Les Roms sont comme nous: ils ont besoin de lumière

Incendie de caravanes roms à Strasbourg.

Et l’enquête sur les causes, elle en est où?


 

 

 

 

 

 

 

 

Les Roms sont comme nous

Article de Mediapart :
«Les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière»

 

 
13 MAI 2013 | PAR CARINE FOUTEAU
Alors que les incendies de campements de Roms se multiplient depuis plusieurs semaines en France, jusque-là sans faire de victimes, celui qui a eu lieu à Lyon dans la nuit du 12 au 13 mai a été meurtrier. Au moins trois personnes, deux femmes et un enfant âgé d’une douzaine d’années, sont décédées après qu’une usine désaffectée (l’ex-usine Leroy-Somer) dans laquelle elles vivaient avec 200 à 300 autres personnes a pris feu.
À proximité du sinistre, la police bloque le passage. © Reuters
En fin d’après-midi, les corps n’avaient pu être sortis des décombres car le bâtiment, situé rue Audibert et Lavirotte dans le 8e arrondissement de la ville, menaçait toujours de s’écrouler. Des rescapés sont restés toute la journée dans les parages, refusant de quitter les lieux avant que l’opération de dégagement n’ait eu lieu. D’autres ont été évacués, en état de choc, et conduits en minibus dans le gymnase d’une école située avenue des Frères-Lumière, dans le même arrondissement, à une vingtaine de minutes à pied. La gestion de l’accueil a été confiée à la Croix-Rouge « avant qu’un relais soit pris par l’association Notre-Dame des sans-abris », a fait savoir la préfecture, qui ajoute qu’une « cellule d’aide médico-psychologique » a été mise en place.
Les occupants, parmi lesquels « un certain nombre » était de nationalité roumaine, avaient trouvé refuge dans ces locaux depuis octobre dernier. Le bilan est provisoire, ont insisté les pompiers inquiets de trouver d’autres personnes sans vie. Les flammes auraient totalement embrasé l’un des bâtiments du site peu après minuit. Dans la matinée, la préfecture indiquait ne disposer d’aucun élément sur l’origine du sinistre. Le procureur a demandé à la police judiciaire d’ouvrir une enquête. Les secours ont fait appel à des renforts, dont des équipes cynophiles. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, en déplacement ce jour dans l’agglomération lyonnaise pour dresser le bilan des zones de sécurité prioritaire, s’est rendu sur place, accompagné de la ministre de la justice, Christiane Taubira.
Militante de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Gilberte Renard est l’une des premières à être arrivées sur place à l’aube, car elle s’attendait d’un jour à l’autre à une expulsion par les forces de l’ordre. Elle connaissait presque toutes les familles, d’origine Roms, y compris les personnes décédées. « Une des deux femmes étaient une mère de quatre enfants », indique-t-elle. « Il y avait beaucoup d’enfants, des tout-petits et des femmes enceintes », insiste-t-elle. « Ils dormaient souvent dans le grenier. Ils ont essayé de s’échapper par une lucarne, certains ont réussi, pas d’autres. Ça a été affreux », poursuit-elle.
« Tous vivaient en France depuis longtemps. J’en avais rencontré certains dès 2006 », se souvient-elle, énumérant les expulsions successives subies par les uns et les autres. Le terrain est une propriété privée. Une nouvelle fois, une décision de justice a ouvert la voie à une expulsion. Mais l’incendie a ravagé les lieux avant.
Pour Gilberte Renard, qui est également membre du Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et au soutien des enfants des squats, ces deux événements ne sont pas sans lien : « Une fois par semaine environ, les familles avaient la visite des policiers. Il y a sept ou dix jours, ils sont venus pour relever les identités de tout le monde, parents et enfants. Mercredi dernier, ils sont venus pour dire que l’expulsion était imminente. À peu près au même moment la mairie a coupé l’électricité. Les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. Ils ont dû s’éclairer à la bougie. Voilà le résultat », lance-t-elle, les pompiers ayant laissé entendre qu’une bougie sur une poutre était à l’origine du sinistre. « C’est une sacré responsabilité pour la mairie tout de même », souligne-t-elle.
Représentant local du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié avec les peuples (Mrap), Jean-Philippe, très investi sur le terrain, confirme : « L’électricité fonctionnait jusqu’à récemment. Puis effectivement, cela a été coupé. Ces derniers jours, il n’y en avait plus. La partie dans laquelle vivaient les Roms n’était pas en si mauvais état que ça. C’était même plutôt sain. Il faut être inconscient pour pousser les gens à s’éclairer à la bougie, avec les risques que cela comporte », s’indigne-t-il.
«Cela faisait six mois que l’on demandait le ramassage des ordures. En vain.»
La venue de deux ministres et la conférence de presse du maire de la ville, Gérard Collomb, n’ont en rien apaisé la colère des représentants associatifs présents sur les lieux, tant les pouvoirs publics semblent avoir négligé certaines de leurs responsabilités. Depuis la circulaire interministérielle du 26 août 2012 voulue par Jean-Marc Ayrault, les préfets sont censés intervenir en amont sur les campements pour aider les personnes à trouver des solutions de logement.
Selon ce texte, peu mis en œuvre, les occupants doivent faire l’objet d’un diagnostic et être suivis individuellement. Les collectivités territoriales sont supposées participer. « Rien de tout cela n’a été fait », regrette Aurélie Neveu, coordinatrice de la mission Roms à Lyon de Médecins du monde. « C’est même l’inverse qui s’est produit. Cela faisait six mois que l’on demandait le ramassage des ordures. En vain. Qui dit poubelles qui s’entassent, dit rats, dit maladies, dit aussi problèmes avec les riverains », poursuit-elle. « Les tensions avec les habitants du quartier étaient réelles, mais la mairie n’a pas fait ce qui est de son ressort pour les empêcher », déplore-t-elle.
La responsabilité de l’État est selon elle aussi engagée : « À deux reprises, nous avons sollicité madame Aimée Dubos, préfète déléguée pour l’égalité des chances, qui était la référente sur les questions de logement des Roms. En vain également. » En même temps qu’elle répond au téléphone, alors qu’elle se trouve dans le gymnase où sont accueillis les survivants du drame, elle décrit l’arrivée sur place d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), autrement dit des agents de l’État, proposant aux personnes… de retourner dans leur pays d’origine, moyennant une « aide au retour ».
Elle indique aussi que l’hébergement d’urgence local est saturé, estimant à 400 le nombre de refus au 115 ces derniers jours. « En raison de la fin de la trêve hivernale, il y a moins de places disponibles », observe-t-elle. Le gymnase a été réquisitionné pour une durée de quinze jours. Que deviendront ensuite ces personnes ? « Rien n’est prévu pour elles », s’étrangle Jean-Philippe. « Vous verrez qu’après leur avoir proposé de partir, les policiers viendront leur apporter des OQTF, c’est-à-dire des obligations de quitter le territoire », anticipe-t-il. « Si ces personnes ont brûlé, c’est qu’elles ont été expulsées d’autres campements, du quartier de Vaise notamment, sans diagnostic et sans solutions de relogement », reprend-il. « La passivité des pouvoirs publics aboutit à ce genre de situations », insiste-t-il, rappelant l’existence d’une récente décision du tribunal administratif de Lyon qui a condamné le 4 avril le préfet, Jean-François Carenco, à trouver d’urgence un hébergement, sous peine d’astreinte, pour dix familles qui venaient d’être délogées de leur campement à Villeurbanne. Après le démantèlement, des Roms de ce terrain avaient erré jusqu’à s’installer dans l’ex-usine, celle-là même qui a brûlé.
Parmi les enfants désormais hébergés dans le gymnase, certains étaient scolarisés. Mais là encore, à cause des évacuations à répétition, les parcours scolaires s’étaient effilochés. « Que va-t-il leur arriver ? » s’interroge Gilberte Renard. Outre le respect de la circulaire du 26 août, les acteurs associatifs demandent l’accès de ces personnes à des logements « dignes et pérennes ». En attendant, elles exigent l’arrêt des expulsions et la sécurisation des lieux habités, avec une mise à disposition des services vitaux (eau, sanitaires, électricité).
« Devant ce drame, il convient d’abord de s’incliner devant la mémoire des victimes, de s’interroger tous ensemble sur notre collectivité humaine et nos actions », a indiqué la préfecture dans un communiqué, refusant de répondre aux accusations portées à son encontre. La mairie, de son côté, fait savoir à Mediapart qu’un diagnostic a été réalisé sous l’égide de la Maison de la veille sociale, créée en 2009 et regroupant l’ensemble des partenaires concernés. Quant à l’électricité, elle a reconnu qu’elle avait été coupée il y a environ deux semaines parce que les « squatteurs s’étaient branchés sur le transformateur de secteur qui gère la production d’électricité sur le quartier » et que ce branchement « était risqué ». Des « raisons de sécurité » sont donc – paradoxalement – évoquées.
« L’agglomération ne peut pas accueillir tous ceux qui à travers le monde se trouvent en difficulté », a affirmé Gérard Collomb devant des journalistes, considérant être « totalement en harmonie » avec Manuel Valls qui, après avoir exprimé un « sentiment de profonde tristesse », venait d’ajouter qu’« en même temps, ces squats, comme les campements de fortune, doivent être évacués chaque fois quand ils présentent, ici comme ailleurs, de vrais dangers ». Une manière de justifier sa politique de démantèlement, sans s’interroger sur les effets pervers qu’elle peut avoir.

 Psychiatrie : Lettre ouverte a monsieur le Président de la République

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

par LE COLLECTIF DES 39 CONTRE LA NUIT SECURITAIRE

Il est des mots, des discours prononcés, des dérives, en face desquels le devoir d’une prise de parole exigeante s’impose.
Notre collectif composé de professionnels -psychiatres, infirmiers, éducateurs, psychologues, psychanalystes…- de patients et de familles, d’acteurs du monde de la culture, est né en 2008 en réaction aux prises de position de votre prédécesseur considérant les malades mentaux comme des êtres potentiellement dangereux. Il s’agissait d’utiliser un fait divers pour alimenter une idéologie politique « sécuritaire », en prenant la personne souffrante pour cible.
Cette position, éminemment stigmatisante a provoqué un émoi justifié parmi les citoyens de notre pays : 40 000 personnes signèrent alors un texte dénonçant vivement cet incroyable recul culturel.

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 Libération des antifascistes – Communiqué de Presse du Collectif vigilance 69

Communiqué du Collectif vigilance 69 à propos des antifascistes arrêtés jeudi.

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- Libération de tous les anti­fas­cis­tes arre­téEs Jeudi 9 Mai
- Arrêt de toute pour­suite judi­ciaire
- Non au renvoi dos a dos de l’extrême-droite vio­lente et des anti­fas­cis­tes ;

Alors que selon nos infor­ma­tions le ras­sem­ble­ment des Jeunesses natio­na­lis­tes Place Puvis de Chavannes Jeudi 9 mai n’était pas auto­rise, il est into­lé­ra­ble que des anti­fas­cis­tes qui ten­taient de pro­tes­ter contre les agis­se­ments de l’Extrême droite à Lyon aient été empê­ches de se ras­sem­bler, arre­téEs et mis en garde à vue toute la nuit jusqu’à ven­dredi 10a­près-midi pour 19 d’entre eux et à cette heure encore pour 6 d’entre eux , alors qu’Alexandre Gabriac qui assume ses saluts Nazis et appelle sur son blog à détruire la République a pu para­der en toute impu­nité. De même, le GUD a pu se ras­sem­bler à Fourvière sans être inquiété.

Depuis 3 ans, le CV69 com­mu­ni­que sur les méfaits de l’extrême-droite Lyon, et s’insurge contre l’impu­nité qui les entoure. Le CV 69 tente quo­ti­dien­ne­ment de convain­cre toutes ses sen­si­bi­li­tés de la néces­sité d’appor­ter une réponse com­mune dans laquelle toutes et tous se retrou­vent. Malgré le tra­vail mené depuis 3 ans dans un esprit de consen­sus, la situa­tion n’a fait qu’empi­rer : les agres­sions phy­si­ques de grou­pus­cu­les d ’extrême-droite se mul­ti­plient, en toute impu­nité. Le CV69 qui vient de pren­dre connais­sance de cette action spon­ta­née , et quel­les que soient les réser­ves émises par cer­tai­nes de ses com­po­san­tes quant à ses moda­li­tés, assure les anti­fas­cis­tes de sa soli­da­rité, demande leur libé­ra­tion immé­diate et sans suites judi­ciai­res et condamne tout renvoi dos a dos des fas­cis­tes auteurs depuis 2010 de 33 agres­sions phy­si­ques a Lyon ayant entrainé 400 jours d’inter­rup­tion tem­po­rai­res de tra­vail, et les anti­fas­cis­tes. Nous tenons à rap­pe­ler qu’aucun fait de vio­lence n’a été commis dans cette action, leur seul tort ayant été de se ras­sem­bler sans auto­ri­sa­tion.

Or depuis plu­sieurs semai­nes, des ras­sem­ble­ments, voire des mani­fes­ta­tions sans auto­ri­sa­tion ont été orga­ni­sées par divers grou­pus­cu­les d’extrême-droite ainsi que lors des défer­le­ments homo­pho­bes contre le mariage pour tous.

La com­plai­sance des auto­ri­tés envers les agis­se­ments de l’extrême-droite à Lyon : ça suffit.

le 11 mai 2013
Collectif Vigilance 69 contre l’extrême droite

 Le gouvernement fait passer l’ANI en force au Sénat

Fait rarissime, le gouvernement a utilisé la procédure dite du vote bloqué pour faire adopter par le Sénat, dans la nuit de samedi à dimanche, le projet de loi sur l’emploi.

L’article: http://www.humanite.fr/social-eco/le-gouvernement-fait-passer-lani-en-force-au-senat-521746

Pour museler les critiques de la gauche contre le projet de loi dit improprement « de sécurisation des emplois », le gouvernement recours au vote bloqué au Sénat. Il bafoue ainsi la démocratie parlementaire dans la pire tradition de la Ve République.

http://www.politis.fr/LE-debat-interdit,21831.html

Ce que disait le PS il y a 3 ans quand Sarkozy faisait la même chose…:

http://www.parti-socialiste.fr/communiques/le-vote-bloque-deshonore-et-discredite-le-gouvernement-et-le-president

et on va donc se laisser crever ?

http://coeurnoirteterouge.wordpress.com/2013/04/21/et-on-va-donc-se-laisser-crever/

ANI, énumération résumée des 54 reculs qu’il contient en 27 articles:

http://www.filoche.net/2013/02/16/ani-enumeration-des-54-reculs-quil-contient-dans-ses-27-articles/

 Nancy: Fachos hors de nos facs, hors de nos vie !

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Mardi 24 mars. Ce matin là, nous arrivons à la fac de lettres vers 9h et une fois de plus, comme c’est le cas depuis plusieurs semaines, des dizaines de tags à caractère raciste et fasciste sont apparus dans la nuit sur notre campus. Les signataires sont clairement identifiés : Les rats du GUD (Groupement union défense ) qui sont réapparus sur Nancy depuis juin 2012 et qui sont les héritiers du mouvement ultra violent d’extrême droite Autonome Lorrain qui feront l’objet d’un procès prochainement pour une série d’une quinzaine d’agressions à caractère discriminatoire commises entre 2010 et 2011sur Nancy . Photos des tags : Croix celtiques, France aux Français, Signe SS, menace direct sur les locaux syndicaux « un bon gauchiste est un gauchiste à l’hôpital »

La suite: http://paris.indymedia.org/spip.php?article13200

SAMSUNG

 Les nôtres: Noëlle Guilbon

Noëlle Guilbon

Noelle

Noëlle, la compagne de Pierre Stambul, est décédée la nuit dernière.

Un cancer du poumon l’a emportée en quelques mois.

Les obsèques sont prévues mardi à 11h45 au Père Lachaise

Pierre Stambul aux obsèques:
Je vais essayer de vous dire qui était Noëlle.
Quelqu’un de juste, de droite,
Passionnante, passionnée,
Attentive, confidente.
D’une honnêteté totale, jamais de dissimulation.
Elle savait lire et voir instantanément ce qu’était l’autre, ce qu’il ou elle pensait.
Révoltée aussi. Contre toutes les injustices faites aux exclu-e-s, aux précaires, aux pauvres, aux Sans Papiers, aux Roms, aux Palestinien-ne-s. Révoltée contre cette société.
Elle m’avait raconté son enfance et son adolescence. Ses parents instits, son frère et sa sœur, l’île de Ré à laquelle elle a toujours été très attachée, ses études à Poitiers, ses mariages.
Elle a fait un magnifique enfant, Baptiste. Les voir ensemble était un bonheur.
Elle a été militante et élue communiste dans le XVIIIe arrondissement de Paris, journaliste à l’Humanité sous le nom de Cécile Ré. Elle tenait la rubrique médicale. Victime d’un licenciement collectif, elle s’est battue pour être indemnisée.
À plus de 45 ans, elle est devenue professeure au collège Travail de Bagnolet. Le collège a vite eu la réputation d’être un Soviet. Noëlle a animé les luttes, organisé des grèves et des manifestations. Elle était tenue en très haute estime par ses élèves qu’elle écoutait et respectait.
On s’est connu beaucoup trop tard. Elle avait 54 ans. Elle a illuminé ma vie, elle lui a donné du sens. Elle m’a comblé d’amour et d’attention. Des voyages et des visites inoubliables. Quelques années trop brèves de vie commune intense. Un trou béant.
Je t’aime, Noëlle.

Elle avait participé à la 166e mission en Palestine avec des camarades de l’ATMF [Association des Travailleurs Maghrébins de France],
de la FTCR [Fédération Tunisienne des citoyens des deux rives],
de IDD [Immigration Démocratie Développement],
et de l’UJFP [Union Juive Française pour la Paix].

UJFP
http://www.ujfp.org/spip.php?article2660

Archives
166e mission en Palestine
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/15277
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/12808

 Grèce : lettre ouverte au peuple français après la visite de F. Hollande

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Après la visite de François Hollande en Grèce qui en dit long sur la vision de la “solidarité” de la France à l’égard de la Grèce pour le président français (lire ou relire “François Hollande à Athènes : les affaires sont les affaires“), l’initiative pour la non privatisation de l’eau en Grèce propose cette lettre ouverte destinée au peuple français. Encore une fois, OkeaNews partage l’initiative de SaveGreekWater.

Le texte est disponible sur le site de SaveGreekWater et une pétition pour lutter contre la privatisation de l’eau en Grèce est toujours en ligne ici.

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« Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu. Ils soutiennent les lois avant de les abattre. » Voltaire, Catilina, acte I, scène 5.

Français, nos frères !

Le 19 février 2013, votre président, François Hollande, s’est rendu dans notre capitale Athènes. « Notre message envers la Grèce est un message d’amitié profonde, de soutien, de confiance et de croissance » : voilà ce qu’a dit votre président. Avant d’appeler les entreprises françaises à investir… dans la terre et l’eau.

François Hollande et Antonis Samaras (Premier ministre grec) parlent « d’investissements » dans le domaine de la gestion des ressources en eau de la Grèce, ressources naturelles protégées par la Constitution grecque, qui n’appartiennent à personne d’entre nous, ni même au Premier ministre qui veut en faire commerce.

Nous connaissons très bien votre combat pour la protection des biens publics et sociaux et votre sensibilisation au sujet de la gestion de l’eau. Après des dizaines d’années de gestion privée de l’eau, et bien que Suez et Veolia, les deux grandes multinationales de l’eau, aient des intérêts français, les villes de Paris, Brest, Varages, Durance-Lubéron, Castres, Cherbourg, Toulouse et d’autres, se sont battues et ont obtenu que la gestion de l’eau redevienne publique. Ces villes ont agi ainsi après avoir vécu les conséquences de la commercialisation de l’eau, la montée vertigineuse des prix, l’accès inégal aux services hydrauliquesla baisse des investissements dans l’entretien du réseau, et les pratiques monopolistiques.

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 Retour sur trois campements de Roms à Strasbourg

campement rom Strasbourg feuille2chouphoto

campement rom Strasbourg feuille2chouphoto

La température est remontée ces derniers jours, provisoirement peut-être, et le soleil s’est fait printanier. Pour autant, il ne faut pas croire que les conditions de survie dans les campements strasbourgeois se soient améliorées. Nous avons eu l’occasion hier de nous rendre sur trois des terrains, tous situés au début de Koenigshoffen, en accompagnant divers professionnels de l’enfance qui voulaient s’informer de visu des conditions dans lesquelles ces enfants et leurs famille vivaient dans la dite capitale européenne.

Le premier terrain visité est celui appelé La Forêt, situé le long de la bretelle de sortie de l’autoroute A350 venant de Hautepierre.

Plusieurs familles avec des enfants y vivent depuis des années. On est immédiatement frappés par la tenue de ce campement. Des tapis de toutes sortes sur le chemin d’accès protègent des effets de la boue par temps pluvieux. Le linge lavé sur place dans des bassines de formes et matières diverses sèche sur un fil tout au long de la butte qui surplombe la bretelle bruyante. Le sol est propre. Les ordures ramassées et mises à la benne placée à l’extrémité du terrain de sport voisin. Une porte métallique dans le grillage avait été forcée, selon un des habitants, par des personnes étrangères au campement. La réparation a été faite par les résidents eux-mêmes.

portail auto-réparé feuille2chouphoto

portail auto-réparé feuille2chouphoto

La majorité des lieux d’habitation sont des baraquement de bois solidement construits avec des matériaux de récupération. On y voit de vieilles portes, des planches, des palettes et des parties vitrées pour éclairer l’intérieur toujours coquet et astucieusement aménagé. Deux grands frigos servent d’armoires de rangement, faute de courant électrique pour un usage normal. Comme c’était mercredi après-midi, les enfants tous scolarisés dans le quartier, jouent devant les habitations.

réfrigérateurs sans électricité feuille2chouphoto

réfrigérateurs sans électricité feuille2chouphoto

On croise Médecins du Monde qui fait sa tournée de soins, avec un médecin et une infirmière, accompagnés d’une jeune étudiante roumaine qui traduit bénévolement. Leur camping-car est garé juste à côté sur un parking municipal grillagé face au garage Polgen. D’habitude, on les voit sur le chemin d’accès au campement voisin Saint-Gall, en ce moment inaccessible pour cause de travaux de voirie et d’aménagement de stationnement en épi près des jardins ouvriers.

fil à linge en bordure bretelle autoroute feuille2chouphoto

fil à linge en bordure bretelle autoroute feuille2chouphoto

Notre guide insiste avec raison sur l’état du campement et le soin mis par ses habitants pour le tenir propre. Il se plaint que d’autres personnes viennent parfois y déposer des ordures comme on en voit de l’autre côté de la bretelle. Mais ici, rien ne traine. le balai et la serpillère ne chôment pas.

abri rom précaire feuille2chouphoto

abri rom précaire feuille2chouphoto

On entend un questionnement sur la différence de traitement entre ce campement, bien tenu, et d’autres, proches dont l’état sanitaire est moins brillant. Pourquoi des gens qui sont à Strasbourg depuis des années ne sont-ils pas relogés alors que de plus récents le sont? L’exigence d’un travail également est mise en avant, mais travail et logement se conditionnent l’un l’autre.

Le contraste avec le campement appelé Petit Parking est immédiatement perceptible. C’est celui au début de la route des Romains entre un ruisseau et une fortification de l’époque allemande, très serré, où des caravanes ont brûlé il y a deux semaines.

caravanes brûlées feuille2chouphoto

caravanes brûlées feuille2chouphoto

Actuellement, s’y trouvent encore quatre caravanes, dont une installée sur l’avant, récemment nettoyé, deux à l’arrière, pas touchées par le feu et la dernière rafistolée après avoir fondu partiellement et été consolidée par des planches. C’est celle-là qui abrite un couple avec un bébé et une femme enceinte. On ne sait pas pourquoi ils n’ont pas bénéficié des mesures de relogement et d’aide alimentaire de la part de la Ville.

Une autre dame qui avait participé aux réunions à la mairie dit qu’elle na pas été relogée avenue Jaurès alors qu’elle était parmi les occupants du terrain la nuit de l’incendie.

Vers le fond, on voit encore les restes calcinés des quatre caravanes incendiées. L’une d’elle dont la structure s’élevait encore il y a peu comme un squelette extérieur, a été réduite au sol. Tous ces débris encombrent encore le fond du terrain dont la mairie a annoncé qu’il allait être définitivement fermé d’ici peu, mesure que semblent contester certains des présents souhaitant y réinstaller des caravanes.

Rappelons l’engagement du maire de reloger les occupants si les terrains visés par une décision de justice sont évacués. Pour certains, comme ceux du campement Wodli, c’est fait, rue des Remparts, sur l’annexe, pour beaucoup d’autres, on ne voit rien venir.

campement Saint-Gall feuille2chouphoto

campement Saint-Gall feuille2chouphoto

C’est en particulier le cas pour les nombreux habitants du campement Saint-Gall, rue de l’Abbé-Lemire. Alors que l’accès est rénové en ce moment, le terrain est dans un piteux état. Les habitants qu’on a déjà rencontrés plusieurs fois nous répètent leurs demandes traduites par un interprète bénévole du roumain qui vit sur un de ces terrains et cherche du travail tout en rêvant d’aller en Grande-Bretagne où il a déjà été.

feuille2chouphoto Saint-Gall

feuille2chouphoto Saint-Gall

Les baraquements apparaissent en moins bon état que ceux de la bretelle d’autoroute. Le sol est jonché de détritus de toute nature. Les métaux et le bois trouvent certes un usage, mais le reste? Comme on l’avait déjà signalé dans un billet ancien, sous la pression de Latcho Rom et d’autres personnes intervenant sur les campements, la Ville a installé des WC chimiques (de l’autre côté, ce sont des toilettes sèches) et un conteneur bleu renferme des réserves d’eau. Mais pas d’électricité ni ici ni ailleurs. Là aussi, les habitants se demandent selon quels critères, des personnes sont prises en charge, au moins partiellement, pendant la trêve hivernale, qui s’achève le 31 mars, et d’autres laissées à l’abandon. ce terrain aussi est promis à l’évacuation. Mais quid du relogement préalable?
Ne peut-on trouver une solution globale?

chauffage au bois récupéré feuille2chouphoto

chauffage au bois récupéré feuille2chouphoto

L’association Latcho Rom est porteuse d’un projet d’auto-construction de maisonnettes en matériaux bon marché et recyclables. Un architecte travaille sur le plan-masse. Encore faudrait-il que la municipalité fournisse le terrain adéquat permettant d’y installer une cinquantaine de ces structures.

à quand le relogement? feuille2chouphoto

à quand le relogement? feuille2chouphoto

Vendredi à 11h,une nouvelle réunion a lieu à la mairie avec les rescapés de l’incendie du Petit Parking. Latcho Rom y sera avec les Roms pour réitérer les solutions durables qu’elle met en avant.