Tirer dans le tas ! De l’avenir des musulmans en France par Alain Gresh

islamophobie

Longtemps, les colonisés ont été considérés comme appartenant à une espèce inférieure, dont le statut ne relevait ni de principes universels, ni du droit international. Et que l’on pouvait exploiter, voire exterminer sans remords. Dieu reconnaîtrait les siens !

En 1898, Heinrich von Treischke, un expert en sciences politiques, soutenait ce qui pour nombre de ses contemporains apparaissait comme une banalité : « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. » La balle dum-dum fut inventée à la fin du XIXe siècle ; elle causait des blessures particulièrement graves. En 1897, la convention internationale de La Haye adoptée par les Etats « civilisés » la bannissait ; elle fut réservée à « la chasse au gros gibier et aux guerres coloniales » (lire « La fin du droit international ? », 16 août 2006). « Exterminez toutes ces brutes », gribouille, durant ses tribulations au cœur du Congo colonial, le Dr Kurz, le personage central de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad.

A la même époque, l’antisémitisme, fondé sur les mêmes théories « scientifiques » de la race, affirmait que les juifs étaient des sous-humains, théories ouvrant la voie au génocide de la seconde guerre mondiale. Durant ces années, le gouvernement de Vichy adoptait des lois sans précédent d’exclusion des juifs, d’interdiction de nombre de leurs pratiques religieuses, de déchéance de citoyens français de leur nationalité, tout en contribuant activement à l’entreprise génocidaire nazie.

Depuis, il semblait que ces discours et ces mesures d’exclusion ne pouvaient être défendus en France, non seulement contre les juifs, mais contre toute minorité. Nous avions tort.

Dans un texte intitulé « Que faire des musulmans une fois le Coran interdit ? », publié par le site Boulevard Voltaire et qui n’a suscité aucune condamnation officielle de tous ceux qui sont si prompts à condamner tout acte antisémite, Christine Tasin fait « un rêve » — merci à Sébastien de m’avoir signalé ce texte.

« Les musulmans, qu’ils soient Français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales, afin de supprimer l’appel d’air permanent qu’elles suscitent. Bien sûr, il faudra ou sortir de l’Union européenne ou la faire exploser puisqu’elle voudra nous empêcher de faire la loi chez nous, et reconstituer une Europe des nations.

Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. »

(…)

« Bien sûr enfin, on nous dira qu’il y a trop de citoyens concernés. Et qu’on ne peut expulser des gens présents depuis si longtemps en France, avec la nationalité du pays. À ceux-là, nous répondrons qu’en 1962, on a fait partir d’Algérie plus de 10 % de sa population, dont la plus grande partie n’avait plus aucun contact avec la France depuis plusieurs générations. À notre connaissance, c’est loin d’être le cas de nombreux musulmans qui vont en vacances, tous les ans, “au pays”. »

Ce texte se passe de commentaires. Pour vous distraire, si l’on peut dire, remplacez le terme musulmans par juifs, roms ou Noirs… Et vous aurez une idée de la France « ethniquement pure » que l’on nous prépare.

http://blog.mondediplo.net/2013-04-16-Tirer-dans-le-tas-De-l-avenir-des-musulmans-en

 Commémorer l’abolition de l’esclavage des Rroms

Roms Unserland

TEXTE DIFFUSE PAR ROMEUROPE – Droits de l’Homme le 10 mai 2013

Par Jean-Pierre DACHEUX[1], membre de ROMEUROPE

COMMÉMORER L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE DES ROMS.

« Les Européens organisent des sociétés philanthropiques pour l’abolition de l’esclavage en Amérique alors que, sur leur propre continent, 400 000 Tsiganes sont maintenus en esclavage ».Kogalniceanu Mihail, « Esquisse sur l’histoire, les mœurs et la langue des Cigains, connus en France sous le nom de Bohémiens », Berlin, 1837. (Kogalniceanu est un historien roumain francophone qui devint premier ministre de la toute nouvelle Roumanie unifiée, en 1863.)

LE 10 MAI 2013 AURA EU LIEU LA JOURNÉE NATIONALE DES MÉMOIRES DE LA TRAITE, DE L’ESCLAVAGE ET DE LEURS ABOLITIONS. Une cérémonie officielle se sera
déroulée, comme tous les ans, dans le jardin du Luxembourg, en présence du Président de la République.

La loi Taubira du 21 mai 2001 concerne, en effet, la reconnaissance, comme crime contre l’humanité, des traites et des esclavages pratiqués, à partir du XVe siècle, sur certaines populations. Elle précise : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part,
perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité ». (article 1er).

Avant même le XVe siècle, l’esclavage fut une réalité historique, européenne autant qu’américaine, qui ne se limita pas à la perpétration de la traite négrière transatlantique. Parmi les abolitions intervenues au XIXe siècle, figure l’abolition de l’esclavage des Roms en Moldavie et Munténie (ou Valachie). L’Église moldave libéra ses esclaves roms en 1844 et l’Église de Munténie en 1847, mais cet esclavage fut largement maintenu et même réinstauré, en 1849 par les forces occupantes russes et turques. Il ne devint illégal, dans ces deux principautés, qu’en 1855 et 1856, mais ne fut définitivement aboli qu’en 1863, deux ans après l’unification et la création de la Roumanie, sous l’impulsion impériale française, en 1861.

À ce mitan du siècle, l’abolition définitive de tout esclavage avait déjà été signée, en France, le 27 avril 1848, au début de la seconde République, à l’initiative de Victor Schœlcher. Le lien historique entre les abolitions transatlantique et européenne est bien avéré.

L’esclavage des Roms, qui dura donc un demi-millénaire, (dès leur apparition dans les principautés pré-roumaines, au milieu du XIV e siècle, jusqu’au milieu du XIXe siècle), appartient, à présent, à l’histoire de tous les Européens.

Le déni et l’oubli d’un esclavage si long et si brutal n’est plus acceptable, viole la mémoire commune, et pèse encore sur les relations entre les Roms et les autres populations européennes. Il est temps d’enseigner et de rappeler à tous les concitoyens de l’Union que ce lointain passé a laissé des traces dans notre présent, partout en Europe.

L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE DES ROMS A DÉSORMAIS TOUTE SA PLACE DANS LA COMMÉMORATION, EN FRANCE, DE L’ABOLITION DES ESCLAVAGES, CHAQUE 10 MAI.

[1] Jean-Pierre Dacheux, auteur avec Bernard Delemotte du livre « Roms de
France, Roms en France » (2010)

RomEurope: http://www.romeurope.org/index.php

 Grippe aviaire: et si vos patients étaient concernés?

1943485

 

 

 

 

 

 

 

La Feuille de chou pratique

Grippe aviaire A (H7N9) : Et si vos patients étaient concernés ?

120 cas de grippe aviaire A (H7N9) en Chine et 24 décès. Si aujourd’hui cette infection reste confinée en Asie, il n’est pas exclu que certaines personnes infectées en Chine se rendent sur le territoire français. Pire encore, les experts redoutent que ce virus finisse par devenir transmissible entre humains, ce qui pourrait déclencher une pandémie. Pour ne pas prendre ces infections à la légère, le Haut Comité de Santé publique détaille la conduite à tenir en cas de suspicion d’infection.

http://www.legeneraliste.fr/layout/Rub_ACTU.cfm?espace=ACTU&id_rubrique=101859&id_article=36706

Alerte Info

Grippe aviaire A (H7N9) : Et si vos patients étaient concernés ?

120 cas de grippe aviaire A (H7N9) en Chine et 24 décès. Si aujourd’hui cette infection reste confinée en Asie, il n’est pas exclu

que certaines personnes infectées en Chine se rendent sur le territoire français. Pire encore, les experts redoutent que ce virus finisse par devenir transmissible entre humains, ce qui pourrait déclencher une pandémie. Pour ne pas prendre ces infections à la légère, le Haut Comité de Santé publique détaille la conduite à tenir en cas de suspicion d’infection.

À ce jour, le virus H7N9 de la grippe aviaire a fait 24 morts et 120 cas en Chine. Mais pourrait-il se propager hors d’Asie ? Si ce risque est faible, il n’est pas exclu q’une personne infectée en Chine se rende en Europe ou en France par avion. Pire, les experts redoutent que le virus devienne transmissible entre humains, ce qui pourrait alors déclencher une pandémie.

Cette infection doit donc être prise très au sérieux. C’est pourquoi, afin de se préparer à toute éventualité, le Haut Comité de Santé Publique donne la marche à suivre en cas de suspicion de grippe à virus A (H7N9) ou A (H5N1). Les deux virus ont été pris en considération, étant donné que dans les régions touchées à ce jour, ils peuvent tous deux circuler et que les symptômes ne permettent pas d’orienter d’emblée vers l’infection A (H7N9) ou A (H5N1).

Alors que doit-on savoir sur cette infection grippale ?

En pratique, le diagnostic peut être posé devant une personne ayant séjourné en zone exposée et qui au cours des 10 jours après son retour présente des signes d’infection respiratoire aigue grave basse (nécessitant une hospitalisation), sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la symptomatologie. Le diagnostic pourra aussi être aussi posé chez toute personne ayant été en contact étroit d’un cas possible ou confirmé, qui présente une infection respiratoire aigue quelle que soit sa gravité.

Adopter les gestes adéquats

Au cabinet, un médecin qui voit un patient suspecté d’infection à virus grippal variant doit adopter les gestes adéquats. Tout d’abord, mettre un masque (chirurgical ou FFP2 ) et des lunettes de protection. On proposera au patient suspect de porter un masque chirurgical et on vérifiera que son masque est correctement mis. Le médecin demandera au patient de se laver les mains avec un gel hydro alcoolique jusqu’à sa prise en charge. Lui aussi, il se lavera les mains avec un gel hydro alcoolique, et portera des gants durant l’examen clinique. Si possible, on isolera le patient des autres patients en attente de consultation. Puis, selon l’état du patient, le médecin contactera directement le 15 et l’ARS de sa région afin de classer le cas. La prise en charge du patient ne sera pas orientée vers les secteurs d’accueil d’urgence mais sera organisée afin d’éviter le contact avec d’autres patients (mesures d’isolement)

Au niveau du traitement, les souches A H7N9 et A H5N1 testées sont sensibles aux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir et zanamivir) et résistantes à l’amantadine et la rimantadine. Le traitement antiviral par inhibiteur de la neuraminidase est recommandé et doit être institué le plus rapidement possible, au mieux dans les premières 48 heures après apparition des symptômes. Un traitement symptomatique complétera la prescription d’inhibiteur de la neuraminidase.

Un virus de volaille bien discret

Par ailleurs, une étude du Lancet a confirmé que le virus H7N9 provienait bien de la volaille, et qu’il n’y a aucune preuve de transmission du virus d’homme à homme. Dans le détail, ce virus est plus sournois que le virus A (H5N1) car contrairement à ce dernier, il ne rend pas malade les volailles qu’il infecte. « il n’entraîne aucune mortalité ou baisse de productivité chez les volailles domestiques, et il est donc très difficile à détecter », indique Vincent Martin, expert de l’Organisation Des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation. « Ce sont les hommes qui servent de sentinelles révélatrices de l’infection », poursuit-t-il.
Charlotte Demarti
Article du 03/05/2013

Un virus mutant de grippe aviaire créé en Chine inquiète les experts
Une équipe de scientifiques chinois a fabriqué un virus hybride de la grippe H5N1 ayant le “potentiel” de muter encore pour contaminer l’homme.

http://www.francetvinfo.fr/un-virus-mutant-de-grippe-aviaire-cree-en-chine-inquiete-les-experts_316743.html

 Barrer la route à l’islamophobie

I'm muslim dont panik f2cphoto

erci et bravo à vous d’avoir pris le temps de signer la pétition “Pas de laïcité sans liberté: Contre une loi stigmatisante/Pour une commission sur l’islamophobie”.

Grâce à vos efforts et votre soutien, nous sommes désormais plus de 33000 personnes à l’avoir signée.

La pétition a permis de montrer dans l’opinion publique qu’il y avait désormais un front contre l’islamophobie et contre l’instrumentalisation de la laïcité, qui réunit des gens très différents, de toutes sensibilités, autour d’une idée commune: le respect des libertés fondamentales pour mieux vivre tous ensembles.

Grâce à vous, de nombreux députés ont également souscrit à ce texte, en se positionnant contre une nouvelle loi sur la laïcité dont on sait qu’elle marginaliserait un peu plus encore nos concitoyen(ne)s musulman(e)s, surtout les femmes portant un foulard.

Plusieurs des universitaires et co-auteurs du texte ont participé à des débats parfois très vifs autour de ces questions de laïcité, sur Newsring, sur Europe 1, dans l’Humanité, Libération, le Monde, Ce Soir ou Jamais ou d’autres émissions.

Dernier débat en date, celui sur Beur FM hier soir, dont voici le podcast:

http://www.beurfm.net/IMG/mp3/PAD_Rediff_Forum_Debat_17_04_13.mp3

Ce soir sur France Ô à partir de 23h30, l’émission “Toutes les France sera également consacrée au sujet.

Enfin, et surtout, je vous invite à poursuivre la mobilisation par trois actions simples:

1) Continuez à diffuser autour de vous la pétition. Si chacun d’entre vous fait signer ne serait-ce que 2 ou 3 personnes de son entourage, nous dépasserons sans difficultés le seuil des 100000 signatures, ce qui permettra d’accroire encore l’ampleur de la mobilisation, en plaçant ces problématiques au coeur des débats.

2) Contactez vos députés pour leur demander de se positionner sur ces questions. Nous sommes à votre disposition si vous avez besoin d’aide pour préparer ce genre d’entretiens. N’hésitez pas à faire savoir à vos élus ce que vous pensez.

3) Participez aux événements autour des questions de laïcité et/ou d’islamophobie, afin de vous tenir au courant et d’exprimer votre point de vue. Ce samedi, nous vous donnons rendez vous pour un grand Colloque sur l’Islamophobie qui aura lieu à Sciences Po, à partir de 9h30, ouvert à tou(te)s et gratuit, dans la limite des places disponibles:

http:// http://10ans.islamophobie.net/le-colloque/

Merci encore à tous de vos efforts et de votre mobilisation.

Marwan Muhammad
Porte parole du Collectif Contre l’Islamophobie en France
marwan.muhammad@islamophobie.net

Lire

 Le fascisme en tant que mouvement de masse

Dans cet article, Jairus Banaji revient sur les débats portant sur la caractérisation du fascisme. Il cherche à montrer – en se fondant notamment sur les travaux d’Arthur Rosenberg – que le fascisme ne saurait être réduit à un simple mouvement petit-bourgeois ou à une incarnation politique du capital financier, mais doit être conçu comme un véritable mouvement de masse.

Jairus Banaji est un marxiste indien basé à Bombay. Son recueil d’essais, Theory as History, a obtenu l’Isaac and Tamara Deutscher Memorial Prize en 2011. Cet article, traduit de l’anglais par Marieme Helie Lucas, est d’abord paru dans la revueHistorical Materialism (vol. 20, n° 1, 2012). Il constitue l’introduction d’un ouvrage collectif sous la direction de Jairus Banaji sur le fascisme en Europe et en Inde (Fascism: Essays on Europe and India, Three Essays Collective, Gurgaon, 2013).

http://www.contretemps.eu/interventions/fascisme-en-tant-que-mouvement-masse

 Une des dernières parmi les survivants du ghetto de Varsovie appelle à la rébellion contre l’occupation israélienne.

mur varsovie

Traduit par Serge Quadruppani du blog de Richard Silverstein (qui l’a lui-même traduit de l’hébreu) le discours qu’à l’occasion de la journée de la Shoah, l’une des dernières survivantes du ghetto de Varsovie, Chavka Fulman-Raban, a tenu à la Maison des combattants du ghetto.

http://quadruppani.blogspot.fr/2013/04/une-des-dernieres-parmi-les-survivants.html

http://www.richardsilverstein.com/2013/04/09/last-of-warsaw-ghetto-survivors-calls-for-rebellion-against-israeli-occupation/

“Il y a une unité dans cette commémoration – 70 ans après la révolte du ghetto de Varsovie. Nous approchons de la fin de la génération de la Shoah et des derniers combattants du ghetto. La plupart d’entre vous qui êtes devant moi, représentez la génération de la continuité: les deuxième, trois et quatrième générations. J’ai des pensées et des émotions mélangées sur le passé, le présent, l’avenir.
Je vais vous raconter une expérience de l’époque. Au printemps 1942, j’étais messagère pour une opération secrète. Il m’arriva d’aller voir mes amis du mouvement de jeunesse Dror Bachrubishov, en Pologne orientale occupée, très près des nazis.

Je me trouvais dans la petite gare et de la fenêtre, je pouvais voir, dans un champ près des voies ferrées, une immense multitude, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils étaient surveillés par des Allemands (running wild on horseback: galopant follement sur leurs chevaux: je soupçonne une erreur de traduction depuis l’hébreu – mais peut-être pas, avis aux hébraïsants ndt) A quelques mètres de moi, par la fenêtre, je voyais quatre garçons en train de creuser un trou. Les soldats les abattirent et ils y tombèrent. Le lendemain matin, les champs étaient vides. Le soir, les trains avaient poursuivi leur route: vers les camps, vers la mort.

Ce fut dans ces moments que je compris et que j’eus peur: c’est le début de la fin. C’est la Shoah. Avec cette terrible vérité, je retournai dans le ghetto de Varsovie, auprès de ma famille qui y était restée, auprès de mes camarades.

A ce moment, la nécessité de la révolte du ghetto nous apparut clairement. Nous continuions les activités et les séminaires d’éducation, les journaux et les écoles clandestins. Il était important de renforcer la jeunesse triste, agonisante, du ghetto.
Mais à ce point, il devint important par-dessus tout de trouver des sources d’approvisionnement en armes. La déportation de 3000 000 juifs de Varsovie à Treblinka à l’été 1942 renforça notre détermination pour la dernière bataille – le soulèvement armé.

Le 19 avril 1943, il y a 70 ans, le premier soulèvement en Europe occupé éclata – le soulèvement juif. Je n’y ai pas participé. Comme messagère, j’avais été arrêtée durant des opérations de résistance à Khakvo et emmenée à Auschwitz de nombreux mois auparavant.
Tous mes plus proches et bien-aimés camarades combattirent du haut des toits, dans les flammes, depuis les bunkers. La plupart périrent. Je souffre de ne plus pouvoir me rappeler tous leurs noms. Nous n’en retenons que quelques-uns. Mais dans mon cœur, je ne me suis pas séparée d’eux, les oubliés.

Laissez dans vos cœurs et vos mémoires une place pour eux, jeunes générations. Pour les beaux et fiers et si jeunes, combattants tombés dans la dernière bataille. Je souhaite aux milliers de personnes devant moi, des vies enrichies d’amour, de beauté, de rires, et de sens.

Continuez le soulèvement. Un soulèvement différent, d’ici et maintenant, contre le mal, contre le mal qui afflige notre pays unique et bien-aimé. Soulevez-vous contre le racisme et la violence et la haine de ceux qui sont différents. Contre l’inégalité, les disparités économiques, l’avidité et la corruption.

Soulevez-vous contre l’Occupation. Non – il nous est interdit de dominer un autre peuple, de l’opprimer. Le plus important est d’accomplir la paix et de mettre fin à l’effusion de sang. Ma génération a rêvé de paix. Je voudrais tant y arriver. Vous avez le pouvoir d’y contribuer. Tous mes espoirs sont en vous. Si seulement vous pouviez.”

israelwall  http://www.streetpress.com/sujet/150-un-mur-entre-l-egypte-et-israel-pour-limiter-l-immigration

 Manifeste antifasciste européen

SIGNEZ LE MANIFESTE: http://antifascismeuropa.org/manifiesto/fr

antifa-hand1

Manifeste antifasciste européen

Soixante huit ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et la défaite du fascisme et du nazisme on assiste presque partout en Europe à la montée de l’extrême droite. Mais, phénomène encore plus inquiétant, on voit se développer à la droite de cette extrême droite  des forces carrément néo-nazies qui, dans certains cas (Grèce, Hongrie,…) s’enracinent dans la société formant des vraies mouvements populaires de masse, radicaux, racistes, ultra-violents et pogromistes dont l’objectif déclaré est la destruction de toute organisation syndicale, politique et culturelle des travailleurs, l’écrasement de toute résistance citoyenne, la négation du droit à la différence et l’ extermination –même physique- des « différents » et des plus faibles.

Comme dans les années ’20 et ’30, la cause génératrice de cette menace néo-fasciste et d’extrême droite est la profonde crise économique, sociale, politique et aussi éthique et écologique  du capitalisme lequel, prenant prétexte de la crise de la dette, est en train de mener une offensive sans précédent contre le niveau de vie, les libertés et les droits des travailleurs, contre tous ceux d’en bas !   Profitant de la peur des nantis face aux risques d’explosion sociale, ainsi que de la radicalisation des classes moyennes laminées par la crise et les politiques d’austérité draconienne, et du désespoir des chômeurs marginalisés et paupérisés,  l’extrême droite et les forces néo-nazies et néo-fascistes se développent dans toute l’Europe ; ils  acquièrent une influence de masse dans les couches déshéritées  qu’elles tournent systématiquement contre des boucs émissaires traditionnels et nouveaux (les immigrés, les musulmans, les Juifs, les homosexuels, les handicapés,…) ainsi que contre les mouvements sociaux, les organisations de gauche et les syndicats ouvriers.

Lire la suite

 Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!

ujfp logo

Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !

par Pierre Stambul

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.

Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.

Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.

Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.

Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.

L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».

Lire la suite