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Suppression du mot «race» : une première mesure qui en appelle d’autres
Les députés examinent jeudi 16 mai une proposition de loi, à l’initiative des députés du Front de gauche, visant à supprimer le terme litigieux de « race » figurant dans une soixantaine de textes législatifs, comme cela avait déjà été proposé en 2003.
Le MRAP, qui, depuis sa création et plus spécialement depuis la loi de 1972 contre le racisme, explique, notamment dans ses interventions scolaires, qu’il n’y a qu’une race, la race humaine, se réjouit de cette initiative. C’est au nom de la prétendue existence de « races » que les crimes les plus monstrueux ont été commis dans l’histoire de l’humanité parmi lesquels l’esclavage et les exterminations massives et planifiées d’hommes, de femmes, d’enfants. Comme le disait le généticien Albert Jacquard : « Compte tenu des implications biologiques que tant d’écrits, de doctrines et de politiques ont accroché, de façon indélébile, au mot “race”, ne serait-il pas prudent de l’éliminer, comme on le fait d’un outil inutile et dangereux ? »
Comme l’ont écrit les députés Front de Gauche dans l’exposé des motifs de leur proposition de loi : « En supprimant la catégorie juridique de « races » nous cesserions de donner une légitimité juridique aux idéologies racistes et nous affirmerions, enfin, qu’elles s’appuient sur un concept qui n’a aucun fondement scientifique. »
Certes, la portée de ce vote sera purement symbolique : la suppression du mot « race » n’entrainera malheureusement pas la disparition du « racisme ».
Aujourd’hui, alors que vient de s’achever un quinquennat au cours duquel la stigmatisation, la xénophobie et le racisme se sont exprimés au plus haut niveau de l’État , alors que le concept de race revient en force dans certains discours extrémistes, la flambée du racisme et de la xénophobie a pris des proportions inquiétantes : 69 % des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22 % par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23 %. Des thèses racialistes se développent.
Le combat contre toute forme de racisme est avant tout un combat pour l’arrêt de la stigmatisation de catégories de personnes, Roms, immigrés… et un combat pour l’égalité des droits. L’existence sur le sol français d’hommes, de femmes sans droits, sans reconnaissance ne peut que prêter le flanc aux thèses racistes.
Pour le MRAP, la lutte contre le racisme passe par une vigilance de tous les jours et par la régularisation de tous les sans papiers, l’ accès des Roms à tous leurs droits de citoyens européens. Elle passe aussi par le droit de vote et d’éligibilité reconnus pour tous les étrangers vivant sur le territoire français qu’ils soient ou non européens et plus généralement par l’accès à l’égalité des droits pour tous les résidents.
Paris, le 16 mai 2013.
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Journée mondiale contre l’homophobie 17 mai
Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Les personnes et associations ci-dessous se rassemblent pour témoigner
collectivement de leur engage- ment contre l’homophobie, la biphobie et la
transphobie :
Thierry SPEITEL Maire de Sigolsheim Pinar SELEK Universitaire Philippe BIES
Député du Bas-Rhin Richard SANCHO ANDREO HES – Homosexualité et Socialisme
Philippe SPITZ Artiste Michaël CHOFFAT Administrateur de La [...]
Vous pouvez le voir ici
http://eelv.djamilasonzogni.eu/oui-au-respect-des-droits-non-a-lhomophobie-17-mai-2013/
Nakba
Il y a 65 ans, alors que les enfants dormaient, que les agriculteurs rêvaient d’aller cultiver leurs terres, que les mères voulaient juste voir leurs enfants aller à l’école le lendemain, ils se sont tous réveillés sous le bruit des bombardements de leurs maisons. En ce 15 mai, une nouvelle histoire commençait à s’écrire avec le sang des enfants de Palestine et les rêves de leurs parents. Ce jour-là, le complot international s’est accompli et appliqué par le terrorisme organisé des milices sionistes pour déraciner un peuple entier de sa terre et le remplacer par un autre peuple. Ce jour-là, où plusieurs centaines d’enfants ont été tués de sang froid, plusieurs centaines de femmes se sont faites violer, et des centaines de villages ont été complètement détruits, ce jour-là, une nouvelle page de l’histoire d’un peuple qui est devenu réfugié dans les camps a commencé à s’écrire.
Au cours de cette guerre, les milices sionistes ont commis des crimes contre l’Humanité, sous l’observation et le soutien de la communauté internationale.
65 ans après, l’image n’a pas trop changé. Les réfugiés se sont multipliés et vivent encore dans les camps de réfugiés, dans des circonstances très difficiles. La colonisation continue de confisquer notre terre, pour poursuivre le projet qui vise à déraciner le reste de notre peuple. Les 4900 prisonniers continuent d’affronter la mort lente que l’état d’occupation leur dessine comme destin.
65 ans après, malgré la torture, l’oppression, la poursuite du complot international, le peuple Palestinien continue de rêver. Les enfants des camps de réfugiés rêvent encore toutes les nuits qu’un jour ils se réveilleront à Haïfa et Jaffa. Leurs mères rêvent encore de les accompagner à la plage de Saint-Jean d’Acre (Akka) sans devoir franchir des checkpoints. Leurs pères rêvent encore d’avoir la liberté d’accompagner leurs enfants pour un déjeuner au Liban sans frontière.
Aujourd’hui, après tout ce que nous avons vécu pendant ces années d’occupation, notre peuple est de plus en plus convaincu que ses droits à l’indépendance, la liberté et au retour ne tombent pas dans l’oubli. Les nouvelles générations sentent encore depuis les camps de réfugiés, l’odeur des plages méditerranéennes et ils continuent d’imaginer la maison de leurs grands-parents dont ils possèdent encore la clé autour de leur cou pour ouvrir à nouveau la porte de leur maison. Les prisonniers aussi, rêvent chacun dans leurs cellules du jour de leur libération et de la libération de leur peuple.
Enfin, en ce jour, les martyrs nous rappellent depuis leurs tombes qu’il ne faut jamais oublier leur sang qui a arrosé la terre de la Palestine et qu’il faut surtout continuer leur chemin de lutte et de résistance jusqu’à ce que nous arrachions notre droit, pour vivre libre comme tous les peuples autour du monde.
Le dessinateur Latuff traité d’antisémite…
Suite à la publication d’un billet Deux, trois, de nombreux Hawking, la Feuille de chou a reçu ce courrier, à propos du dessinateur Latuff dont un dessin, ci-dessus, était publié ici le 11 mai:
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820
Croyez bien, cher Monsieur, que la Feuille de chou qui défend les droits inaliénables du peuple palestinien à un Etat, et ceux des Juifs israéliens de demeurer au Proche-Orient, une fois leur État désionisé, ne publie aucun dessin antisémite.
Bonjour,
Je suis un lecteur régulier de la Feuille de Chou et – bien que
non-militant – je soutiens le peuple palestinien dans sa lutte pour la
reconnaissance de ses droits, dont les droits au retour et à
l’auto-détermination.
Cependant, je suis également très critique vis-à-vis de
l’antisémitisme qui gangrène les mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste. Et j’aimerais vous faire part de mon étonnement quant à
la publication d’une caricature faite par l’artiste brésilien Latuff
sur votre blog ( http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820 ).
Latuff a connu du succès grâce à un travail prolifique et provocateur,
et trop souvent les gens partagent ses caricatures sans vraiment
s’attarder sur le contenu, le message, ou la symbolique.
Je considère que Latuff est un antisémite, et je pense qu’en tant que
tel, par respect pour les Juifs, mais aussi par respect envers la
lutte pour les droits des Palestiniens (que j’estime légitime et donc
ne saurait se faire le relais de l’antisémitisme), ses oeuvres doivent
être boycottées de la façon la plus claire qui soit.
Latuff a produit de très nombreuses caricatures comparant le sionisme
et/ou la politique israélienne avec le nazisme, ainsi que le sort des
Palestiniens avec l’Holocauste. Quel que soit le degré de proximité de
nature entre ces mouvements (sionisme/nazisme) et événements
(Holocauste/occupation israélienne) historiques, c’est une question de
décence de ne pas comparer, et encore moins d’égaliser. Les
comparaisons historiques sont un problème réel qui font beaucoup plus
de mal que de bien, ne visent souvent qu’à choquer, provoquer, sans
créer de réaction raisonnée et raisonnable. Malheureusement, de nos
jours la comparaison historique est devenue un sport olympique.
Il existe notamment une caricature montrant Ariel Sharon embrassant
Adolf Hitler sur la bouche, une autre montrant des soldats nazis
arborant le drapeau israélien et abattant des enfants palestiniens, et
encore une autre représentant Israël sous la forme d’une pieuvre
(caricature antisémite peu originale), marquée du drapeau israélien
avec une croix gammée remplaçant l’Étoile de David. Latuff a également
tendance à beaucoup insister sur le fait que certaines victimes
palestiniennes de la politique agressive israélienne sont des enfants
ou des bébés, et cela ressemble beaucoup plus à l’accusation
antisémite du sacrifice rituel d’enfants qu’à la dénonciation de faits
établis. Et ce ne sont que quelques exemples parmi des dizaines de
dessins associant le sionisme ou Israël au nazisme ou à divers clichés
antisémites, bafouant de nombreux éléments symboliques et importants
de l’histoire, de la culture, et de la religion juives.
Latuff est également un grand amateur de la complainte selon laquelle
tout critique d’Israël ou défenseur des Palestiniens se voit taxé
d’antisémitisme. C’est une réalité que de nombreux défenseurs d’Israël
abusent de l’accusation, sachant bien qu’elle est difficile à contrer.
Cependant, je ne la crois pas suffisamment fréquente ni suffisamment
digne de considération (lorsqu’il s’agit d’un abus) pour que certaines
personnes fassent de cette complainte (“l’anti-sionisme n’est PAS de
l’antisémitisme!!!”) la moitié de leur activité militante. De plus, si
l’abus de l’accusation est une réalité, il est une autre réalité que
la complainte est tout autant une arme politique, menant à masquer
(volontairement ou involontairement) la présence concrète de
l’antisémitisme au sein des mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste, puisqu’à leur tour, chaque dénonciateur de cet
antisémitisme concret se verra taxé de pro-Israélien ou de sioniste
cherchant à miner le mouvement (ce qui n’est absolument pas vrai !).
Même si la complainte n’est pas antisémite par nature, elle est une
arme de choix de très nombreux antisémites, dont Latuff.
Enfin, Latuff a participé en 2006 au “Concours International de
Caricature de l’Holocauste” (!!!), organisé par une journal iranien,
aux côtés de nombreuses personnalités négationistes et
d’extrème-droite… Il a gagné la seconde place.
Au plaisir de connaître votre avis sur cette question,
Cordialement,
Ben
NDDL : Après la chaîne humaine, les procès !!!
Après le joli succès de la chaîne humaine autour de Notre-Dame des Landes,
la lutte continue à Paris !!!
APPEL A SOUTENIR les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre
l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Récapitulatif des dates et lieux des procès
-le samedi 25 mai à partir de 14h, journée “répression, mobilisation”
(dans le cadre du FRAP)
14h débats, 18h manifestation: départ Max Dormoy
http://www.demosphere.eu/node/36655
-le mercredi 29 mai à 13h30, procès chantier des Halles (2 personnes)
à la 10ème chbre correctionnelle du TGI de Paris, 4, boulevard du Palais,
Paris
-le lundi 3 juin à 14h, procès affaire Pinault (14 personnes)
à la 7ème chambre D du tribunal correctionnel de Versailles, 5, Place André
Mignot, Versailles
Pour participer à la caisse de soutien : envoyez vos chèques à l’ordre
de « Les Ami-e-s de Clark Kent» en spécifiant bien au dos du chèque «
Soutien à la lutte contre l’aéroport de NDDL » à l’adresse suivante :
9, rue François Debergue / 93100 Montreuil.
Depuis sa création, le collectif est la cible d’une répression
systématique.
Le 27 janvier dernier, 15 personnes se sont invité.e.s dans le parc du
château familial des multi-miliardaires François et François-Henri Pinault
-actionnaires du groupe VINCI- pour dénoncer leur responsabilité dans la
construction du futur aéroport de NDDL. Un pique-nique, une banderole, des
slogans pour signifier que nous faisons fi de l’ impunité dont bénéficient
Pinault et consorts qui exploitent, expulsent et bétonnent au gré de
manœuvres politiques et de grands transferts financiers.
La répression ne s’est pas fait attendre, les visiteurs et visiteuses du
domaine ont été placé.e.s en garde-à-vue durant 45 heures, inculpé.e.s de
« violation de domicile », « menaces de mort », « refus de se soumettre
aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux
prélèvements biologiques », ils/elles comparaîtront devant le Juge des
Enfants au TGI de Paris (1 personne) et au TGI de Versailles (14 personnes).
Le samedi 19 janvier, une cinquantaine de personnes se sont rendues au
chantier des Halles, autre exemple de connivence entre Vinci et des élus PS.
A Paris comme à Notre-Dame Des Landes et ailleurs, ils font main basse sur
nos vies et nos territoires. De nos mots, slogans et affiches, nous avons
recouvert les palissades du chantier, immenses panneaux publicitaires à la
gloire d’un Paris uni autour de la consommation.
La répression fut aussi au rendez-vous, deux personnes ont été arrêtées,
placées en garde-à-vue pendant 48h, interrogées par le Service
d’Investigation Transversale (la police politique), puis déférées. Elles
ont été relâchées 70 heures après leur arrestation et comparaitront pour
« dégradation de biens privés », « rébellion » et « refus de se
soumettre aux prélèvements biologiques » au TGI de Paris.
Le 16 novembre 2012, deux personnes avaient été arrêtées alors qu’à la
veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD, elles avaient,
par quelques inscriptions sur un local de permanence, souhaité rappeler que
le PS a les mains sales. Elles ont subi 62 heures de détention, des
perquisitions à leur domicile et plusieurs auditions par le fameux Service
d’investigation transversale (SIT). Jugées le 30 janvier dernier, elles ont
été condamnées à un Travail d’Intérêt Général, à une amende et leur
condamnation a fait l’objet d’une mention au casier judiciaire.
Nous, collectif de personnes issues de divers horizons, militant.e.s de tous
âges, agissant en accord avec nos principes, exprimons toute notre
solidarité avec les inculpé.e.s et les personnes emprisonnées. Nous
appelons chacun.e à soutenir les inculpé.e.s, en participant à la caisse de
soutien et en se rendant à leur procès. Nous appelons chacun.e à nous
rejoindre dans notre lutte déterminée contre VINCI et son monde, contre
l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands
Projets Inutiles et Imposés !
Le collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
(toutes les informations sur http://nddl-paris.effraie.org/)
Non à la parade de l’extrême-droite le 12 mai à Paris
Ce 12 mai, une nouvelle fois, l’extrême-droite la plus violente annonce plusieurs manifestations dans Paris.
Plusieurs groupes et organisations, dont certains sont ouvertement néo-nazis, vont en effet « commémorer » à leur manière, la mort d’un de leurs militants, survenue le 9 mai 1994 suite à une manifestation non autorisée et violente, organisée par le GUD ; pour certains d’entre eux il s’agit aussi de rendre leur « hommage » à Jeanne d’Arc.
Le premier cortège partira de la Madeleine à 10h ; il est organisé par le groupe « 3ème Voie » son dirigeant Serge Ayoub alias ” Batskin” , a animé nombre d’organisations et de mouvances, dont certains militants ont très rapidement franchi le pas vers la violence active, voire le meurtre. Ainsi le 18 juin 1990 au Havre, le jeune James Dindoyal était empoisonné puis jeté à l’eau, avant de décéder dans d’atroces souffrances. Les responsables étaient deux membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, proches de Serge Ayoub (1).
Aujourd’hui, Serge Ayoub et ses troupes prétendent à la respectabilité : cependant, très récemment, le 23 avril dernier les deux militants armés venus soutenir les agresseurs homophobes du bar de Lille et interpellés par la police, ont fait référence à leur appartenance au groupe 3ème Voie (2).
Cette manifestation est appelée au nom de la lutte contre l’’ impérialisme ». Or, la dernière initiative de ce type (3) a rassemblé autour de 3ème Voie des organisations de défense de la dictature syrienne, organisations dont les militants ont attaqué très violemment, à Paris et ailleurs en France, des manifestations organisée par les démocrates syriens (4).
Cette initiative est d’ailleurs rejointe par d’autres groupes notamment une partie des « nationalistes autonomes », belges et français, dont la dangerosité immédiate n’est plus à prouver. Ainsi, leur section de Nancy s‘est spécialisée dans l‘agression des cibles habituelles de l’extrême-droite, membres des minorités ou des mouvements progressistes (5).
La seconde manifestation est appelée notamment par l’Oeuvre Française, à 10h à la Concorde. On y trouvera aussi les Jeunesses Nationalistes et le GUD. Ces trois organisations sont ouvertement pétainistes et pro-nazies. Leur propagande est faite d’un mélange extrêmement violent d’antisémitisme, de racisme, d’homophobie et de négationnisme. Les Jeunesses Nationalistes comme le GUD sont à l’origine de nombreuses agressions ces deux dernières années : très récemment, le GUD a appelé ouvertement à la violence contre les homosexuels (6), et l’un de ses membres a également été condamné pour l’agression grave d’un jeune musulman dans les Yvelines (7).
Plus globalement c’est autour de ces groupes et de leur propagande en ligne, que gravitent et se forment les individus qui attaquent les locaux des associations LGBT, des forces de gauche, les centres de planning familial, les mosquées. C’est aussi sur leurs sites et leurs pages Facebook que sont diffusées des théories meurtrières contre les Juifs et les Roms et des appels au passage à l’acte contre ces populations.
L’après-midi, une troisième manifestation se tiendra à l’appel de CIVITAS, et nul doute que nombre des manifestants du matin iront ensuite grossir les rangs de l’organisation catholique intégriste.
Ces dernières semaines, galvanisée par l’élan violent des manifestations homophobes, cette extrême-droite n’hésite plus, même dans la capitale, à passer à l’attaque physique contre les manifestations ou les militants : le 1er mai, un cortège en hommage à Brahim Bouarram a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés (8).
ll ne s’agit pas de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques: ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l’UMP que dans les défilés du FN ” dédiabolisé” quoi qu’en disent Marine Le Pen ou Frigide Barjot. C’est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu’ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l’adresse personnelle de journalistes et d’intellectuels désignés comme les cibles à abattre (9)
Comment comprendre que de tels défilés belliqueux, organisés par des individus et des organisations ayant fait la preuve de leur violence, se voient autorisés ?
Stopper cette agitation haineuse et dangereuse doit constituer une priorité pour un gouvernement se revendiquant du progressisme et affirmant vouloir protéger les minorités mises en cause.
Il n’y a aucun obstacle juridique pour interdire ces manifestations du 12 mai : les précédents violents lors des manifestations d’extrême-droite sont légion, même en prenant uniquement en compte les derniers mois. Le « trouble à l’ordre public » est donc bien constitué sauf si l’on considère que l’attaque de certaines catégories de la population ne provoque pas un trouble conséquent et important.
La démocratie, c’est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d’expression.
Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.
Nous exigeons du Ministre de l’Intérieur, et du Préfet de Police qu’ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu’ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l’espace public à tous et à toutes.
Nous demandons également à toutes les organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de se mobiliser pour que ce 12 mai ne soit pas une nouvelle banalisation des parades fascistes.
Memorial 98
Operation Poulpe
(5)http://www.libestrasbourg.fr/actu/2011/02/cinq-skinheads-suspectes-dagressions-en-serie.html
(6)http://yagg.com/2013/04/03/provocation-homophobe-du-gud-linter-lgbt-va-porter-plainte/
(9)http://www.europe1.fr/France/Le-Monde-va-porter-plainte-contre-le-FN-1503797/
Comment relayer cet appel ?
- D’abord, en le faisant parvenir au Préfet de Police de Paris, tel quel, ou en l’accompagnant d’un message individuelcourriel.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr
- En le doublant d’un envoi au Ministre de l’Intérieur, formulaire de contact ci-dessous ( il suffit de copier-coller le texte de l’appel):http://www.interieur.gouv.fr/Infos-du-site/Nous-contacter/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur
- En l’envoyant au Maire de Paris , formulaire de contact ci-dessous :http://www.paris.fr/contacts/Portal.lut?page_id=5722&document_type_id=12&document_id=10737&portlet_id=12354
- En l’envoyant aux députés socialistes parisiens : pbloche@assemblee-nationale.fr, contact@cambadelis.net, caresche@club-internet.fr,daniele.hoffman-rispal@wanadoo.fr, jmleguen@assemblee-nationale.fr,alepetit@assemblee-nationale.fr, contact@sandrinemazetier.fr,dvaillant@assemblee-nationale.fr,
Vous pouvez également l’envoyer aux associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de défense des droits de l’homme, afin qu’ils prennent des initiatives contre ces parades d’extrême-droite. Et bien sûr, le diffuser dans vos propres réseaux… ou faire votre propre appel.
8 mai 1945 – 8 mai 2013: Hommage aux oubliés de l’Histoire
8 mai 1945 – 8 mai 2013 – le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »
Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».
Le MRAP se doit de rappeler inlassablement, qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière.
Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.
On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux, notamment les Républicains espagnols, qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti – ont contribué à libérer Paris.
« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.
Aujourd’hui, après les 5 années de xénophobie d’Etat du gouvernement Sarkozy et une campagne électorale 2012 durant laquelle, une droite – dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines – ainsi que le Front National – ont rivalisé dans l’abject, le racisme atteint des proportions particulièrement inquiétantes : 69% des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22% par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23%. Des thèses racialistes se développent.
Le MRAP espérait, avec l’élection de François Hollande et une majorité PS à l’Assemblée des changements notoires. Mais hélas, la douloureuse question des sans papiers demeurent inchangée : aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants des combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Ceux qui ont des papiers se voient toujours refuser le droit à la citoyenneté : le droit de vote aux résidents non communautaires, pourtant promesse du candidat François Hollande semble oublié. Ce n’est pourtant qu’une question de justice d’égalité, de dignité.
Ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.
Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts. Ces massacres préfiguraient ceux de dizaines de milliers de manifestants perpétrés à Madagascar par l’armée française face aux insurgés Malgaches qui avaient attaqué un camp militaire
En ce 8 mai 2013, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.
Paris, 8 Mai 2013







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