Des troupes US déployées dans le Sinaï égyptien pour stopper l’entrée d’armes à Gaza !

Israël infos

Numéro 1162 – 25.11.2012 – 11 Kislev 5773

Des troupes américaines dans le Sinaï
par Gerard Fredj
Selon le site DebkaFile, spécialisé dans le renseignement militaire, les Etats-Unis déploieraient des troupes dans le Sinaï égyptien la semaine prochaine.

[Sinaï] Barack Obama aurait pris cet engagement pour engager l’acceptation du cessez le feu par le Premier ministre israélien.

Le sujet aurait été traité lors d’une conversation téléphonique entre les deux hommes, quelques heures avant que l’accord ne soit annoncé au Caire mercredi soir, à peu près au moment auquel s’est produit l’attentat contre un bus de Tel Aviv.

Une de préoccupations principale du Premier ministre israélien était d’assurer, en sortie de crise, la résolution du problème de la contrebande des armes vers la bande de Gaza.

Ces armes, des résidus de stocks libyens, mais également et essentiellement des matériels livrés par l’Iran, transitent par le Soudan vers l’Égypte, la péninsule du Sinaï – que l’Égypte ne contrôle plus – avant d’être introduites à Gaza par les tunnels de contrebande.
Benjamin Netanyahou aurait affirmé “que les hostilités dureraient tant que cette question n’aura pas été résolue”.

Les américains auraient à plusieurs reprises tenté d’obtenir d’Israël qu’il accepte comme garantie l’engagement de Mohamed Morsi, le Président égyptien, qu’il lancerait une offensive contre la trafic d’armes avant la fin du mois.

Netanyahou et Barak étaient prêts à accepter, jusqu’à ce que des rapports des services de renseignements leur démontrent que l’Egypte n’avait pas la capacité militaire de mener de telels opérations.

Quand la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est arrivée à Jérusalem mardi, elle a assuré que les USA avaient décidé d’accélérer la mise au point d’un système électronique sophistiqué qui assurerait une protection efficace des frontières du nord Sinaï et du Canal de Suez.
Il permettrait aussi de “verrouiller” la route de Philadelphie à travers laquelle passent les trafiquants d’armes.

Cela impliquerait d’un déploiement de civils et militaires américains dont Benjamin Netanyahou était sur qu’il faudrait des mois pour obtenir l’val des autorités égyptiennes, un temps pendant lequel Gaza aurait tout loisir de reconstituer son stock de roquettes.
C’est à la suite de cette objection que Barack Obama aurait obtenu l’accord des autorités égyptiennes pour un déploiement de troupes américaines pour contrôler la route de l’approvisionnement en armes de la bande de Gaza.

Netanyahu aurait à ce moment donné son accord pour un cessez le feu annoncé quelques heures plus tard par Mohamed Morsi et Hillary Clinton.
Selon Debka, les troupes seraient à pied d’œuvre au cours des prochaines 48 heures.

Si des armes en provenance d’Iran sont interceptées, il s’agira de la première action militaire américaine contre la république islamique.
L’accord égyptien, si le déploiement s’avère être réel, signifierait également que l’Egypte reste engagé par le traité de paix avec Israël et accepte que les Etats-Unis interviennent pour assurer la sécurisation de l’état hébreu.

Cet accord, si il se confirme, battra en brèche les affirmations du Hamas clamant qu’il a obtenu, dans le cadre du cessez le feu, la fin totale du blocus de Gaza.

Si les forces américaines se déploient réellement, cela pourrait signifier la fin d’une “arrière cour” de Gaza, hors de toute atteinte pour Israël car située en territoire égyptien, la péninsule du Sinaï.
C’est probablement là que se déroulera le dernier round de l’opération Pilier de Défense.

 Ne laissons pas Israël commettre un nouveau crime contre l’humanité dans la Bande de Gaza !

Communiqué CCIPPP

Depuis le 12 novembre 2012 Israël a engagé plus de vingt raids aériens et des bombardements provoquant la mort d’une douzaine de personnes dont cinq jeunes footballeurs en plein match, un enfant de sept ans, un bébé de onze mois et plus de soixante blessés.

Le 14 novembre Israël a assassiné par attentat terroriste en pleine bande de Gaza, Ahmad Jaabari un chef militaire du Hamas et grièvement blessé son garde du corps.

De nombreux observateurs prétendent que ces opérations militaires sont aussi des opérations de communication menées dans le cadre de la campagne électorale de B. Netanyahou dont chacun peut ici mesurer le cynisme criminel : Les morts palestiniens sont autant de trophées qui rapportent des points dans les sondages.

Le même Netanyahou déclare qu’il est prêt à étendre l’opération militaire. Son alliance prochaine avec Lieberman (extrême-extrême droite) et le soutien qu’il rencontre dans la société israélienne laissent craindre un nouvel épisode de nettoyage ethnique radical contre la population de Gaza.

L’impunité d’Israël est totale et unique en son genre !

Le 27 décembre 2008, Israël déclenchait une guerre sans précédent contre la population de la Bande de Gaza sous blocus depuis 2006. Cette guerre qualifiée de crime de guerre et de crime contre l’humanité dans un rapport d’un haut responsable de l’ONU a fait 1450 morts dont 340 enfants, des milliers d’infirmes à vie et une population traumatisée après un mois de bombardements et de terreur organisée.

Aucune sanction à quelque niveau que ce soit n’a été prononcée ni exécutée.

Les USA, l’Europe et le gouvernement français en particulier ont délivré le « permis de tuer » à Netanyahou : il s’en sert !

B. Obama a reculé sur la colonisation et réaffirmé son total soutien à Israël. Alors que la Campagne BDS lancée par la société civile palestinienne a mis en évidence la fraude israélienne en matière d’exportation, que certains gouvernements dont l’Afrique du Sud exigent que soient mentionnés les produits en provenance des territoires occupés, l’Europe vient de signer le protocole de l’ACAA, qui étend les exportations israéliennes, sans aucun contrôle sur l’origine des produits. Enfin le déplacement de F. Hollande à Toulouse avec le premier ministre israélien a confirmé son allégeance ouverte aux thèses sionistes.

Ces soutiens affichés à l’Etat d’Israël sont une incitation aux crimes et aux violations constantes du droit, un véritable permis de tuer.

- Nous exigeons du gouvernement français qu’il demande l’arrêt attaques contre la population de la Bande de Gaza, qu’il condamne le terrorisme d’état israélien nommé « exécutions extra-judiciaires » et qu’il exige la levée immédiate du blocus de Gaza !

- Nous appelons toutes les personnes et associations voulant la fin de l’impunité d’Israël à intensifier les campagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël et à se mobiliser dès à présent contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza.

Communiqué Campagne BDS France

Pour Gaza, pour la Palestine, contre le terrorisme d’état israélien : le boycott !

Israël attaque à nouveau Gaza. Israël tue des Palestiniens, tue des civils, tue des enfants. Une nouvelle fois Israël utilise le territoire le plus densément peuplé du monde comme terrain d’expérimentation pour ses drones armés et ses missiles. Une nouvelle fois Israël agit en toute impunité. Cela nous écœure et nous révolte. Et nous nous sentons démunis, pleins d’une colère sans issue, affligés par la complicité de notre gouvernement et de l’Europe qui laissent faire sans réagir. Pourtant nous ne sommes pas impuissants, pas autant qu’on voudrait nous le faire croire. Il y a un moyen d’agir : la campagne populaire internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. Lancée à l’appel du peuple palestinien, elle se développe partout dans le monde, elle remporte des victoires, elle inquiète Israël, elle peut changer le rapport de force en faveur des Palestiniens.

Pour une réaction vraiment efficace face aux crimes israéliens à Gaza: la campagne de boycott, désinvestissement, sanctions contre le régime d’apartheid israélien.

La campagne coordonnée par BDS France est ouverte à toutes et tous, elle offre des moyens d’action qui gênent vraiment Israël, elle nous permet d’agir directement pour la Palestine..

La campagne BDS est la réponse citoyenne et non violente à l’impunité d’Israël.

La Campagne BDS France

 Impérialisme et production des sexualités. Rencontre-débat avec Joseph Massad.

Il est de plus en plus clair qu’après avoir investi la lutte pour les « droits des femmes », l’impérialisme se saisit aujourd’hui amplement de la « lutte contre l’homophobie ».
C’est dans ces termes que des campagnes destinées spécifiquement à la communauté gay et lesbienne en Occident, et menées depuis 2005 par des organismes liés à l’état d’Israël, tel que Stand With Us, décrivent cet état comme une démocratie sexuelle achevée, pour mieux justifier ses politiques coloniales et racistes. C’est aussi au nom de la « défense des droits des homosexuels » que l’Iran, principale cible de l’offensive américaine sur le Grand moyen orient, est dépeint comme un « État voyou ». Hillary Clinton, dans son discours à Genève en décembre dernier, assurait les personnes LGBT du monde entier que l’administration Obama et les États-Unis d’Amérique étaient leurs alliés.

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 « L’instrumentalisation du religieux, poison récurrent du Moyen-Orient »

Georges Corm interviewé par L’Humanité

Quel bilan tirez-vous de ce que l’on appelle les printemps arabes  ?

Georges Corm. Il s’est effectivement passé de grands événements depuis un an et demi. Ce que j’ai appelé révolte arabe, plutôt que révolution, s’est déroulé en plusieurs phases. D’abord lorsque toutes les sociétés arabes, au cours de janvier, février et début mars 2011, se retrouvent dans la rue, toutes tranches d’âges et toutes classes sociales confondues, pour contester les pouvoirs en place. Elles dénoncent tout à la fois l’autoritarisme politique et le manque de liberté mais, surtout, les conditions socio-économiques et, notamment, le très fort taux de chômage qui caractérise les économies arabes. Celui-ci atteint les 30 % chez les 15-24 ans. Il y avait donc à la fois une demande de dignité sociale et une demande de libéralisation politique. Ces mouvements, qui se sont pratiquement déroulés d’Oman jusqu’à la Mauritanie, ont inspiré aussi différents mouvements européens contestant le néolibéralisme, les politiques d’austérité, la montée du chômage, la précarité de l’emploi des jeunes… On a eu là un très beau moment où les deux rives de la Méditerranée se sont mises à l’unisson pour contester des pouvoirs en place.

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 L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël

Les responsables américains pensent que les Israéliens ont obtenu l’accès à des bases aériennes en Azerbaïdjan. Cela les rapproche-t-il d’une guerre contre l’Iran?
Le pilote israélien d’un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen.

- Le pilote israélien d’un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen. -
http://www.slate.fr/story/52415/israel-iran-azerbaidjan-guerre

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 A propos d’un « échec »…



Par Dominique Vidal *

* Historien et journaliste. Vient de diriger le livre collectif

Palestine-Israël : un État, deux États ? chez Sindbad/Actes Sud.

Est-ce leur méconnaissance du sujet ? Sont-ce leurs parti-pris politiques et idéologiques qui les aveuglent ? A moins que certains ne se vivent comme les combattants d’une « cause » supérieure à toute déontologie ? En tout cas force est de constater que la couverture médiatique (et politique, d’ailleurs) de l’offensive palestinienne au sein de l’Organisation des Nations (ONU) unies laisse – c’est un euphémisme – à désirer.

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 Richard Prasquier, ambassadeur de Netanyahu

http://www.crif.org/?page=sheader/detail&aid=26838&artyd=70

Haaretz:

The Sarkozy-Obama exchange reflects the world’s growing frustration with Netanyahu
French President Sarkozy overheard telling President Obama that Prime Minister Netanyahu ‘a liar’ when microphone accidentally left on after G20 summit press conference.
By Barak RavidTags: Barack ObamaBenjamin NetanyahuUNUNESCOAvigdor Lieberman

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 Printemps arabe en Israël…

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Gianfranco Fattorini
Co-président
Représentant permanent auprès de l’ONU
Rue des Savoises 15
CH – 1205 GENEVE

Israël: les effets inattendus de la grogne sociale

Sans mythe, pas de Nation. Israël n’échappe pas à la règle, et s’est construit autour de l’idée de «l’homme nouveau» capable de prouesses économiques, de faire émerger une agriculture du désert, et des dunes de sable, les meilleures puces d’ordinateurs du monde. Un mythe qui, dès les premières années, a largement dépassé les frontières de l’Etat, pour entretenir peu à peu l’aura de réussite économique autour de Tel-Aviv. Ainsi pouvait-on lire en 1962, en conclusion du Que sais-je consacré à Israël : «Au quatorzième anniversaire de l’acte qui prévit sa naissance, l’Etat d’Israël est une réalité vivante et dynamique; il est organiquement enraciné en Terre Sainte et peut s’enorgueillir, en un temps très court au sein de difficultés qui apparaissent dirimantes, de réalisations impressionnantes, dont quelques-unes sont exceptionnelles dans l’histoire des hommes.»

C’était avant même qu’Israël ne devienne, au tournant des années 1990, un pôle high-tech très performant, loué de par le monde, et notamment en 1998 par le magazine américain Newsweek, comme l’un des plus influents et efficaces de la planète; bien avant, aussi, que la Bourse de Tel-Aviv n’atteigne les 1000 points en 2007, contre 100 en 1992.

D’où sortent-ils donc, ces Israéliens mécontents, qui campent et battent le pavé par dizaines de milliers depuis la fin juin? Ne tirent-ils pas eux aussi bénéfice de ce succès économique qui ne se dément pas, puisqu’Israël affiche ces trois dernières années un taux de croissance du PIB supérieur à 5%? Israël ne se situe-t-il pas au 15e rang dans l’échelle de l’Indice de développement humain?

Spécialiste d’Israël et enseignante à Paris-1, Elisabeth Marteu sillonne le pays depuis la mi-juillet, pour voir des tentes s’installer dans toutes les grandes villes et régions, de Haïfa à Tel-Aviv, en passant pas Jérusalem, et jusqu’à Beer-Sheva. Samedi soir, deux manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Tel-Aviv comme à Jérusalem. Du jamais vu en Israël sur des questions sociales.

«Ce qui est intéressant, note la jeune chercheuse, c’est que ces manifestations rassemblent différents portraits et tendances de la société israélienne. Il y a bien sûr ceux qui protestent contre le coût des logements. Ce sont les étudiants, les jeunes couples. Il y a bien sûr les médecins qui, avec les producteurs de fromages, ont été à l’origine du mouvement fin juin. Samedi soir, on a vu également les militants de gauche, travaillistes, du Meretz, et plus à gauche encore, qui ont rejoint les manifestants, soutenus en outre par la centrale syndicale Histadrout. Au centre, Tzipi Livni (dirigeante du parti Kadima) elle-même a participé au mouvement.»

Le miracle économique Israël ne serait-il donc qu’une vue de l’esprit? Non, certes. Les indicateurs sont là, et presque tous au vert: le chômage ne dépasse pas 6%. L’Israélien dispose en moyenne (et selon l’OCDE) d’un pouvoir d’achat de quelque 30.000 dollars par an. La recherche représente près de 5% du PIB, soit l’un des ratios les plus élevés au monde. Le déficit public est à peine supérieur à 3% du PIB: On aimerait, en France, aux Etats-Unis et ailleurs, pouvoir vanter un tel bilan économique. Et pourtant…

Croissance des inégalités, la classe moyenne se mobilise

C’est là une spécificité du mouvement israélien: contrairement aux soulèvements en Tunisie, en Egypte, en Syrie, qui mobilisent en premier les classes populaires, les «indignés» de Tel-Aviv, de Beer-Sheva, de Jérusalem recrutent massivement au sein de la classe moyenne, ce qui marque une rupture avec le paysage politique et économique que l’on connaît en Israël depuis les années 1980.

Mais si soudaine qu’elle puisse paraître, cette mobilisation ne vient pas de nulle part. Elle se retrouve parfaitement dans les statistiques de l’OCDE et de la banque d’Israël. Disposant de quelque 75% à 120% du revenu médian, la classe moyenne représentait, en 1988, 33% des ménages israéliens. En 2000, elle n’en représente plus que 28%. Dans le même temps, sa part dans le revenu national est passée de 21,7% à 20,5%. Le taux de pauvreté (qui rassemble les ménages gagnant moins de la moitié du revenu médian) se montait, en 2000, à 17,6%, contre 20,5% en 2009.

Les foyers arabes comptent pour 53,9 % en 2009 (contre 42,9% de ce taux en 2000). Autre chiffre pertinent: alors que la croissance repart à partir de 2004 – une fois absorbés les effets de la seconde Intifada – et atteint en moyenne 5% par an, le taux de pauvreté ne régresse pas pour autant. Incontestablement, les classes moyennes n’ont que peu profité de la croissance du PIB israélien, et les inégalités se sont creusées en Israël depuis 30 ans.

Pour Elisabeth Marteu, ce mouvement serait en quelque sorte le signe d’une normalisation du mouvement social israélien, quand tant d’autre pays connaissent aujourd’hui les mêmes types de protestations contre la vie chère, le prix du logement ou de l’essence… «Cette fameuse classe moyenne censée s’être irrémédiablement éloignée de la politique, et qui ne voulait plus rien entendre du conflit avec les Palestiniens, se mobilise aujourd’hui uniquement sur les questions sociales et économiques, sur le front intérieur, observe la chercheuse. C’est elle qui paie les impôts. Et qui en a marre de payer pour les colonies et l’armée, qui absorbent une grosse part du budget. Ils se dressent aussi contre les ultra-orthodoxes, et contre ceux qui ne travaillent pas. Tous ne le formulent pas ainsi, mais au fil de manifestations, les cibles du ras-le-bol sont néanmoins bien identifiées. Les manifestants reprochent aussi au gouvernement et aux promoteurs d’avoir construit quantité de logements pour les juifs français et américains, en vacances en Israël 15 jours par an, et qui ont fait grimper le prix de l’immobilier. Et puis, il y a la critique du libéralisme économique, qui monte en Israël depuis plusieurs années, et dont Nétanyahou incarne le symbole. De ce point de vue, on peut noter le lien qui est fait par une minorité entre la demande d’un Etat providence, et d’un Etat davantage démocratique.»

Ce qui mine la société israélienne, ce sont autant les privatisations engagées sous le gouvernement Nétanyahou que les faiblesses structurelles de la société israélienne, notamment en matière d’éducation. «La croissance israélienne n’a pas touché tout le monde, constate Gilbert Benhayoun, économiste spécialiste d’Israël, qui enseigne à l’université d’Aix-en-Provence. Le taux de pauvreté des familles arabes est en partie dû au sous-investissement public dans les villes qu’elles habitent. Sur un plan plus général, les indicateurs d’éducation ne sont pas bons, pas plus que ceux de la santé. Ce qui frappe, c’est que la part de la santé des ménages couverte par des assurances privées a fortement augmenté. Or, ce sont les gens plus aisés qui augmentent leur part de couverture privée de manière substantielle, quand les ménages les plus modestes n’y parviennent pas. Ils souffrent donc d’autant plus de la dégradation des prestations du secteur public. En outre, au niveau du logement, l’on s’est aperçu qu’il n’y a pas de bulle spéculative, comme le prouve une étude récente de la banque d’Israël. C’est simplement un effet du marché, la demande étant très forte par rapport à l’offre. Il y a donc de réelles causes structurelles de mécontentement.»

En 2009, l’OCDE publiait un rapport détaillé consacré à Israël, au sein duquel une note pointait la nécessité de mettre en place une réforme de l’éducation dans les plus brefs délais. Un autre chapitre met en avant une série de recommandations pour tenter de réduire les inégalités croissantes… Pour compléter cette vision moins lisse du paysage économique et social de l’Etat d’Israël en 2011, il n’est pas inutile de se préoccuper de l’écart considérable du taux de chômage en fonction des régions: si à Raahat, ville peuplée de bédouins au sud du pays, ce taux atteint 36,7%, il tombe à…. 1,8% pour une banlieue high-tech comme Kiriat Atidim, située au nord de Tel-Aviv.

Des colonies… et un conflit trop cher?

Si le gouvernement de Benjamin Nétanyahou est directement la cible des manifestants, c’est également en raison des arbitrages budgétaires largement favorables au budget de défense et des colonies de Cisjordanie. L’armée absorbe près de 7% du PIB annuel, évalué à 195 milliards de dollars. La construction des colonies, si l’on en croit une étude reprise par le quotidien israélien Haaretz a coûté plus de 17 milliards de dollars sur une quarantaine d’années, sans compter le coût du «mur de séparation» ou les exonérations fiscales et avantages que perçoivent ceux qui y résident.

«Vu les écarts énormes que l’on observe entre les régions, les manifestants demandent aussi que les investissements s’effectuent moins vers les colonies, et davantage vers la Galilée et le Néguev, explique Gilbert Benhayoun, qui préside à Aix-en-Provence un groupe de travail israélo-palestinien centré sur les questions économiques. C’est particulièrement vrai au niveau du logement. Un exemple : mercredi 3 août, une loi devait être présentée devant le parlement pour permettre la construction de nouveaux logements. Or la principale revendication du mouvement de contestation a été d’annuler cette loi, car elle aura pour effet de privatiser des terres qui deviendront ainsi propriétés de grands groupes financiers. Ici, on entre dans le domaine politique. Le gouverneur de la banque centrale israélienne, Stanley Fischer, n’a-t-il pas lui-même admis que l’un des problèmes d’Israël était la trop forte concentration du revenu national entre les mains de quelques grandes familles?»

Absents de ces mobilisations, les colons craignent autant les coupes dans les budgets alloués à leurs exonérations fiscales que la suite du mouvement, qui pourrait trouver son prolongement dans des défilés en faveur d’une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens. Ils n’ont peut-être pas tort: à bout de souffle, le gouvernement Nétanyahou a tenté une diversion mardi 2 août, après avoir promis la construction de nouveaux logements étudiants. Selon un reportage de la télévision israélienne Channel 2 TV, le premier ministre israélien accepterait maintenant le retour aux frontières de 1967 comme cadre de négociations, offrant par ailleurs d’échanger des territoires situés du côté d’Israël pour d’autres en Cisjordanie. Il y a moins d’un mois, Benjamin Nétanyahou considérait encore comme inacceptable le discours de Barack Obama sur les frontières de 1967.

Aujourd’hui, la position de Nétanyahou est soutenue par le ministre de la défense, Ehoud Barak, qui perdrait toute chance d’accéder à nouveau à un poste ministériel en cas de chute du gouvernement actuel. «En réalité, on en revient toujours au conflit avec les Palestiniens, glisse Elisabeth Marteu. Des coupes dans les budgets de l’armée et des colonies reviendraient à changer de politique vis-à-vis des Palestiniens. Mais pour l’heure, ce type de discours n’est pas formulé en tant que tel par les manifestants qui, en dehors des militants de gauche, n’évoquent pas non plus l’influence du printemps arabe.»

Ce sera peut-être le cas d’ici à la fin de l’été, alors que le mouvement est encore dans une phase ascendante et que se profile en septembre le vote à l’Onu pour la reconnaissance de l’Etat palestinien. Un vote que Nétanyahou souhaite éviter à tout prix, et qui marquerait, lui aussi, une rupture dans l’histoire de la nation israélienne.

Pierre Puchot