Lettre ouverte à Christiane Taubira par Guillaume Weill-Raynal, ex-avocat et essayiste
Archives du mot-clef critique
Le spectacle sportif, une aliénation de masse, par Jean-Marie Brohm
Le spectacle sportif
http://blogs.mediapart.fr/blog/denis-collin/020413/un-article-de-jean-marie-brohm-le-spectacle-sportif-une-alienation-de-masse
Les enjeux de la critique du sport
http://www.dossiersdunet.com/spip.php?article766
Le dessinateur Latuff traité d’antisémite…
Suite à la publication d’un billet Deux, trois, de nombreux Hawking, la Feuille de chou a reçu ce courrier, à propos du dessinateur Latuff dont un dessin, ci-dessus, était publié ici le 11 mai:
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820
Croyez bien, cher Monsieur, que la Feuille de chou qui défend les droits inaliénables du peuple palestinien à un Etat, et ceux des Juifs israéliens de demeurer au Proche-Orient, une fois leur État désionisé, ne publie aucun dessin antisémite.
Bonjour,
Je suis un lecteur régulier de la Feuille de Chou et – bien que
non-militant – je soutiens le peuple palestinien dans sa lutte pour la
reconnaissance de ses droits, dont les droits au retour et à
l’auto-détermination.
Cependant, je suis également très critique vis-à-vis de
l’antisémitisme qui gangrène les mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste. Et j’aimerais vous faire part de mon étonnement quant à
la publication d’une caricature faite par l’artiste brésilien Latuff
sur votre blog ( http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820 ).
Latuff a connu du succès grâce à un travail prolifique et provocateur,
et trop souvent les gens partagent ses caricatures sans vraiment
s’attarder sur le contenu, le message, ou la symbolique.
Je considère que Latuff est un antisémite, et je pense qu’en tant que
tel, par respect pour les Juifs, mais aussi par respect envers la
lutte pour les droits des Palestiniens (que j’estime légitime et donc
ne saurait se faire le relais de l’antisémitisme), ses oeuvres doivent
être boycottées de la façon la plus claire qui soit.
Latuff a produit de très nombreuses caricatures comparant le sionisme
et/ou la politique israélienne avec le nazisme, ainsi que le sort des
Palestiniens avec l’Holocauste. Quel que soit le degré de proximité de
nature entre ces mouvements (sionisme/nazisme) et événements
(Holocauste/occupation israélienne) historiques, c’est une question de
décence de ne pas comparer, et encore moins d’égaliser. Les
comparaisons historiques sont un problème réel qui font beaucoup plus
de mal que de bien, ne visent souvent qu’à choquer, provoquer, sans
créer de réaction raisonnée et raisonnable. Malheureusement, de nos
jours la comparaison historique est devenue un sport olympique.
Il existe notamment une caricature montrant Ariel Sharon embrassant
Adolf Hitler sur la bouche, une autre montrant des soldats nazis
arborant le drapeau israélien et abattant des enfants palestiniens, et
encore une autre représentant Israël sous la forme d’une pieuvre
(caricature antisémite peu originale), marquée du drapeau israélien
avec une croix gammée remplaçant l’Étoile de David. Latuff a également
tendance à beaucoup insister sur le fait que certaines victimes
palestiniennes de la politique agressive israélienne sont des enfants
ou des bébés, et cela ressemble beaucoup plus à l’accusation
antisémite du sacrifice rituel d’enfants qu’à la dénonciation de faits
établis. Et ce ne sont que quelques exemples parmi des dizaines de
dessins associant le sionisme ou Israël au nazisme ou à divers clichés
antisémites, bafouant de nombreux éléments symboliques et importants
de l’histoire, de la culture, et de la religion juives.
Latuff est également un grand amateur de la complainte selon laquelle
tout critique d’Israël ou défenseur des Palestiniens se voit taxé
d’antisémitisme. C’est une réalité que de nombreux défenseurs d’Israël
abusent de l’accusation, sachant bien qu’elle est difficile à contrer.
Cependant, je ne la crois pas suffisamment fréquente ni suffisamment
digne de considération (lorsqu’il s’agit d’un abus) pour que certaines
personnes fassent de cette complainte (“l’anti-sionisme n’est PAS de
l’antisémitisme!!!”) la moitié de leur activité militante. De plus, si
l’abus de l’accusation est une réalité, il est une autre réalité que
la complainte est tout autant une arme politique, menant à masquer
(volontairement ou involontairement) la présence concrète de
l’antisémitisme au sein des mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste, puisqu’à leur tour, chaque dénonciateur de cet
antisémitisme concret se verra taxé de pro-Israélien ou de sioniste
cherchant à miner le mouvement (ce qui n’est absolument pas vrai !).
Même si la complainte n’est pas antisémite par nature, elle est une
arme de choix de très nombreux antisémites, dont Latuff.
Enfin, Latuff a participé en 2006 au “Concours International de
Caricature de l’Holocauste” (!!!), organisé par une journal iranien,
aux côtés de nombreuses personnalités négationistes et
d’extrème-droite… Il a gagné la seconde place.
Au plaisir de connaître votre avis sur cette question,
Cordialement,
Ben
Faut-il “supprimer les partis politiques”?, par Daniel Cohn-Bendit
L’ex trublion Dany-le-rouge, depuis longtemps passé au vert-libéral-libertaire a commis une brochure de moins de 40 pages où il livre ses “Réflexions d’un apatride sans parti”.
Sur la photo de couverture, on le voit avec l’expression et la gestuelle caractéristiques du pédago à l’oeil bleu et vif qu’on luit connait depuis toujours et ce côté provoc gentil qui va avec.
Libertaire, il n’a voté pour la première fois qu’à 39 ans. Depuis, il s’est bien intégré dans les mécaniques parlementaires allemande, française et européenne: il siège au PE depuis 1994 et lors des retransmissions télévisée, c’est souvent sa tronche que les caméras visent. On l’a vu il y a peu lors du discours de Shimon Pérès, où personne, en séance, n’a pipé mot..
Dany, c’est le must des babies boomers.
Avec humour, il raconte qu’il a choisi en 1984.la nationalité allemande pour échapper à l’armée.
Après avoir défrayé la chronique en 68, libertaire alliée des pas encore troskistes de la JCR à Nanterre, il a adhéré aux Grünen.
Ce qui est sympathique chez lui c’est que membre de partis, il n’a jamais abdiqué de son autonomie d’individu, ruant dans les brancards de nombreuses fois. C’est une critique en acte du stalinisme et du bolchévisme sacrificiel.
Le libertaire; influencé par Socialisme et Barbarie, une scission de la Quatrième Internationale, est devenu écolo et libéral en économie.
Parfois, dans son récit, il révise quelque peu la véracité des faits, comme lorsqu’il met das le même sac, toute l’extrême-gauche avec les staliniens et le socialistes, alors qu’au mouvement du 22 mars il cotoyait les JCR .
Il mentionne les intellectuels qui l’ont inspiré, comme ceux de l’École de Francfort, dont Habermas, ou André Gorz et Castoriadis, un ex trotskiste aussi. “Ne pas appartenir”, à un parti, rester autonome, refuser la violence, c’est là qu’il a trouvé ces modes d’agir.
On peut partager l’essentiel, sauf qu’il oublie de rappeler qu’historiquement, c’est toujours la classe dominante qui use en premier de la violence quand ses intérêts sont menacés, que ce soit la classe capitaliste, de la Commune de Paris à nos jours, comme dans les dictatures bureaucratisées à l’est jusqu’à la chute du mur.
Même aujourd’hui, en France on voit que la violence vient de l’extrême-droite alliée à l’UMP sous l’égide de la pasionaria Frigide Barjot qui promet du sang, quand les homophobes le font déjà couler.
Dès 1984, il dit avoir “déchiré le fantasme révolutionnaire”. Comme il ne distingue pas le “fantasme”, celui du Grand-Soir, qui n’existe que dans la tête des contre-révolutionnaires, de l’aspiration à changer radicalement le système capitaliste mondial, il ne peut que verser dans la défense d’un capitalisme “régulé” et du parlementarisme augmenté d’un peu de participatif qui ne change rien du tout.
Quand il écrit que “l’idée de démocratie renfermait quelque chose qui protège les sociétés contre elles-mêmes”, il passe à côté des avancées du courant “démocratie et socialisme”, au sein de l’Internationale trotskiste, sans compter que la “démocratie” sans qualité, “bourgeoise” ou “prolétarienne” comme on disait jadis, n’est rien d’autre que la première forme.
Qu’elle soit en général le moins pire des régimes pour reprendre Churchill, n’empêche pas que ce soit encore le règne de l’exploitation, du chômage, de la misère.
Adjoint au maire de Francfort, il produit certes des avancées sociétales, pour les étrangers en particulier. Cet ancien libertaire pacifiste invente le Panzer Pacifism et l’armée allemande peut à nouveau intervenir dans le monde sous des prétextes humanitaires ou de maintien de la paix qui masquent un nouvel impérialisme “démocratique”.
Il n’a pas de mal à souligner l’échec de Europe Écologie.
On le suit, pour avoir fait des expériences du même tabac à la LCR, quand il écrit: “Un parti, c’est un blindage, une structure fermée… qui capte une grande partie de l’énergie des militants pour régler des problèmes internes”.
Oui, il faut ouvrir les fenêtres, cesser de se regarder le nombril, mais pour autant faut-il renoncer à la forme-parti?
On partage aussi l’idée selon laquelle le productivisme se porte aussi bien à gauche qu’à droite. Et on y ajoute, la xénophobie, le racisme, l’islamophobie. On est européen contre les souverainismes et les nationalismes comme contre la “patrie citoyenne” de Mélenchon et du Front de gauche.
Depuis les années soixante-dix, la LC puis la LCR a défendu le concept États-Unis socialistes d’Europe.
Alors, un “mouvement” à la place de partis? Ce qui manque dans le mouvementisme, c’est la mémoire de l’histoire du mouvement ouvrier, la continuité intellectuelle et pratique des expériences bonnes ou mauvaise du passé. certes la forme avant-garde ne peut et ne doit plus fonctionner, mais le spontanéisme n’est pas meilleur pour les combats à mener.
La critique du “révolutionnaire professionnel” peut être faite, mais si c’est pour le remplacer par le parlementaire national ou européen non moins professionnel qu’a-t-on gagné? Ancien libertaire, Dany semble atteint de crétinisme parlementaire sénile avec “le miracle de la boite où tu mets ton bulletin de vote” .
“Décider une fois tous les X années qui foulera aux pieds les droits des citoyens..”, ce rappel léniniste rafraichit l’atmosphère surtout à l’ère des cahuzaqueries.
Comme si on ne pouvait imaginer un système politique dans lequel loin de la “participation” bidon, une grosse dose de démocratie directe soit instaurée. Mais immédiatement, on voit que cela suppose, pour que tous-tes y soient convoqué(e)s, une importante diminution du temps de travail afin qu’on puisse s’occuper des affaires publiques.
Dany a échangé le Principe Espérance ou le messianisme révolutionnaire pour une nébuleuse “éthique du futur”, d’un avenir toujours capitaliste et parlementaire.
Sa “Coopérative politique” peut sembler une belle idée, mais quel bilan depuis son lancement?
Il ne briguera plus, c’est promis, de mandat en 2014.(?).
Il prône le “réformisme subversif”?
C’est à dire, le réformisme, tout court, comme si l’expérience du mouvement ouvrier n’avait déjà pas depuis longtemps (1914) fait la preuve de l’échec.
Allez, soigne ta maladie, et repose toi bien Dany!
Yom Hashoah 2013 judéo-juif à Strasbourg? Une crispation identitaire régressive.

Archives
Yom Hashoah mai 2011
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/23354
2013
Cette année, en Alsace, le Yom Hashoah (journée de l’extermination, avec lecture des noms des victimes du génocide) n’a été organisée que par L’Union juive libérale de Strasbourg, avec le CRIF Alsace.
Georges Yoram Federmann et le Cercle Menachem Taffel, inventeurs ici de cette commémoration, en ont été exclus.
Conséquence, la lecture des noms n’a concerné que les Juifs exterminés, et seule une mention a été faite du génocide des Tziganes. Par contre, ont été laissées dans l’ombre les autres catégories de victimes, évoquées les années passées, en présence de leurs représentants: homosexuels-lles, malades mentaux, sourds, handicapés, etc.
En même temps, l’absence de GYF, empêchait que soit mentionnée l’actualité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, aussi bien au Rwanda qu’en Bosnie ou en Palestine occupée…
Georges Yoram Federmann:
Tout a commencé le 1er avril 2012 par ma prise de position relayée par le CAPJPO et Parténia
http://www.europalestine.com/IMG/article_PDF/article_a7087.pdf
Je ne pouvais plus prendre la parole.
J’ai accepté à la condition que nous préparions avec l’ UJLS (qui fait partie du CRIF) le Yom Hashoah 2013 sur la base de ma lettre jointe.(11 avril 12)
Ce qui n’a jamais été fait par nos ex-partenaires durant 7 ans…
Chers amis,(UJLS)
Je vous remercie pour votre appel qui encourage la réflexion.
J’ai relu ma lettre qui a été relayée par le site de Partenia et celui des Citoyens du monde sans susciter de réactions outragées.
J’ai relu ma lettre qui traite de sujets complexes et délicats et qui appelle à la paix comme je crois l’avoir toujours fait.
Qui tente d’en faire autant ,localement, avec les risques que cela peut représenter?
Pourquoi ,d’ailleurs, les réactions ne surviennent-elles qu’ aujourd’hui alors que j’ai pris des positions aux côtés du CAPJPO depuis 2005?
Je reste perplexe car elles réveillent en moi celles de mes anciens amis ,cofondateurs du Cercle Taffel, qui l’ont quitté fin 2010 parce que le CRIF avait rejoint le Yom Hashoah!!(cf lettre jointe du 1er février 2011 jointe).
CRIF qui est ,au passage,connu pour ses positions radicales et communautaristes. (Je ne parle pas de Pierre Levy).
J’ai relu ma lettre et me demande ce qui vous semble devoir heurter ?
N’aide-t-elle pas à avancer?
Appelle-t-elle à la haine ? A la Guerre?
Elle critique l’État d’ Israël?
Oui ,nous devrions nous l’interdire?
En quoi cette lettre écrite en mon nom et qui n’engage jamais Taffel est-elle un danger pour le Yom Hashoah et la mémoire des morts que nous honorons ?
En quoi l’actualité internationale serait proscrite de nos journées.
C’est bien le député Jung qui parle régulièrement du massacre des Tamouls à notre tribune?
En première intention ,je ne comprendrais pas les raisons du silence de Taffel dimanche.
A ce sujet ,qui serait appelé à prendre la parole?
Mais je suis en train de consulter le Cercle Taffel et m’effacerai à titre personnel si la majorité le suggérait.
Permettez-moi simplement de rappeler que Taffel est en grande partie à l’origine de la diversité de la manifestation en ayant aidé ,avec votre soutien, à ouvrir aux manouches ,homosexuels, sourds et malentendant et usagers de la psychiatrie.
Et ,l’on viendrait reprocher à “un faiseur de paix” son pacifisme en légitimant la violence d’Etat?
Je trouve dommage votre réaction car nous restons bien les organisateurs du Yom Hashoah.
Ou bien l’institutionnel et le religieux nous auraient-ils déjà rattrapé pour faire de cette manifestation une journée convenue et figée “entre nous”, confondant la mémoire de la Shoah avec le soutien inconditionnel à l’État d’ Israël?
Les mêmes qui critiquent mon texte “pour la paix” n’ont rien trouvé à redire au programme des Oubliés de l’ Histoire que je co-organise.
La nuit va entretenir nos réflexions et je souhaite comme vous
un dénouement favorable à la défense de la cause des victimes et de l’humain.
Fidèlement
Georges Yoram
lu dans les DNA
Strasbourg Cérémonie Yom Hashoa
L’identité retrouvée
« Abraham Charles , 59 ans, convoi 68. Ackermann Théodore, 51 ans, convoi 70. Adam Georgette, 56 ans, convoi 39. Adler Chaim, 23 ans… » Les noms des victimes juives alsaciennes de la déportation noircissent des dizaines de pages. Ils ont tous été lus, hier, place Broglie à Strasbourg, au cours de la cérémonie Yom Hashoa. Commencée un peu avant 11 h, la lecture publique s’est achevée vers 15 h 30.
Cette façon de rendre hommage aux morts a pour objectif « de mettre en échec la volonté des bourreaux de transformer les victimes en numéros », rappelle Pierre Levy, représentant en Alsace du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui patronne cette cérémonie organisée par l’Union juive libérale de Strasbourg (UJLS).
« Les valeurs
de la République »
Avant que la lecture ne commence, plusieurs enfants ont allumé six bougies symbolisant les six millions de juifs tués durant l’Holocauste, mais aussi les 600 000 Roms qui ont subi le même sort – bien que leurs noms ne soient pas lus, « nous tenons à les évoquer. Nous ne les oublions pas », explique Pierre Haas, trésorier de l’UJLS.
Robert Herrmann, premier adjoint au maire de Strasbourg, s’est réjoui de pouvoir « participer à l’œuvre de mémoire » mais aussi à « une occasion de célébrer la fraternité ». « Les valeurs de la République sont à l’opposé de celles des génocidaires », a pour sa part souligné Raphaël Nisand. Rappelant les assassinats perpétrés par Mohamed Merah, le maire de Schiltigheim a souligné que « des questions sont encore posées. L’an passé à Toulouse, des enfants ont été tués parce qu’ils étaient juifs. Yom Hashoah ne doit pas juste servir à se rassembler pour lire des noms. Il faut aussi réfléchir pour qu’un génocide ne se reproduise pas. »
par Aurélien Poivret, publiée le 08/04/2013 à 05:00
Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!
Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !
par Pierre Stambul
Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.
Une propagande bien rodée
Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.
Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.
Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.
Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.
Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.
Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.
Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.
Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …
C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.
Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.
L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.
… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme
Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».
Loos/Hermann: un débat peut en cacher un autre
En apparence, le débat d’hier soir entre le premier adjoint Robert Hermann et l’ex ministre François Loos portait sur la Collectivité territoriale d’Alsace quelques jours avant le référendum du 7 avril.
Et les deux hommes, si proches politiquement, bien que l’un vote non et l’autre oui, ont effectivement parlé du sujet devant une salle remplie de partisans de Loos à voir les applaudissements à sens unique.
Mais derrière un débat quasi consensuel, du genre de ceux plaisamment dénoncés dans Les nouveaux chiens de garde, où deux larrons d’accord sur presque tout, font semblant de s’opposer, on voyait déjà se profiler les municipales de Strasbourg, chacun des deux hommes, ayant déjà fait savoir qu’il était prêt à s’y coller. On espère qu’ils n’ont pas de compte en Suisse. Ou alors, qu’ils penseront à les fermer illico s’ils ne veulent pas se faire cahu-saquer.
On peut écouter-réécouter, pour les masos, ce débat ci-dessous, mené par Antoine Spohr et Christian Bach.
Loos-Hermann2
Loos-Hermann3
Loos-Hermann4
Loos-Hermann5
Loos-Hermann6
Loos-Hermann7
Loos-Hermann8
Loos-Hermann9
Loos-Hermann10
Loos-Hermann11
Loos-Hermann12
L’évocation finale de la vieille affaire du synchrotron qui a opposé Grenoble et Strasbourg, suffit à rappeler le vrai enjeu, d’ailleurs pas du tout occulté de ce scrutin, à la différence de la campagne officielle et du document électoral envoyé aux gogos-électeurs, qui est de mettre en place les régions fortes et concurrentielles exigées par le néo-libéralisme mondial.
Hermann regretta même qu’on n’ait pas choisi de ne faire que sept grandes régions en France au lieu des vingt-deux actuelles. Idem pour la future métropole autour de Strasbourg qui pourrait s’étendre au-delà de l’actuelle CUS, à une super CUS étendue à une grosse partie du département du Bas-Rhin.
Bref, les deux compères étaient d’accord, avec quelques nuances, pour taper sur les responsables actuels de la région et des départements qui jouent petit bras.
Les réponses respectives des deux challengers avaient ceci de commun qu’ils sont incapable de penser la politique autrement qu’en termes économico-financiers. Dès qu’on suggère qu’il peut y avoir autre chose que la concurrence dans la vie, et que le monde s’en porterait mieux, Hermann ne trouve rien de mieux comme argumentaire qu’une critique de la “décroissance” dont le nom n’avait pas été prononcé! Produire toujours plus au meilleur coût et pour le profit maximum du capital, sans jamais se poser la question des besoins essentiels pas satisfaits, voilà l’horizon commun de ces messieurs.
N’oubliez pas, dimanche 7 avril, de voter NON!
Communiqué de presse du NPA 67
La Collectivité Territoriale d’Alsace : un laboratoire du capitalisme
Le NPA 67 se prononce contre la Collectivité Territoriale d’Alsace sur laquelle les alsaciens sont appelés à voter lors du référendum qui se déroulera le 7 avril prochain.
La fusion des trois collectivités (conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et du Conseil d’Alsace) et de leurs services publics n’est rien d’autre que l’application de l’austérité budgétaire au niveau territorial. Ce projet s’inscrit dans la continuité de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) de Sarkozy que poursuit actuellement le gouvernement social-libéral de Hollande.
Ce projet ne fera qu’accentuer la concurrence entre les régions. L’Alsace ne sera pas le laboratoire du démantèlement des services publics locaux !
Pour la défense et le développement des services publics de proximité et de qualité, le NPA appelle à refuser le projet de la Collectivité Territoriale d’Alsace en votant « NON » ou en s’abstenant le 7 avril.
Le NPA 67 vous donne rendez vous le 8 avril à 20h à la Maison des associations (1 place des orphelins, 67000 Strasbourg) pour débattre de la construction d’une opposition de gauche au gouvernement et au patronat.
Altermondialisme et Islam politique: la gauche face aux conservatismes [Mediapart]
Altermondialisme et islam politique: la gauche face aux conservatismes
30 MARS 2013 | PAR JOSEPH CONFAVREUX
Quasiment personne, au Forum social mondial (FSM) de Tunis, ne se revendique comme islamiste et altermondialiste tout à la fois. Même Tariq Ramadan, qui continue d’incarner, aux yeux de beaucoup, l’épouvantail même de « l’islamo-gauchisme », refuse ce genre de qualification lorsqu’il est interrogé par Mediapart : « Musulman, oui. Islamiste, non. Altermondialiste, j’espère, même si on ne sait plus exactement ce que ça veut dire. »
Au FSM de Tunis Au FSM de Tunis © JC
Le Forum social mondial est venu se ressourcer en plantant ses tentes dans le premier pays arabe ayant fait sa révolution. Un geste politique fort, mais non dénué d’embarras, puisque cette révolution tunisienne, comme son alter ego égyptienne, a entraîné l’accession au pouvoir de partis à référentiel islamique, conservateurs sur les mœurs et libéraux en économie, donc à l’opposé des projets séculiers, progressistes et solidaires portés par l’altermondialisme. En s’installant dans un pays clivé par l’opposition entre laïcs et religieux et en accueillant en son sein des organisations des deux bords, le FSM réactive donc la délicate question des divergences entre la gauche et la religion, notamment quand il est question d’islam.











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