“Il ne s’autorise que de lui-même”, j’ajouterai “… et de quelques autres“. Les non-dupes errent
Après une semaine de battage médiatico-policier autour de “HommeMort”, un vent de relativisation souffle, au moins dans les médias, comme dans les DNA de ce mercredi 22 mai.
En “une”, “Vraie prudence, fausse menace?“, avec un révolver policier en gros plan.
On peut aussi penser, à la lecture attentive du message déclencheur, que, soit le fabulateur est assez au courant des symptômes du mal-être de certains jeunes, soit qu’il s’agit d’un vrai appel au secours, qui, une fois la super-médiatisation réussie, au-delà de toute espérance, ne passerait pas à l’acte, ni tourné contre lui-même, ni contre d’autres.
Un commentaire n ‘est jamais fait dans les médias, qui consiste à souligner, comme on l’a fait ici déjà, que la mobilisation sécuritaire à l’occasion de ce fait divers virtuel, a une fonction éminemment politique dans la perspective d’habituer toujours plus la population qui craint pour sa sécurité, à s’en remettre à un État “protecteur” policier. Les médias instantanés en tout cas surfent depuis longtemps déjà sur ce type d’événements.
Admettons un moment que ce soit un jeune très mal dans sa peau.
Tout ce qui suit est dans le message:
“Je” vis chez mes parents, je suis sans emploi, je n’ai pas terminé mes études. J’en ai marre. Toute ma famille se moque de moi. Je suis dans une situation merdique. Tout le monde me rabaisse. Je n’ai plus d’amis depuis le collège.Je suis désintéressé de l’IRL (In Real Life, la vie réelle). Je passe mon temps sur Internet, à des jeux-vidéos.Les gens se sont éloignés de moi. Ma mère m’a coupé Internet, a vendu mes consoles, pour me faire sortir à nouveau. Cela n’a pas marché. Je reste asocial. Je déteste ma mère encore plus. Quelques années plus tard, je me sens insignifiant.J’ai arrêté la fac après 6 mois. Les gens sont faux autour de moi. Me lever le matin n’a aucun intérêt. Je veux avoir un intérêt? [Inter-esse=être entre les autres, vivre ensemble!]. Dehors, il n’y a que des larves.
Le réalisme de cette auto-description des symptômes d’un type de maladie psychique actuelle d’une minorité de jeunes, est tel que si ce n’est pas un éventuel patient, ce pourrait être un psychiatre…
Un psychiatre sur France bleu Alsace affirme le contraire: DNA
Les menaces de l’internaute HommeMort postées à Strasbourg
Un psychiatre relève trois éléments “atypiques” qui plaident pour le canular
Ce matin, sur France Bleu Alsace, le psychiatre et criminologue Roland Coutanceau a donné quelques éléments d’analyse du texte de l’internaute “HommeMort”, posté le 14 mai depuis un cybercafé de Strasbourg, qui plaident, une fois de plus, pour le canular…
Interrogé ce matin, au lendemain de la décision du procureur de la République de Strasbourg d’ouvrir une information judiciaire pour “diffusion de fausse information”, Roland Coutanceau se livre à une analyse du texte posté le 14 mai par un internaute anonyme, “HommeMort” qui menaçait de semer la terreur dans un lycée avec une arme semi-automatique. Pour le psychiatre, ce texte contenait effectivement des éléments alarmants renvoyant à “l’imaginaire potentiel d’un meurtrier de masse”.
Mais Roland Coutanceau relève aussi trois éléments “atypiques” qui plaident pour le canular :
- l’internaute recherché par la police s’est exprimé dans un espace de jeu, le forum des 18-25 ans de jeuvideo.com
- il “donne une chance à la police” en l’invitant à l’arrêter avant la date fatidique du vendredi 17 mai, jour pour lequel il dit programmer son action
- il annonce son intention de passer à l’action et de commettre un acte dans lequel il laissera lui-même sa vie, ce qui serait inhabituel pour un meurtrier qui envisage d’opérer dans un établissement scolaire.
Ch.B.
On peut réécouter l’interview de Roland Coutanceau sur France Bleu ci-dessous (son intervention est à 1mn40)
F2C
On peut interpréter les “trois éléments atypiques” autrement.
- ce n’est pas d’abord, ou pas du tout, un meurtrier, mais un suicidaire
- il souhaite que son entreprise soit interrompue
- il s’exprime là où il en a l’habitude
Près d’une semaine après la dénonciation par une mère de famille inquiète du message de HommeMort, annonçant un “suicide” et un “massacre” dans un lycée alsacien, malgré un déploiement démentiel de forces militaires et policières, les choses n’ont pas avancé d’un millimètre.
Toujours plus de paranoïa…
[DNA publié le 21/05/2013 à 09:19 | Vu 3184 fois
Les suites des menaces de fusillade dans un lycée CRS et gendarmes mobiles en renfort à Strasbourg et dans le Bas-Rhin Les autorités restent vigilantes, alors que l'enquête sur l'auteur des menaces publiées la semaine dernière n'a pas abouti pour l'heure. Des renforts arrivent dans le Bas-Rhin.
Le préfet du Bas-Rhin Stéphane Bouillon a annoncé ce matin sur France Info que le ministre de l’Intérieur venait de lui affecter deux compagnies de CRS et un escadron de gendarmes mobiles pour assurer la surveillance des 59 lycées du Bas-Rhin. Comme vendredi dernier, 500 policiers et gendarmes sont déployés ce mardi à l’entrée des établissements scolaires, suite à la menace de fusillade postée mardi par un internaute depuis un cybercafé strasbourgeois. DNA]
Les lycées sont toujours sous haute surveillance, dans le Bas-Rhin. Le jeune homme interpellé, après trois autres, avant-hier soir et ramené à l’Hôtel de police de Strasbourg a été relâché, heureusement pour lui, il avait un solide alibi.
C’est le moment de relire Le Procès, de Franz Kafka!
Le Procès (titre original en allemand : Der Process, également orthographié Prozeß, Prozess ou Proceß) est un roman de l’écrivain pragois de langue allemande Franz Kafka. Il relate les mésaventures de Joseph K. qui se réveille un matin et, pour une raison obscure, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice.http://fr.ask.com/wiki/Le_Proc%C3%A8s?lang=fr&o=2802
Toujours est-il que cette affaire foireuse dévoile aux yeux de tous le caractère toujours plus policier de l’État, dit République française.
Une dénonciation, un jeune, comme il y en a des dizaines de milliers, en capuche (à quand l’interdiction du port de la capuche?) et on vous envoie le GIPN ou le GIGN, comme si c’était Ben Laden en personne ou ses successeurs.
Depuis que les RG ont fusionné avec la DGSE, pour produire la DCRI, les bornes sont franchies; plus de distinction entre les affaires intérieures et les affaires extérieures, entre des faits divers bien de chez nous, comme ailleurs, et du terrorisme international.
Tout ça, en réalité, a une autre fonction que celle, avouée, de rechercher, soit l’auteur d’un canular, soit un jeune mal dans sa peau; et ils sont nombreux au moment où on annonce plus de 25 % de chômeurs jeunes, un jeune qui aurait voulu médiatiser à l’étasunienne son mal-être.
C’est d’un ridicule achevé, comme le disent même des syndicalistes policiers. Et pendant ce temps, les vrais malfrats, petits et surtout grands, ceux de la finance internationale et des paradis fiscaux, ceux qui licencient par milliers, sous l’œil impuissant d’Arnaud “Têtu” Montebourg, poursuivent leurs affaires juteuses.
Il y a un moment, et il va arriver bientôt, où ce pauvre Valls (à contre-temps) va devoir manger son certificat de naturalisation. Le premier flic de France ridiculisé par un jeune internaute! Gageons que cela ne lui sera pas reproché dans les éléments de langage de l’UMP qui, sur ce sujet, délire autant que le gouvernement PS-EELV ou le Front anti-National…
Toutes ces opérations spectaculaires n’ont d’autres fonctions que d’entraîner les forces de l’ordre (capitaliste) sur zone, comme ILS disent, réelle, et d’imposer toujours plus la peur sécuritaire, et la demande de protection, aux esprits de ce qui reste de citoyens.
La France ne se gouverne déjà plus elle-même, quand elle obéit à l’économie mondialisé et à ce que les médias et les politiques nomment, injustement “Bruxelles“, c’est à dire la tyrannie qui, émanation du Conseil des ministres européens, prétend nous diriger, et les citoyens sont peu à peu dépouillés de leurs droits.
Il en reste un, à mettre en œuvre d’urgence, sur tout le continent, avant qu’il ne soit à nouveau “minuit dans le siècle“, la RÉSISTANCE.
Au suivant!
Et maintenant, [16h35] “Un homme se suicide dans Notre-Dame de Paris, la cathédrale évacuée“…AFP
“Peur sur les lycées“, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace.au-dessus d’une photo volontairement floue, où l’on distingue un brassard “Police” orange au premier plan, et quelques lycéens, en tenue réglementaire, jean-blouson-baskets, mains dans les poches, démentant le titre.
La photo semble prise devant le Gymnase Jean Sturm, au centre-ville, établissement privé, protestant, sous contrat, où la bourgeoisie envoie ses rejetons.
Le sous-titre de la photo fait dans l’exagération et le hors-sujet, en écrivant que “un jeune homme avait menacé sur Internet de commettre une tuerie..;”, sans mentionner la menace de suicide.
La Feuille de chou y était hier vers 17 h, où on pouvait observer que, si un véhicule de police nationale était garé sur le trottoir, et que des policiers en uniforme surveillaient la sortie, on ne percevait rigoureusement aucune différence avec l’ambiance décontractée d’une sortie de classe habituelle.
Même chose au Lycée Marcel Rudloff, dans le quartier plus excentré et populaire des Poteries, proche de Hautepierre, avec le véhicule de police sur le terre-plein, juste en face de la fontaine toujours sèche, transformée en pot-de-fleur géant, et de l’entrée. Quant aux policiers, ils étaient invisibles à l’heure du constat, avec, peut-être, l’un ou l’autre en civil, adossé comme une pseudo “caillera, à l’angle d’un mur, pianotant son portable. Calme plat, chef!
Les DNA en rajoutent une couche dans la confusion mentale organisée par l’État et les médias déchainés réunis. “Traque à l’apprenti terroriste“, saute aux yeux du lecteur de la page région 13.
N’importe quoi!
Le sous-titre parle d’un “message évoquant une tuerie dans un établissement scolaire..”, passant sous silence que la première menace du dit message est celui du suicide d’un adolescent.
Le papier signé Antoine Bonin, rappelle la chronologie des faits depuis l’alerte d’une mère de famille de Versailles, [des Versaillais, au sens historique?] informée par son fils. Alors que la presse se plaint habituellement (s’oubliant elle-même), de la non-maitrise par la jeunesse de la langue française, ici, on a l’impression qu’écrire un “texte relativement long dans un français impeccable” serait une preuve à charge. Il y a d’ailleurs à la place de préparatifs qu’on attendrait, le mot préparations, qui peut convenir aussi.
Tous les jeunes à capuche suspects?
Dans sa contribution aux recherches policières, le Journal qui a, comme beaucoup, publié des photos du responsable présumé de l’expédition du message, et les reproduit en agrandissement dans cette édition papier,et sur la toile, remarque que “Sur les clichés qui ont été diffusés aux médias à la mi-journée, apparaît un jeune homme portant un sweat-shirt sombre à capuche“.
On espère que les milliers de garçons ainsi vêtus, auront pensé à se changer ce matin, sans quoi, ils risquent d’être abattus comme des loups par le GIPN.
Et voilà pourquoi “le préfet a décidé, en concertation avec le procureur, les forces de l’ordre et le recteur d’académie, de mettre en place un dispositif monstre aux abords de l’ensemble des lycées du Bas-Rhin.“. Les plus fous ne sont pas ceux qu’on pense.
255 OPJ, 500 policiers et gendarmes mobilisés!
Tout ça pour un jeune qui, soit a fabriqué “un canular“, selon le mot du Procureur, soit, mal dans sa peau, lance un appel au secours, par une menace de suicide public, au lendemain d’un autre, réussi, et hyper-médiatisé déjà, dans la cour d’une école maternelle. C’est le SAMU qu’il faut appeler, pas l’armée et la police.
Le Journal se fait cependant, in fine, l’écho de la sagesse lycéenne et populaire: “Pas de psychose parmi les lycéens, dans l’ensemble convaincus qu’il s’agit d’une ‘mauvaise blague’“.
A l’opposé de cette sagesse, le directeur des DNA, Dominique Jung, éditorialise en sens inverse.
Dès le titre “Angoisses“, au pluriel, on s’attend aux pires amalgames. Et on n’est pas déçus.
A sa décharge, on relève ceci : “Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier, devient une affaire d’État“.
Mais enfin, Dominique Jung, pour quoi ne pas creuser et documenter ce bon sens? Ce qu’on a essayé de faire ici.
Nous sommes démunis. Et sur les nerfs. On l’a vu hier en Alsace.
Une lettre anonyme postée à partir d’un cybercafé de Strasbourg promet une fusillade dans un lycée indéfini. Coup d’esbroufe d’un gamin qui ne sait pas comment exister, canular mal calibré, vraie menace ? On n’en sait rien. Le texte est sorti de nulle part, il est vague mais il fait froid dans le dos. Le principe de précaution va jouer à plein.
L’hypothèse d’une fusillade, aussi peu documentée soit-elle, dessine le scénario le plus noir. Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier devient une affaire d’État. Ne rien faire est impensable. On dépêche des policiers et des gendarmes devant les lycées du Bas-Rhin parce qu’il y a des précédents : la tragédie scolaire est hélas à la mode, qu’il s’agisse de fusillades aveugles, de prises d’otages ou, comme jeudi à Paris, d’un suicide programmé sous les yeux d’enfants de six ans. La réaction collective était donc indispensable.
La surveillance policière n’épuise toutefois pas les questions. Jusqu’à quand cette protection ? Et pourquoi juste dans le Bas-Rhin ? Si un esprit dérangé envisage vraiment une fusillade, rien ne l’empêche de se transporter un peu plus loin.
Mais notre société est ainsi faite que le déploiement policier décidé à l’échelon d’un département entier apparaît comme une marque d’attention suffisante et appropriée de la part des pouvoirs publics. Le symbole rejoint ici l’action. Nous avons besoin d’être rassurés.Vigipirate fonctionne comme jadis l’ange gardien ; c’est le complément obligé de la panoplie chargée de conjurer nos angoisses.
Espérons au moins que si la menace émane d’un suicidaire, il a eu le temps de se raviser et de renoncer à son acte fou. Et si c’est un mauvais plaisant, qu’il soit sanctionné à la mesure de l’émotion des familles.
publiée le 18/05/2013 à 05:00
L’Alsace 180513
Un jeune homme a fait part de son intention de se tuer, mais avant cela, de provoquer un carnage dans un lycée : canular ou menace réelle, un dispositif impressionnant a été déployé.
L’Alsace
« On ne flippe pas, mais… »
le 18/05/2013 à 05:00 H. de C.
Les lycéens du Bas-Rhin ont vécu hier une journée très particulière : des cours ordinaires, mais une présence policière, des déplacements parfois limités… et une angoisse sourde.
On s’attendait à trouver l’effervescence. Mais devant ce grand lycée strasbourgeois, hier en milieu d’après-midi, il règne un calme inhabituel. « D’habitude, il y a toujours plein de jeunes devant la porte, qui fument, qui discutent… Là, c’est vrai que c’est beaucoup plus tranquille » , constate Maximilien, élève de seconde, un des rares lycéens dehors à ce moment-là, avec deux amies.
Cette tranquillité apparente est peut-être due à la voiture bleu foncé stationnée juste devant l’entrée. Elle est banalisée, mais ça n’est franchement un mystère pour personne : les trois hommes à l’intérieur sont des policiers en civil. Toutes les entrées de ce lycée sont ainsi surveillées, et il y a au moins une présence devant chaque établissement du secteur. « Et pendant ce temps, la ville est ouverte aux délinquants ! » , lâche un de ces « surveillants » d’un nouveau genre…
Absentéisme
À l’intérieur du lycée, le téléphone de l’accueil ne cesse de sonner. « On assure les cours, rien ne change » , répond la standardiste à un parent inquiet. « Ça n’arrête pas depuis ce matin ! , confie-t-elle après avoir raccroché. Après, généralement, ils sont rassurés. » Mais pas tous… Certains parents sont venus rechercher leurs enfants, hier matin. « Je crois que des élèves en ont profité… »
Maximilien confirme un absentéisme élevé : « Cet après-midi, il manquait près d’un tiers des élèves de ma classe ! On ne flippe pas, mais c’est vrai qu’on fait attention… » Et ça n’empêche pas de rigoler un peu : « Des filles ont fait semblant d’avoir peur et, pour les calmer, le prof a dû fermer la porte de la classe à clé… » Une façon comme une autre d’évacuer la crainte sourde de ce qui peut ou aurait pu survenir… Tandis qu’elle répète aux parents que tout va bien, la dame de l’accueil surveille avec une attention particulière les entrées sur ses écrans de vidéosurveillance ; juste à côté des moniteurs est posée la photo du suspect. « Mais ici, il n’y en a pas beaucoup qui entrent avec des capuches… »
Devant un autre grand lycée de la ville, la présence policière est, cette fois, bien visible : la voiture de police garée devant l’entrée n’est pas banalisée et ses quatre occupants sont bien en uniforme. Seules les deux entrées principales de cet établissement ont été laissées ouvertes, tous les portails secondaires ont été temporairement fermés. Une autre voiture s’est positionnée dans l’enceinte même du lycée. Et dans un troisième établissement, hier matin, des policiers arpentaient le hall d’entrée…
Un œil sur les caméras de télésurveillance
« Des policiers sont venus jeudi nous montrer la photo du suspect, pour nous demander si on le connaissait , raconte un enseignant. C’est vrai qu’il y a un peu plus d’anxiété que d’habitude, surtout de la part des parents, et qu’on regarde les élèves un peu plus attentivement… Mais sinon, rien n’a changé ! »
Malgré tout, dans certains établissements, on a restreint les déplacements des élèves : ici, ceux-ci devaient rester dans un périmètre bien défini entre midi et deux ; là, ceux-là n’ont pas eu le droit de quitter l’enceinte du lycée à la pause de 10 h. Et ce matin, un examen dans un lycée strasbourgeois sera raccourci de deux heures parce qu’il n’y aura pas assez de présence policière pour aller jusqu’au bout des cinq heures d’épreuve…
Article paru sur Mediapart
La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres
15 mai 2013 Par philippe alain
Depuis lundi 13 mai 2013, la politique de stigmatisation menée par le gouvernement français contre les roms ne se chiffre plus seulement en nombre de reconduites à la frontière ou en nombre de destruction de bidonvilles. Elle se chiffre désormais en nombre de cadavres. Beni, un garçon de 12 ans, ainsi que 2 femmes, Pamela et Patrina sont morts, brûlés vifs, dans l’incendie de l’immeuble dans lequel ils vivaient à Lyon depuis 8 mois.
Il y a quelques jours, en prévision d’une expulsion à venir, la mairie de Lyon, dirigée par le très socialiste Gérard Collomb coupe l’électricité, tenez-vous bien, pour des raisons de sécurité… Les squatteurs ont osé se brancher sur un distributeur de courant et monsieur Collomb craint probablement que des enfants s’électrocutent. Bien lui en a pris, personne n’est mort électrocuté. Il oublie juste que les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. (1) Faute de courant, ils s’éclairent donc à la bougie et trois d’entre eux en sont morts.
Quelques heures après l’incendie, alors que les pompiers travaillent toujours sur les lieux du sinistre et que de nombreux journalistes sont présents, les familles se regroupent sur la place voisine. C’est toute la communauté rom de Lyon qui vient présenter ses condoléances aux familles endeuillées. Un peu plus tard dans la matinée, des hommes en noir affublés d’oreillettes blanches descendent de grosses berlines. Les journalistes quittent la place et le bruit commence à courir que Manuel Valls arrive sur les lieux du drame. Dans la confusion la plus totale et en évitant soigneusement les familles, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, Christine Taubira, Ministre de la Justice, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-François Carenco, Préfet de la région Rhône-Alpes vont se présenter devant le bâtiment qui fume encore.
Pas une de ces personnalités qui représentent les plus hautes institutions de la République et élevées dans le sérail des grandes écoles françaises où on n’enseigne visiblement pas la politesse la plus élémentaire, ne va venir présenter ses condoléances aux familles qui attendent à quelques mètres. Les roms sont-ils dangereux ? Manuel Valls aurait-il peur de femmes et d’enfants tétanisés par la douleur ? Un geste, une parole, un simple regard d’un ministre pour dire aux familles que la République Française s’incline devant leur douleur ? Non, rien, rien de rien. Roms vous êtes, roms vous resterez. Au contraire, Valls, oubliant la souffrance dans laquelle sont plongées les familles endeuillées va réaffirmer le leit-motiv de sa pré-campagne présidentielle qui est également devenu le fondement de la politique du gouvernement français contre la minorité rom: « Il faut poursuivre le travail de démantèlement et d’évacuation des campements », « comme l’a si bien commencé Nicolas Sarkozy » aurait-il pu ajouter. Aucune pudeur, aucune retenue. Alors qu’il a sous les yeux le résultat de plusieurs années d’expulsions à répétition, il répète inlassablement les même paroles et promet la même politique qui est responsable de la mort de 3 personnes. Valls tient absolument à continuer la chasse aux femmes, aux enfants, aux vieillards. Il tient absolument à les condamner à vivre dans des endroits de plus en plus dangereux quitte à ce qu’ils en meurent.
Madame Taubira, qu’on a connu plus inspirée se contente d’approuver les propos de son ministre de tutelle, comme si elle n’avait plus aucun rôle politique et humain à jouer après sa loi sur le mariage homosexuel.
Au moment de repartir, Valls se fait interpeller par un homme. Le ministre refuse de parler à un père et une mère qui sont submergés par la douleur d’avoir perdu un fils, mais il n’hésite pas à venir serrer la main d’un riverain qui demande l’expulsion des familles depuis des mois. Le voisin se plaint de vivre dans des « conditions épouvantables », abandonné de tous (rassurez-vous, il n’a jamais mis les pieds dans le squat, il parle seulement de la vue depuis son balcon). Valls vient le saluer et tenter de répondre à ses critiques. Alors que la discussion s’engage et que les journalistes commencent à enregistrer l’échange, monsieur Carenco, préfet de région, visiblement sur-excité repousse violemment plusieurs d’entre eux afin d’éviter une médiatisation des propos le mettant en cause.
Carenco. Préfet sous Sarkozy, préfet sous Hollande. Préfet pour toujours ? On garde les mêmes pour appliquer la même politique raciste de stigmatisation des étrangers. A Lyon, on gaze les enfants roms (2) on les parque dans des classes ghetto (3) et on met en garde-à-vue des bébés (4). En revanche on n’applique pas la circulaire inter-ministérielle censée apportée d’autres solutions que les expulsions. Carenco sera-t-il aussi préfet sous Le Pen ? « Le préfet de région a une grande part de responsabilité… Sur le terrain les expulsions se poursuivent malgré la circulaire du 26 août 2012 » accuse le sénateur Guy Fischer.
Dans l’après-midi, alors que journalistes et politiques sont partis, les proches des victimes attendent que les pompiers sortent les corps du bâtiment. L’ambiance sur la place est lourde. L’odeur âcre de la fumée fait mal à la gorge. Certains espèrent toujours et demandent désespérément s’il est possible qu’il y ait encore des survivants : « Il ne sont peut-être pas morts… ». Alors que la grande échelle s’approche d’une fenêtre afin de permettre à un pompier de prendre des photos, plusieurs dizaines de personnes s’approchent du bâtiment en criant le nom de l’enfant: « Béni, Béni » Face à ce mouvement de foule, un policier bien formé à l’école de Valls se fait menaçant et sort de son gilet une bouteille de gaz lacrymogène histoire de montrer aux femmes et aux enfants de quel bois il se chauffe. Pendant plusieurs heures, les familles sont totalement abandonnées à leur sort. Une femme perd connaissance plusieurs fois. La police municipale, à quelques mètres reste les bras croisés. Il n’y a aucun médecin, aucun psychologue, aucun soutien.
Mardi matin, alors que les corps calcinés de Beni, Pamela et Patrina viennent à peine d’être sortis des décombres fumants de l’immeuble, le préfet Carenco ordonne l’expulsion d’un nouveau squat. Une trentaine de personnes dont 15 enfants sont jetées à la rue, sans aucune proposition d’hébergement. Elle dormiront dans la rue, avec des enfants en bas âge, dans les conditions d’insécurité que l’on peut facilement imaginer, avant de retrouver un autre squat, probablement encore plus dangereux et insalubre. Valls nous expliquera à nouveau qu’il faut les expulser pour leur plus grand bien. Voilà une preuve de plus du discours mensonger du ministre qui, quelques heures auparavant, soulignait qu’il fallait poursuivre les expulsions tout en proposant des « solutions dignes ». Pour Valls, la rue est plus digne que le cimetière. Je n’en suis pas sur.
L’extrême droite à de beaux jours devant elle. Après Sarkozy, elle peut compter sur Hollande, Valls et les socialistes pour tenir le même discours de haine contre les étrangers et appliquer la même politique discriminatoire et hors la loi contre les roms. La France profonde applaudit, l’Union Européenne, pas son silence est complice. Marine Le Pen se frotte les mains. Manuel Valls, lui, ne pense qu’aux présidentielles. Le fait que son chemin soit désormais parsemé de cadavres ne le perturbe pas un seul instant. « Il faut continuer le travail » ose-t-il dire.
Mardi soir, la préfecture du Rhône fait savoir que les expulsions vont s’accélérer dans les jours à venir. La chasse aux Roms est ouverte. La campagne des municipales également.
Valls prétend que les roms n’ont pas vocation à s’intégrer en France. En les obligeant à vivre comme des chiens errants à la rue ou à brûler vifs dans des squats ils est certain d’avoir raison.
Vidéo-culte d’un contrôle policier à Strasbourg lors des manifestations anti-Otan [58160 vues au 7 mai 2013]
Tous-tes filmé(e)s par la police
Nouveau gadget liberticide, après les caméras de vidéo-surveillance, ou vidéo-protection, par euphémisme, des caméras équipent à l’essai des policiers pour filmer les contrôles d’identité.
Le prétexte, garder trace au cas où ça déraperait. On voit que ces caméras, mais ce n’est pas dit par la DDSP, peuvent se retourner contre les policiers eux-mêmes, qui souvent parlent brutalement au citoyen. Qu’en pensent leurs syndicats?
On imagine, en combinant plusieurs questions sensibles, le contrôle dans la rue d’une femme musulmane en tchador…Le policier se contentera-t-il de filmer le grillage de coton? Exigera-t-il, comme au “bon vieux temps des colonies”, en Algérie, que la femme se dévoile? Arrachera-t-il l’objet du délit? Du travail en perspective pour le Collectif contre l’islamophobie! Et un joli et lucratif marché pour les entreprises privées sécuritaires!
Et que se passera-t-il si le filmé filme le filmeur? Légalement, il n’est pas interdit de filmer la police en action dans l’espace public, même si les keufs vous affirment le contraire avec aplomb. Comme celui qui pas content d’être la vedette d’une vidéo, juste avant le festival de Cannes pourtant, est venu contrôler l’identité d’un correspondant de la Feuille de chou, juste après la fin de la scène enregistrée…
Si ses propos avaient été enregistrés, on aurait eu une preuve de plus que certains policiers (un sur trois, dans ce cas) parlent brutalement, sans raison au citoyen. Au fait, pourquoi filmer, alors que l’enregistrement sonore serait bien suffisant pour atteindre l’objectif proclamé par la direction de la police?
“A la différence des espaces privés, l’intéressé ne peut pas (sic) s’opposer à la vidéo s’il se trouve sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public.”
Dernières Nouvelles d’Alsace
Strasbourg Six caméras-piéton en service au Neuhof et à la Meinau « Dans l’ensemble, ça calme les gens »
Après leurs collègues mulhousiens il y a trois semaines, les policiers strasbourgeois bénéficient à leur tour de caméras-piéton. Le dispositif, expérimenté jusqu’à la mi-septembre dans les zones de sécurité prioritaire (ZSP) du Neuhof et de la Meinau, doit permettre d’apaiser les contrôles.
Malgré ses petites dimensions, il est impossible de ne pas la remarquer. Dotée d’un objectif orientable avec prise de son, la minicaméra s’accroche à la veste du policier. « Le dispositif filme en continu mais il garde uniquement en mémoire les trente dernières secondes, détaille le commandant Philippe Friedrich, chef de l’unité de sécurisation (US) de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Bas-Rhin. À chaque nouvelle seconde enregistrée, une autre est écrasée. »
La procédure, testée au niveau national depuis la mi-mars pour une durée de six mois, a été définie strictement. L’agent équipé d’une caméra-piéton est toujours accompagné d’un chef de bord, lequel est seul habilité à décider de l’enregistrement d’un contrôle. Le policier doit alors indiquer à la personne qu’elle va être filmée. À la différence des espaces privés, l’intéressé ne peut pas s’opposer à la vidéo s’il se trouve sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public.
30 policiers formés au nouveau dispositif
« Le dispositif n’est pas fait pour filmer les gens mais pour connaître le contexte dans lequel l’intervention s’est déroulée, souligne le commissaire divisionnaire Stéphane Lacour, chef du service de sécurité de proximité de la DDSP. Les images pourront être utilisées ultérieurement dans le cadre de procédures judiciaires, notamment pour constater des infractions. » Étant précisé que les propos tenus par les policiers sont aussi stockés sur la carte mémoire de la caméra.
À Strasbourg, la trentaine de fonctionnaires de l’US, chargés essentiellement des quartiers du Neuhof et de la Meinau classés en ZSP, ont été formés au maniement des caméras-piéton. « Dans l’ensemble, ça calme les gens. Ils sont moins agressifs envers nous », note Cyril, un gardien de la paix qui a déjà pu patrouiller en mode vidéo.
Autour de la place de Hautefort, où les journalistes étaient conviés à une petite démonstration hier matin, les avis étaient plutôt enthousiastes sur ce nouvel appareil. « C’est pas mal qu’il y ait des caméras parce que parfois la police elle exagère », estime Djamel, 43 ans. Canette de bière à la main, son voisin maugrée quant à lui contre l’attitude de « certains policiers » qui « exagèrent » et « parlent mal aux jeunes ».
Comme le résume Jean-François Illy, directeur départemental, les mini-caméras demeurent avant tout « un outil de plus » offert aux policiers pour « prouver le comportement asocial d’un individu ». Un outil dont les policiers espèrent qu’il contribuera notamment à réduire sensiblement les outrages, rébellions et autres violences qu’ils ont trop souvent à déplorer.
par Antoine Bonin, publiée le 07/05/2013 à 05:00
Dans la presse vous entendrez beaucoup parler des trois gendarmes blessés mais, peu des personnes subissants les violences physiques et psychologiques de cette opération militaire.
En tant qu’équipe medic on voulait transmettre ce que l’on a vu aujourd’hui. Alors qu’hier on celebrait la libération du carrefour de la Saulce deux jours plus tôt par un pique-nique festif sans autres blessures que des coups de soleil, ce matin les gendarmes sont révenus en nombre reprendre le carrefour, réinstaurer leur occupation militaire. Dans ce cadre là, on a vu de nombreux tirs tendus de flashball et grenades assourdissantes a courte distance, qui ont infligé de nombreuses blessures dont certaines pris en charge par l’équipe médic : impacts par flashball :
oedèmes et hématomes :
trois personnes dans les jambes
une personne dans le bras
une personne dans les épaules
trois personnes dans le thorax
une personne dans le dos
un impact dans la tête entrainant une plaie ouverte du crâne nécéssitant cinq points de suture
un impact dans le visage provocant un arrachement important de l’arcade et un enfoncement des sinus accompagné par une hémoragie importante nécéssitant une prise en charge par les pompiers impacts par des grenades assourdissantes :
plaies, brulures et corps étrangers faits par les éclats de grenade :
trois personnes dans les jambes
une personne dans une fesse
blaste :
multiples personnes choquées (désorientations, acouphènes)
une personne plus gravement atteinte malgré la présence d’une palette la protégant des impacts des éclats des nombreuses intoxicationes liées à l’emploi massif de gaz lacrimogène et poivré
Les pompiers ayant evacué la personne ont eté bloqué par les gendarmes qui leur ont refusé l’accès et ne les ont laissé passer qu’après l’insistance d’occupants présents. Ils ont de nouveau empeché leur départ afin de contrôler la personne blessée, retardant en tout plus de vingt minutes la pris en charge des secours.
Une occupation militaire ne s’installe jamais sans violence. Cette liste non-exhaustive ne voudrait pas oublier toute la violence psychologique d’un tel déployement policier ainsi que celles subies au quotidien dues à leur présence permanente et leurs agissements.
Rendu de jugement de 1e Instance : Relaxe !
Pour Charles Torres (“forgeron de Tarnac”), ayant refusé de se soumettre
au fichage Adn lors d’une Garde-à-vue. Lors de l’audience du 23 février
dernier, la Procureure avait requis 1 mois d’emprisonnement avec sursis.
Le Tribunal Correctionnel de Rouen a estimé qu’il ne disposait pas d’assez
d’éléments pour le condamner.
Son Adn lui a pourtant été prélevé à son insu !
Ceci le conduit aussi à porter plainte (à Nanterre) pour “faux” et
“escroquerie ou tentative d’escroquerie au jugement” contre la Police
Anti-terroriste ; l’Instruction est en cours :
Mardi 12 Mars, Lyon :
Jugement mis en délibéré pour le 2 Avril (date à vérifier).
Concernant le Refus de fichage Adn, la procureure n’a requis aucune
condamnation au motif que cela ne tiendrait pas la route. La relaxe est
plaidée pour le reste (lié à sa participation à une manifestation
permettant l’ouverture d’un squat).
Il y a eu un rassemblement de soutien à 14h devant le palais de Justice
pour une personne en récidive de Refus de prélèvement Adn. Elle avait eu à
payer pour cela 1 mois de jours-amendes (en substitution à 1 mois de
prison ferme).
“Celui qui refuse les prélèvements et fichages biologiques peut se voir
convoqué à tout moment pour une nouvelle demande de prélèvement. S’il
persiste dans son refus, il peut se voir à nouveau convoqué et jugé pour
récidive de refus de prélèvement. Ceci même s’il a déjà été effectué une
première peine à ce sujet, déjà payé une amende ou effectué toute autre
peine de substitution.” http://rebellyon.info/Proces-pour-recidive-de-refus-de.html
Jeudi 14 Mars, Paris :
Procès à 13h, 23ème chambre 1 au TGI de Paris (Métro cité).
Procès suite à une arrestation lors de l’expulsion d’un squat. La
personne, seule à s’être alors réfugiée sur le toit, est poursuivie pour
Refus de prélèvement Adn, et jet de projectiles, outrage, dégradation,
refus de fichages.
“Procès du compagnon arrêté lors de l’expulsion du 38 rue des Bois” : http://paris.indymedia.org/spip.php?article13035
Sur l’expulsion initiale : http://paris.indymedia.org/spip.php?article11987
Jeudi 14 Mars, Nantes :
Procès à 14h au TGI de Nantes.
Un opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes est poursuivi
pour Refus de prélèvement Adn, refus de signalétique, violence et menace
avec arme (grille de clapier de lapins). Les faits remontent au 21 Mars
2012 ! http://nantes.indymedia.org/article/27273
Lundi 18 Mars, Paris :
Rendu de jugement de 6 Déboulonneurs passés en procès le 25 février dernier.
Une requalification du chef d’inculpation en dégradation légère a été
demandée, laquelle ne justifie plus la prise d’ADN. Ainsi qu’une relaxe
pour ce Refus.
Compte-Rendu de l’audience : http://www.deboulonneurs.org/article649.html
Lundi 8 Avril, Tours :
Procès pour Refus de prélèvement Adn ainsi qu’usage et détention illicite
de cannabis, d’un porte-parole de la Fédération du Cannabis Social Club
Francais.
Dominique Broc a été perquisitionné puis gardé-à-vue alors que les membres
du CSC entament une démarche d’officialisation dans un but revendicatif
d’un usage modéré et régulé du cannabis s’opposant au trafic. http://www.politis.fr/Le-leader-du-Cannabis-social-club,21091.html http://cscf.eu/
Jeudi 28 Février, Aix-en-Provence :
Michel avait fait Appel de sa condamnation pour Refus de fichages suite à
des poursuites pour avoir filmé des policiers.
La Cour d’Appel a confirmé le 1e verdict : Relaxe concernant l’accusation
frauduleuse de Violences sur agent, 1000€ avec Sursis pour le Refus de
fichage(s).
Son témoignage sur les faits d’origine et la 1ère audience (Marseille) : http://resistons.lautre.net/spip.php?article498. http://www.millebabords.org/spip.php?article20963
En attendant la publication de son témoignage, quelques remarques de
Michel sur cette audience en Appel :
” J’ai appris *durant mon jugement* que le refus ADN ne m’était pas
reproché !! Il fallait deviner que *refus de se prêter au relevés
signalétiques intégrés dans un fichier de police* n’incluait pas l’ADN !!
Seul le refus empreintes et photo m’est reproché. *”L’ADN c’est un autre
texte”*, a lancé le juge comme justification. C’est-à-dire qu’ils
dissèquent mon refus global de fichage selon ce qui est le plus
stratégique pour eux contre moi – car j’ai refusé tout cela comme un tout
(d’ailleurs les policiers m’avaient dit que je refusais tout ou rien), et
que mon refus ADN était légalement très défendable, bien plus que mon
refus d’empreintes et photo seuls. ”
Et une petite leçon de “Dieu te vois”….
” A la fin, les juges se sont révélés complètement paranos suite à cette
affaire :* “On a bien senti qu’on a été filmés ou enregistrés… Si si on
le sait ! Il est strictement interdit de filmer ou d’enregistrer à
l’intérieur d’un tribunal !”* On était éberlués…
Puis, agacé, bougonnant, et toujours aussi parano alors qu’on restait
assis pour entendre les verdicts suivants, le président a repris :
_ Bon ! … ils peuvent y aller ?!! … Le public on n’a pas besoin de ça
! … On se sent observés. C’est pas vrai ça !!!
–> Nous avons pu constater qu’en retournant simplement une fois le sens
de la vidéosurveillance pour contrôler les représentants du pouvoir d’état
(les policiers – mais cela aurait pu être les juges), on voit toute la
délicieuse angoisse que l’on génère.
Et nous les citoyens devrions accepter le fichage sans sourciller !? … ”
cf. pièces-jointes “Compte-rendu de l’appel.pdf”, “L’appel de mon jugement
- reconstitution et conclusions.pdf”, “Pourquoi j’ai refuse_ de donner
ADN, photo, empreintes – et fait appel.pdf”
Mercredi 27 février 2013, Assemblée Nationale :
Pas d’amnistie pour le Refus de fichage Adn.
Un dernier amendement fut adopté à l’initiative de la sénatrice PS Valérie
Klés. Il s’est agi pour le PS et le PRG de restreindre les conditions de
l’amnistie dans le cas des poursuites pour refus de tests génétiques.
Seuls les Refus de test faisant suite à des Infractions elles-mêmes
amnistiées pourront eux mêmes être amnistiés.
Le champ des infractions amnistiées ayant été considérablement restreint,
celui de l’amnistie des refus de tests ADN l’est d’autant plus. Ceci est
d’autant plus insupportable que le PS avait lui-même combattu en 2007
l’extension voulue par Sarkozy des tests ADN au-delà des crimes sexuels
auxquels ils étaient jusque-là réservés. http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0760.asp
Suite du 17 Janvier, Valence :
Après la décision d’une Relaxe pour, entre autres, Refus de fichage Adn,
le Procureur fait appel.
Jugement dans les mois à venir à la Cour d’Appel de Grenoble. http://rebellyon.info/Fichage-ADN-et-relaxe-du-17,11877.html
+ article “Le refus de fichage ADN est considéré comme un délit que nulle
peine, même effectuée, ne vient éteindre”
Thèmes abordés : le Refus jugé comme délit en soi ; Refus et récidive ;
quelques cas de relaxes (Faucheurs, B. Deceuninck, Xavier Mathieu) +
Renvois sur d’autres articles : http://rebellyon.info/Fichage-ADN-et-relaxe-du-17,11877.html
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Un article du 20/02/2013 :
“L’ADN d’un Français sur six est fiché.”
Thèmes abordés :
- Utilisation de la méthode policière appelée «familial search».
- Existence du prélèvement par surprise.
- Nombre de profils génétiques au FNAEG.
“Avec deux parents, deux enfants en moyenne, donc un frère ou une sœur, il
n’est plus question de deux millions de patrimoines génétiques fichés,
mais de cinq fois plus”… http://www.slate.fr/story/68303/adn-francais-fiches
Un article du 25/02/2013 :
“Fichier Adn : 80% des 2,2 millions de gens fichés sont ‘innocents’”
Thèmes abordés :
- Comparatif du FNAEG entre 2002 et 2012, évolution du nombre de fichés,
qui est fiché au FNAEG.
- Des données sur l’usage policier du fichier peu fiables et floues.
Evaluation des rapprochements Adn. Question de l’efficacité d’enquête et
judiciaire du fichier.
- Dérives du fichage Adn généralisé. Processus de généralisation. Usages
détournés. http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2013/02/25/fichier-adn-80-des-fiches-sont-innocents/
Actualité du fichage Adn outre-océan :
L’opposition au fichage se développe également aux Etats-Unis. La Cour
Suprême vient d’ailleurs d’être saisie. Les questions se posent dans des
termes légèrement différents là-bas, mais on retrouve pas mal
d’arguments.
Pour ceux qui lisent l’anglais :
- un article de wired expliquant le cas en cours : http://www.wired.com/threatlevel/2013/02/scotus-dna-privacy/all/1
- les éléments que l’association electronic privacy information center fait
valoir dans le procès : http://epic.org/amicus/dna-act/maryland/EPIC-Amicus-Brief.pdf
Liste officielle (de la gendarmerie) des blessés par “gomme-cogne”:
2005 – 7 juil: Aux Mureaux (Yvelines), un garçon de 14 ans est sérieusement blessé à l’oeil par le tir d’un policier qui le poursuit. Le policier indique s’être senti menacé.
2006 – Dans la nuit du 28 au 29 octobre, dans une cité HLM de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un adolescent de 16 ans est blessé à l’oeil lors d’incidents avec la police venue au secours de pompiers caillassés.
2007 – 27 nov: Un lycéen de 16 ans perd l’usage d’un oeil après avoir été touché à l’issue d’une manifestation contre la loi Pécresse à Nantes.
2009 – 8 juil: Le réalisateur Joachim Gatti, 34 ans, touché par un tir, perd un œil lors d’une manifestation contre une expulsion de squatteurs à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
- 19 mars : Joan Celsis, un étudiant de 25 ans, est gravement blessé à l’œil en marge d’une manifestation d’étudiants à Toulouse quand la police tente de déloger un groupe de manifestants d’un magasin Monoprix.
- 1er mai : A la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Samir Aït-Amara, 18 ans, joue à une “chasse à l’homme” avec des jeunes de la cité lorsque, selon sa sœur, un policier sort d’une voiture et lui tire dessus à moins de trois mètres sans sommation. Il perd l’audition de l’oreille gauche.
- 9 mai : A Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), deux hommes de 21 et 31 ans sont grièvement blessés à un oeil lors de violences entre des groupes de jeunes et la police.
2010 – 14 oct: Un élève de 16 ans du lycée Condorcet de Montreuil (Seine-Saint-Denis) est gravement blessé à un oeil lors d’affrontements avec des policiers.
- 12 déc: Alors que la police intervient dans une rixe entre locataires, un résident d’un foyer de Marseille âgé de 43 ans, atteint d’un tir au thorax, meurt d’un arrêt cardiaque le lendemain.
2011 – 7 fév: Un adolescent de 17 ans est éborgné par un tir à Audincourt (Doubs). Une instruction visant un policier est ouverte en janvier 2012.
- 4 oct: A Mayotte, un enfant de 9 ans perd un œil à la suite du tir d’un gendarme.
2013 – 6 fév: John David, 25 ans, intérimaire belge d’ArcelorMittal, touché par une balle en caoutchouc, perd un œil lors de la manifestation des “métallos” à Strasbourg, à proximité du Parlement européen.