L’Odyssée organise le samedi 22 juin 2013 à 20h15, Démocratie en Turquie : Partout Taksim, partout résistance !

Annonce:

Démocratie en Turquie : Partout Taksim, partout résistance !

L’Odyssée organise le samedi 22 juin 2013 à 20h15, en présence du Maire de Strasbourg, Monsieur Roland Ries et de Monsieur Jean-Paul Costa, Président des RCA-Odyssée, ancien Président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, une soirée de solidarité avec le formidable mouvement démocratique né sur la place de Taksim pour s’étendre instantanément à toute la Turquie.

Ce magnifique mouvement, généreux, fraternel, créatif est un mouvement de protestation pour revendiquer une démocratie dans laquelle n’importe quel pouvoir ne soit pas en mesure de dicter à la population ce qu’elle doit faire, comment elle doit vivre et quoi penser.

Ce mouvement est l’objet d’une sauvage répression : 5 morts, plus de 5000 blessés dont certains dans un état très grave voire critique, des milliers de garde-à-vue… La réponse du Premier Ministre a été le recours à la répression, l’intimidation, le mensonge, et maintenant, à une chasse aux sorcières. Un exemple parmi d’autres : l’arrestation de médecins coupables de secourir les blessés!

Ce n’est pas en cherchant à diviser la population ,en traitant mensongèrement ceux qui manifestent le libre exercice démocratique du droit d’expression d’être des terroristes et des comploteurs, ce n’est pas en se livrant au despotisme autocratique, à l’arbitraire d’une répression aveugle et à l’état de siège policier que l’on peut prétendre être un modèle de démocratie !

Le seul complot qui existe en Turquie est celui de ceux qui jouent de manière irresponsable aux apprentis dictateurs contre la liberté et la démocratie.

Il importe que Strasbourg, capitale européenne des droits de l’homme et de la démocratie, fasse entendre sa voix. Venez nombreux pour manifester tous ensemble nôtre soutien.

“Vivre libre et unique comme un arbre et fraternellement comme une forêt.” ( Nazim Hikmet)

Samedi 22 juin 2013 à 20h15 à l’Odyssée – Entrée libre

Prises de parole, liaison téléphonique avec le journaliste Can Dundar et projection de quelques films et clips


Cinéma Odyssée
3, rue des Francs-Bourgeois
67000 STRASBOURG
TEL: 03-88-75-11-52
FAX: 03-88-75-12-71
www.cinemaodyssee.com
cinemaodyssee@gmail.com

 « Quand la gauche ne déçoit même plus » par Emmanuel Blanchard et Claire Rodier (Gisti)

Le Parti socialiste est revenu au pouvoir après onze années d’opposition pendant lesquelles il n’a pas cherché à penser une politique d’immigration adaptée aux enjeux contemporains. Refusant de prendre acte des atteintes aux droits, inhérentes à une « maîtrise de flux migratoires » érigée en véritable leitmotiv, il était condamné à les reproduire. Retour historique et critique sur l’action d’un parti dont l’épuisement idéologique et programmatique était criant avant même l’épreuve du retour aux « affaires ».

VoteEtrangers

L’Arlésienne

« Sur le droit de vote des étrangers, je n’ai pas soumis ce texte car je sais que l’opposition n’en veut pas, et je ne veux pas donner l’impression que nous chercherions, avant les municipales, à utiliser cette question du droit de vote des étrangers pour entretenir je ne sais quel malentendu ». Voici donc la nouvelle explication trouvée par François Hollande, lors d’une conférence de presse en mai 2013, pour justifier l’ajournement d’une promesse datant de plus de trente ans – puisque le droit de vote des étrangers figurait au programme du candidat Mitterrand en 1981. Celui qui, juste avant d’être élu président de la République, envisageait sa mise en œuvre « pour 2013, avant les élections de 2014 », préfère désormais laisser passer l’échéance électorale des municipales : « comme il n’y aura plus d’enjeu », un texte « sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l’adoption s’il le souhaite ». La voie référendaire n’a jamais été sérieusement été envisagée, alors que, dans un contexte plus offensif, et en lien avec une politique économique et sociale plus audacieuse, il aurait été possible d’obtenir une majorité. Le renvoi vers le Parlement est une façon d’enterrer cette « promesse » : la réforme implique une modification de la Constitution, donc l’aval d’une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, soit 555 parlementaires : un total que la gauche, même en imaginant que tous ses élus soient favorables à la réforme – rien n’est moins sûr – ne peut rassembler à elle seule. À supposer que, passées les élections municipales de 2014, une nouvelle reculade ne renvoie pas la réforme aux calendes grecques, on peut s’attendre à ce qu’elle soit rejetée, tant par une droite par principe hostile que par une gauche parlementaire bien timide : lorsqu’en septembre 2012 il s’était agi de trouver des parlementaires pour signer un texte en faveur du droit de vote des étrangers, seuls 77 députés socialistes sur 297 avaient répondu à l’appel [1].

Comment s’en étonner, quand le ministre de l’intérieur se fait le porte-voix d’un sentiment sans doute largement partagé au sein de l’aile droite de son parti : en réponse à ces signataires, Manuel Valls interrogeait, dans une interview au Monde : « [le droit de vote est-il] aujourd’hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d’intégration ? », avant de répondre : « non. Ça n’a pas la même portée qu’il y a trente ans. Aujourd’hui, le défi de la société française est celui de l’intégration. » La messe est dite. En 1981, il était trop tôt pour une telle réforme, en 1988 « l’état de nos mœurs ne la permet[tait] pas » (François Mitterrand), en 1998 elle était « souhaitable », mais pas « réalisable » dans le cadre d’une cohabitation (Lionel Jospin), en 2013 il est trop tard.

L’interminable feuilleton du droit de vote des étrangers ne se résume pas seulement à cette succession de manquements aux promesses. Il incarne aussi la trahison fondatrice de la gauche de gouvernement à l’égard de celles et ceux qui croyaient qu’on allait leur « changer la vie » pour reprendre le slogan de 1981 : non seulement les « travailleurs immigrés » comme on les désignait à l’époque, mais aussi leurs enfants qui n’usent que très peu de ce droit de mettre un bulletin dans l’urne dénié à leurs parents. En invoquant l’état de nos mœurs ou l’impréparation de l’opinion – mais cette opinion était-elle mieux préparée à l’abolition de la peine de mort, votée en octobre1981 alors que selon les sondages, une majorité des Français étaient favorables à son maintien ? –, en écartant la question du droit de vote d’un méprisant revers de manche, comme le fait aujourd’hui Manuel Valls, le Parti socialiste n’a fait qu’encourager une tendance qu’il feint de déplorer. Rejeter une partie de la population de ce pays derrière les frontières de la citoyenneté, c’est prendre la responsabilité d’alimenter l’amertume des exclus. C’est aussi encourager la xénophobie, qu’une droite prête à tout sait instrumentaliser. Et finalement empêcher que soient réunies les conditions pour que la France fasse enfin le « choix de l’intégration républicaine, de la cohésion sociale et du rassemblement » que le Parti socialiste prônait encore en novembre 2011 [2].

 

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 Samedi 22 juin le collectif Fegersheim organise une manifestation contre le projet d’implantation d’une zone logistique sur la commune.

Communiqué :

« Fegersheim- Lipsheim : la résistance au projet de zone logistique de 100 ha s’organise »

Communiqué N° 2. Il y a deux semaines, nous vous annoncions la création du collectif réunissant les agriculteurs de Fegersheim-Lipsheim et des villages environnants, de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Fegersheim, de l’Association « le lien » de Lipsheim et de nombreux citoyens non organisés.
Aujourd’hui le collectif prépare la grande manifestation du Samedi 22 juin à 14 h30 qui partira de la gare de Fegersheim-Lipsheim et traversera la commune de Fegersheim.
Cette manifestation permettra aux agriculteurs, aux populations des villages concernés, mais aussi à tous les citoyens qui sont contre la consommation effrénée de terres agricoles et pour l’utilisation des friches de montrer leur opposition déterminée à ce projet insensé de la CUS et du Port Autonome de Strasbourg qui veut prélever 100 ha des meilleures terres agricoles pour en faire une zone à vocation logistique et un port sec.
Le mot d’ordre de cette manifestation à l’adresse de nos décideurs politiques sera : « Utilisons d’abord les friches industrielles et remplissons les vides dans les zones existantes avant de sacrifier de nouvelles terres. Soyons cohérents et mettons nos discours de développement durable, d’agriculture périurbaine, de logistique tri-modale (route, fer, eau)… en pratique ».
La protestation s’amplifie et s’organise à Fegersheim-Ohnheim et Lipsheim. Les bâches, les pancartes et les tracts se multiplient qui invitent les citoyens à participer à ce rassemblement. Les réseaux sociaux se font l’écho de ces préparatifs (Facebook, twitter : collectif Fegersheim). La population soutient très majoritairement ce mouvement de protestation. Actuellement ce sont 600 familles (le double d’il y a 2 semaines) qui ont signé la pétition en cours. Les organisateurs comptent sur une large participation au rassemblement populaire.
La réussite de cette manifestation constituera un signal fort à l’adresse de nos élus. Le signal qu’aujourd’hui on ne peut plus faire n’importe quoi, que les citoyens veillent, et surtout qu’ils demandent de la cohérence. De la cohérence entre les paroles et les actions, de la cohérence entre les différentes collectivités territoriales, de la cohérence avec les contraintes économiques et environnementales.

« Tract du rassemblement du 22 juin »

Tract rassemblement du 22 juin

 

 Roms : la situation alarmante de l’Hexagone

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Des expulsions toujours plus nombreuses

Au premier trimestre 2013, 2 873 Roms ont été évacués de force par les autorités, 272 ont été rapatriés et 1 007 ont du quitter leurs lieux de vie suite à un incendie ou à une agression (4 152 personnes au total). Des chiffres importants qui correspondent au démantèlement de 40 sites, dont 23 étaient situés en Ile-de-France. Une solution de relogement, partielle, n’a été proposée que dans 15 cas. Ces données, avancés par l’Association européenne des droits de l’Homme (AEDH), dans une étude parue en avril 2013, confirment que, malgré la circulaire sur les évacuations de campement de Roms publiée le 29 août dernier, la situation de cette population dans l’Hexagone continue de se détériorer. Les expulsés sont plus nombreux que l’année précédente à la même période et sont, dans la très grande majorité des cas, mis à la rue sans solution d’hébergement, sans accès aux soins ni moyens de subsistance.

La suite: http://www.arte.tv/fr/roms-la-situation-alarmante-de-l-hexagone/7552026.html

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 Nous, chômeurs, chômeuses et précaires, En Marche pour nos droits !

Rejoignez la Marche des chômeurs-ses et précaires en Alsace du 17 au 19 juin:

«  Le Programme et les Rendez- vous sur Haguenau et Strasbourg »

Le Programme et les Rendez- vous

 

 Série d’agressions à Argenteuil : L’islamophobie est-elle “une bête immonde” ?

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C’est avec une grande colère que nous apprenons, ce jour, qu’Argenteuil a été, une nouvelle fois le théâtre d’une violente agression islamophobe. Le 20 mai dernier, une jeune fille de 17 ans, Rabia B. qui portait le foulard a été rouée de coups par deux individus et s’est vue arracher son foulard. Quelques mois auparavant c’était Nadia C. qui avait été attaquée à coup de cutter. Depuis, les auteurs de cet acte aussi ignoble que lâche, sont toujours dans la nature. Mardi 11 juin, la BAC d’Argenteuil s’en est pris violemment à une femme qui portait le Niqab, ce qui a conduit des passants à s’interposer afin de protéger la femme malmenée. Plutôt que de dresser un simple PV, ils ont préféré mettre en danger la population argenteuillaise en utilisant des flash-balls ou en roulant à vive allure.

Ce matin, deux individus ont agressé une jeune femme voilée de 21 ans qui sortait d’un laboratoire d’analyses. Elle a reçu des coups de cutter et a été rouée de coups. Ils sont allés jusqu’à arracher ses cheveux et sa tenue, la laissant en pyjama dans la rue.

Nous condamnons fermement cette série d’actes ignobles. Mais la condamnation ne suffit plus ! On ne peut plus tolérer que nos sœurs soient systématiquement victimes d’agressions violentes. Alors que de nombreux politiques et militants s’entêtent à tergiverser sur l’usage ou non du terme islamophobie, de plus en plus de femmes sont agressées dans la rue, simplement parce qu’elles sont des musulmanes visibles. Ceci est du racisme et cela a un nom : Islamophobie.

Nous sommes nombreux depuis 2003 à n’avoir eu de cesse de mettre en garde les pouvoirs politiques, les organisations antiracistes, les médias sur le danger de la mise à l’index des musulmans. Chaque jour, des actes islamophobes impunis ont lieu. L’absence de condamnation collective et massive signe un blanc-seing à ceux qui depuis trop longtemps, participent par leurs discours et leurs prises de position, à la déshumanisation des musulmans, étape ultime avant les passages à l’acte auxquels nous assistons actuellement.

Je me souviens des mots de Sihem Habchi, alors présidente de NPNS qui parlait du voile comme « un cercueil ». Jamais nous n’avons été si proche de cette réalité. Il semblerait que certains ont bien compris le message subliminal contenu dans cette métaphore.

Abdelkarim AÏCHI

Porte Parole du PIR Membre du collectif Ali Ziri

Habitant d’Argenteuil

A l’appel de militants et d’habitants d’Argenteuil, rassemblement vendredi 14 juin à 15h devant l’hôtel de ville d’Argenteuil (En haut du boulevard Léon Feix à 5 mn de la gare centrale).

 Quel lien entre ‘Opinion Internationale’ et Le Fond National Juif (KKL)?

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Le KKL-JNF arrache les arbres de Palestine et plante des arbres “juifs”…F2C

À PROPOS DE LA SOIRÉE “La Tunisie qu’on aime”

Quel lien entre ‘Opinion Internationale’ et Le Fond National Juif (KKL)?

Lundi 10 juin se tient l’étape française de l’initiative artistique “La Tunisie qu’on aime”.

Cet événement qui a déjà eu lieu à Tunis se fera autour de figures importantes de la scène artistique tunisienne comme Lotfi Abdelli avec la participation d’artistes amis de la Tunisie dont notamment Guy Bedos et Michel Boujenah.

Plusieurs associations sont également impliquées dans la réussite de cet événement, chose que nous souhaitons également car les occasions de montrer le visage de la Tunisie libérée de la dictature sont toutes bonnes à prendre, en particulier quand il s’agit de montrer le talent de ses créateurs et artistes.

Cependant, une fausse note nous empêche de partager l’harmonie de cette fête.

En effet, l’événement est soutenu par un journal en ligne “Opinion Internationale” qui se permet de faire l’apologie sur ses pages du KKL, le fonds national juif, qui se définit lui même comme « le bras armé du sionisme”.

Le titre même de l’article “Israël : des boîtes bleues pour un poumon vert” révèle l’opération de propagande visant à remaquiller le KKL en acteur écologique qui plante des forêts. Un procédé déjà dénoncé en 2011 dans une pétition d’Amnesty International qui s’intitulait : “contre l’expulsion des habitants et la destruction d’un village bédouin sur lequel le FNJ veut implanter une forêt”

Ne nous méprenons pas, Il ne s’agit pas d’un article informatif, mais plutôt d’un publi-reportage au service d’une basse entreprise.

Ainsi la conclusion de l’article ne laisse aucun doute : “Devant l’ampleur et la diversité du travail réalisé depuis sa naissance, le KKL s’est affirmé comme l’une des organisations juive les plus respectées de par le monde. « Ensemble nous avons marqué d’une empreinte indélébile la terre d’Israël », souligne Efi Stenzler, président mondial du KKL. Souhaitons à l’organisation centenaire d’en laisser encore beaucoup d’autres.”

Qu’est ce que le KKL?

Les premières ligne de la page de wikipedia plantent le décor:

Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël.

Fondé en 1901 en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain.

Le KKL a été identifié comme cible principale du mouvement de solidarité avec la Palestine dans le monde, notamment par le mouvement BDS. Des pages entières peuvent être écrite sur le rôle

du KKL dans l’expropriation des terres palestiniennes, l’arrachement des populations autochtones palestiniennes, et l’instauration de l’apartheid israélien. L’action du KKL aujourd’hui dénoncée par la communauté internationale, c’est la mise en œuvre du Plan Prawer approuvé le 6 mai 2013 par le Comité ministériel israélien sur la législation. Ce plan prévoit la destruction de 35 villages bédouins dits « non reconnus » la dépossession et le déplacement forcé de 70 000 Bédouins palestiniens citoyens d’israël dans le Néguev, pour planter ces fameuses forêts, et implanter une population juive. La boîte bleue et l’argent qu’elle permet de collecter va servir à cela. Le « poumon vert » c’est encore une fois l’expulsion et le déracinement de la population palestinienne.

Opinion Internationale, journal fondé par Michel Taube, principal organisateur de l’événement “la Tunisie qu’on aime” prend ainsi le parti pris d’encenser l’«oeuvre» du KKL.

Refus de tout amalgame !

La Tunisie d’aujourd’hui, celle que les signataires aiment, est une Tunisie qui refuse tout amalgame. Celui en particulier qui considère que tous les juifs sont sionistes. De la même manière qu’elle refuse aussi l’article sur l’accession à la présidence du pays dans la dernière version de la constitution qui ferait des juifs tunisiens des citoyens de seconde zone puisqu’il les priverait d’un droit accordé à d’autres citoyens.

Nous considérons également qu’en Israël les juifs sont aussi les victimes d’une politique coloniale dont ils ne portent pas tous la responsabilité et dont ils subissent pourtant les conséquences. Il y a également des juifs en Israël et dans le monde qui combattent aux côtés des Palestiniens, contre l’apartheid israélien pour promouvoir une société de citoyens égaux en droits. Leur courage mérite le respect. Quant à nous, nous préférons penser que les amis de la Tunisie sont ceux qui dans l’ère qui s’ouvre des révolutions arabes, voudront œuvrer ensemble à plus de justice et d’égalité et une perspective de paix véritable, fondée sur la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Signataires :

FTCR
d’autres suivront…

 Lettre ouverte des protestataires d’Istanbul au peuple de Tunisie

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Nos cher/ère frères et sœurs de Tunisie,

Il n’y a pas très longtemps, vous avez créé une étincelle dans votre région qui s’est répandue partout rapidement, devenant le flambeau qui guide non seulement votre pays, mais aussi beaucoup d’autres vers un chemin où les régimes oppressifs ne sont plus tolérés. Cet essor a été fait au nom de la démocratie, de la liberté et des droits dont vous étiez privés. Vous avez été une inspiration et le monde vous a regardé mener votre pays vers un demain plus humain, plus signifié et plus libre.

Aujourd’hui, en Turquie, nous vivons des moments très importants, marqués par la solidarité entre les gens qui se révoltent de manière pacifiste contre un gouvernement oppressif. La police, en qui nous faisons confiance, que nous appelons quand nous avons besoin d’aide, qui a juré de nous protéger nous attaque avec des armes chimiques qui brulent la chair, différents types de gaz qui nous empêche de respirer, de l’eau à haute pression, des balles plastiques qui sont tirées directement sur la tête des gens. Pourquoi ? Parce que nous avons agi comme notre constitution nous permet d’agir : nous avons protesté.

Il y a cinq jours, les habitants du quartier de Taksim à Istanbul ont commencé à protester contre un projet de construction d’un centre multi-fonctionel au lieu du seul parc restant du quartier. Ils étaient des écologistes qui voulaient simplement faire arrêter la construction donc ils ont pris leurs tentes et commencé à y faire un camp. Un jour à 5 heures du matin, la police a lancé une opération et a pulvérisé les gens avec le gaz poivre et l’eau à haute pression alors qu’ils dormaient sous leur tentes.

Cette opération contre une simple manifestation qui se faisait en paix a eu une importante réponse de toute la Turquie. Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes sont venus à İstanbul, et il existe des mouvements de résistance dans de nombreuses autres villes qui dénoncent la violence de la police qui est complètement arbitraire et qui va contre tout principe démocratique. La foule est devenue immense, pourtant ils restent ensemble et calmes, ils s’avertissent les uns les autres pour pouvoir rester calme aux moments de tension et pour éviter tout acte de violence en dépit de l’utilisation disproportionnée de la force de la part de la police. Du coup, aujourd’hui, nous sommes unis. Aujourd’hui, nous ne nous battons plus. Aujourd’hui, nous résistons.

Chaque jour, il devient plus clair que nous sommes des pacifistes qui n’essayent que de se protéger, tandis que la réponse de la police devient de plus en plus brutale. Une recherche rapide apportera devant vos yeux des milliers d’images atroces, des vidéos et des histoires personnelles des manifestants. Vous verrez des images d’une fille seule, battue et insultée par 10 policiers. Vous verrez les policiers jeter les bombes de gaz dans des immeubles d’habitation et verrouiller les portes afin que les gens ne puissent pas sortir. Vous verrez les policiers pulvériser par les gaz des mosquées où les jeunes volontaires réalisent les premiers secours pour sauver les blessés. Pourtant, cela va vous montrer une solidarité qui n’a jamais été vu jusqu’à ce jour en Turquie.

Nous sommes devenus un peuple qui se sent coupable quand il va se coucher, quand il n’est pas dans les rues avec ses amis, à respirer le gaz chimique constamment pulvérisé sur eux. Le soir, nous devenons des chimistes, des pharmaciens, des infirmiers, des agents de renseignement et des journalistes; et simplement des amis. Or, à travers la même recherche, dans les rues vous verrez des gens se faire des boucliers humains pour protéger des inconnus. Vous verrez des gens qui protègent et se soutiennent les uns des autres par tous les moyens possibles.

Vous verrez les manifestants résister, main dans la main, pendant toute la nuit et nettoyer les rues qui ont vu leur combat de la veille pendant la journée – à nouveau main dans la main. Vous verrez un flux irrépressible d’informations entre les manifestants à travers les médias sociaux et les émetteurs-récepteurs, malgré les restrictions sur les moyens de communication adoptées par le gouvernement pour nous empêcher d’utiliser notre droit démocratique de citoyens dignes, pour protester et se faire entendre.

Nos chaînes d’information opprimée par le gouvernement refusent de montrer ce qui se déroule sous leurs yeux, c’est pour ça que vous voyez les gens s’organiser pour que tout le monde soit au courant de cette férocité à la fois en Anatolie et dans le monde entier. Cette violence contre les générations qui sont l’avenir de notre beau pays n’est plus tolérable. Nous ne sommes pas des terroristes, et nous refusons d’être perçus comme tel.

Aujourd’hui, nous sommes unis. Aujourd’hui, nous sommes Un. Nous refusons d’être associés à un parti politique ou une idéologie. Notre idéologie est la liberté et la démocratie. Nous sommes des personnes de tous âge, de toutes religions, de toutes minorités ethniques, de toutes idéologies qui, épaule contre épaule, se révoltent contre un gouvernement qui ne respecte pas les principes d’une véritable démocratie.

Nous nous révoltons contre notre Premier ministre, qui a répondu à nos appels en nous rappelant qu’il détenait 50% de la population de la Turquie qui ont voté pour lui et s’il le veut, il pourra rassembler un million de personnes pour aller dans la rue et se révolter contre nous. C’est très dommage, car nous ne sommes pas contre une partie de notre population; nous sommes contre la mentalité qui perçoit le pourcentage de ses votes comme une source de légitimité pour ses actions arbitraires. Or, ceci n’est pas comment une démocratie est définie; une démocratie est polyphonique pendant et après les élections.

Nous nous révoltons donc contre ce même système dont chaque communauté a souffert dans différentes périodes de l’Histoire de la Turquie moderne; la communauté islamique, laïque, kurde, arménienne et plusieurs autres. Nous revendiquons aujourd’hui, le droit d’être entendu et respecté par le gouvernement qui a la fonction de nous protéger et de nous rendre le droit de vivre comme des êtres humains dignes de respect dans notre pays que nous aimons. Nous voulons que notre Premier ministre arrête les forces de police et nous laisse nous exprimer. De cette façon, il va voir que c’est ses propres jeunes qu’il est en train d’attaquer et personne d’autre.

La raison pour laquelle nous vous écrivons cette lettre est que cette semaine, notre Premier ministre Tayyip Erdoğan va visiter votre pays au lieu de rester en Turquie et de régler la situation qui est arrivée au point de causer les morts de nos amis. Cela nous indique que malheureusement, il ignore tous ceux qui sont morts et blessés par suite de l’application brutale de ses directives par les forces de la sécurité. Cette lettre est notre cri, notre appel à vous, à nous aider, à nous rejoindre dans notre protestation en vous-même protestant son arrivée en Tunisie.

S’il vous plait, montrez-lui que nous ne sommes pas seuls. Montrez-lui que les manifestants pacifiques et démocratiques gagnent toujours, comme vous l’avez montré au monde entier.

Au nom de la paix, de la liberté et de l’expression.

Vos frères et sœurs en Turquie

http://nawaat.org/portail/2013/06/04/lettre-ouverte-des-protestataires-distanbul-au-peuple-de-tunisie/