NDDL : Après la chaîne humaine, les procès !!!

Après le joli succès de la chaîne humaine autour de Notre-Dame des Landes,
la lutte continue à Paris !!!

APPEL A SOUTENIR les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre
l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Récapitulatif des dates et lieux des procès

-le samedi 25 mai à partir de 14h, journée “répression, mobilisation” 

(dans le cadre du FRAP)

14h débats, 18h manifestation: départ Max Dormoy

http://www.demosphere.eu/node/36655

-le mercredi 29 mai à 13h30, procès chantier des Halles (2 personnes)

à la 10ème chbre correctionnelle du TGI de Paris, 4, boulevard du Palais,
Paris

-le lundi 3 juin à 14h, procès affaire Pinault (14 personnes)
à la 7ème chambre D du tribunal correctionnel de Versailles, 5, Place André
Mignot, Versailles

Pour participer à la caisse de soutien : envoyez vos chèques à l’ordre
de « Les Ami-e-s de Clark Kent» en spécifiant bien au dos du chèque «
Soutien à la lutte contre l’aéroport de NDDL » à l’adresse suivante :
9, rue François Debergue / 93100 Montreuil.

Depuis sa création, le collectif est la cible d’une répression
systématique.

Le 27 janvier dernier, 15 personnes se sont invité.e.s dans le parc du
château familial des multi-miliardaires François et François-Henri Pinault
-actionnaires du groupe VINCI- pour dénoncer leur responsabilité dans la
construction du futur aéroport de NDDL. Un pique-nique, une banderole, des
slogans pour signifier que nous faisons fi de l’ impunité dont bénéficient
Pinault et consorts qui exploitent, expulsent et bétonnent au gré de
manœuvres politiques et de grands transferts financiers.

La répression ne s’est pas fait attendre, les visiteurs et visiteuses du
domaine ont été placé.e.s en garde-à-vue durant 45 heures, inculpé.e.s de
« violation de domicile », « menaces de mort », « refus de se soumettre
aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux
prélèvements biologiques », ils/elles comparaîtront devant le Juge des
Enfants au TGI de Paris (1 personne) et au TGI de Versailles (14 personnes).

Le samedi 19 janvier, une cinquantaine de personnes se sont rendues au
chantier des Halles, autre exemple de connivence entre Vinci et des élus PS.
A Paris comme à Notre-Dame Des Landes et ailleurs, ils font main basse sur
nos vies et nos territoires. De nos mots, slogans et affiches, nous avons
recouvert les palissades du chantier, immenses panneaux publicitaires à la
gloire d’un Paris uni autour de la consommation.

La répression fut aussi au rendez-vous, deux personnes ont été arrêtées,
placées en garde-à-vue pendant 48h, interrogées par le Service
d’Investigation Transversale (la police politique), puis déférées. Elles
ont été relâchées 70 heures après leur arrestation et comparaitront pour
« dégradation de biens privés », « rébellion » et « refus de se
soumettre aux prélèvements biologiques » au TGI de Paris.

Le 16 novembre 2012, deux personnes avaient été arrêtées alors qu’à la
veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD, elles avaient,
par quelques inscriptions sur un local de permanence, souhaité rappeler que
le PS a les mains sales. Elles ont subi 62 heures de détention, des
perquisitions à leur domicile et plusieurs auditions par le fameux Service
d’investigation transversale (SIT). Jugées le 30 janvier dernier, elles ont
été condamnées à un Travail d’Intérêt Général, à une amende et leur
condamnation a fait l’objet d’une mention au casier judiciaire.

Nous, collectif de personnes issues de divers horizons, militant.e.s de tous
âges, agissant en accord avec nos principes, exprimons toute notre
solidarité avec les inculpé.e.s et les personnes emprisonnées. Nous
appelons chacun.e à soutenir les inculpé.e.s, en participant à la caisse de
soutien et en se rendant à leur procès. Nous appelons chacun.e à nous
rejoindre dans notre lutte déterminée contre VINCI et son monde, contre
l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands
Projets Inutiles et Imposés !

Le collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

(toutes les informations sur http://nddl-paris.effraie.org/)

www.desobeir.net

 Texte d’une militante du Collectif de Soutien aux Rroms du Val Maubuée

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Constatez sans peine les tas d’immondices, de ça , de là.
Des rats aussi parfois.
L’autorité locale compétente interdit le ramassage des ordures.
Ainsi le bidonville sera vite répugnant, aux yeux des bonnes gens.
Qu’ils sont sales ces bohémiens.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
D’où sortent femmes et enfants.
Ils roulent des caddies qui transportent les bidons, Qu’ils vont remplir d’eau , A la bouche d’incendie, très loin.
Le robinet, à coté, a été fermé par l’autorité locale.
Rendons leur la vie impossible et qu’ils aillent s’installer ailleurs.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Observez ces mères qui portent sur leur dos, Leur enfant endimanché, jusqu’au trottoir.
Ainsi les godillots resteront propres pour l’école, Malgré la boue de l’hiver trop humide qui salit tout.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Ecoutez la mélodie du violon de Katalin.
14 ans, musicien, sans conservatoire et sans professeur, Regardez son sourire, Timide, un peu, Heureux, beaucoup, Quand l’instrument obéit à ses doigts de magicien.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
2 familles doivent partir demain,
Référé, jugement , expulsion.
Le juge a statué pour 4 adultes et 6 enfants.

Mais regardez arriver les hommes, en bleu, casquettes et rangers.
Qu’ils partent tous pour que les bulldozers puissent saccager et tout raser.
Menaces, pressions, OQTF* à la main,
Qu’ils partent tous ou elles seront distribuées.
Prenez garde, c’est demain que la loi est bafouée.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Ecoutez le silence.
Ecoutez,
Le violon de Katalin s’est tu,
Il chante ailleurs,
Le bonheur d’être en France plutôt qu’en Roumanie, « C’est ça la vie des Rroms » disait Florea avant de partir.

* OQTF = Obligation de Quitter le Territoire Français

 Il n’y a plus de banque à Strasbourg-Elsau, et pas encore de mosquée

Ci-dessous, le communiqué de presse de l’adjoint de quartier Eric Elkouby, qui fait mine de protester contre la fermeture de l’agence bancaire du Crédit Mutuel. C’est la seconde banque du quartier qui ferme.

Le plus incroyable, est que l’inénarrable Eric Elbouby, qui a tant stigmatisé une partie de la population, en s’opposant obstinément à la construction d’une mosquée, ose parler d’un quartier “trop souvent stigmatisé“.

Il y a pris une si large part que c’est l’adjoint Olivier Bitz qui est chargé du dossier mosquée dont il est d’ailleurs question dans les DNA.

Il est vrai que Eric Elkouby, si on en juge par sa page fesse-bouc, https://www.facebook.com/eric.elkouby.7/timeline/story?ut=32&wstart=1364799600&wend=1367391599&hash=10151216390709649&pagefilter=3&ustart=1 suivie par des dizaines de correspondants, d’un autre communautarisme, double même, a d’autres chats à fouetter.

Les feujs et les gays auraient-ils plus de droits que les chômeurs et les musulmans?

COMMUNIQUE DE PRESSE

Objet : fermeture d’un établissement bancaire (Crédit Mutuel, rue Watteau à l’Elsau)

C’est avec surprise et regret que j’ai appris la fermeture de l’agence bancaire du Crédit Mutuel à l’Elsau, qui pourtant a accompagné l’évolution de ce quartier. Après la Caisse d’Epargne, l’an dernier, c’est le deuxième établissement bancaire qui baisse le rideau dans un quartier qui manque pourtant déjà cruellement d’investisseurs et partenaires privés.

Les habitants, désabusés, m’ont fait part de leur profond mécontentement et je les comprends.

Au moment où la Municipalité s’efforce de renforcer l’attractivité du quartier. Au moment où la Police mène une action déterminée en matière de sécurité publique, le départ du Crédit Mutuel est un coup dur pour l’Elsau.

Dans l’effort actuel de redressement mené dans notre ville et notre pays, chacun doit prendre sa part de responsabilité, y compris les banques et mutuelles et notamment à l’Elsau, trop souvent stigmatisé à tort.

Dès l’annonce de cette fermeture, j’ai pris contact avec la Direction de l’établissement bancaire pour que les locaux ne restent pas vides. J’ai également saisi les Présidents des Chambres consulaires, Chambre de Commerce et d’Industrie de Strasbourg et Chambre des Métiers d’Alsace, pour que des implantations commerciales nouvelles soient envisagées.

ERIC ELKOUBY

DNA

par Julia Mangold, publiée le 24/04/2013 à 05:00

ELSAU Projet de mosquée Deux terrains et un consensus impossible ?

Strasbourg, le 25 avril 2013

Les services de la Ville ont retenu deux terrains susceptibles d’accueillir une future mosquée, à l’Elsau : l’un est proche de l’arrêt de tram Schongauer, l’autre est situé sous les fenêtres de l’adjoint de quartier.
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On s’en souvient, l’association Mosquée de l’Elsau a longtemps voulu implanter un lieu de culte musulman à côté de l’église protestante du quartier. Un projet architectural adapté au terrain – qui appartient à la Ville – est même né. À l’issue d’une longue valse-hésitation, le maire a finalement dit « non », cédant à la pression du conseil presbytéral de l’église protestante et, surtout, à celle des responsables de l’UEPAL (*).
L’Arel contre l’avenue Pigalle

Suite du feuilleton, fin janvier (DNA 15/02/2013). Olivier Bitz, adjoint au maire en charge des Cultes, avait alors arpenté le quartier, escorté par les représentants de l’association Mosquée de l’Elsau, ceux des églises protestante et catholique du quartier, et des agents du service foncier de la Ville. L’objectif étant, sur « demande expresse du maire », « de trouver une solution consensuelle », expliquait alors l’élu. Sept terrains ont ainsi été vus.

Au début de ce mois d’avril, tous les participants à la « promenade » hivernale ont été conviés au centre administratif – les catholiques, cependant, ne se sont pas déplacés. Le service foncier de la Ville a annoncé avoir éliminé cinq terrains : l’un est inondable, l’autre pollué (et inondable !), le propriétaire d’un troisième ne souhaite pas vendre, un quatrième serait trop étroit et/ou déjà dévolu à un projet…

Demeurent en lice : une parcelle en forme de « L » qui borde la rue Martin-Schongauer, l’avenue Pigalle et la rue Velasquez ; et une seconde parcelle située à l’angle des rues de l’Unterelsau et Michel-Ange. Des propositions « consensuelles » ? Pas vraiment, si l’on en juge par la position de l’Association des résidents de l’Elsau (Arel). Celle-ci réunit 120 familles, essentiellement issues de la « zone pavillonnaire », mais elle n’a pas été associée à la concertation.

Sur son site internet, l’Arel précise qu’elle « s’oppose à l’implantation d’une mosquée dans la zone pavillonnaire et donc dans l’avenue Pigalle également ». Faut-il y voir une coïncidence ? Il y a quelques jours, l’association a procédé à la plantation de massifs floraux sur cet espace vert.

L’Arel, en revanche, ne dit rien à propos du terrain – de dimensions nettement plus modestes – situé à l’angle des rues de l’Unterelsau et Michel-Ange, en pleine « zone pavillonnaire ». Ici, un panneau annonce toujours la construction d’un ensemble résidentiel, dont le promoteur a abandonné la commercialisation, faute de clients.
Une délibération avant la fin du mandat ?

Ironie de l’histoire, le bureau de l’adjoint de quartier, Eric Elkouby, jouxte cette parcelle, qui appartient toujours à la Ville… L’élu n’a jamais caché son opposition à un projet de mosquée porté par des personnes avec lesquelles il a eu une altercation le 31 décembre 2008 – le procureur de la République avait alors été saisi, mais n’avait pas donné suite. Ainsi, le dossier « mosquée de l’Elsau » a-t-il été confié à l’adjoint en charge des Cultes, Eric Elkouby étant complètement écarté.

Et les porteurs du projet de mosquée ? Mostapha Allali, qui préside l’association, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Quant à Omar Akridi, président de l’AJPE, une association du quartier qui s’est impliquée plus récemment dans le projet de mosquée, il penche pour le terrain qui borde la rue Martin-Schongauer. « Il est très proche de la cité HLM, c’est là où vivent les fidèles, cela permettrait aux personnes âgées de venir à pied ; l’autre terrain est trop excentré et il est juste à côté de l’école Léonard-de-Vinci, ça risque de poser des problèmes de circulation et de stationnement. »

Reste à savoir si le maire a la volonté de présenter, avant la fin de son mandat, une délibération visant à faire valider par le conseil municipal le choix d’un terrain. Si oui, il s’expose à un vote négatif de la part de son adjoint Eric Elkouby. Si non, il risque de mécontenter une bonne partie des habitants de l’Elsau.

Sollicitée hier, la municipalité a répondu par l’intermédiaire de son service de presse. Lequel indique : « La décision sera prise sereinement, en temps et en heure, elle devra faire l’objet du consensus le plus large possible. Le maire a demandé que les options de terrain lui soient présentées, mais elles ne sont pas encore parvenues à son bureau ». Le trajet est, semble-t-il plus rapide jusqu’aux DNA. À moins qu’on ne rechigne à se frotter à cet épineux dossier.

(*) Union des églises protestantes d’Alsace et de Lorraine.
par Julia Mangold, publiée le 24/04/2013 à 05:00
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 Jurisprudence : Le tribunal administratif de Lyon a ordonné le préfet du Rhône à pourvoir à l’hébergement d’une famille évacuée d’un bidonville

Le 4 avril dernierle tribunal administratif de Lyon a ordonné sous astreinte financière le préfet du Rhône à pourvoir à l’hébergement d’une famille récemment évacuée de force d’un bidonville de Villeurbanne. Loin d’être originale, cette décision du juge des référés est néanmoins considérée par de nombreux juristes comme « une belle jurisprudence », car le tribunal s’appuie explicitement sur les sources supérieures du droit que sont la Constitution, la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que la Convention internationale des droits de l’enfant. En outre le juge évoque le code de l’action sociale et de la famille qui encadre le principe d’accueil inconditionnel dans les dispositifs d’hébergement d’urgence gérés par l’Etat dans chaque département.

La suite: http://www.depechestsiganes.fr/?p=6908

 

Le texte intégral du jugement :  décision TA de Lyon

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 Débarquement d’une militante pro-palestinienne: Air France condamné pour discrimination

La compagnie aérienne écope d’une amende de 10 000 euros et devra payer 3 000 euros à une passagère, militante propalestinienne qui s’était vue débarquée d’un avion.

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Air France, Israël
1949 – RENLUC

Air France a été condamnée jeudi pour discrimination après avoir débarqué d’un avion à destination de Tel-Aviv une militante, qui voulait se rendre dans les territoires palestiniens pour une action farouchement combattue par Israël, en avançant comme motif qu’elle n’était ni israélienne, ni juive.

Horia Ankour, une élève-infirmière de 30 ans, souhaitait se rendre en Israël le 15 avril 2012 pour participer à une opération «Bienvenue en Palestine» organisée par des militants pro-palestiniens, qui avaient ensuite en quasi-totalité été refoulés par les autorités israéliennes.

Alors que l’avion s’apprêtait à décoller de l’aéroport de Nice, une préposée d’Air France était venue lui demander si elle avait un passeport israélien. Devant sa réponse négative, elle l’avait prise à l’écart pour lui demander si elle était juive. Ankour avait répondu «non» et avait alors été débarquée. Air France avait ensuite fourni à la passagère, à la demande de celle-ci, une attestation de non embarquement dans laquelle les deux questions étaient clairement stipulées, une pièce qui a été versée au dossier.

La compagnie, «coupable du délit de discrimination», selon la juge Nabila Mani-Saada, devra payer 10.000 euros d’amende et verser 3.000 euros de dommages et intérêts et frais d’avocat à la passagère. Les attendus du jugement n’étaient pas disponibles dans l’immédiat, mais la compagnie aérienne, qui «estime n’avoir commis aucune discrimination», a déjà indiqué qu’elle ferait appel.

Lors du procès le 17 janvier, Ankour avait reçu le soutien du parquet, qui avait estimé qu’il s’agissait d’une «discrimination caractérisée».

«Israël dicte directement ses conditions à Air France»

«On ne peut pas tolérer ce genre de comportement sur notre territoire», avait jugé le procureur Abdelkrim Grini. «Aujourd’hui on vous demande si vous êtes juive, demain si vous êtes musulmane, après-demain si vous êtes homosexuelle ou syndiquée !», s’était-il exclamé.

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 Liste des condamnations pénales et mises en examen des élus UMP

Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins.

Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale, pour avoir préempté les biens immobiliers que voulait acheter des personnes d’origines étrangères dans sa commune.

Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence. Il a également été condamné pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine. Le Parquet Général a requis sa relaxe, la décision a été mise en délibéré au 15 septembre.

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 ZAPI, CAPI, CAPO? Les camps d’internement des personnes en instance (d’expulsion)

zapi
“L’Alsace est une terre hospitalière.
On connaît son histoire tourmentée et si riche et ce qu’en dit Tomi UNGERER, le célèbre illustrateur :
«L’Alsace a été vendue à la France.
Elle a été vendue à l’Allemagne.
On aurait dû la vendre aux Juifs comme ça elle serait restée dans la famille».

Si on accède à Strasbourg par avion, on atterrit sur la piste de l’aéroport d’Entzheim dont on peut rappeler qu’ elle a été réalisée par un des 70 Kommandos autrement dit un des camps de travail annexe du camp de concentration du Struthof situé en territoire annexé à 65 km à l’ ouest de Strasbourg , entre 41 et 44.

A proximité de l’aéroport se trouvent les locaux de la ZAPI :
« Zone d’attente pour les personnes en instance ».

PAF

Je me suis toujours interrogé sur le sens de ces abréviations qui ont un effet euphémisant incontestable en réduisant dans l’esprit du vulgaire, pour le coup, la portée de la violence infligée à l’étranger retenu.

Le sigle ZAPI nous donnerait presque envie « d’aller y passer le week-end ».

Il s’agit de zones destinées à empêcher les personnes arrêtées à leur arrivée à l’aéroport et retenues (« en instance » diront les autorités) d’entrer sur le territoire français.
Elles sont enfermées dans des locaux qui sont des zones de non-droit au moins pendant 96 heures .
« Néanmoins, le maintien au delà de 4 jours n’est possible que s’il est autorisé par le juge des libertés et de la détention .»

A Paris à l’aéroport de Roissy, les locaux d’hébergement (si les retenus doivent y passer plusieurs nuits) appartiennent au groupe hôtelier Accor.

Lors du « Procès de l’enfermement des enfants » qui a eu lieu à l’Institut Catholique, rue d’Assas à Paris le samedi 14 mai , j’ai proposé que l’on débaptisât les ZAPI en « Camp d’attente pour personnes en instance » ce qui pourrait donner CAPI et j’ai même suggéré d’aller plus loin, en transformant l’appellation en « Camp d’Attente pour personnes obligées », ce qui donnerait CAPO!!.

J’ai été confronté moi-même en mai 2009 à une situation bouleversante au cours de laquelle j’ai fait le constat de l’internement de 3 nourrissons dans la ZAPI d’ Entzheim ; trois nourrissons entre 6 mois et 22 mois à qui les autorités, durant les 36 heures de leur rétention n’avaient donné que de l’eau et du sucre! .

Ils appartenaient à un groupe de Philippins en situation irrégulière qui avaient vécu clandestinement en France dans la région parisienne, pendant une dizaine d’années pour certains.
Ils pensaient que la conséquence de leur travail , au noir, les autorisait légitimement à partir en vacances en Hollande où ils s’étaient rendu comme des fleurs, si j’ose dire, en car,collectivement.

Arrêtés à la frontière entre l’Allemagne et la Hollande, il avaient été renvoyés à Strasbourg, protection de l’Espace Schengen oblige !.

On mesure la qualité de l’accueil d’un pays et la qualité de l’accueil d’une corporation professionnelle à sa capacité à prendre en charge les marginaux, j’en suis convaincu.

Or aujourd’hui on se rend compte que toutes les enquêtes confirment que dans 1 cas sur 2, les « bénéficiaires » (6) de la CMU se voient refuser un premier rendez-vous chez un spécialiste, en France.

La question est de savoir comment après l’expérience traumatique collective du nazisme et l’adhésion en masse des médecins aux structures totalitaires de l’Allemagne à partir de 1933, comment donc après 10 ans d’études en France, les médecins- spécialistes parviennent à reconnaître les pauvres …pour ne pas les soigner.

Sans aucun doute l’enseignement distillé dans les facultés de médecine permet-il implicitement aux futurs spécialistes d’acquérir une expérience qui les aguerri dans cet exercice et leur permet de ne soigner que les patients qui leur ressemblent en terme d’appartenance à une classe sociale proche de la leur.

En effet, accueillir de manière inconditionnelle toute la misère du monde dans nos cabinets, ce serait impossible probablement, mais ne sommes-nous pas tenus de le faire plus largement qu’aujourd’hui ?

Et de militer pour la disparition concertée de Médecins du Monde !

S’agissant notamment des traumatisés du monde entier, ne serait-il pas important d’apprendre à reconnaître les effets de leurs souffrances ?
Qui parmi nous est sensible aux effets morbides de leurs nuits peuplées de cauchemars leur interdisant donc de venir à nos rendez-vous le matin et leur imposant de n’accéder au cabinet qu’ à des moments où la douleur les épargne un peu, c’est-à-dire à partir du début de l’après midi ?

J’ai déjà abordé ailleurs ce que cette situation m’a imposé en termes pratiques, à savoir d’ouvrir mon cabinet sans rendez-vous pour ces raisons cliniques qui font que ces traumatisés ressemblent beaucoup aux toxicomanes, dans leur rapport au temps. (9)
Temps qui s’impose à eux comme une forme de supplice chinois !

Par ailleurs, j’ai reconnu une similitude et je l’avais déjà exprimé à Budapest entre le vécu des internés des camps de concentration et celui des traumatisés d’aujourd’hui.

Je suis donc intervenu le 14 mai 2011 au Procès de l’Enfermement des Enfants et ai évoqué que compte-tenu du traumatisme subi, dans une indifférence quasi générale jusqu’à présent, le plus préoccupant sera l’absence de troubles psychopathologiques observés chez les enfants.

Quid de la transmission des parents retenus à leurs enfants enfermés avec eux des effets d’humiliation et de culpabilité, des troubles de la parentalité et de la conjugalité ?

J’ai suggéré que nous aurions à observer et traiter, chez nombre d’enfants, les effets de l’obsessionnalité, du conformisme et d’une capacité d’hyper-adaptation sociale avec une vision manichéenne du monde.

Les effets de la sidération linguistique liés au fait de ne pas comprendre la langue française quand on est confronté à la violence des autorités, réduit ces personnes à la situation que vivent dans le quotidien les sourds-muets.

Et je peux manquer de me projeter à l’époque du nazisme où dès 34 ceux-ci ont été stérilisés pour rendre le corps collectif plus sain.

N’oublions jamais que les sourds-muets ont été les premières victimes du projet médical totalitaire nazi !

Sachant, bien sûr, que comparaison ne vaut pas raison.

Mon questionnement renvoie encore au fait que dans un contexte social déterminé le médecin n’est pas libre ; en tout cas pas aussi libre qu’il le croit et ses décisions vont être surdéterminées par la commande sociale qu’il a intégrée implicitement …notamment sur les bancs de la faculté.

Il est donc, d’une certaine manière, « sous surveillance » et d’un point de vue anthropologique on peut se demander comment il se représente ces patients marginalisés tout comme on peut se demander comment les médecins allemands ayant adhéré au nazisme se représentaient les juifs avant de décider de leur mise à mort.

J’ai tranché il y a longtemps dans le sens où je suis convaincu que « ces collègues » se représentaient les juifs comme des lapins ou des cobayes.

En est-il autrement s’agissant de la manière dont les médecins d’aujourd’hui se représentent les marginalisés dont sont les ex-occupants des ZAPI accédant parfois péniblement à leur cabinet de médecine libérale ?

Georges Yoram Federmann
Strasbourg ,le 24 mai 2011.