MAM croule sous le courrier BDS!

Rudolf Bkouche Lille 23 février 2010

59800 Lille
émail : <rbkouche@wanadoo.fr>
à
Madame le Ministre de la Justice
Garde des Sceaux
Ministère de la Justice
13 place Vendôme
75042 Paris

Madame le Ministre

Vous avez osé, dans un discours dénonçant le BDS (boycott, désinvestissement, sanction), parler de boycott des produis cashers et des produits israéliens. Il s’agit là d’une contre-vérité qui transforme le caractère de l’appel BDS à boycotter les produits israéliens. Evidemment, vous adressant au CRIF de Bordeaux, vous aviez un auditoire content d’entendre un ministre du gouvernement français défendre la politique israélienne et menacer les militants de BDS. Il est vrai que, ce faisant, vous confortez le discours du CRIF qui joue au représentant de l’ensemble des Juifs français et qui par cela même laisse entendre que tous les Juifs français sont derrière lui pour soutenir la politique israélienne.
Laissez-moi vous dire que ce soutien au CRIF frise l’antisémitisme. En effet il laisse entendre que tous les Juifs sont complices de l’oppression que subissent les Palestiniens occupés par Israël.
En tant que Juif antisioniste, ces amalgames entre juifs et sionistes me sont intolérables. Quelle que soit votre position par rapport à la politique israélienne et à l’occupation de la Palestine, il me semble qu’un ministre du gouvernement français devrait avoir une position plus circonspecte par rapport à une organisation qui, si elle est issue de la Résistance, est devenue au fil du temps, le représentant du mouvement sioniste en France, et considère que les Juifs doivent lui faire allégeance.
Je me souviens que, devant les premières manifestations de BDS, vous aviez déclaré que cela ne posait pas de problème. Aujourd’hui des poursuites sont engagées contre des militants de BDS sous prétexte de discrimination et vos déclarations comme celle du Premier Ministre laissent entendre que BDS est antisémite, ce qui est faux.
Tout cela est malsain et manifeste un profond mépris et pour les Palestiniens victimes des exactions israéliennes et pour ceux qui, par leurs actions, veulent attirer l’attention sur les crimes israéliens, sans oublier que la complaisance que vous manifestez envers le CRIF est une forme d’antisémitisme.
Je vous rappelle que l’action de BDS est aussi une réponse à l’incapacité, que l’on peut considérer comme volontaire, des puissances que sont les Etats-Unis et l’Union Européenne dont la France fait partie, à contraindre l’Etat d’Israël à respecter le droit international.

Je vous prie de recevoir, Madame le Ministre, mes salutations distinguées.

Rudolf Bkouche
membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et de IJAN (International Jewish AntiZionist Network).
professeur émérite, Université de Lille 1

 J’ai boycotté, je boycotte, je boycotterai les produits israéliens

Meyer Jean-Claude
Agrégé de Philosophie

Strasbourg, le 23 février 2010

à Mme la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux
place Vendôme Paris

Vous avez demandé récemment aux Parquets de poursuivre les personnes qui d’après vous boycotteraient « les produits israéliens et cashers » pour protester contre la politique criminelle de l’État d’Israël à l’égard du peuple palestinien.

Votre collègue ,le Ministre de l’Intérieur a dû mal vous informer, car le boycott comme les désinvestissements et les sanctions portés par le mouvement mondial de solidarité avec la Palestine, surtout depuis le massacre commis à Gaza, il y a un peu plus d’un an, ne portent que sur les produits israéliens (et ne sont bien entendu pas dirigés contre les produits spécifiques que consomment les Juifs.

Il s’agit d’une confusion regrettable, la même qui est volontairement faite autant par l’État d’Israël , qui prétend parler, non seulement au nom des Israéliens (surtout les Juifs parmi eux) mais aussi représenter les Juifs du monde entier, les mettant en danger par une assimilation indue entre Juifs, sionistes, Israéliens qui génère une nouvelle forme d’anti-judaïsme et d’antisémitisme.

Mme la Ministre, je suis un juif français et alsacien, second enfant d’un père alsacien, fusillé par les nazis et leurs collabos français, le 14 juillet 1944, à Marlieux (Ain) comme otage civil juif, alors que j’étais âgé de deux mois et demi. Je suis pupille de la Nation.

Les parents de mon père, ont été déportés de Héricourt (Haute-Saône), à Drancy, puis à Auschwitz où ils ont été assassinés et ont disparu en fumée, comme une sœur de mon père.

C’est précisément pour ces raisons, vous le comprendrez, que je ne supporte pas que des descendants de victimes du génocide des Juifs, massacrent les Palestiniens, les occupent, spolient leurs terres, les emprisonnent, judaïsent Jérusalem, ghettoïsent Gaza, au mépris du droit international, et des résolutions de l’ONU, et empêchent ,depuis 1948, le peuple palestinien indigène de vivre en paix et dans la justice sur une terre qui est la leur.

J’ai observé de plus que les poursuites et les condamnations pour une prétendue discrimination « raciale » n’affectaient, principalement,comme à Bordeaux, pour Sakina Arnaud, à l’exception unique du maire communiste de Séclin, que des Français d’origine arabe et/ou musulmane.

Cela risque d’être encore vérifié pour une amie de Mulhouse déjà entendue avec d’autres par la police.

Mme la Ministre, soyez assurée que quoi qu’il arrive et m’en coûte, j’ai boycotté, je boycotte et je boycotterai les produits israéliens, ainsi que les relations universitaires, sportives et culturelles de ce pays tant qu’il opprimera le peuple palestinien.

Soyez assurée, Mme la Ministre de ma détermination dans ce combat pour la justice.

Jean-Claude Meyer

 Juif et boycotteur d’Israël

Lettre ouverte recommandée à Monsieur le Premier Ministre et à Madame la Ministre de la Justice :

« Je poursuivrai résolument mon engagement dans des actions pacifiques de boycott des produits d’Israël tant que cet Etat ne se conformera pas au droit international »

Paris, le 23 février 2010

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la Ministre de la Justice,

Avant d’aborder l’objet de cette lettre, je me présente par quelques détails dont vous comprendrez plus loin la signification.

Je suis né en 1946 et suis Juif. Ma famille, comme la plupart des familles juives, a subi de lourdes pertes pendant la guerre. De nombreux parents, que je n’ai donc jamais connus, ont disparu en camp de concentration : ma grand-mère maternelle, des oncles, des tantes et des cousins.

Mon enfance a baigné dans une ambiance juive, rythmée par des fêtes et des rencontres familiales, et j’ai fait ma Bar-Mitzva en 1959 (à Bar-le-Duc). Je garde un assez bon souvenir de cette période, et mes parents, bien que de nature très inquiète, ne passaient pas leur temps à ressasser continuellement les souvenirs du génocide.

Lors de ma Bar-Mitzva, j’ai lu solennellement dans la synagogue un texte imprimé, que j’ai gardé, dans lequel il est écrit : « Je prends l’engagement de devenir un membre utile de la société et un bon citoyen de mon pays »

Eh bien, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de la Justice, c’est cette promesse qui me guide quand je m’engage dans des actions pacifiques de boycott des produits d’Israël, actions que je poursuivrai résolument aux côtés d’autres manifestants tant que cet état ne se conformera pas au droit international.

Cet Etat développe en effet depuis longtemps une politique de dépossession, d’exclusion, d’expulsion, de colonisation et d’humiliation du peuple palestinien : colonisation ininterrompue de la Cisjordanie, blocus de Gaza, atteintes graves aux droits des Palestiniens d’Israël, judaïsation de Jérusalem, refus du droit au retour des très nombreuses familles expulsées lors de la création de l’Etat d’Israël.

Cet Etat, qui prétend agir au nom des Juifs du monde entier et brandit constamment l’ignoble chantage à l’antisémitisme, est criminel pour la population palestinienne et suicidaire pour la population juive. Comme il méprise le droit international, qu’il jouit d’une impunité persistante et que sa politique provoque l’accroissement de nombreux conflits ou tensions dans le monde, beaucoup de citoyens épris de justice, dont je suis, ont compris qu’il était temps de développer une campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) à l’image de celle qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud.

J’ai été très choqué par vos discours face au CRIF qui visent à criminaliser BDS et à prétendre sans aucune preuve que ce mouvement appelle à boycotter les produits caschers. Et la condamnation à Bordeaux de madame Sakina Arnaud pour « incitation à la haine raciale, nationale et religieuse » est injustifiable.

Je suis disposé, si cela vous intéresse, à vous exposer plus longuement mes convictions, voire à en discuter avec vous.

Mais en tant que Juif attaché à la justice et aux droits des peuples je continuerai, comme beaucoup d’autres concitoyens guidés par leur conscience, à persévérer dans le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international et reconnaisse les droits du peuple palestinien.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de la Justice, mes salutations citoyennes.

Jean-Guy Greilsamer

 Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis

lundi 22 février 2010

« Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet. J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet. A cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac (1) . » Ainsi s’exprime Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre de la justice et garde des sceaux, le 18 février, dans son discours au dîner de l’antenne bordelaise du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).
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