Islamophobie : la ligne rouge a été franchie

Lettre ouverte à Christiane Taubira par Guillaume Weill-Raynal, ex-avocat et essayiste

Madame la Ministre,
Depuis quelques années, déjà, nous nous habituons.
Nous nous étions habitués à entendre des journalistes respectables, ou tenus pour tels, avouer sans gêne être “un peu islamophobe”.
Nous nous sommes accoutumés à voir fleurir périodiquement, comme des marronniers, les couvertures sensationnalistes et racoleuses d’hebdomadaires et de magazines consacrées à l’islam sur le ton du “ce-qu’on-n’ose-pas-dire”, qui entretiennent avec beaucoup de démagogie et de confusion la peur du foulard, du hallal, des prières des rues, du terrorisme international, de réalités sociales de pays fort éloignés, et qui n’ont en réalité d’autre but que d’entretenir une haine aussi préconçue qu’irrationnelle à l’encontre de certains de nos concitoyens.
Ces dérives sont devenues tellement courantes qu’elles finissent par nous apparaître, même quand elles nous heurtent, comme le cadre “acquis”, et donc inévitable, dans lequel le débat serait dorénavant appelé à se poursuivre.
Mais où est la limite ? L’islamophobie, comme le relevait récemment Azouz Begag, “avance comme un bulldozer silencieux”. Preuve en est le sondage publié il y a quelques semaines par “Le Monde”, selon lequel 74% des Français considèrent que l’islam est incompatible avec les valeurs de la République. Une religion pourtant pratiquée et vécue de manière paisible, en France, par l’immense majorité de ses fidèles. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’origine fantasmatique d’un tel ressenti, entretenu précisément par ces dérives médiatiques que je viens d’évoquer.
La limite a été franchie ces dernières semaines.

 Tirer dans le tas ! De l’avenir des musulmans en France par Alain Gresh

islamophobie

Longtemps, les colonisés ont été considérés comme appartenant à une espèce inférieure, dont le statut ne relevait ni de principes universels, ni du droit international. Et que l’on pouvait exploiter, voire exterminer sans remords. Dieu reconnaîtrait les siens !

En 1898, Heinrich von Treischke, un expert en sciences politiques, soutenait ce qui pour nombre de ses contemporains apparaissait comme une banalité : « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. » La balle dum-dum fut inventée à la fin du XIXe siècle ; elle causait des blessures particulièrement graves. En 1897, la convention internationale de La Haye adoptée par les Etats « civilisés » la bannissait ; elle fut réservée à « la chasse au gros gibier et aux guerres coloniales » (lire « La fin du droit international ? », 16 août 2006). « Exterminez toutes ces brutes », gribouille, durant ses tribulations au cœur du Congo colonial, le Dr Kurz, le personage central de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad.

A la même époque, l’antisémitisme, fondé sur les mêmes théories « scientifiques » de la race, affirmait que les juifs étaient des sous-humains, théories ouvrant la voie au génocide de la seconde guerre mondiale. Durant ces années, le gouvernement de Vichy adoptait des lois sans précédent d’exclusion des juifs, d’interdiction de nombre de leurs pratiques religieuses, de déchéance de citoyens français de leur nationalité, tout en contribuant activement à l’entreprise génocidaire nazie.

Depuis, il semblait que ces discours et ces mesures d’exclusion ne pouvaient être défendus en France, non seulement contre les juifs, mais contre toute minorité. Nous avions tort.

Dans un texte intitulé « Que faire des musulmans une fois le Coran interdit ? », publié par le site Boulevard Voltaire et qui n’a suscité aucune condamnation officielle de tous ceux qui sont si prompts à condamner tout acte antisémite, Christine Tasin fait « un rêve » — merci à Sébastien de m’avoir signalé ce texte.

« Les musulmans, qu’ils soient Français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales, afin de supprimer l’appel d’air permanent qu’elles suscitent. Bien sûr, il faudra ou sortir de l’Union européenne ou la faire exploser puisqu’elle voudra nous empêcher de faire la loi chez nous, et reconstituer une Europe des nations.

Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. »

(…)

« Bien sûr enfin, on nous dira qu’il y a trop de citoyens concernés. Et qu’on ne peut expulser des gens présents depuis si longtemps en France, avec la nationalité du pays. À ceux-là, nous répondrons qu’en 1962, on a fait partir d’Algérie plus de 10 % de sa population, dont la plus grande partie n’avait plus aucun contact avec la France depuis plusieurs générations. À notre connaissance, c’est loin d’être le cas de nombreux musulmans qui vont en vacances, tous les ans, “au pays”. »

Ce texte se passe de commentaires. Pour vous distraire, si l’on peut dire, remplacez le terme musulmans par juifs, roms ou Noirs… Et vous aurez une idée de la France « ethniquement pure » que l’on nous prépare.

http://blog.mondediplo.net/2013-04-16-Tirer-dans-le-tas-De-l-avenir-des-musulmans-en

 A qui, à quoi profite le climat médiatico-politique toujours plus sécuritaire?

moloch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les médias n’ont pas encore fini d’informer sur le suicide d’un homme dans une maternelle parisienne, qu’une autre alerte tient le public (car le citoyen est en voie d’éradication) en haleine. Cette fois c’est un jeune, manifestement malade psy qui menace ses congénères des lycées en Alsace. Et des centaines de policiers et gendarmes sont immédiatement mobilisés! Exercice de guerre civile en site réel…

http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2013/05/17/societe/deploiement-policier-autour-des-lycees-du-bas-rhin/

A cette occasion, on a confirmation que tout ce qu’on met sur la toile peut être potentiellement écouté-vu-lu par la police avec ses grandes oreilles. Le Moloch veille 24h sur 24.

Tenir ainsi en haleine, de manière quasi permanente, par médias instantanés, toute une population, mondiale, n’est rien d’autre que la nouvelle façon de gouverner de ceux d’en haut.

Il s’agit d’en appeler au besoin instinctif de sécurité qui est en chacun de nous, fragiles humains que nous sommes, pour nous faire accepter les protecteurs étatiques et para-étatiques.

Un homme se suicide, dans une école, une fillette disparait, un lycéen se prend pour un jeune étasunien et menace de tirer dans le tas, tout ça, coco, c’est bon pour les gouvernements, c’est bon pour les médias capitalistes, c’est bon pour l’industrie sécuritaire.

Dépolitisons toujours plus grâce aux faits divers!

Et puisque vient de sortir un film sur Hannah Arendt, rappelons que le mal, celui d’en haut, comme celui d’en bas, vient de l’absence de pensée, à laquelle contribuent ces prétendues urgences sécuritaires qui chaque fois ne concernent qu’une petite partie de population, mais doit marquer les neurones de tous-tes.

Et c’est ainsi que le fascisme du 21e siècle s’installe peu à peu par décérébration.

Et si on résistait?

 Du théâtre palestinien à Strasbourg

Come to Palestine- poster travel 1938

Du 14 au 17 mai, au TAPS Scala, en coproduction avec le Théâtre National Palestinien :

TAPS Strasbourg

Spectacle en arabe surtitré en français
Antigone de Sophocle
Théâtre des Quartiers d’Ivry
Taps Scala
du mardi 14 mai au vendredi 17 mai 2013 à 20h30

 Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme [PCHR]: La vie est une catastrophe maintenant

pchr logoPCHR
Centre palestinien pour les droits de l’homme

RÉCITS

“La vie est une catastrophe maintenant”

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Najwa, photographié à son domicile dans le Gaza Strip

Najwa Alyan Awad Abu Daqqa (50) est une femme palestinienne qui vit dans la banlieue rurale de Khan Yunis dans la bande de Gaza. Najwa a été grièvement blessé dans une attaque de drone israélien lors de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza en Novembre 2012. 102 civils palestiniens ont été tués pendant l’offensive militaire de 8 jours, le nom de code «Opération Pilier de la Défense», qui a duré du 14 au 21 Novembre 2012. A 649 autres civils palestiniens ont été blessés, dont 97 femmes et 222 enfants. [1]

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 La guerre se prépare à Jeoffrécourt

Jeoffrécourt (Ainsne) est un Cenzub : un Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d%27entraînement_aux_actions_en_zone_urbaine

Une ville factice, conçue pour entrainer l’armée à la guérilla urbaine, « enjeu tactique du XXIe siècle ».

http://www.defense.gouv.fr/terre/presentation/directions-commandements-et-centres/centre-d-entrainement-aux-actions-en-zone-urbaine

Censé être à l’image des terrains supposés d’intervention, on remarquera sans mal que les bâtiments de Jeoffrécourt ressemblent plus à nos pavillons et immeubles de banlieues qu’à des architectures afghanes…

Une évidente préparation à la lutte contre « l’ennemi intérieur » venu de banlieues ou des syndicats…!

http://www.rue89.com/2013/05/03/jeoffrecourt-ville-fantome-sentraine-larmee-francaise-241814

 Deux interventions remarquables d’Eric Schultz au Conseil municipal de Strasbourg ce jour

- Se souvenir de l’ensemble des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie: https://www.ericschultz.fr/?p=339

- Le 17 octobre 1961 doit avoir toute sa place à Strasbourg: https://www.ericschultz.fr/?p=349

Dernière info: Le conseil municipal de Strasbourg vient d’adopter la dénomination d’une « Place du 17 octobre 1961 » au bord de l’Ill.

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