sa prison israélienne

Ma rencontre avec Salah Hamouri

Gilboa, le 14 avril 2010

« Un cimetière à numéros »…

Il fait beau ce mercredi matin 14 avril où je vais rencontrer, pour la troisième fois, Salah Hamouri dans sa prison de Gilboa. Le rendez-vous est fixé à 11 heures, grâce au Consul de France à Haïfa, Monsieur Jean-Christian Coppin. Nous partons ensemble en voiture depuis les hauteurs de Haïfa, une ville lumière que lèche une mer d’un bleu profond.

Lire la suite