Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!

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Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !

par Pierre Stambul

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.

Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.

Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.

Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.

Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.

L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».

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 Ne laissons pas Israël commettre un nouveau crime contre l’humanité dans la Bande de Gaza !

Communiqué CCIPPP

Depuis le 12 novembre 2012 Israël a engagé plus de vingt raids aériens et des bombardements provoquant la mort d’une douzaine de personnes dont cinq jeunes footballeurs en plein match, un enfant de sept ans, un bébé de onze mois et plus de soixante blessés.

Le 14 novembre Israël a assassiné par attentat terroriste en pleine bande de Gaza, Ahmad Jaabari un chef militaire du Hamas et grièvement blessé son garde du corps.

De nombreux observateurs prétendent que ces opérations militaires sont aussi des opérations de communication menées dans le cadre de la campagne électorale de B. Netanyahou dont chacun peut ici mesurer le cynisme criminel : Les morts palestiniens sont autant de trophées qui rapportent des points dans les sondages.

Le même Netanyahou déclare qu’il est prêt à étendre l’opération militaire. Son alliance prochaine avec Lieberman (extrême-extrême droite) et le soutien qu’il rencontre dans la société israélienne laissent craindre un nouvel épisode de nettoyage ethnique radical contre la population de Gaza.

L’impunité d’Israël est totale et unique en son genre !

Le 27 décembre 2008, Israël déclenchait une guerre sans précédent contre la population de la Bande de Gaza sous blocus depuis 2006. Cette guerre qualifiée de crime de guerre et de crime contre l’humanité dans un rapport d’un haut responsable de l’ONU a fait 1450 morts dont 340 enfants, des milliers d’infirmes à vie et une population traumatisée après un mois de bombardements et de terreur organisée.

Aucune sanction à quelque niveau que ce soit n’a été prononcée ni exécutée.

Les USA, l’Europe et le gouvernement français en particulier ont délivré le « permis de tuer » à Netanyahou : il s’en sert !

B. Obama a reculé sur la colonisation et réaffirmé son total soutien à Israël. Alors que la Campagne BDS lancée par la société civile palestinienne a mis en évidence la fraude israélienne en matière d’exportation, que certains gouvernements dont l’Afrique du Sud exigent que soient mentionnés les produits en provenance des territoires occupés, l’Europe vient de signer le protocole de l’ACAA, qui étend les exportations israéliennes, sans aucun contrôle sur l’origine des produits. Enfin le déplacement de F. Hollande à Toulouse avec le premier ministre israélien a confirmé son allégeance ouverte aux thèses sionistes.

Ces soutiens affichés à l’Etat d’Israël sont une incitation aux crimes et aux violations constantes du droit, un véritable permis de tuer.

- Nous exigeons du gouvernement français qu’il demande l’arrêt attaques contre la population de la Bande de Gaza, qu’il condamne le terrorisme d’état israélien nommé « exécutions extra-judiciaires » et qu’il exige la levée immédiate du blocus de Gaza !

- Nous appelons toutes les personnes et associations voulant la fin de l’impunité d’Israël à intensifier les campagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël et à se mobiliser dès à présent contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza.

Communiqué Campagne BDS France

Pour Gaza, pour la Palestine, contre le terrorisme d’état israélien : le boycott !

Israël attaque à nouveau Gaza. Israël tue des Palestiniens, tue des civils, tue des enfants. Une nouvelle fois Israël utilise le territoire le plus densément peuplé du monde comme terrain d’expérimentation pour ses drones armés et ses missiles. Une nouvelle fois Israël agit en toute impunité. Cela nous écœure et nous révolte. Et nous nous sentons démunis, pleins d’une colère sans issue, affligés par la complicité de notre gouvernement et de l’Europe qui laissent faire sans réagir. Pourtant nous ne sommes pas impuissants, pas autant qu’on voudrait nous le faire croire. Il y a un moyen d’agir : la campagne populaire internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. Lancée à l’appel du peuple palestinien, elle se développe partout dans le monde, elle remporte des victoires, elle inquiète Israël, elle peut changer le rapport de force en faveur des Palestiniens.

Pour une réaction vraiment efficace face aux crimes israéliens à Gaza: la campagne de boycott, désinvestissement, sanctions contre le régime d’apartheid israélien.

La campagne coordonnée par BDS France est ouverte à toutes et tous, elle offre des moyens d’action qui gênent vraiment Israël, elle nous permet d’agir directement pour la Palestine..

La campagne BDS est la réponse citoyenne et non violente à l’impunité d’Israël.

La Campagne BDS France

 C’est maintenant qu’il faut sanctionner Israël

mardi 6 novembre 2012 – 06h:56

Jamal Zahalka – The Guardian

La fusion des partis de droite va accroître l’extrémisme et le racisme contre les Palestiniens. Les sanctions sont l’unique réponse.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, se congratulent après avoir annoncé que leurs partis s’uniront pour les élections de 2013.

En prévision des élections israéliennes de janvier prochain, la fusion des partis du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a été annoncée. Ils doivent se présenter aux élections sur une liste commune, avec l’intention de constituer le groupe le plus important de la Knesset.

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 L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël

Les responsables américains pensent que les Israéliens ont obtenu l’accès à des bases aériennes en Azerbaïdjan. Cela les rapproche-t-il d’une guerre contre l’Iran?
Le pilote israélien d’un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen.

- Le pilote israélien d’un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen. -
http://www.slate.fr/story/52415/israel-iran-azerbaidjan-guerre

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 Les colons en passe de réussir une prise de contrôle hostile d’Israël

Ha’aretz

Posez-vous la question : “Voulez-vous vraiment vivre dans un pays où ce sont les dirigeants d’une entreprise coloniale qui attribuent les terres du pays, créent ses sites naturels, se prononcent sur ses lois, et contrôlent de plus en plus ses modes de vie ?”
La phase I est depuis longtemps déclarée comme un succès total : les colons ont pris le contrôle des territoires occupés, utilisant leur pouvoir et leurs projets de construction pour contrecarrer tout arrangement équitable. Mais quiconque a pu croire qu’ils allaient se contenter de contrôler la Cisjordanie devrait jeter un œil sur la phase II du plan, qui est à son point culminant et constitue déjà un véritable succès.
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 Modestes propositions en vue d’éviter le retour du 21 avril…

Vade retro 21 avril!

A en croire les tonnes de commentaires dans les médias, le syndrome du 21 avril serait pire que Tchernobyl et Fukushima réunis, en attendant Fessenheim.

Pour ceux qui vivent sur une île déserte, sans aucun accès aux infos, mais ils ne liront pas ceci non plus, rappelons qu’il s’agit de ce jour de gloire du Parti socialiste éliminé du second tour de la présidentielle, face à Chirac, qui a affronté haut la main le père de La Pen et en est sorti avec 82 % de voix, dont la mienne…eu égard à sa reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans le génocide des juifs et de quelques autres groupes humains réputés nuisibles.

Bien entendu, aussitôt élu, Jacquot l’éviteur de procès a oublié, -déjà l’Alzheimer?- de faire la politique réclamée par cette majorité au score néo-stalinien.

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 Au feu les pompiers!

Après l’incendie au Mont-Carmel

Traduction article de Max Blumenthal (journaliste du New York Times)

“ Quand je regarde par la fenêtre aujourd’hui et que je vois un arbre planté là, cet arbre me donne un plus intense sentiment de beauté et de délice personnel que toutes les immenses forêts que j’ai vues en Suisse ou en Scandinavie. Parce que chaque arbre d’ici a été planté par nous ”

David Ben Gourion Mémoires.

“ Pourquoi y a-t-il autant d’Arabes ici ? Pourquoi ne les avez-vous pas chassés ? ”

David Ben Gourion pendant sa visite à Nazareth, juillet 1948.

Quatre jours après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé son projet de mettre des milliers de travailleurs immigrés dans un camp de prisonniers au fond du désert du Neguev parce que, comme il l’a dit, ils représentent une “ menace pour la personnalité du pays ”, un tronc d’arbre en feu tomba sur un bus plein de gardiens de prison en formation, tuant 40 passagers. L’arbre était un des centaines de milliers réduits en cendres par le feu de forêt venant du nord d’Israël, et qui aujourd’hui menace d’engloutir les environs d’Haifa, troisième ville d’Israël. Pendant les trois derniers jours, plus de 5.000 hectares ont brulé dans la région du Mont Carmel, destruction importante pour un pays guère plus grand que le New Jersey. Alors ue les causes de l’incendie n’ont pas été établies, il a mis à nu les mythes de la fondation d’Israël.

Les Israéliens estiment que ce feu est une de leurs plus grandes tragédies de ces dernières années. Un ami qui a grandi à Haifa m’a dit ce week-end qu’il était anéanti par les images de destruction qu’il a vues à la télévision. Le frère d’un ami est parmi les morts de l’accident de bus. Quoiqu’il soit un sioniste convaincu qui a soutenu l’élection de Netanyahu en 2008, comme beaucoup d’Israéliens, il était furieux de la réponse – ou au manque de réponse – du gouvernement. « Nos dirigeants sont sont complètement idiots, mais vous le savez déjà », m’a t-il dit. « Ils investissent tellement pour préparer toutes sortes de scénarios de guerre folle mais ils ne font rien pour protéger les civils des dangers élémentaires »

Outre le spectacle gênant d’avions turcs de secours atterrissant a Tel Aviv six mois seulement après que les commandos israéliens aient massacré les bénévoles de l’aide turque de la flotille de la liberté pour Gaza, ou les confessions d’impuissance des hommes-durs Netanyahu et Avigdor Lieberman, le feu a mis au jour la terrible histoire qui avait été cachée par des couches de mythologie officielle et des monceaux d’aiguilles de pin.

« Il n’y a pas de faits »

Parmi les villes qui ont été évacuées il y a Ein Hod, une colonie d’artistes-bohême nichée dans les collines au nord et à l’est de Haifa. Ce n’est cependant pas la première fois qu’Ein Hod est évacuée. La première fois c’était en 1948, quand les habitants palestiniens de la ville ont été expulsés de leurs maisons par un désastre de main d’homme connu comme la « Nakba ».

La plupart des habitants d’origine d’Ein Hod, appelée Ayn Hawd avant les expulsions de 48, qui avait été habitée continuellement depuis le 12ème siècle, ont été chassés vers les camps de réfugiés de Jordanie et de Jenin, en Cisjordanie. Mais un petit groupe de résidents particulièrement résilients a fui dans les collines, a construit un camp improvisé et a regardé les étrangers juifs prendre possession de leurs maisons.

En 1953, un sculpteur roumain dadaïste, Marcel janco, a convaincu l’armée de ne pas raser au bulldozer Ein Hod comme elle l’avait fait cinq ans auparavant à l’occasion de la purification ethnique de nombreuses villes palestiniennes des alentours. Il a proposé de créer un commune d’art dans un but touristique et pour contribuer à la culture du sionisme. Aujourd’hui, les maisons rustiques en pierre qui ont appartenu aux Palestiniens sont de pittoresques studios d’artiste, et la mosquée du village a été transformée en un bar à la mode nommé Bonanza. Les visiteurs sont accueillis à l’entrée par une sculpture de Benjamin levy « Le couple pudique dans une boîte de sardine » représentant une femme nue avec un gentleman en habit dans une boîte de sardine, qui a été inaugurée par le président Shimon Pérès en 2001.

Après la catastrophe de 1948, les Palestiniens de Ayn Hawd ont construit leur propore village à trois kilomètres de ce qui est aujourd’hui Ein Hod. Pendant des dizaines d’années, les villageois ont résisté aux tenjtatives de les déposséder et ils furent entourés d’une barrière pendant les années 70 pour les empêcher de s’agrandir par croissance naturelle. Mais finallement ils ont gagné la reconnaisssance officielle en 2005. Ce qui voulait dire que pour la première fois depuis la création d’Israël ils pouvaient avoir l’électricité et un service d’évacuation des ordures. Ceci alors que plus de quarante autres villages palestiniens dans Israël ne sont pas « reconnus ». Les quelques 80.000 habitants de ces villages, la majorité dans le désert du Néguev, sont des citoyens d’Israël qui paient leurs impots. Cependant, ils ont peu de droits ; leurs maisons sont régulièrement démolies pour faire de la place aux colonies juives et ils ne bénéficient d’aucun service public.

J’ai visité Ein Hod et Ayn Hawd en juin. Quand les habitants du village juif Ein Hod m’ont vu filmer, ils ont réagi avec un mélange de suspicion et d’hostilité. « Je sais ce que vous faites ! » m’a dit d’un air méprisant une femme âgée, en me demandant de ne pas la filmer. A l’intérieur du bar, j’ai demandé aux patrons si cet endroit était en fait une ancienne mosquée. « Ouais, mais c’est ainsi qu’est tout Israël » m’a dit une femme d’un kibbutz voisin en sirotant sa bière. « Tout ce pays est construit sur des villages arabes. Il vaut mieux laisser le passé où il est. »

J’ai provoqué une autre réaction gênée quand j’ai commencé à filmer une guide de tourisme qui conduissait un groupe d’Israéliens âgés dans le village. Parlant hébreu, la guide a dit aux touristes, alors qu’elle leur faisait visiter les studios d’artiste, qu’ils étaient parmi « les maisons de la troisième génération », oubliant les Arabes qui y ont vécu des centaines d’années. Dans les studios j’ai pu voir que la plupart des objets d’art produits étaient du kitsch juif pour touristes étrangers – des scènes de shtetl du monde lointain, perdu depuis longtemps, immortalisé par des films comme Fiddler on the Roof. (Le Violon sur le Toit).

Plus tard, avant d’amener son groupe au musée Hurdy Gurdy de la ville, la guide a mentionné le « comité d’accueil » qui filtrait les résidents potentiels. C’est probablement ainsi que Ein Hod mainttient les satanés Arabes au loin. Ceci et la loi sur les propriétés des Absents de 1950, qui met toute propriété arabe « abandonnée » dans les mains du Fond National Juif et de l’Administration Israélienne de la Terre, une précaution qui consolide ce que le membre palestinien du Parlement aujourd’hui exilé Azmi Bishara a appelé « le plus grand vol à main armée de l’histoire. »

Pendant une pose, la guide de tourisme m’a pris à part et m’a demandé qui j’étais. Il est clair que les villageois sont devenus méfiants des visiteurs étrangers. Se présentant comme doctorante à l’université de Tel Aviv, elle me dit représenter l’autorité officielle à Ein Hod et me demanda de réviser le film que j’avais tourné. Afin de s’assurer que je n’avais pas fait d’erreurs de traduction de mots comme kibbush, terme hébreu qui veut dire « conquête » mais est couramment utilisé pour désigner l’occupation de la Palestine.

« A propos de conquête », lui dis-je, « pourquoi ne dites-vous pas aux touristes qui vivait dans ces maisons avant 1948 ? » Visiblement irritée, Yarkon me répondit : « Après des années de recherche, j’ai conclu qu’il n’y avait réellement pas de faits quand vous discutez de cette question. Il y a seulement des récits. » Elle m’assura que la population juive d’Ein Hod avait d’excellentes relations avec les résidents expulsés : « Allez leur demander. Ils vous diront ce qu’ils en pensent. »

C’est ce que j’ai fait. Après quelques kilomètres d’une route de terre, j’étais à Ayn Hawd, le village palestinien. Pas de boutiques d’art ici, seulement des maisons délabrées, des rues en terre, une mosquée avec un grand minaret et une floppée d’enfants jouant dans les rues. Très vite quelques résidents sortirent de leurs maisons pour m’accueillir. Abu al-Hisa Moein, membre du Conseil municipal et instituteur, m’a invité à passer le reste de l’après-midi avec sa famille dans un patio à côté de sa maison, qui m’a semblée plus récente et plus imposante que celles de ses voisins. Il m’a dit que ses ancêtres étaient venus de la région qui est aujourd’hui l’Irak il y a 700 ans. Ses parents, qui ont été expulsés vers Jenin en 1948, lui ont dit qu’ils seraient furieux de seulement jeter un oeil sur leurs anciennes maisons, avec leurs nouveaux occupants. Quand j’ai parlé du bar construit dans la vieille mosquée, Moein hocha la tête avec dégoût. « C’est très mal. C’est une insulte, » dit-il.

Moein me fit visiter sa maison, avec son salon spacieux impeccablement propre et la baie vitrée d’où l’on découvre une vue circulaire sur la vallée. Il a tout construit lui-même, dit-il avec orgueil. En bas, sa fille de 13 ans était allongée sur le sol et lisait le roman classique de John Knowles, Une Paix Séparée. Elle s’intéressa immédiatement à moi lorsque je suis entré et passa dix minutes à me montrer sa bibliothèque. La nuit venait, Moein et sa famille me ramenèrent dans le patio. Là, il déroula une carte de la Palestine du mandat et fit courir ses doigts sur les noms des tas de villages détruits par les troupes sionistes sur la cote entre Jaffa et Haifa, en 1948. Il s’arrêta sur des villes comme Kafr Saba, Qaqun, al-Tira et Tantuta, lieu d’un horrible massacre de prisonniers palestiniens désarmés, un mois après celui de Deir Yassin. Moein était un professeur d’histoire, mais Israël lui a interdit de parler ee ces événements en classe sous peine de poursuites pénales..

Comme l’obscurité commencait à couvrir les collines, j’ai réalisé que j’avais perdu la notion du temps. J’ai dit à Moein qu’il me fallait retourner à Tel Aviv. Sa femme s’est précipitée dans la maison et a rapporté une grappe de raisin qu’elle avait cueillie dans le jardin familial, qu’elle a enveloppé dans un tupperware de la cuisine. Moein m’a accompagné jusqu’à la voiture et m’a serré dans ses bras.

Le rachat de la terre

Pour le moment, Ein Hod comme Ayd Hawk sont vides. La majorité des habitants ont fui vers des lieux plus sûrs alors que les milliers de pins plantés pour procurer aux artistes d’Ein Hod un sentiment de solitude sont réduits en cendre. En brûlant, le feu révèle une autre dimension de la fondation d’Israël que celle qu’il a tenté d’enterrer.

Les pins eux-mêmes ont été l’instrument de la dissimulation, plantés stratégiquement par le Fond National Juif (JNF) sur les emplacements de centaines de villages palestiniens que les milices sionistes ont évacués et détruits en 1948. Avec les forêts surgissant là où étaient les villages, ceux qui ont été expulsés n’ont aucun endraoit où revenir. Ainsi, pour des étrangers contemplant l’étrange paysage alpin du nord d’Israël pour la première fois, on pouvait imaginer que les Palestiniens n’avaient jamais existé. C’est exatement ce que le JNF avait l’intention de démontrer. La pratique que David Ben Gourion et d’auitres sionistes éminents appelaient le « rachat de la terre » était en fait la forme ultime de nettoyage vert

Décrit par l’historien israélien Ilan Pappe comme « la quintessence du colonialiste sioniste », le premier directeur du JNF, Yossef Weitz, était un idéologue impitoyable qui a aidé à orchestrer l’expulsion en mase des Palestiniens en 1948. Weitz a déclaré notamment « Il doit être clair qu’il n’y a pas de place dans ce pays pour deux peuples… Si les Arabes s’en vont, le pays sera spacieux pour nous… La seule solution est la Terre d’Israël… sans Arabes… Il n’y a pas d’autre solution que le transfert des Arabes vers des pays voisins, le transfert de tous, sauf peut-être pour ceux de Bethléem, Nazareth et le vieux Jérusalem. Pas un village ne doit être laissé, pas une tribu. »

Après que les voeux de Weitz furent exaucés, le JNF planta des centaines d’arbres sur les villages fraîchement détruits comme al-Tira, afin de créer le Parc National du Carmel. Une zone du flanc sud du Mont Carmel ressembla ainsi tellement à un paysage des alpes suisses qu’il fut surnommé « Petite Suisse ». Bien évidemment, les arbres non-indigènes du JNF convenaient bien peu à l’environnement en Palestine. La plupart des jeunes arbres qu’a plantés le JNF près de Jérusalem ne survivent pas et il faut en replanter fréquemment. Ailleurs, les aiguilles de pin ont tué les plantes locales et complètement dévasté l’écosystème. Comme on a pu le voir avec le feu du mont Carmel les arbres du JNF s’envolent comme de l’amadou par chaleur sèche.

Mais il semble que rien ne peut arrêter la volonté du JNF de « verdir » la terre. Même dans le désert desséché du Neguev, le JNF a planifié de planter un million d’arbres dans un espace appelé « GOD TV Forest ». Pour réaliser l’exploit exceptionnel de transformer le désert en forêt, l’Administration de la Terre d’Israël a ordonné l’expulsion du village bédouin non reconnu al-Araqib, habité par des centaines de citoyens israéliens qui ont vécu dans la région depuis plus de 100 ans et qui ont servi en première ligne dans les unités blindées de l’armée.

Dans sa fiction « Facing the Forest » (Face à la Forêt ), le célèbre auteur israélien A.B. Yehoshua a décrit un gardien de la forêt, Palestinien muet, qui brûle une forêt du JNF pour révéler les ruines de son ancien village. Quarante ans plus tard, alors que les forêts du JNF du mont Carmel brûlent, des avocats israéliens d’extrême-droite ont exigé der rechercher l’Arabe qui a dû mettre le feu, bien qu’il n’existe aucune preuve concernat la cause de l’incendie. Michael Ben Ari, extrémiste membre de la Knesset du Parti de l’Union Nationale, a demandé que « la totalité du Shin Bet » soit mobilisé pour enquêter sur ce que le journaliste de droite Arutz Sheva dit « être probablement la pire attaque terroriste de l’histoire d’Israël. »

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