« Quand la gauche ne déçoit même plus » par Emmanuel Blanchard et Claire Rodier (Gisti)

Le Parti socialiste est revenu au pouvoir après onze années d’opposition pendant lesquelles il n’a pas cherché à penser une politique d’immigration adaptée aux enjeux contemporains. Refusant de prendre acte des atteintes aux droits, inhérentes à une « maîtrise de flux migratoires » érigée en véritable leitmotiv, il était condamné à les reproduire. Retour historique et critique sur l’action d’un parti dont l’épuisement idéologique et programmatique était criant avant même l’épreuve du retour aux « affaires ».

VoteEtrangers

L’Arlésienne

« Sur le droit de vote des étrangers, je n’ai pas soumis ce texte car je sais que l’opposition n’en veut pas, et je ne veux pas donner l’impression que nous chercherions, avant les municipales, à utiliser cette question du droit de vote des étrangers pour entretenir je ne sais quel malentendu ». Voici donc la nouvelle explication trouvée par François Hollande, lors d’une conférence de presse en mai 2013, pour justifier l’ajournement d’une promesse datant de plus de trente ans – puisque le droit de vote des étrangers figurait au programme du candidat Mitterrand en 1981. Celui qui, juste avant d’être élu président de la République, envisageait sa mise en œuvre « pour 2013, avant les élections de 2014 », préfère désormais laisser passer l’échéance électorale des municipales : « comme il n’y aura plus d’enjeu », un texte « sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l’adoption s’il le souhaite ». La voie référendaire n’a jamais été sérieusement été envisagée, alors que, dans un contexte plus offensif, et en lien avec une politique économique et sociale plus audacieuse, il aurait été possible d’obtenir une majorité. Le renvoi vers le Parlement est une façon d’enterrer cette « promesse » : la réforme implique une modification de la Constitution, donc l’aval d’une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, soit 555 parlementaires : un total que la gauche, même en imaginant que tous ses élus soient favorables à la réforme – rien n’est moins sûr – ne peut rassembler à elle seule. À supposer que, passées les élections municipales de 2014, une nouvelle reculade ne renvoie pas la réforme aux calendes grecques, on peut s’attendre à ce qu’elle soit rejetée, tant par une droite par principe hostile que par une gauche parlementaire bien timide : lorsqu’en septembre 2012 il s’était agi de trouver des parlementaires pour signer un texte en faveur du droit de vote des étrangers, seuls 77 députés socialistes sur 297 avaient répondu à l’appel [1].

Comment s’en étonner, quand le ministre de l’intérieur se fait le porte-voix d’un sentiment sans doute largement partagé au sein de l’aile droite de son parti : en réponse à ces signataires, Manuel Valls interrogeait, dans une interview au Monde : « [le droit de vote est-il] aujourd’hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d’intégration ? », avant de répondre : « non. Ça n’a pas la même portée qu’il y a trente ans. Aujourd’hui, le défi de la société française est celui de l’intégration. » La messe est dite. En 1981, il était trop tôt pour une telle réforme, en 1988 « l’état de nos mœurs ne la permet[tait] pas » (François Mitterrand), en 1998 elle était « souhaitable », mais pas « réalisable » dans le cadre d’une cohabitation (Lionel Jospin), en 2013 il est trop tard.

L’interminable feuilleton du droit de vote des étrangers ne se résume pas seulement à cette succession de manquements aux promesses. Il incarne aussi la trahison fondatrice de la gauche de gouvernement à l’égard de celles et ceux qui croyaient qu’on allait leur « changer la vie » pour reprendre le slogan de 1981 : non seulement les « travailleurs immigrés » comme on les désignait à l’époque, mais aussi leurs enfants qui n’usent que très peu de ce droit de mettre un bulletin dans l’urne dénié à leurs parents. En invoquant l’état de nos mœurs ou l’impréparation de l’opinion – mais cette opinion était-elle mieux préparée à l’abolition de la peine de mort, votée en octobre1981 alors que selon les sondages, une majorité des Français étaient favorables à son maintien ? –, en écartant la question du droit de vote d’un méprisant revers de manche, comme le fait aujourd’hui Manuel Valls, le Parti socialiste n’a fait qu’encourager une tendance qu’il feint de déplorer. Rejeter une partie de la population de ce pays derrière les frontières de la citoyenneté, c’est prendre la responsabilité d’alimenter l’amertume des exclus. C’est aussi encourager la xénophobie, qu’une droite prête à tout sait instrumentaliser. Et finalement empêcher que soient réunies les conditions pour que la France fasse enfin le « choix de l’intégration républicaine, de la cohésion sociale et du rassemblement » que le Parti socialiste prônait encore en novembre 2011 [2].

 

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 Istanbul à feu et à sang

Ce soir encore la répression continue: Solidarité avec nos camarades Turcs!

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LIVE : http://rt.com/on-air/turkey-clashes-istanbul-park/

http://newmedia.pivol.com/dhafeed.htm

http://www.livestream.com/revoltistanbul

Watch live streaming video from revoltistanbul at livestream.com

Depuis hier, la police réprime violemment des militants et activistes écologistes qui protestent contre la destruction du parc de la place Taksim, au coeur de la ville, au profit d’un réaménagement urbain contenant un centre commercial et un complexe hôtelier.

Les gazs lacrymogènes et autres armes chimiques, utilisés jusque dans les couloirs du métro, les canons à eau à pleine puissante ont eu raison des manifestants désarmés: ce soir, on déplore des dizaines de blessés graves, et autant d’interpellations…

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http://eagainst.com/articles/one-dead-in-turkey-as-police-uses-excessive-violence-against-protesters/

http://onedio.com/haber/gezi-parki-eyleminden-dehset-veren-fotograflar-116604

http://www.rightnow.io/breaking-news/turkey_bn_1369752659185.html

http://www.vice.com/en_uk/read/istanbuls-taksim-square-has-become-a-warzone

 Ni AntigΩnes, ni Femen…juste le féminisme

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« Je suis née pour partager l’amour et non la haine. » Antigone, de Sophocle

Un nouveau mouvement, qui se présente comme “un rassemblement de femmes” les AntigΩnes http://antigones.fr/ , est né, en réaction à l’agitation blanche-aryano-ukrainienne des Femen.

La citation mise en exergue, qui prend parti pour Antigone contre Créon, suffit déjà à prouver qu’elles ne comprennent rien au tragique d’opposition absolue qui donne à la fois tort et raison à chacun des deux dans leur conflit insoluble entre la loi familiale du sang, celle que le Pen père évoquait en disant qu’il préfère sa mère à sa fille, sa fille à sa cousine, et une femme de sa famille à une étrangère… et la loi de la cité.

Elles prétendent ” être des femmes à part entière“…(sic).

Elles clament, sans savoir que LAfemme, ça n’existe pas, selon le mot, souvent incompris de Lacan, que “La femme a sa dignité, celle-ci ne passe pas par l’exhibitionnisme et l’hystérie.“.

Comme si ces réalités, pas seulement féminines d’ailleurs, n’étaient pas aussi des modes d’apparition des humains.

Mais on a encore plus la puce à l’oreille quand elles se présentent ainsi, par l’exposition en avant des pères, des maris, des fils de l’ordre patriarcal:

Filles de nos pères, épouses de nos maris, mères de nos fils, (elles n’ont pas de filles?) nous ne rejetons pas les hommes. Nous sommes au contraire persuadées que c’est avec eux, en complémentarité, que nous construirons notre futur.“.

Encore des gens qui, par contresens, croient que la femme a été tirée d’une côte d’Adam et qu’elle lui est donc naturellement inférieure car seconde.

Elles signent, par ce “naturalisme” traditionnel très daté, qui renvoie en réalité à une construction sociétale, leur appartenance au camp de celles et ceux qui considèrent les homosexualités comme contre-naturelles et s’opposent avec les méthodes et les allié(e)s qu’on sait, au mariage pour tous-tes.

Les Antigones…what Sophocle?

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/chroniques-articles-section/chroniques/2828-les-antigones-what-

Les Antigones, par elles-mêmes

http://antigones.fr/qui-sommes-nous/

Une contribution d’un professeur de philosophie en classes préparatoires, Philippe Touchet

http://lyc-sevres.ac-versailles.fr/soirees09-10.PhT.tragedie.pdf

On lira avec profit, et en édition de poche, Les Antigones, de Georges Steiner.

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A y regarder de près, on retrouve au sein des Antigones des militantes identitaires de NAVNAL présentes au happening lyonnais, d’autres présentes à l’initiative d’interpellation de l’UMP par le Bloc identitaire, médiatisée ici et d’autres militantes identitaires pas nécessairement connues pour être au Bloc identitaire (mais dans les réseaux Europe jeunesse).

Ni à vendre ni à louer, Les Antigones… les militantes de la mouvance identitaire passent à l’action

http://lespapiersanthumes.wordpress.com/2013/05/27/ni-a-vendre-ni-a-louer-les-antigones-les-militantes-de-la-mouvance-identitaire-passent-a-laction/

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 Pour un mouvement antifasciste européen avant qu’il ne soit trop tard…

25 mai par Yorgos Mitralias

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L’approfondissement et la généralisation de la crise à –presque- toute l’Europe Unie fait qu’il soit désormais possible d’appréhender non seulement la dynamique et les caractéristiques de cette crise, mais aussi les tâches que devrait assumer en toute priorité la gauche qui ne se rend pas et persiste à résister.

1. C’est ainsi que dorénavant on peut parler d’une tendance à la « grécisation » -au moins- du sud européen, dans la mesure où les uns après les autres des pays comme l’Espagne, l’Italie ou même la France voient leur paysage politique en train d’être bouleversé très profondément à l’instar de ce qui se passe en Grèce depuis 2-3 ans. À des degrés divers, mais de façon de plus en plus claire, le pilier de leur système politique, c’est-à-dire leur bipartisme traditionnellement triomphant entre en profonde crise (France, Espagne…) ou même s’effondre (Grèce, Italie…) au profit des forces politiques, jusqu’alors souvent inconnues, appartenant aux deux extrémités de l’échiquier politique. En un temps record, leurs deux grands partis néolibéraux de droite et de gauche qui s’alternaient en toute sécurité au pouvoir et totalisaient 70%, 80% ou même plus des voix, reculent ou pire, se décomposent additionnant désormais moins de 50%, 40% ou même… 30% des préférences des citoyens.

2. Bien que la droite classique subisse aussi les conséquences de la désaffection des citoyens, c’est pourtant la social-démocratie qui en est sa victime principale. Les partis sociaux-démocrates s’effondrent partout (Grèce, Espagne, Italie, France, Allemagne…) et, signe des temps, ils n’arrivent plus à profiter de l’usure de la droite quand elle est au pouvoir. Ils reculent fortement même quand ils sont à l’opposition !

En somme, on assiste à une crise sans précédent de la social-démocratie qui a toutes les caractéristiques d’une crise… terminale ! La conséquence est historique et cataclysmique : étant amputé d’un de ses deux piliers, le bipartisme qui garantissait la stabilité politique et le bon fonctionnement d’un système fondé sur l’alternance au pouvoir des partis néolibéraux, reste suspendu en l’air, ne fonctionne plus. Alors, dans ces conditions, la crise de régime n’est pas loin…

3. Force est de constater que la gauche européenne n’est pas aujourd’hui en état d’incarner les espérances des citoyens en colère qui sont en train d’abandonner les partis jusqu’à hier dominants. Sauf en Grèce avec SYRIZA, nulle part ailleurs en Europe la gauche n’a ni la crédibilité, ni la force organisée et l’ancrage social, et surtout ni la capacité pour inspirer les masses qui se détournent des grands partis bourgeois tout en radicalisant leur rejet de l’ordre établi.

La conséquence de l’actuelle impuissance de la gauche européenne face à la crise généralisée du système de domination bourgeois ne peut pas se résumer à la prévision que la gauche ne va pas profiter de cette crise cataclysmique du capitalisme. Malheureusement, il y a désormais bien pire que ca. Ce qui se profile déjà à l’horizon européen est que cette crise historique combinée à l’actuelle impuissance de la gauche pourrait très bien conduire à ce que des pans entiers d’une société aux abois et désorientée se tournent finalement vers l’extrême droite ou même des forces néo-fascistes et néo-nazies pour exprimer leur révolte anti systémique !

4. Simple hypothèse de travail ? Non, c’est exactement ce qui commence déjà à se produire dans un nombre toujours croissant des pays européens. Maintenant, il ne s’agit plus de l’ « exception grecque » qui a vu l’éclosion et le développement foudroyant des néonazis de l’Aube Dorée. Maintenant, il s’agit d’un véritable raz de marée d’extrême droite, ou tout au moins de l’euroscepticisme réactionnaire (Allemagne, Angleterre), même dans des pays du nord européen encore relativement épargnés par la crise de la dette et les politiques d’austérité !
Encore plus important que la presque généralisation du phénomène est le fait que maintenant l’extrême droite fait une percée historique dans un grand pays comme la France, qui a toujours marqué l’histoire de notre continent. Et même là où l’extrême droite reste toujours marginalisée (Italie, Espagne, Belgique…), la crise sociale et la fragilité politique sont telles que la situation pourrait évoluer au profit de l’émergence d’une force d’extrême droite en un temps-record, d’autant plus qu’il faudra désormais tenir compte de l’effet de contagion…

5. En somme, dorénavant sont présents en Europe tous les ingrédients d’une crise sociale et politique sans précédent depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous rapprochant plutôt de l’entre deux guerres et de ses « démons », bien que le monde actuel a énormément changé depuis les années 1930…

Cependant, les ressemblances avec l’entre deux guerres ne se limitent pas à la situation « objective ». Malheureusement, on voit le « facteur subjectif », la gauche non social-démocrate d’aujourd’hui, faire preuve de la même incapacité de la gauche d’alors de comprendre ce qui se passe aux tréfonds de la société, et de réagir en conséquence. La conclusion doit être catégorique : bien qu’impétueuse, ce n’est pas la montée de l’extrême droite qui fait peur. Ce qui est effrayant et détermine les tâches d’aujourd’hui et de demain est plutôt l’incapacité ou l’impossibilité de la gauche non seulement de résoudre la crise à son profit, mais même de faire barrage à cette montée de la réaction et de l’extrême droite !

6. Alors, si le diagnostic est bon, que devons-nous faire, si évidemment on refuse toute attitude passive et fataliste et on choisit de se battre avant qu’il ne soit trop tard ? La réponse parait évidente : il faut au plus vite rassembler toutes les forces disponibles de par l’Europe -est et ouest, nord et sud- afin de mener un combat à long terme contre l’extrême droite montante, néofascisme et néonazisme inclus.

7. Pour faire sens, et surtout pour pouvoir donner des résultats tangibles, ce rassemblement antifasciste européen doit être à la fois unitaire et radical, de masse et démocratique. Toute approche sectaire qui préfère exclure plutôt qu’unir, trahit une profonde incompréhension ou sous-estimation de la gravité de la situation, qui impose la constitution d’un front unique de tous ceux, sans exclusives, qui sont disposés à combattre la peste brune. Les leçons de l’entre deux guerres, celles de l’Italie des années 20 et celles de l’Allemagne des années 20 et 30, sont ici pour nous rappeler que le chemin le plus court vers le suicide programmé du mouvement ouvrier et socialiste passe par ses sectarismes et ses divisions face à la montée de l’extrême droite raciste, fasciste et nazie…

8. Pour pouvoir inspirer les antifascistes et répondre aux attentes des populations en ces temps de guerre sociale prolongée, ce rassemblement antifasciste doit être unitaire mais aussi radical. Ici, il ne s’agit pas seulement de constater que les combats contre les affameurs du peuple et contre l’extrême droite sont organiquement liés puisque l’extrême droite défend –en dernière analyse- le système et ses fondements économiques. Il s’agit de tenir compte de la révolte, même si elle est confuse et partielle, des victimes des politiques d’austérité contre le système qui les génère et le personnel politique qui les applique. Car c’est la « modération » d’une certaine gauche, perçue –à juste titre- par la population comme « mollesse » et refus de traduire en actes les belles paroles de gauche, qui fait tourner les masses paupérisées et désespérées vers les fascistes et autres extrémistes de droite presque partout en Europe…

9. Unitaire et radical, ce rassemblement antifasciste européen doit impérativement être aussi démocratique, fondé sur l’auto-organisation des citoyens. Pourquoi ? Parce que seuls les citoyens et citoyennes mobiliséEs peuvent combattre et battre l’extrême droite et parce que la conditionsine qua non pour qu’ils se mobilisent est qu’ils décident eux-mêmes de leur combat, de ses objectifs et de ses formes d’action. En somme, qu’ils prennent leur destin en main…

10. Mais il y a plus que ca. Si on veut se battre avec des chances de succès contre l’extrême droite, on doit le faire partout, en permanence et surtout de façon globale, sur tous les terrains, sans négliger aucun champ de bataille. Car il ne s’agit pas seulement d’affronter dans les rues les troupes d’assaut et autres milices et bandes racistes et néofascistes, mais aussi les énormes ravages que fait dans les esprits et les comportements la contre-révolution néoconservatrice, le retour de la pire réaction raciste, antisémite, homophobe et antiféministe et chauvine. Et tout cela parce que la montée actuelle d’une extrême droite de masse ne tombe pas du ciel, elle a été préparée par l’empoisonnement méthodique des nos sociétés par les « valeurs » égoïstes et antihumaines de la contre-révolution néolibérale, patriarcale et en dernière analyse, misanthrope et barbare.

11. Autrement dit, il n’est pas possible de se dire antifasciste tant qu’on n’est pas en guerre contre les piliers et la raison d’être de l’extrême droite, c’est-à-dire le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, le chauvinisme, le sexisme, et aussi le culte de la violence aveugle, du machisme et de l’intolérance. En quelques mots, une organisation politique ou autre ne peut pas pratiquer un antifascisme conséquent tant qu’elle reste homophobe, patriotarde, machiste ou… fait même parader ses militants au pas de l’oie.

Alors, qui peut donner toutes ces batailles quotidiennes sinon les premiers intéressés, les citoyens/ennes eux-mêmes, là où ils travaillent, habitent, étudient, se manifestent, nouent des rapports entre eux, s’aiment. La conclusion parait évidente : pour être efficace, l’antifascisme ne doit pas être l’affaire des appareils mais des citoyens auto-organisés partout où ils exercent leurs activités en tant qu’êtres sociaux. Un antifascisme qui ne s’attaquerait pas à tous les aspects de la contre-révolution réactionnaire en marche et qui se limiterait à combattre seulement ses épiphénomènes, serait condamné d’avance à l’impuissance…
12. Mais attention : vue l’extrême urgence d’une situation déjà critique, le vrai dilemme actuel n’est plus agir ou ne pas agir contre la menace grandissante d’extrême droite. Maintenant, il s’agit de se décider et d’agir vite, le plus vite possible, car on a déjà perdu énormément de temps précieux tant en Grèce et en Hongrie qu’ailleurs. Qu’on arrête donc de nous mettre en garde en nous disant qu’il ne faut pas laisser le serpent brun sortir de son œuf. Malheureusement, cet avertissement ne sert plus à rien car cela fait déjà longtemps que le serpent est non seulement sorti de son œuf mais qu’il est devenu un monstre qui se balade dans les rues semant la terreur au moins dans plusieurs de nos pays européens !…

Alors, décidons-nous vite et agissons ! Produit d’une initiative pour le moins atypique, leManifeste Antifasciste Européen * a le grand mérite d’exister et de nous mettre tous et toutes devant nos responsabilités. L’heure n’est plus ni à l’indécision des uns ni au fatalisme et à la passivité des autres. Elle n’est plus au sectarisme de ceux qui refusent de comprendre que seulement tous et toutes ensemble nous aurons la crédibilité nécessaire pour inspirer la volonté antifasciste des grandes masses citoyennes. L’heure est à l’unité et à l’action antifasciste, l’heure est à la création du mouvement antifasciste européen. Aujourd’hui ! Demain, il sera peut être trop tard…

* Campagne espagnole : www.antifascismeuropa.org
Campagne grecque : www.antifascismeuropa-ellada…
Campagne française : www.manifesteantifascisteeur…
Campagne slovène : www.odbor.si/antifa

 Appel des quartiers populaires pour la 6e République !

Nous, les populations des Quartiers Populaires, sommes la première cible des attaques économiques et des politiques d’austérité imposées par les libéraux de tous bords depuis 30 ans.

Nous servons de boucs émissaires à la crise économique et subissons de plein fouet le racisme distillé par le Front National et repris en chœur par l’UMP avec des suites jusque dans la politique du gouvernement PS. Le chômage de masse qui sévit au sein de nos familles est la conséquence de l’avidité des actionnaires mais ce sont nos supposées« origines », « culture » et même « religion » qui déchaînent la violence verbale des médias et de nombreux politiciens.

Aujourd’hui la diversion ne fonctionne plus ! Il est maintenant limpide que ces « belles personnes » de la politique, des médias, de l’industrie et de la finance partagent et défendent les mêmes intérêts : l’argent, le profit pour eux-mêmes et les leurs. Leurs liens avec la finance sont dévoilés au grand jour alors que rien n’est fait pour combattre la fraude et l’évasion fiscale des puissants. Les partis politiques prônant l’économie de marché ont pour moteur le profit individuel. A eux d’assumer la misère qu’ils engendrent ! A nous d’œuvrer pour l’intérêt général, le nôtre !

Marre de ce système ! Marchons pour un grand coup de balai et pour la 6e République ! Ni la couleur de peau, ni la tenue vestimentaire, ni la langue de nos parents ou notre pays d’origine ne sont responsables de la situation économique et politique lamentable du pays dont nous portons les dramatiques conséquences. Nos Quartiers sont depuis 30 ans les laboratoires de la gestion de la misère : contrôle policier, attaques des droits sociaux, destruction des services publics, clientélisme ; et de son exploitation maximum : travail précaire, spéculation immobilière, discriminations.

En première ligne, militant-es et habitant-es des Quartiers nous nous battons quotidiennement pour l’accès aux droits et à l’égalité. Notre colère et notre volonté de renverser les privilèges doivent, plus que jamais, trouver la voie de la construction, de la solidarité et de l’intelligence. Nous voulons faire face à l’individualisme, à la haine de classe et aux stigmatisations religieuses et culturelles.

Nous savons désormais que les dirigeants actuels sont moins aptes que nous à régler les crises économiques et institutionnelles. Nous savons qu’ils ne défendent pas nos vies mais leurs intérêts. Nous sommes révoltés par le mépris et l’arrogance de l’oligarchie quand tous les jours la précarité est le quotidien de millions d’entre-nous.

Il est temps de reprendre la main sur nos vies et d’envisager des destins dignes et humains en devenant acteurs face à ce régime politique en perdition : nous, habitants des Quartiers Populaires, militants politiques, bénévoles d’associations, syndicalistes, acteurs, sportifs et citoyens, appelons à participer à la grande marche citoyenne pour la 6e République. Rejoignez-nous dès le 5 mai 2013 pour agir ensemble et reprendre le pouvoir !

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Autres appels récents:

L’appel de la Fondation Copernic

Appel de jeunes chercheurs pour la 6ème République

L’appel du monde de l’Agriculture à la marche du 5 mai contre l’austérité et la finance et pour la 6ème République

Appel du Front de Gauche Afrique à la grande marche citoyenne du 5 mai pour la VIème République

110 PERSONNALITES QUI MARCHERONT LE 5 MAI

 Luttes ouvrières: chacun pour soi, ou solidarité ouvrière internationale?

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B.A. BA marxiste
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

L’article ci-dessous, paru dans la Voix du Nord, et reproduit sur la page fesse-bouc de la CGT-Bridgestone, est la preuve de l’impasse chauvine dans laquelle le syndicalisme comme les partis politiques et des gouvernants se mettent en défendant l’emploi des travailleurs, pays par pays, dans le cadre des États-Nations, au détriment de la nécessaire lutte internationalement organisée des salariés de tous les pays et continents, contre leur ennemi capitaliste, lui-même mondialement organisé.

C’est l’anarchie capitaliste qui fait que l’Europe produit “8 millions de pneus en trop“, car, au lieu que la production soit organisée en fonction des besoins préalablement recensés, elle se fait en fonction du profit espéré. C’est ce phénomène de cycles économiques qui font se succéder, comme si c’était des phénomènes naturels, des phases de récession, et des phases d’expansion de la production.

Les capitalistes, à la recherche du profit maximum, délocalisent vers des pays où le salaire est le plus bas, licencient ailleurs ou ferment des usines.

Quand La Voix du Nord se réjouit en écrivant :
La fermeture de l’usine de Bari a rassuré les salariés béthunois.“, il serait contre-producteur que les salariés béthunois, en concluent que c’est “leur emploi”, d’abord, qui doit être défendu contre celui de leur camarades russes, vietnamiens et hongrois.

On ne peut sortir de ce piège nationaliste qui oppose les travailleurs les uns aux autres (ce qui, entre parenthèses, est contenu dans la prétendue “patrie citoyenne” de Mélenchon et du Front de gauche) entre pays différents et concurrentiels, qu’en posant la question de la planification internationale de la production en fonction d’un calcul rationnel des besoins, contre la loi du profit maximum, ce qui suppose tout simplement l’expropriation des propriétaires capitalistes de toute la branche!

Inquiétude grandissante à Bridgestone

Publié le 25/04/2013

Par La Voix Du Nord

« Bridgestone est frappé de plein fouet par la crise de l’automobile il livre quelques chiffres : 8 millions de pneus en trop en Europe, et 45 jours de production en moins dans le site béthunois jusqu’à la fin de l’année. Conséquences : ralentissements de la production journalière et des journées de chômage partiel.

La fermeture de l’usine de Bari a rassuré les salariés béthunois. Soulagement de courte durée. Une nouvelle entreprise est annoncée. « Le groupe nous a appris il y a huit jours l’ouverture d’une usine en Russie, à 900 km au sud-est de Moscou. Elle produira des pneus neige, ce qu’on fait à Béthune, surtout depuis deux ans, mais ces pneus, cloutables, seront spécialement conçus pour les Russes. Béthune ne devrait donc pas être inquiétée mais on est méfiant. » Christian Antoniewicz évoque l’usine en Hongrie qui va augmenter sa production journalière de 12 000 pneus en 2016 et l’usine au Vietnam qui va être opérationnelle en 2014 avec 24 000 pneus par jour destinés au marché asiatique.

Deux alternatives (sic) se présentent : adapter l’effectif au volume ou augmenter la production quotidienne pour conserver les 1 200 emplois du site béthunois. « Nous n’accepterons pas un plan d’austérité, annonce le délégué CFTC. On ne touche pas aux salaires, aux acquis et aux conditions de travail. Ce n’est pas encore le sujet mais on craint de devoir y passer. »

Note:
La CGT se moque à juste titre du délégué CFTC qui fait mine de défendre les travailleurs alors que sa centrale a signé le désastreux ANI qui organise la précarité…

 Non à la fermeture du Restaurant Universitaire Pasteur à Strasbourg

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Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées une fois de plus entre midi et deux heures devant le restaurant universitaire que le CROUS veut fermer cette semaine.

Les syndicats, partis, associations, habitants du quartier, élus présents s’opposent à cette destruction d’un lieu de vie et de rencontre entre étudiants en médecine, en archi avec les habitants du quartier populaire de la gare.

Encore une fois il s’agirait d’une grande perte d’un lieu où il est possible de manger chaud à des tarifs encore à peu près abordables malgré les hausses.

Il est à craindre qu’en cet endroit des intérêts privés succèdent aux œuvres universitaires, augmentant le profit de quelques uns au détriment de tous-tes.

Après les prises de parole des uns et des autres, tout le monde est entré pour y déjeuner en signe de solidarité avec les personnels qui y travaillent depuis des années. Souhaitons que ce ne soit pas la dernière fois!

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 Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!

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Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !

par Pierre Stambul

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.

Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.

Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.

Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.

Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.

L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».

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