Communiqué de presse du 5 juillet du Théâtre de la Liberté de Jénine en Palestine occupée

Zakaria et Nabil en grève de la faim : Appel à une action urgente

Le 5 juillet, Nabil Al-Raee, le directeur artistique du Théâtre de la Liberté a été accusé, dans un tribunal militaire israélien, de posséder des fusils et d’aider un homme recherché (Zakaria Zubeidi) et trois autres personnes dont l’identité n’a pas été communiquée. L’aide que Nabil est accusé de porter à Zakaria – qui depuis plusieurs années jouit d’une amnistie de la part des autorités israéliennes – est qu’il l’a pris à bord de sa voiture et lui a offert de la nourriture et des cigarettes. En réponse à ces accusations, Nabil a déclaré qu’il commencerait une grève de la faim dès le lendemain : « Je ne comprends pas pourquoi je suis ici (en détention). Ils n’ont aucune raison de me garder ». L’avocate de Nabil dit : « Cela montre qu’ils agissent en désespoir de cause, ils n’ont aucune charge contre lui ».

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 Japon : les scénarios possibles de la bataille de Fukushima

Japon : les scénarios possibles
de la bataille de Fukushima

 

Quelle que soit l’issue de la lutte engagée pour contenir la dégradation des réacteurs, la situation est déjà catastrophique pour le Japon. Si la centrale devenait hors de contrôle, c’est toute la planète qui serait menacée.

Près de deux semaines après la première explosion dans la centrale de Fukushima, ce n’est pas un mais huit réacteurs qui menacent d’échapper à tout contrôle. Du jamais vu dans l’histoire du nucléaire.

Le 28 mars 1979, à Three Mile Island aux Etats-Unis, premier accident grave de l’histoire du nucléaire, un seul réacteur est touché. Six ans plus tard, le 26 avril 1986, à Tchernobyl, jusqu’à présent considérée comme la plus grave catastrophe du nucléaire civil, un seul des quatre réacteurs explose. A Three Mile Island, comme à Tchernobyl, personne n’avaient prévu que le coeur d’un réacteur fondrait.

Aux Etats-Unis, il faudra six ans pour que l’industrie nucléaire reconnaisse les faits. Ce n’est qu’à partir de Tchernobyl que cette dernière se prépare à gérer une catastrophe de cette ampleur. Cela discrètement, derrière les murs de ses institutions, tout en affirmant qu’un nouvel accident est “hautement improbable”, que les centrales nucléaires sont “beaucoup plus sûres” aujourd’hui, qu’elles possèdent toutes une enceinte de confinement, qu’un nouveau Tchernobyl “est impossible”…

Vingt-cinq ans plus tard, la tragédie du Japon prend une fois de plus l’industrie nucléaire à revers : les centrales n’étaient pas conçues pour résister à la puissance des secousses et du tsunami qui vient de ravager le pays. Ce 12 mars 2011, contre toute attente, une première explosion souffle le toit du réacteur numéro 1 de la centrale de Fukushima. Puis celui du numéro 2, du 3, du 4… Les piscines de refroidissement fuient et trois des réacteurs entrent en surchauffe. Gravement endommagés, ils menacent depuis de fondre. Des nuages radioactifs s’échappent dans l’atmosphère.

Jamais un tel scénario n’avait été envisagé : huit réacteurs dégradés qu’il faut absolument refroidir pour éviter non plus un accident grave comme à Three Mile Island, ni une catastrophe comme à Tchernobyl, mais cette fois-ci, un véritable cataclysme nucléaire.

Le risque est réel et il faut agir vite. Mais le tremblement de terre et le tsunami ont détruit les infrastructures, rendant l’accès au site difficile et fragilisant toutes les constructions de la centrale. Alors, comme pour Tchernobyl, des centaines de “liquidateurs”, pompiers, soldats, techniciens, ingénieurs, médecins, mineurs, maçons vont devoir accepter le sacrifice, et affronter ce qu’ils appellent depuis Tchernobyl “l’ennemi invisible”, pour tenter de sauver la région, le Japon, les pays avoisinants…

La bataille de Fukushima vient donc de commencer et elle va durer encore des jours, des semaines, des mois, des années. Premier objectif des liquidateurs : tenter de refroidir les réacteurs. Pour cela, il faut rétablir le courant, activer les pompes, remplir les piscines et noyer le coeur des réacteurs avec des litres et des litres d’eau. Vont-ils y parvenir ? Voici les trois scénarios envisageables.

Scénario 1 : L’accident grave

Les liquidateurs parviennent à rétablir le courant, à remettre les pompes en marche, à remplir les piscines, à refroidir les réacteurs avant qu’ils ne se dégradent davantage. S’ils y parviennent, la contamination de l’environnement se stabilisera. Fukushima surclassera alors Three Mile Island, mais pas Tchernobyl. Depuis cette dernière catastrophe, le scénario de l’accident grave a été étudié de très près par l’Agence internationale de l’énergie atomique et par les instituts et autorités de sûreté nucléaire, principalement en France, l’un des pays les plus nucléarisés de la planète.

La centrale de Fukushima ne sera jamais remise en route. La zone de 20 kilomètres autour de la centrale, soit 600 km2, est inhabitable pour des années. L’eau potable et tous les aliments devront être systématiquement contrôlés pendant des années. Il faudra également continuer à refroidir et surveiller le coeur des réacteurs endommagés avant de pouvoir les neutraliser. Fukushima deviendra une gigantesque poubelle nucléaire à ciel ouvert… Le taux de cancers des populations vivant dans les territoires contaminés augmentera. La région sera boudée par les entreprises qui préféreront s’installer ailleurs. Ses produits ne se vendront plus et elle connaîtra une sérieuse récession économique. Le coût d’un accident nucléaire grave se compte en milliards d’euros !

Scénario 2 : La catastrophe nucléaire

Malgré un travail acharné, au prix de leur santé et pour certains, de leur vie, les liquidateurs parviennent à rétablir l’électricité, faire fonctionner certaines pompes, à réinjecter de l’eau, à remplir partiellement les piscines, mais ils ne parviennent pas à refroidir un des huit réacteurs.

La dégradation du coeur se poursuit. Il fond de plus en plus et atteint ce que les scientifiques appellent le seuil de criticité. La réaction en chaîne se déclenche et échappe à tout contrôle. Une lave appelée corium, un mélange incandescent de plus de trois mille degrés composé d’uranium fondu et de tous les éléments de la structure, coule au fond de la cuve du réacteur. Très corrosive, elle menace de s’enfoncer dans le sol, vers les nappes phréatiques, contaminant tout sur son passage et projetant de très importantes quantités de produits radioactifs dans l’atmosphère. Emportés par les vents, ils forment un nuage. Rabattus au sol par les pluies, ils menacent non seulement de contaminer gravement le territoire japonais, toute sa chaîne alimentaire, mais aussi les pays voisins, comme la Chine, la Russie. Puis en fonction des vents, des précipitations, et du taux de contamination, l’Amérique et les autres continents.

Comme pour Tchernobyl, les victimes se compteront alors par milliers. Comme en Ukraine, en Russie et en Biélorussie, des millions de Japonais devront apprendre à vivre dans des territoires contaminés. Le nombre de cancers augmentera, l’espérance de vie chutera. Et toute l’économie japonaise sera très lourdement affectée pour les décennies à venir : pendant vingt ans, la catastrophe de Tchernobyl a par exemple coûté à la Biélorussie plus de 15 % de son PIB !

Scénario 3 : Le cataclysme

Les liquidateurs parviennent à réinjecter de l’eau, mais des paramètres inconnus font irruption. Par exemple : le sel de l’eau de mer utilisée pour refroidir les réacteurs se cristallise et se combine au bore, produit injecté pour tenter bloquer la réaction nucléaire. Ensemble, ils forment une croûte qui peut provoquer des phénomènes jamais étudiés par les scientifiques. Il faut improviser en permanence. La radioactivité est telle qu’il devient de plus en plus difficile de travailler.

Alors ce n’est pas un seul réacteur qui peut échapper à tout contrôle et entrer en fusion, mais deux, voire trois, quatre… huit ? Le monde connaîtra alors un cataclysme nucléaire sans précédent. Pas un continent ne sera épargné et les conséquences sont tout juste imaginables… Nous n’en sommes heureusement pas encore là. Les solutions existent. Les liquidateurs, ingénieurs, scientifiques nucléaires travaillent partout pour éviter le pire.

Cette épée de Damoclès nous oblige à accepter humblement que l’accident nucléaire est toujours possible, même dans les pays technologiquement et industriellement les plus avancés. Cette menace rend obligatoire la vérification de toutes les installations de centrales nucléaires existantes, à en fermer certaines ; à repenser le nucléaire en se gardant de toute euphorie commerciale.

Les souffrances qu’engendrent ces événements dramatiques nous forcent à repenser la “nécessité” de l’énergie nucléaire : elle n’est ni propre, ni renouvelable comme certains essaient de nous le faire croire, comme Areva dans sa dernière publicité.

Un risque de cataclysme nucléaire qui nous amène aussi à repenser la notion même de progrès…

Thomas Johnson

24/03/2011


 Le soleil se lève au Maghreb

Tribune libre

Analyse 4 (2011)

Paix et Justice au Moyen-Orient

STRASBOURG, le 21 février 2011

cpjmo@yahoo.fr

http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

Le soleil se lève au Maghreb

Au Moyen-âge, par l’intermédiaire d’organes de propagande de nature religieuse, les classes dominantes diffusaient des superstitions selon lesquelles l’Etat était une institution divine et le roi un envoyé des puissances célestes. L’objectif était de protéger les riches et leur roi de la colère des masses exploitées, miséreuses et souvent humiliées.

La sociologie moderne balaie ce genre de superstition et déclare que l’Etat est un instrument de domination d’une classe sur les autres classes ou couches sociales.

Pourtant, dans certains pays, la superstition- pour ne pas dire la supercherie- moyenâgeuse continue de plus belle. Au Maroc, le roi se dit descendant du prophète Mahomet. En Egypte, le raïs caressait le nationalisme de l’homme de la rue et se faisait passer pour descendant des Pharaons. En Iran, le guide de la révolution, Khamenei, délégitimé par la fraude électorale et par la contestation sociale, se fait passer pour le représentant de «l’imam caché».

Pourtant, les soi-disant représentants des forces de l’au-delà instaurent des régimes dictatoriaux, voire sanguinaires, qui leur permettent de s’enrichir sans vergogne, et d’ouvrir des comptes bien garnis dans de vrais paradis fiscaux. Le peuple miséreux doit se satisfaire d’un paradis fictif auquel on lui promet qu’il accédera après sa mort.

Voici ce que nous avons écrit dans l’analyse n°30, «Séisme au Maghreb», le 22 avril 2007: «Que dire des jeunes kamikazes marocains qui, selon Ali Amar, directeur de l’hebdomadaire Le journal, «viennent des bidonvilles et sont le produit de la fracture sociale marocaine»(…) Voici ce que dit Amnesty international de l’Egypte, un autre pays «ami» des Etats-Unis, accusé : «d’arrestations arbitraires, de détentions prolongées sans jugement, d’actes de torture et de mauvais traitements.»(…) Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte : tous les pays «amis» des Etats-Unis sont menacés d’implosion.»

L’implosion est partie de Tunisie et s’est propagée comme une trainée de poudre à l’Egypte, au Yémen, à l’Algérie, à la Lybie et au Maroc où plusieurs manifestants ont été abattus de sang froid, dimanche 20 février, par la police de «sa majesté», «descendant du prophète». Le fils «moderne» de Kadhafi n’a pas hésité à brandir le spectre d’un bain de sang pour se maintenir au pouvoir.

Pourquoi l’implosion au Maghreb? Là encore, certains journalistes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez parlent de «révolutions Facebook». Les Révolutions Française de 1789, Russe de 1917 ou Iranienne de 1906 se sont déroulées sans Facebook, un instrument d’information comme d’autres. Pourquoi Facebook ne vient-il pas en aide aux Libyens, aux Algériens, aux Chinois ou aux Marocains? Pourquoi la rue iranienne qui était à la pointe de la transmission des informations par téléphone portable et par Facebook en 2009, n’arrive-t-elle toujours pas à se débarrasser d’une bande mafieuse militaro-millénariste qui fait saigner le peuple?

Le Maghreb est la zone d’influence de l’Occident, conduit par les Etats-Unis. Il reçoit les capitaux financiers occidentaux, la technologie de montage, et fournit la main d’œuvre bon marché et les matières premières. Pour former les cadres nécessaires au fonctionnement des entreprises et des instituts de recherche, l’instruction s’est développée et une classe moyenne s’est crée au Maghreb. C’est cette couche instruite, cette classe moyenne et cette classe ouvrière miséreuse qui demandent la participation à la gestion de la société et un partage équitable de la richesse produite.

A la dictature, au chômage chronique, à la corruption et au népotisme, s’ajoute l’humiliation des nations arabes, surtout égyptienne, dont l’armée a été battue à plusieurs reprises par l’armée israélienne. Depuis la conclusion de la paix israélo-égyptienne en 1979, la région vit sous la domination humiliante des américano-israéliens qui ne cessent de lui dicter leurs desideratas. Un exemple : suite à un accord conclu entre Israël et l’Egypte, mardi 14 décembre 2004, les produits fabriqués dans les «zones industrielles qualifiées» (ZIQ), situées entre Israël et l’Egypte, devront comporter au moins 11,2% de composants israéliens. (Le Monde du 16/12/2004).

Si le peuple a réussi à faire sauter un verrou en Tunisie et en Egypte, l’essentiel, c’est-à-dire la construction d’un vrai pays souverain et d’une société de droit et démocratique, reste à faire. La route est encore semée d’embûches. Les possédants ne lâchent pas facilement le pouvoir. Ils ont la police, l’armée, savent faire la guerre, détruire et tuer. Bref, ils ont beaucoup d’expériences d’Etat. D’autant plus qu’ils sont soutenus par les puissances occidentales dont les «conseillers» sont déjà sur place pour contenir la révolte des opprimés et sauver la chasse gardée de l’Occident. Pour combien de temps?

Mais, nous sommes sûrs que le Soleil qui s’est levé au Maghreb ne semble pas vouloir s’éteindre de sitôt. Allez le Maghreb !

 Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ?


par Ziad Medoukh

Nous, Palestiniens, avons suivi avec beaucoup d’intérêts les événements qui se sont déroulés ces deux derniers mois en Tunisie et en Egypte et nous avons salué la victoire de la révolution populaire pour le changement, la démocratie, et la justice sociale dans ces deux pays.

Très attentifs ces dix-huit derniers jours à l’évolution de la situation en Egypte , pays voisin, pays ayant des relations particulières avec les différentes tendances politiques du nôtre, pays qui a un rôle clé au proche Orient, nous avons remarqué l’intérêt particulier de la communauté internationale officielle- Nations-Unies, Etats-Unis, Europe et autres – à la situation en Egypte, demandant presque tous les jours le départ du président et le respect de la volonté du peuple d’entrer dans une nouvelle ère. Une ère de démocratie.

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