Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme [PCHR]: La vie est une catastrophe maintenant

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Centre palestinien pour les droits de l’homme

RÉCITS

“La vie est une catastrophe maintenant”

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Najwa, photographié à son domicile dans le Gaza Strip

Najwa Alyan Awad Abu Daqqa (50) est une femme palestinienne qui vit dans la banlieue rurale de Khan Yunis dans la bande de Gaza. Najwa a été grièvement blessé dans une attaque de drone israélien lors de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza en Novembre 2012. 102 civils palestiniens ont été tués pendant l’offensive militaire de 8 jours, le nom de code «Opération Pilier de la Défense», qui a duré du 14 au 21 Novembre 2012. A 649 autres civils palestiniens ont été blessés, dont 97 femmes et 222 enfants. [1]

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 Goodyear – Arcelor même combat !

Goodyear: la CGT appelle le gouvernement à cesser de “pointer du doigt” des syndicalistes

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/goodyear-cgt-appelle-gouvernement-cesser-pointer-doigt-des-syndicalistes-343754

Appel à mobilisation pour la journée du 12 février:

http://blog.cgt-goodyear-nord.com

Le 12 février 2013 nous serons très nombreux à être présents devant le siège de GDTF à RUEIL MALMAISON, nous rappelons notre objectif :

Depuis ce matin nous ne cessons d’entendre que les Goodyear vont se réunir pour en découdre avec les forces de l’ordre, le ministre de l’intérieur commente des rumeurs, JAMAIS la CGT Goodyear n’a eu cette démarche bien au contraire, nous avons toujours appelé au calme et surtout ne pas tomber dans la provocation qui sera c’est sur omniprésente…

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Tous les patrons qui annoncent des restructurations ne cessent de dire que la CGT chez PSA, Goodyear, est irresponsable, alors que sans nous il y a belle lurette que les usines seraient fermées, les médias qui ne sont que le bras armé du gouvernement reprennent en boucle la désinformation totale pour continuer à criminaliser l’action de ceux qui se battent contre des patrons voyous pour leurs emplois !!!!

Nous n’entendons aucun commentaire sur la fermeture du site de CLAIROIX où les gars avaient tout accepté, rien non plus sur MOLEX, mieux encore des soit disant analystes économiques qui ne connaissent rien au dossier Goodyear, affirment sur toutes les chaines que le site de Dunlop Amiens tourne du feu de dieu, alors que nous savons tous que celui-ci à perdu 65% de sa production et que son avenir est plus qu’incertain !!!!

Nous sommes VICTIMES, d’une cabale, le MEDEF, le gouvernement et certaines centrales confédérales (cfdt, cgc, cftc) s’unissent pour essayer de détruire les seuls qui résistent à la casse organisée de notre industrie.

Ils veulent coûte que coûte nous détruire, nous avons le 29 janvier 2013 réuni plus de 20 entreprises dans la rue pour demander au gouvernement de tenir les promesses faites lors de la campagne électorale de 2011, l’union des salariés qui sont comme nous victimes est un DANGER pour tout le système, car le MEDEF comme le gouvernement et les autres qui se disent syndicalistes font cause commune !!!!

 

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 Le proviseur du lycée Le Corbusier d’Illkirch-Graffenstaden critique des médias

A la suite de la publication le 6 février d’un papier sur un vol à l’arraché, le proviseur du lycée mentionné a demandé et obtenu une précision de la part des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Je m’étonne qu’une communauté scolaire accueillant 1350 élèves, 610 apprentis et 360 adultes puisse être citée alors qu’elle est étrangère à cette affaire. Je n’ai jamais remarqué que quand des adultes étaient impliqués dans des affaires pénales, leurs employeurs étaient systématiquement désignés.

En effet, mais cette pratique du Journal est assez fréquente lorsque des faits divers concernent des personnes de nationalité étrangère, alors même que ne sont pas marqués “Alsaciens” ou “Français” les autres…

Lu dans le Chournal

par A.P., publié le 06/02/2013 à 05:00

Illkirch-Graffenstaden Vol à l’arraché Une femme de 86 ans hospitalisée

Une femme de 86 ans est actuellement hospitalisée à Illkirch-Graffenstaden à la suite du vol à l’arraché de son sac à main jeudi dernier. Quatre mineurs ont été interpellés. Trois d’entre eux sont toujours en garde à vue.

Selon les policiers de la sûreté départementale, les images du centre de supervision vidéo (CSV) sont impressionnantes. Lorsque l’agresseur s’empare de son sac, la victime qui se trouve à l’arrêt de tramway Lixenbuhl est projetée en l’air. Elle chute ensuite lourdement au sol.

Souffrant de fractures à l’épaule et à la pommette, l’octogénaire a été transportée au centre de traumatologie et d’orthopédie d’Illkirch-Graffenstaden, où elle est toujours hospitalisée. Dix jours d’incapacité totale de travail lui ont d’ores et déjà été délivrés.

Un butin de 30 euros

Grâce aux caméras, les enquêteurs ont rapidement pu identifier un groupe de trois jeunes gens présents lors de l’agression. Interpellés et interrogés, ils ont livré le nom du voleur qui était avec eux. Ce dernier a été appréhendé lundi.

Âgés de 16 à 17 ans, les quatre adolescents sont scolarisés au lycée Le Corbusier d’Illkirch-Graffenstaden. L’un d’entre eux a été mis hors de cause et remis en liberté.

Les trois autres étaient encore hier soir en garde à vue dans les locaux de l’hôtel de police de Strasbourg.

L’auteur des faits aurait agi par manque d’argent après avoir été encouragé par l’un de ses camarades. Le troisième aurait récupéré le butin de 30 euros.

Tous trois doivent être déférés aujourd’hui devant le parquet des mineurs.
par A.P., publié le 06/02/2013 à 05:00

 Le sécuritaire médiatico-judiciaire pris la main dans le sac par le DDSP 68 et un avocat

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L’Alsace

Nous relations dimanche soir que des CRS avaient été assaillis samedi soir à l’aide de cocktails Molotov, rue de Dieppe à Mulhouse. Le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) Alain Martinez nous a précisé hier que sur cinq cocktails Molotov lancés en tout, seuls deux ou trois ont atteint un fourgon de CRS et qu’aucun n’a explosé. Quant à l’« arsenal » découvert sur place, le DDSP indique qu’il se résume à deux autres cocktails Molotov prêts à l’emploi, plus un mortier d’artifice.

le 28/01/2013 à 18:56

Mulhouse Interpellation houleuse Relaxe pour tous

Le 12 janvier dernier, les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Mulhouse étaient pris à partie lors d’un contrôle à Bourtzwiller. Cinq personnes étaient interpellées. Hier le tribunal en a relaxé quatre.

Dernières Nouvelles d’Alsace

Les faits s’étaient déroulés au niveau de l’arrêt Saint-Nazaire à Bourtzwiller. Les policiers de la BAC avaient tenté ce samedi-là, vers 16h, de contrôler un individu sans casque sur un scooter (voir DNA du 16/01). Mais ce dernier s’était joué d’eux. Des petits groupes se seraient alors formés et auraient commencé à prendre à partie les fonctionnaires. Au final et après l’intervention des CRS, cinq individus (un mineur et quatre majeurs) avaient été interpellés.

Déférés au parquet à l’issue de 48 heures de garde à vue, les quatre majeurs avaient été relâchés après un passage devant le juge des libertés et de la détention, mais placés sous contrôle judiciaire jusqu’à l’audience d’hier. Ils étaient principalement poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ».

« Ce dossier ne tient pas la route »

Lors de l’audience, un des avocats de la défense, M e Jean-Louis Colomb, a vivement dénoncé cette « cabale contre des jeunes du quartier », estimant que « ce dossier ne tient pas la route » et que « le parquet aurait dû avoir le courage de l’admettre en abandonnant les poursuites ». Point par point, il a souligné les incohérences, les amalgames mais a également mis le doigt sur les interpellations musclées (utilisation de flash-ball, de lacrymogènes et des tonfas), même si le contexte était dangereux et sous tension.

Le parquet a reconnu qu’il y avait « des éléments non caractérisés dans ce dossier ». Au final, le tribunal a relaxé les quatre protagonistes de cette affaire. Un seul devra s’acquitter d’une amende de 200 € pour avoir été en possession de trois grammes de shit.

 Compétitivité, flexibilité à l’ère «hollandiste»

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par Gérard Deneux
A contrecourant

Ce que l’on veut nous faire croire, en brandissant le manque de compétitivité dont souffrirait l’économie française face à ses concurrents, consiste à faire admettre le besoin d’allègement massif des «charges» sociales (voir encart «Rappel») que subirait le patronat ainsi que la nécessaire suppression des contraintes réglementaires qui l’empêcheraient de s’adapter à la concurrence : la flexibilité des salariés serait donc requise pour mieux s’ajuster à la demande. Derrière cette novlangue il y a la réalité d’une stratégie dite de croissance partagée par les gouvernants. De Sarko à Hollande rien de changé fondamentalement. Quand l’un jurait qu’il allait «chercher la croissance avec les dents» le suivant promet qu’il «va redonner des chances à la croissance». Tous les deux brandissent les mêmes recettes : réduction des dépenses de l’Etat, donc des services publics et diminution des charges et contraintes qui pèseraient sur le capital. Sauf que la majorité dite de gauche entend aller plus loin et taper plus fort que Sarko sous la pression de Merkel, de la Troïka et la menace des marchés. Pour démontrer la supercherie de cette construction rhétorique, il convient d’abord de saisir la réalité qui réside derrière les mots compétitivité, flexibilité afin d’en souligner la logique antisociale.

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 La ZAD contre attaque : tous à la ZAD

http://zad.nadir.org/spip.php?article417

Qu’à partir de maintenant un maximum de personnes affluent à la ZAD

Depuis le 15 octobre, les quelques hectares de bocage au sud de Notre-Dame-Des-Landes sont le théâtre d’une guerre bien singulière. La préfecture a déclenché les procédures d’expulsions des lieux occupés sur cette zone en lutte depuis 40 ans contre la construction du nouvel aéroport de Nantes. La démesure des forces engagées (500000 euros, 1500 policiers, sans compter les pelleteuses, camions-bennes, etc. et les ouvriers attachés) n’a pourtant pas suffit à expédier une opération censée durer 48 heures. En effet, sur place, la réaction a été immédiate et organisée : de nouvelles barricades surgissent quand d’autres sont renforcées, toutes sont défendues et les habitants voient affluer les renforts des villes alentours par dizaines. Le conflit prend des allures de guerre irrégulière, où l’invincibilité et le surnombre apparent des forces de l’ordre est mis à mal par le terrain en faveur des opposants. Là où les cars ne connaissent que routes et barrières, nous nous frayons des chemins à travers le maïs et les haies, apparaissons et disparaissons à notre aise dans un espace qu’ils ne peuvent pas comprendre à partir de leurs outils. Les haies sont les murs derrière lesquels nous nous cachons, les bois deviennent les foules dans lesquelles on se disperse, les chemins de terre se transforment en ruelles jonchées d’arbres tronçonnés. Quand certains tiennent les barricades stratégiques, d’autres groupes mobiles peuvent perturber les déplacements et les interventions policières. La communication entre les groupes est bien rodée : une radio (107.7 fm) et des talkies relais diffusent les informations relatives à l’ennemi, les besoins de chaque lieu et les nécessités de renforts.
Les présences là-bas peuvent véritablement varier selon les envies de chacun. Se prêter à ce jeu tactique dans la boue ou préparer des vivres pour tenir la durée du combat sont le plus évident. Il serait aussi possible d’empêcher les flics de dormir à coup de casseroles devant leurs hôtels, ou simplement se déplacer dans la zone pour faire masse et les empêcher de nous isoler. Qu’on ne s’y trompe pas, si toutes les hypothèses ont pu prévaloir par le passé sur les méthodes à utiliser pour combattre le projet, il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul front, et c’est celui, concret, qui s’est ouvert il y a deux semaines.
Cet appel s’adresse à tous ceux qui ne peuvent pas se faire à la destruction de cet espace par la construction d’un aéroport, à tous ceux qui ont passé des heures à fantasmer devant des films sur la possibilité du maquis, à tous ceux qui ont envie de se lancer dans un jeu de pistes où les enjeux (et les risques) sont bien réels. Pour venir, le mieux est d’arriver bien équipé : bottes, k-way, sac de couchage, un peu de nourriture, lampes de poche, carte IGN, des chaussettes de rechange, des tronçonneuses et des pioches, de quoi se masquer le visage (la police fime beaucoup), des masques à gaz, des lunettes de plongées et du maalox contre les lacrymogènes etc. Venir se battre à la ZAD c’est aussi avoir en tête que la temporalité est souvent incertaine : entre les batailles et les mauvais coups, le temps s’effile, on cherche quoi faire. Y venir implique d’être déterminé à jouer se propre partie tout en se tenant attentif à tout ce qui participe de la situation.
Les dernières nouvelles venant de là-bas sont bonnes. Trois des lieux expulsables à partir de demain (samedi 27 octobre) ont eu des délais supplémentaires. Jusqu’au 15 novembre pour les Rosiers et jusqu’au 27 décembre pour la Sécherie. Quant à la Saulce une grande Street-Party est organisée à partir de ce soir et pendant tout le week-end. Un campement légal sera monté à proximité avec de quoi dormir, manger et se retrouver. Cependant tous ceux qui disposent de barnums, chapiteaux, cantines, sonos puissantes ou tout autre aide logistique sont invités à nous rejoindre.
Liens:: https://maisondelagreve.boum.org/

 Dix ans après la fermeture du camp de Sangatte, plus de répression que jamais à Calais

http://www.gisti.org/spip.php?article2928

À Calais, la police a mis à sac le 25 septembre 2012 le lieu de distribution des repas qui avait jusqu’alors bénéficié d’une relative immunité. Des organisations humanitaires pouvaient ainsi y assurer une minimum d’assistance aux exilés et demandeurs d’asile abandonnés à la rue. Près d’une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en rétention.

En décembre, il y aura dix ans que Nicolas Sarkozy détruisait le tristement célèbre camp de Sangatte, annonçant urbi et orbi que cette fermeture entraînerait l’arrêt de toute nouvelle arrivée d’étrangers sur les rivages de la Manche et de la Mer du Nord. Comme la prophétie ne s’est évidemment pas réalisée, il a ensuite chargé MM. Hortefeux, Besson et Guéant de rendre invisibles celles et ceux qui mettaient à mal ses prévisions à coup d’opérations policières. Sous la présidence de François Hollande, rien ne change. Au lieu de tirer des conclusions réalistes de l’échec des prédécesseurs, on poursuit leur stratégie en la durcissant. On s’attaque même au dernier espace humanitaire où les exilés pouvaient espérer un peu de paix et de réconfort.

Chasse aux Roms, poursuite des expulsions, persécution aggravée des exilés du Calaisis… On pouvait pourtant s’attendre à un peu plus d’intelligence et à moins de répression et de violence de la part du nouveau gouvernement.

Parmi les victimes de la dernière opération policière en date – Afghans, Érythréens, Somaliens ou Soudanais -, se trouvaient aussi des Syriens. D’un côté, la France plaide à juste raison pour le respect des droits fondamentaux à l’extérieur de son territoire. De l’autre, elle s’en prend à celles et à ceux qui recherchent sa protection à l’intérieur de ses frontières. Quelle cohérence ?

Les organisations signataires expriment leur consternation et leur indignation à l’égard de cette lamentable politique. Ils appellent solennellement les autorités de l’État à renoncer à la violence.

Le 28 septembre 2012

Premiers signataires :
Association des Marocains en France (AMF) – Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) – Attac – Auberge des migrants (Calais) – Calais Migrant Solidarity – Collectif de soutien des exilés (Paris) – Associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (Fasti) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Fraternité Migrants Bassin Minier 62 – Groupe d’information et de soutien des immigré·es (Gisti) – Groupe non violent Louis Lecoin (Dunkerque) – Ligue des droits de l’homme – la Marmite aux Idées (Calais) – Migreurop – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – No Border – Solidaires (Union syndicale) – Sortir du Colonialisme – SUD Education – Syndicat de la magistrature – Terre d’errance Flandre Littorale – Terre d’errance Norrent-Fontes (62) – Terre d’Errance Steenvoorde (59) – T’OP ! Théâtre de l’Opprimé (Lille) – Union Démocratique Bretonne

avec le soutien de : Alternative libertaire, Fédération pour une Alternative sociale et écologique (FASE), Gauche anticapitaliste, Les Alternatifs, Nouveau Parti anticapitaliste, Parti de Gauche

 Les femmes à Gaza: combien la vie a changé

Avec le blocus, le conservatisme monte, tout comme le chômage, la pauvreté, la dépression et la violence domestique

http://www.guardian.co.uk/world/2012/jul/30/women-gaza-life-changed

Angela Robson guardian.co.uk,

Lundi 30 juillet 2012 15.30 EDT Azza al-Kafarna: « Les femmes se couvrent plus car elles ont peur » Photograph: Simon Rawles

Eman, 23 ans est vêtue de noir et voilée d’un jilbab et vit dans une bicoque qui s’effondre à la limite de la ville de Gaza. Elle a quitté l’école à 10 ans et sept ans plus tard, elle était mariée, avec un bébé-fille. Un égout ouvert coule devant sa porte d’entrée. Quand il pleut, des ordures coulent dans sa cuisine. « Avant le blocus, mon mari gagnait bien sa vie en travaillant en Israël, » dit-elle. « Avec le blocus, tout ça a stoppé. Quand il ne trouve pas un travail et que nous n’avons rien à manger, il me le reproche. Il est comme un animal fou. Je reste tranquille pendant qu’il me frappe. Ensuite, il pleure et dit, que s’il avait un boulot, il ne me battrait pas ». Il y a cinq ans que le Hamas a pris le contrôle de la Bande de Gaza et qu’Israël a renforcé le siège du territoire. Beaucoup d’hommes se sont retrouvés sans emploi d’un jour à l’autre et ce sont les femmes qui ont fini par faire les frais de la frustration de leurs maris. En plus de s’attacher à leur rôle traditionnel de s’occuper des enfants, le blocus a forcé un grand nombre de femmes à devenir les soutiens de famille, tout en restant avec leur mari dont beaucoup souffrent de dépression. La violence contre les femmes a atteint un niveau alarmant. Une étude de décembre 2011 du Bureau central palestinien des statistiques, PCBS, a révélé que 51% de toutes les femmes mariées à Gaza ont subi la violence de la part de leurs maris dans les 12 mois écoulés. Deux tiers (65%) des femmes interrogées pour l’enquête par PCBS ont dit préférer garder le silence sur la violence chez elles. Moins de 1% a dit qu’elles allaient chercher de l’aide. Mona, mon interprète de 22 ans est étonnée quand je demande plus tard quel soutien existe pour des femmes comme Eman. « Si son mari, ou en fait quelqu’un dans la famille, apprenait qu’elle en a parlé, elle serait battue ou tuée. Quand à des endroits où des femmes peuvent courir pour trouver la sécurité, je n’en connais aucun. » A première vue, Eman a peu en commun avec Mona, sauf leur âge. Cette dernière vient de sortir de l’université, parle couramment l’anglais et porte une blouse en soie jaune-canari et des jeans serrant avec un grand sac à main élégant. Jusqu’à il y a quelques années, des femmes comme Mona étaient la norme à Gaza et pratiquement personne ne questionnait leur choix de vêtement et leur indépendance. Aujourd’hui, avec le blocus qui écarte 1,6 millions de Palestiniens du reste du monde, le conservatisme domine fortement la vie quotidienne. Il a aussi conduit à un chômage en flèche parmi les hommes – plus de 45% de gens en âge de travailler sont sans emploi, un des plus élevé du monde. « Les défis du chômage, la peur de la violence et les restrictions de mouvement peuvent souvent signifier que les femmes et les enfants sont la fin ultime de la frustration des hommes, » dit Ghada al-Najar de Oxfam Gaza. « Il existe beaucoup de raisons pour lesquelles la violence domestique est en augmentation, y compris le traumatisme psychologique, le sentiment d’être piégé, et une pauvreté rampante ». Azza al-Kafarna est une militante des droits des femmes de Gaza et gestionnaire de la nouvelle agence Ramattan, qui s’est ré-ouverte récemment après trois ans de fermeture par le Hamas. Agée de près de cinquante ans, elle fait partie d’une minorité de femmes qui teste les limites de la liberté par les vêtements et le comportement. Elle refuse de porter un foulard et quand nous nous rencontrons dans un restaurant à la plage de la ville de Gaza, elle porte un pantalon ajusté et une blouse cerise. En montrant par la fenêtre un groupe de femmes en jilbabs noirs et foulards se promenant lentement le long de la plage, elle jette les mains en l’air. « Pouvez-vous croire que jusqu’aux années 1980, on portait des maillots de bain sur cette plage ? » Les femmes se couvrent elles-mêmes davantage, pas nécessairement parce que le Hamas le leur dit, mais parce qu’elles ont peur, » dit-elle. Cela date de l’Intifada de 1987. Si une femme ne se couvrait pas, elle était critiquée ou on lui jetait des pierres. Ce n’est pas comme cela maintenant mais la vie est vécue comme incertaine. Le voile pour certaines femmes est peut-être un bouclier physique contre le monde. Il peut aussi, ironiquement, être une des rares choses sur laquelle elle a l’impression d’avoir un contrôle. » Pourtant, ceci n’est pas une simple histoire de libertés perdues contre sa volonté. Al-Essi Mohammed est une mère de sept enfants qui vit à Al-Zarqa, un faubourg pauvre de la ville de Gaza. Vêtue d’un niqab et d’un foulard, avec les yeux à peine visibles, elle dit qu’elle accueille favorablement le code vestimentaire le plus conservateur. « Porter le niqab me remplit de confiance. Il me protège de tout ce qui est mauvais. Couvertes on peut marcher en sécurité, avec notre respect intact ». Naramin Farah, une artiste de Gaza, dit que les préoccupations les plus pressantes auxquelles les femmes sont confrontées dans l’enclave côtière sont les problèmes pratiques journaliers causés par le blocus : les soins de santé et l’éducation en diminution, des fournitures de carburants insuffisantes pour cuisiner, le manque d’eau propre et les aliments pour enfants. « Il y a de fortes pressions sur la femme palestinienne pour qu’elle reste aux côtés de leur mari, pour qu’elle le soutienne, pour être part de lui, » dit-elle. « Mais maintenant que les hommes ne sont plus les pourvoyeurs, les rôles sont renversés. Les femmes prennent plus de responsabilités économiques, mais peu ont un titre légal pour la maison ou la terre. » Plus tôt, cette année, Naramin Farah a quitté son mari car il était « totalement contre » qu’elle continue à peindre. « Tellement de portes ont été fermées aux femmes palestiniennes à Gaza. C’est comme sortir d’une prison uniquement pour trouver une autre porte close. Il y a beaucoup d’obstacles – l’occupation, le blocus, la division interne palestinienne. Je ne suis pas représentative des Palestiniens, mais comme femmes, on doit se sentir libres. Au moment où ce n’est plus possible, on doit agir dessus, faire quelque chose ». Certains noms ont été changés dans cet article pour protéger les identités des femmes.