Suppression du mot «race» : une première mesure qui en appelle d’autres

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Les députés examinent jeudi 16 mai une proposition de loi, à l’initiative des députés du Front de gauche, visant à supprimer le terme litigieux de « race » figurant dans une soixantaine de textes législatifs, comme cela avait déjà été proposé en 2003.

Le MRAP, qui, depuis sa création et plus spécialement depuis la loi de 1972 contre le racisme, explique, notamment dans ses interventions scolaires, qu’il n’y a qu’une race, la race humaine, se réjouit de cette initiative. C’est au nom de la prétendue existence de « races » que les crimes les plus monstrueux ont été commis dans l’histoire de l’humanité parmi lesquels l’esclavage et les exterminations massives et planifiées d’hommes, de femmes, d’enfants. Comme le disait le généticien Albert Jacquard : « Compte tenu des implications biologiques que tant d’écrits, de doctrines et de politiques ont accroché, de façon indélébile, au mot “race”, ne serait-il pas prudent de l’éliminer, comme on le fait d’un outil inutile et dangereux ? »

Comme l’ont écrit les députés Front de Gauche dans l’exposé des motifs de leur proposition de loi : « En supprimant la catégorie juridique de « races » nous cesserions de donner une légitimité juridique aux idéologies racistes et nous affirmerions, enfin, qu’elles s’appuient sur un concept qui n’a aucun fondement scientifique. »

Certes, la portée de ce vote sera purement symbolique : la suppression du mot « race » n’entrainera malheureusement pas la disparition du « racisme ».

Aujourd’hui, alors que vient de s’achever un quinquennat au cours duquel la stigmatisation, la xénophobie et le racisme se sont exprimés au plus haut niveau de l’État , alors que le concept de race revient en force dans certains discours extrémistes, la flambée du racisme et de la xénophobie a pris des proportions inquiétantes : 69 % des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22 % par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23 %. Des thèses racialistes se développent.

Le combat contre toute forme de racisme est avant tout un combat pour l’arrêt de la stigmatisation de catégories de personnes, Roms, immigrés… et un combat pour l’égalité des droits. L’existence sur le sol français d’hommes, de femmes sans droits, sans reconnaissance ne peut que prêter le flanc aux thèses racistes.

Pour le MRAP, la lutte contre le racisme passe par une vigilance de tous les jours et par la régularisation de tous les sans papiers, l’ accès des Roms à tous leurs droits de citoyens européens. Elle passe aussi par le droit de vote et d’éligibilité reconnus pour tous les étrangers vivant sur le territoire français qu’ils soient ou non européens et plus généralement par l’accès à l’égalité des droits pour tous les résidents.

Paris, le 16 mai 2013.
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 Au nom de la race et de la science Strasbourg 1941-1944

http://pluzz.francetv.fr/videos/docs_interdits_case_f3_,81331434.html

Documentaire – 55min – Diff. le 29-04-13 à 23:40
En novembre 1944, les troupes alliées découvrent en franchissant les portes du sous-sol de l’Institut d’anatomie de l’Université de Strasbourg 86 corps mutilés. Ces corps sont ceux de déportés juifs, gazés…
http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/france3-pluzz/nc/date/1.html#

 L’horrible collection anatomique strasbourgeoise du professeur Hirt [L' Alsace]

86 victimes juives du Pr Hirt au Struthof en 1941 feuille2chouphoto

http://www.lalsace.fr/bas-rhin/2013/04/27/l-horrible-collection-anatomique-strasbourgeoise-du-professeur-hirt

Dimanche 28 avril 2013 10 h
RDV devant l’Institut d’Anatomie normale à Strasbourg avec le cercle Menachem Taffel et ses amis.

VOIR
Au nom de la race et de la science, Strasbourg 1941-1944 , documentaire de 55 minutes réalisé par Sonia Rolley, Axel et Tancrède Ramonet (production Temps Noir), ce lundi 29 avril à 23 h 45 sur France 3 et le samedi 18 mai à 15 h 20 sur France 3 Alsace.

Archives
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/48844

 Supprimer le mot race dans la Constitution de 1958

L’engagement de François Hollande de retirer le mot « race » de la Constitution

par Claude Ribbe

Le 10 mars 2012, lors d’une réunion consacrée à l’Outre-mer, François Hollande déclarait :”Il  n’y a pas de place dans la République pour la race. Et c’est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot « race » de notre Constitution.”
 
Le 6 mai 2012, il était élu Président de la République par une majorité de Français qui, par leur vote, ont de fait approuvé cette initiative.
 
Les Outre-mer, en votant jusqu’à 72 % pour le candidat socialiste, ont à l’évidence très largement plébiscité la proposition de révision constitutionnelle.
 
Il y avait eu quelques réactions négatives à l’extrême droite. Elles se fondaient toutes sur le même raisonnement :
 
La suppression du mot « race » ne fera pas disparaître le racisme. Donc il ne faut pas supprimer le mot  de « race » de la Constitution.
 
C’est ce qu’on appelle en logique un sophisme : un tour de prestidigitation intellectuelle permettant d’aboutir à une conclusion non démontrée à partir d’une affirmation vraie.
 
La suppression du mot « race » de la Constitution ne fera pas disparaître le racisme. C’est évident. Mais pour en conclure qu’il ne faut pas supprimer le mot « race » de la Constitution, il faudrait préalablement admettre une autre proposition :
 
«Il ne faut rien faire contre le racisme qui ne le supprime complètement ».
 
Or valider une telle affirmation équivaudrait à dire : « Il ne faut rien faire contre le racisme ». On ne peut en effet imaginer aucune action qui garantisse sa disparition totale et immédiate. 
 
L’argument de ceux qui s’opposent à la révision constitutionnelle est donc en réalité le suivant :
 
1. La suppression du mot « race » de la Constitution ne supprimera pas le racisme.
 
2. Il ne faut rien faire contre le racisme qui ne le supprime complètement.
 
3. Donc il ne faut pas supprimer le mot « race » de la Constitution.
 
Tout ce que démontre ce sophisme assez grossier, c’est que les gens qui l’utilisent ne souhaitent pas qu’on fasse quoi que ce soit contre le racisme.
 
Voici  ce qu’on pourrait leur répondre :
 
La suppression du mot « race » de la Constitution ne fera pas disparaître le racisme. Certes.
 
Mais le racisme repose sur l’affirmation de l’existence de races humaines.
 
Or tous les scientifiques s’accordent en 2013 pour admettre que les races humaines n’existent pas, même si la génétique permet de déterminer l’origine des populations.
 
La constitution française, rédigée en 1958, à une époque où la notion de « race humaine » était admise par la communauté scientifique (et a fortiori par les rédacteurs de la Constitution) dispose que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.»
 
Ce texte signifie qu’il y a des distinctions entre les citoyens fondées sur l’origine, la race ou la religion, mais que ces distinctions ne doivent pas faire obstacle au principe d’égalité devant la loi.
 
Or s’il ne fait aucun doute que les citoyens français diffèrent par l’origine ou la religion, le fait qu’ils se distinguent aussi par l’appartenance à une «race» n’est plus aujourd’hui qu’une opinion non démontrable, susceptible en outre de justifier des comportements sanctionnés par la loi.
 
Les sondages régulièrement effectués pour le compte de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) indiquent que la part des Français déclarant que la notion de race humaine n’a aucun sens augmente chaque année et que cette évolution est liée aux progrès de l’instruction.
 
Une opinion non démontrable susceptible de justifier des comportements sanctionnés par la loi n’a pas sa place dans la Constitution.
 
De ce fait, François Hollande a parfaitement raison. Le mot de « race » doit être supprimé de la Constitution.
 
Cette suppression,  à elle seule, ne supprimera pas le racisme, mais c’est une première mesure utile.
 
Elle est par ailleurs indispensable. Le gouvernement français a annoncé à l’automne 2012 un plan de lutte contre le racisme. On voit mal comment il engagerait un tel plan en maintenant dans la Constitution un mot qui sert de fondement au préjugé qu’on veut combattre.
 
En déclarant  qu’il demanderait au Parlement de supprimer le mot « race » de notre Constitution, François Hollande avait précisé que ce serait au lendemain de la présidentielle.
 
Huit mois après l’élection, sept mois après la victoire de la gauche aux législatives qui donne par ailleurs la majorité absolue au parti socialiste, on est en droit de penser, même si cela n’a pas été explicitement annoncé lors des vœux aux Outre-mer, que la mise en œuvre de cette mesure est imminente.
 
Pour tenir sa promesse de révision, la Constitution donne à François Hollande deux moyens de ratification du nouveau texte qui devra préalablement être voté en termes identiques à l’Assemblée et au Sénat : par référendum ou par vote à une majorité des 3/5 des suffrages exprimés par les deux chambres réunies en congrès à Versailles.
 
Elles totalisent aujourd’hui 925 parlementaires dont 525 de gauche. La majorité des 3/5 correspondrait à 617 voix si tous les suffrages étaient exprimés. Dans cette hypothèse, l’apport de 92 voix de droite et du centre serait donc nécessaire pour que le mot «race» soit enfin retiré de la Constitution, conformément à l’engagement pris le 10 mars 2012.
 
On peut espérer que sur 400 parlementaires de droite et du centre un quart au moins approuverait cette proposition, même si trois-quarts s’avouaient racistes en s’abstenant ou en votant contre.

 Génération Palestine: un “check-point israélien” à Marseille

Solidarité avec le peuple palestinien dans l’espace public : de l’impartialité de nos institutions

Le 19 mai dernier s’est tenue à Marseille pour la première fois une « action checkpoint » à l’initiative de Génération Palestine et organisée par le Réseau Palestine à Marseille. L’action checkpoint consistait en l’installation d’une réplique d’un checkpoint en centre-ville, avec nos militant-e-s déguisé-e-s en soldat-e-s israélien-ne-s effectuant des contrôles de papiers, des détentions arbitraires et autres humiliations qui sont le lot quotidien de nombreux Palestinien-ne-s. L’objectif était de commémorer la Nakba qui avait lieu le 15 mai, tout en sensibilisant directement nos concitoyen-ne-s sur la réalité de l’occupation et de la colonisation en Palestine. Les passant-e-s se sont prêté-es au jeu et ont pour la plupart manifesté une curiosité certaine sur la situation en Palestine, ce qui a permis de nombreux échanges. L’action s’est donc déroulée dans un cadre règlementaire (déclaration préalable en Préfecture), conformément à ses objectifs initiaux d’information et de sensibilisation et sans débordement aucun. C’est pourquoi nous avons souhaité refaire une action checkpoint dans un autre secteur de Marseille afin de sensibiliser davantage.

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 Houria Bouteldja: décoloniser l’Europe

La Feuille de Chou publie cette intervention récente de Houria Bouteldja en Espagne, malgré un désaccord sur ceci:

Sur le plan politique. Il ne faut pas accepter comme central, le clivage de classe, c’est-à-dire avoir le courage de se positionner sur la fracture de race et mener en parallèle et/ou en articulation avec la lutte de classe, la lutte des races sociales.

mais plein accord avec le reste et en particulier ceci, expérimenté depuis les mobilisations avec Ecole pour toutes:

Convaincre les Blancs décoloniaux ou les plus proches de nous de s’organiser entre eux pour mener la lutte décoloniale à l’intérieur de leurs milieux : syndicats, associations, partis politiques… Les convaincre que c’est là la condition de l’alliance : le respect des espaces indigènes autonomes et l’abandon de la lutte exclusive contre l’extrême droite. En d’autres termes, les convaincre de s’attaquer en priorité à la décolonisation de la gauche.

 Procès BDS de Perpignan

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Intervention de l’UJFP
Intervention UJFP au procès du 24 mai à Perpignan

L’Indépendant

Nouvelle audience hier après-midi à Perpignan et nouveau renvoi du procès des trois membres de la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, Sanction), mis en examen pour avoir le 15 mai 2010, appelé et interpellé des clients dans un supermarché Carrefour, à l’aide de tracts et de banderoles, dans une grande surface “au boycott de produits israéliens”. Pour cela, Bernard Cholet, Yamina Tadjeur et Jeanne Rousseau avaient été mis en examen pour “provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personne en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée”. Si comme l’a confirmé le président du tribunal de Perpignan hier, le dossier était prêt à être jugé sur le fond après trois renvois “liés à des vicissitudes de procédures”, c’était sans compter Antoine Comte, avocat des trois prévenus, qui a soulevé une nouvelle question prioritaire de constitutionnalité comme il l’avait déjà fait le 24 janvier 2011. Cette fois-ci, cette requête était liée aux changements de délai de prescription en 2004 pour des actes dits de provocation à la haine raciale. En effet, le législateur a choisi d’allonger ce délai de trois mois à un an au moment de la 2e intifada qui a frappé Jérusalem. Pour l’avocat de la défense, cela pose le problème de “l’égalité de traitement en considérant qu’il ne peut exister plusieurs types de provocation à la haine raciale”. A noter que le même avocat, et pour des faits semblables, avait soulevé la même question et le tribunal de Mulhouse et de Bobigny avaient rejeté cette requête respectivement au mois de novembre et mai dernier. La partie civile et le procureur de la République ont rejeté cette question jugeant “le législateur dans son droit en mettant en place diverses infractions”.

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