Près d’une semaine après la dénonciation par une mère de famille inquiète du message de HommeMort, annonçant un “suicide” et un “massacre” dans un lycée alsacien, malgré un déploiement démentiel de forces militaires et policières, les choses n’ont pas avancé d’un millimètre.
Toujours plus de paranoïa…
[DNA publié le 21/05/2013 à 09:19 | Vu 3184 fois
Les suites des menaces de fusillade dans un lycée CRS et gendarmes mobiles en renfort à Strasbourg et dans le Bas-Rhin Les autorités restent vigilantes, alors que l'enquête sur l'auteur des menaces publiées la semaine dernière n'a pas abouti pour l'heure. Des renforts arrivent dans le Bas-Rhin.
Le préfet du Bas-Rhin Stéphane Bouillon a annoncé ce matin sur France Info que le ministre de l’Intérieur venait de lui affecter deux compagnies de CRS et un escadron de gendarmes mobiles pour assurer la surveillance des 59 lycées du Bas-Rhin. Comme vendredi dernier, 500 policiers et gendarmes sont déployés ce mardi à l’entrée des établissements scolaires, suite à la menace de fusillade postée mardi par un internaute depuis un cybercafé strasbourgeois. DNA]
Les lycées sont toujours sous haute surveillance, dans le Bas-Rhin. Le jeune homme interpellé, après trois autres, avant-hier soir et ramené à l’Hôtel de police de Strasbourg a été relâché, heureusement pour lui, il avait un solide alibi.
C’est le moment de relire Le Procès, de Franz Kafka!
Le Procès (titre original en allemand : Der Process, également orthographié Prozeß, Prozess ou Proceß) est un roman de l’écrivain pragois de langue allemande Franz Kafka. Il relate les mésaventures de Joseph K. qui se réveille un matin et, pour une raison obscure, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice.http://fr.ask.com/wiki/Le_Proc%C3%A8s?lang=fr&o=2802
Toujours est-il que cette affaire foireuse dévoile aux yeux de tous le caractère toujours plus policier de l’État, dit République française.
Une dénonciation, un jeune, comme il y en a des dizaines de milliers, en capuche (à quand l’interdiction du port de la capuche?) et on vous envoie le GIPN ou le GIGN, comme si c’était Ben Laden en personne ou ses successeurs.
Depuis que les RG ont fusionné avec la DGSE, pour produire la DCRI, les bornes sont franchies; plus de distinction entre les affaires intérieures et les affaires extérieures, entre des faits divers bien de chez nous, comme ailleurs, et du terrorisme international.
Tout ça, en réalité, a une autre fonction que celle, avouée, de rechercher, soit l’auteur d’un canular, soit un jeune mal dans sa peau; et ils sont nombreux au moment où on annonce plus de 25 % de chômeurs jeunes, un jeune qui aurait voulu médiatiser à l’étasunienne son mal-être.
C’est d’un ridicule achevé, comme le disent même des syndicalistes policiers. Et pendant ce temps, les vrais malfrats, petits et surtout grands, ceux de la finance internationale et des paradis fiscaux, ceux qui licencient par milliers, sous l’œil impuissant d’Arnaud “Têtu” Montebourg, poursuivent leurs affaires juteuses.
Il y a un moment, et il va arriver bientôt, où ce pauvre Valls (à contre-temps) va devoir manger son certificat de naturalisation. Le premier flic de France ridiculisé par un jeune internaute! Gageons que cela ne lui sera pas reproché dans les éléments de langage de l’UMP qui, sur ce sujet, délire autant que le gouvernement PS-EELV ou le Front anti-National…
Toutes ces opérations spectaculaires n’ont d’autres fonctions que d’entraîner les forces de l’ordre (capitaliste) sur zone, comme ILS disent, réelle, et d’imposer toujours plus la peur sécuritaire, et la demande de protection, aux esprits de ce qui reste de citoyens.
La France ne se gouverne déjà plus elle-même, quand elle obéit à l’économie mondialisé et à ce que les médias et les politiques nomment, injustement “Bruxelles“, c’est à dire la tyrannie qui, émanation du Conseil des ministres européens, prétend nous diriger, et les citoyens sont peu à peu dépouillés de leurs droits.
Il en reste un, à mettre en œuvre d’urgence, sur tout le continent, avant qu’il ne soit à nouveau “minuit dans le siècle“, la RÉSISTANCE.
Au suivant!
Et maintenant, [16h35] “Un homme se suicide dans Notre-Dame de Paris, la cathédrale évacuée“…AFP
Du sang à la” Une”, dans le Chournal, mais pour une fois, ce n’est pas un fait divers. On est plutôt dans le paganisme très catholique.
Certes, c’était le ouiquende de la Pentecôte, mais de là à l’imposer à tous les Alsaciens, il n’y a vraiment que notre région d’Alsace-Moselle, où la loi de 1905 se fait attendre, et où les laïques désespèrent, y compris d’un président “saucialiste” et d’un gouvernement PS-EELV, avec, à Strasbourg, un sénateur-maire tellement “saucialiste” qu’il s’est vanté, comme d’autres, de la “glaze bolidik”, d’avoir fait sa scolarité au Collège épiscopal Saint-Étienne, celui qui est en ce moment surveillé de près comme le Gymnase Jean Sturm par une escouade des 700 policiers et gendarmes, à la recherche, vaine, jusqu’à présent, d’un jeune internaute, farceur ou suicidaire, l’avenir le dira peut-être, il y a un grand pas que les DNA n’ont pas hésité à franchir.
Et le matraquage religieux se poursuit dans le corps du Christ Chournal. En page 15, “Autour de la relique de Jean Paul II, “Jesess Maria!“, c’est le cas de le dire.
S’expose sur un gros tiers de la page, le paganisme très catholique, avec la “relique” de Jean Paul II, offerte à la basilique de Marienthal, où “près de 200 fidèles se sont retrouvés…pour une procession mariale“. Les prières n’ont pas suffi à assurer le beau temps, donc elle a été “organisée à l’abri des voutes de Notre-Dame“.
“Un peu de sang du bienheureux prélevé à la fin de sa vie et versé sur quelques millimètres de tissu, ouvre la procession.”
De quel groupe, le sang du pape défunt? Les DNA ne le disent pas…C’est pas de l’information!
“Ici se trouve, paraît-il, l’espérance au cœur de la souffrance”
Nous, on aurait plutôt pensé que la souffrance, et l’espérance d’en finir, se seraient trouvées au Centre Socio-culturel de la Meinau, où, en même temps que se déroulait cette procession en chambre, catholico-païenne, 200 personnes, le même nombre qu’à Marienthal, se réunissaient pour dire leur solidarité avec le peuple palestinien, colonisé, opprimé, assassiné, muré, checkpointé, et privé de sa terre et de sa liberté depuis 65 ans.
Rassemblement que les DNA , après l’avoir annoncé (merci), ont totalement occulté. Vaut-il mieux être ami de Marie (Myriam) et des globules rouges du pape, qu’ami de la Palestine qui saigne sous les yeux de l’Europe et du monde, sans qu’aucune autorité politique n’arrête l’hémorragie? Surtout ne pas s’aliéner le lobby sioniste, n’est-ce pas? Et que crève la Palestine?
Et la charité, bordel, pour ne même pas parler de justice!
Dans un encadré titré “De nombreuses reliques en Alsace“, les DNA contribuent à la désinformation irrationaliste, en listant toutes les prétendues “reliques” de notre région. On croit lire un poème de Jacques Prévert. “Notre père qui êtes aux cieux, restez- y..“.
“Un écharde de la Croix du Christ…un bout de voile de la Vierge (sic), un morceau de veste de son époux Joseph (made in Bangladesh?), une relique de l’apôtre Paul, une autre de Saint-André, celle de Saint-Florent, le reliquaire de Sainte-Richarde, (c’est pas la femme de Jean Richard et rien à voir avec la loi Marthe Richard) une main de la nièce de Sainte-Odile,(laquelle, la gauche?), une dent de Saint-Jacques (cariée?), un morceau de peau de Saint-Thiébaut.
Le Journal nous apprend que la balance commerciale de l’Alsace dans la colonne exportation, doit compter avec des reliques de Sainte-Odile, exportées dans d’autres pays, comme le Togo…Il y a encore des stocks à l’archevêché.
Mais on n’en a pas fini avec les bondieuseries ce mardi 21 mai dans le Journal.
En page LST04, le lecteur, gâté, tombe sur ce titre: “Réunis dans l’esprit de la Pentecôte. On y apprend, en gardant en mémoire le nombre de fidèles de la Palestine, qu’une “soixantaine de croyants s’est rassemblée, malgré le temps pluvieux,..pour prier et se recueillir, dans le cadre de la Journée mondiale de prière.
“La pluie est toujours une bénédiction“, explique le pasteur évangéliste camerounais…
Évidemment, en Afrique, ce n’est pas comme en Alsace, où dans un autre papier, les DNA se font l’écho de la chasse aux escargots et autres limaces par les rares jardiniers sortis sous la pluie. Il y en a un même qui plante sa fourchette emmanchée dans les limaces avant de les passer au barbecue! Que fait la SPA? Le Chournal ne précise pas si le meurtrier les mange en famille.
On apprend, in fine, que “les participants ont prié pour la paix au Proche-Orient et pour… les chrétiens de Syrie“; vous savez, ceux que le tueur Bachar al Assad protège pendant qu’il massacre le gros de son peuple sauf les Alaouites de son clan
Le Journal ne précise évidemment pas, que la “paix” évoquée, est celle de l’occupant israélien, la “paix des cimetières“. Car les évangéliques protestants, sont israélophiles par antisémitisme.
Jean-Michel Augé, conseiller national suppléant du PS, appelle de ses vœux une politique municipale de solidarité dirigée vers les quartiers et les populations les plus fragiles. Les mesures proposées représenteraient 1 % des budgets de la Ville et de la CUS et seraient financées en surveillant la politique des achats et en taillant dans les frais de communication et de protocole.
« La crise est le fruit d’une politique irresponsable conduite durant de longues années. Le choix de privilégier la rente au détriment de la rémunération du travail a conduit à un enrichissement des plus riches et à un appauvrissement des plus pauvres. Notre pays se trouve à présent dans une situation très préoccupante sur le plan économique et social. À Strasbourg, les habitants des quartiers populaires subissent les conséquences de cette crise beaucoup plus lourdement que les autres. Pauvreté, chômage, échec scolaire s’y sont développés massivement sans que l’on y prête vraiment attention. Cette évolution générale a été parfaitement décrite dans le rapport de la cour des comptes : « Politique de la ville, une décennie de réformes – 17 juillet 2012 ». Il est indispensable d’engager, localement comme nationalement, une politique extrêmement volontariste.
Alors que la tête de liste socialiste pour les élections municipales de 2014 sera désignée à la sortie de l’été, et à moins d’un an du scrutin lui-même, il est utile de s’interroger sur la façon dont ces enjeux seront pris en considération dans notre ville et dans notre agglomération durant les six prochaines années.
Les clichés ont la vie dure : l’argent public coulerait à flots – et en pure perte – dans les quartiers populaires. C’est totalement faux quoiqu’en dise l’extrême droite. Dans notre pays, les quartiers populaires n’accèdent pas au même niveau de soutien financier que les autres quartiers. Pire, alors que des efforts exceptionnels devraient être consentis pour compenser les handicaps qui les affectent, ces quartiers reçoivent au contraire moins d’argent public que les autres. Le rapport de la cour des comptes en atteste.
Près d’un Strasbourgeois sur quatre et près d’un habitant de la CUS sur cinq réside dans les quartiers d’habitat social. Les jeunes de moins de 20 ans y sont, en proportion, nettement plus nombreux que dans les autres quartiers. Certes, ces quartiers changent ; la rénovation urbaine a fait son chemin ; de nouveaux équipements voient le jour. Certes, pour faciliter la réussite scolaire, les effectifs de l’Éducation nationale vont être renforcés. Mais cela ne suffira pas compte tenu de l’ampleur considérable des enjeux en question.
15 millions d’euros de plus chaque année : c’est le montant qui peut raisonnablement être avancé sur le territoire de notre agglomération pour donner un nouveau souffle au principe républicain d’égalité. Cela peut sembler énorme et donc irréaliste. C’est au contraire raisonnable et donc très réaliste. 15 millions d’euros par an – soit 1 % des budgets cumulés de la ville et de la CUS – pourraient financer l’ensemble des actions suivantes :
•2 000 places supplémentaires en accompagnement scolaire pour les jeunes en difficulté
•1 000 places supplémentaires pour l’accompagnement vers la réussite éducative de jeunes en grande difficulté
•150 postes supplémentaires d’éducateurs ou d’animateurs pour le sport, l’éducation à la citoyenneté, et la réalisation de projets culturels
•600 postes en emplois d’avenir supplémentaires pour les jeunes sans qualification
•L’accompagnement vers l’emploi de 500 chômeurs en grande difficulté d’insertion professionnelle.
Est-il utile de préciser que ces actions correspondent à des besoins avérés ?
Des équipements moins coûteux, des dépenses de communication et de protocole réduites, une politique des achats rigoureusement orientée vers les économies pour davantage de bien-être chez ceux qui en ont le plus besoin. C’est par une politique exigeante de réduction des coûts sur les autres dépenses que nous pourrons, à pression fiscale inchangée, mettre en place une audacieuse politique d’égalité des chances dans notre cité. La question de savoir si cela est possible ne se posant plus, reste celle de la volonté politique.
« Vous trouvez que l’éducation coûte cher ? Essayez l’ignorance », disait Abraham Lincoln. En 2014, nous devrons faire le choix de l’éducation. Et plus largement de l’égalité des chances. Nous cherchons régulièrement de nouveaux projets qui contribuent au rayonnement de la capitale européenne des droits de l’homme ? L’esprit de solidarité des élus et des habitants de Strasbourg fera parler de lui bien au-delà des frontières régionales. Je défendrai un tel projet. Je m’y engage dès à présent avec détermination. »
par Jean-Michel AUGE, Conseiller national suppléant du Parti socialiste, Membre du bureau fédéral du PS 67, mandataire de la motion , publiée le 18/05/2013 à 05:00
“Peur sur les lycées“, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace.au-dessus d’une photo volontairement floue, où l’on distingue un brassard “Police” orange au premier plan, et quelques lycéens, en tenue réglementaire, jean-blouson-baskets, mains dans les poches, démentant le titre.
La photo semble prise devant le Gymnase Jean Sturm, au centre-ville, établissement privé, protestant, sous contrat, où la bourgeoisie envoie ses rejetons.
Le sous-titre de la photo fait dans l’exagération et le hors-sujet, en écrivant que “un jeune homme avait menacé sur Internet de commettre une tuerie..;”, sans mentionner la menace de suicide.
La Feuille de chou y était hier vers 17 h, où on pouvait observer que, si un véhicule de police nationale était garé sur le trottoir, et que des policiers en uniforme surveillaient la sortie, on ne percevait rigoureusement aucune différence avec l’ambiance décontractée d’une sortie de classe habituelle.
Même chose au Lycée Marcel Rudloff, dans le quartier plus excentré et populaire des Poteries, proche de Hautepierre, avec le véhicule de police sur le terre-plein, juste en face de la fontaine toujours sèche, transformée en pot-de-fleur géant, et de l’entrée. Quant aux policiers, ils étaient invisibles à l’heure du constat, avec, peut-être, l’un ou l’autre en civil, adossé comme une pseudo “caillera, à l’angle d’un mur, pianotant son portable. Calme plat, chef!
Les DNA en rajoutent une couche dans la confusion mentale organisée par l’État et les médias déchainés réunis. “Traque à l’apprenti terroriste“, saute aux yeux du lecteur de la page région 13.
N’importe quoi!
Le sous-titre parle d’un “message évoquant une tuerie dans un établissement scolaire..”, passant sous silence que la première menace du dit message est celui du suicide d’un adolescent.
Le papier signé Antoine Bonin, rappelle la chronologie des faits depuis l’alerte d’une mère de famille de Versailles, [des Versaillais, au sens historique?] informée par son fils. Alors que la presse se plaint habituellement (s’oubliant elle-même), de la non-maitrise par la jeunesse de la langue française, ici, on a l’impression qu’écrire un “texte relativement long dans un français impeccable” serait une preuve à charge. Il y a d’ailleurs à la place de préparatifs qu’on attendrait, le mot préparations, qui peut convenir aussi.
Tous les jeunes à capuche suspects?
Dans sa contribution aux recherches policières, le Journal qui a, comme beaucoup, publié des photos du responsable présumé de l’expédition du message, et les reproduit en agrandissement dans cette édition papier,et sur la toile, remarque que “Sur les clichés qui ont été diffusés aux médias à la mi-journée, apparaît un jeune homme portant un sweat-shirt sombre à capuche“.
On espère que les milliers de garçons ainsi vêtus, auront pensé à se changer ce matin, sans quoi, ils risquent d’être abattus comme des loups par le GIPN.
Et voilà pourquoi “le préfet a décidé, en concertation avec le procureur, les forces de l’ordre et le recteur d’académie, de mettre en place un dispositif monstre aux abords de l’ensemble des lycées du Bas-Rhin.“. Les plus fous ne sont pas ceux qu’on pense.
255 OPJ, 500 policiers et gendarmes mobilisés!
Tout ça pour un jeune qui, soit a fabriqué “un canular“, selon le mot du Procureur, soit, mal dans sa peau, lance un appel au secours, par une menace de suicide public, au lendemain d’un autre, réussi, et hyper-médiatisé déjà, dans la cour d’une école maternelle. C’est le SAMU qu’il faut appeler, pas l’armée et la police.
Le Journal se fait cependant, in fine, l’écho de la sagesse lycéenne et populaire: “Pas de psychose parmi les lycéens, dans l’ensemble convaincus qu’il s’agit d’une ‘mauvaise blague’“.
A l’opposé de cette sagesse, le directeur des DNA, Dominique Jung, éditorialise en sens inverse.
Dès le titre “Angoisses“, au pluriel, on s’attend aux pires amalgames. Et on n’est pas déçus.
A sa décharge, on relève ceci : “Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier, devient une affaire d’État“.
Mais enfin, Dominique Jung, pour quoi ne pas creuser et documenter ce bon sens? Ce qu’on a essayé de faire ici.
Nous sommes démunis. Et sur les nerfs. On l’a vu hier en Alsace.
Une lettre anonyme postée à partir d’un cybercafé de Strasbourg promet une fusillade dans un lycée indéfini. Coup d’esbroufe d’un gamin qui ne sait pas comment exister, canular mal calibré, vraie menace ? On n’en sait rien. Le texte est sorti de nulle part, il est vague mais il fait froid dans le dos. Le principe de précaution va jouer à plein.
L’hypothèse d’une fusillade, aussi peu documentée soit-elle, dessine le scénario le plus noir. Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier devient une affaire d’État. Ne rien faire est impensable. On dépêche des policiers et des gendarmes devant les lycées du Bas-Rhin parce qu’il y a des précédents : la tragédie scolaire est hélas à la mode, qu’il s’agisse de fusillades aveugles, de prises d’otages ou, comme jeudi à Paris, d’un suicide programmé sous les yeux d’enfants de six ans. La réaction collective était donc indispensable.
La surveillance policière n’épuise toutefois pas les questions. Jusqu’à quand cette protection ? Et pourquoi juste dans le Bas-Rhin ? Si un esprit dérangé envisage vraiment une fusillade, rien ne l’empêche de se transporter un peu plus loin.
Mais notre société est ainsi faite que le déploiement policier décidé à l’échelon d’un département entier apparaît comme une marque d’attention suffisante et appropriée de la part des pouvoirs publics. Le symbole rejoint ici l’action. Nous avons besoin d’être rassurés.Vigipirate fonctionne comme jadis l’ange gardien ; c’est le complément obligé de la panoplie chargée de conjurer nos angoisses.
Espérons au moins que si la menace émane d’un suicidaire, il a eu le temps de se raviser et de renoncer à son acte fou. Et si c’est un mauvais plaisant, qu’il soit sanctionné à la mesure de l’émotion des familles.
publiée le 18/05/2013 à 05:00
L’Alsace 180513
Un jeune homme a fait part de son intention de se tuer, mais avant cela, de provoquer un carnage dans un lycée : canular ou menace réelle, un dispositif impressionnant a été déployé.
L’Alsace
« On ne flippe pas, mais… »
le 18/05/2013 à 05:00 H. de C.
Les lycéens du Bas-Rhin ont vécu hier une journée très particulière : des cours ordinaires, mais une présence policière, des déplacements parfois limités… et une angoisse sourde.
On s’attendait à trouver l’effervescence. Mais devant ce grand lycée strasbourgeois, hier en milieu d’après-midi, il règne un calme inhabituel. « D’habitude, il y a toujours plein de jeunes devant la porte, qui fument, qui discutent… Là, c’est vrai que c’est beaucoup plus tranquille » , constate Maximilien, élève de seconde, un des rares lycéens dehors à ce moment-là, avec deux amies.
Cette tranquillité apparente est peut-être due à la voiture bleu foncé stationnée juste devant l’entrée. Elle est banalisée, mais ça n’est franchement un mystère pour personne : les trois hommes à l’intérieur sont des policiers en civil. Toutes les entrées de ce lycée sont ainsi surveillées, et il y a au moins une présence devant chaque établissement du secteur. « Et pendant ce temps, la ville est ouverte aux délinquants ! » , lâche un de ces « surveillants » d’un nouveau genre…
Absentéisme
À l’intérieur du lycée, le téléphone de l’accueil ne cesse de sonner. « On assure les cours, rien ne change » , répond la standardiste à un parent inquiet. « Ça n’arrête pas depuis ce matin ! , confie-t-elle après avoir raccroché. Après, généralement, ils sont rassurés. » Mais pas tous… Certains parents sont venus rechercher leurs enfants, hier matin. « Je crois que des élèves en ont profité… »
Maximilien confirme un absentéisme élevé : « Cet après-midi, il manquait près d’un tiers des élèves de ma classe ! On ne flippe pas, mais c’est vrai qu’on fait attention… » Et ça n’empêche pas de rigoler un peu : « Des filles ont fait semblant d’avoir peur et, pour les calmer, le prof a dû fermer la porte de la classe à clé… » Une façon comme une autre d’évacuer la crainte sourde de ce qui peut ou aurait pu survenir… Tandis qu’elle répète aux parents que tout va bien, la dame de l’accueil surveille avec une attention particulière les entrées sur ses écrans de vidéosurveillance ; juste à côté des moniteurs est posée la photo du suspect. « Mais ici, il n’y en a pas beaucoup qui entrent avec des capuches… »
Devant un autre grand lycée de la ville, la présence policière est, cette fois, bien visible : la voiture de police garée devant l’entrée n’est pas banalisée et ses quatre occupants sont bien en uniforme. Seules les deux entrées principales de cet établissement ont été laissées ouvertes, tous les portails secondaires ont été temporairement fermés. Une autre voiture s’est positionnée dans l’enceinte même du lycée. Et dans un troisième établissement, hier matin, des policiers arpentaient le hall d’entrée…
Un œil sur les caméras de télésurveillance
« Des policiers sont venus jeudi nous montrer la photo du suspect, pour nous demander si on le connaissait , raconte un enseignant. C’est vrai qu’il y a un peu plus d’anxiété que d’habitude, surtout de la part des parents, et qu’on regarde les élèves un peu plus attentivement… Mais sinon, rien n’a changé ! »
Malgré tout, dans certains établissements, on a restreint les déplacements des élèves : ici, ceux-ci devaient rester dans un périmètre bien défini entre midi et deux ; là, ceux-là n’ont pas eu le droit de quitter l’enceinte du lycée à la pause de 10 h. Et ce matin, un examen dans un lycée strasbourgeois sera raccourci de deux heures parce qu’il n’y aura pas assez de présence policière pour aller jusqu’au bout des cinq heures d’épreuve…
EXIGEONS LA RELAXE DES MILITANTS POURSUIVIS POUR APPEL A
BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS !
Après plusieurs reports de procès et diverses autres procédures, Bernard, Jeanne et Yamina comparaîtront au Tribunal de Perpignan le 20 juin et sept autres militants comparaîtront au Tribunal d’Alençon le 27 juin.
Ils sont poursuivis par des plaignants tels que le « Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme » (BNVCA) pour « provocation à la discrimination, à la haine et à la violence » parce qu’ils ont participé il y a plusieurs années dans une grande surface de l’une des deux villes à une action pacifique de sensibilisation au boycott des produits provenant d’Israël.
Leur comportement s’inscrit dans la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.
Cette campagne BDS vise, à la demande de la société civile palestinienne et à l’image du mouvement qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, un État qui développe en toute impunité une politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien : occupation et colonisation de la Cisjordanie, blocus de Gaza, refus catégorique du droit au retour des réfugiés, répression accrue contre les Palestiniens d’Israël.
Depuis les dates des faits incriminés, Israël a poursuivi sans relâche sa politique de déni du droit du droit international. Son isolement dans l’opinion publique s’est accru, et la Campagne BDS a remporté de nombreux succès, qu’il s’agisse des boycotts économique, syndical, sportif, académique ou culturels.
A Paris, Bobigny et Mulhouse, des procès similaires à ceux de Perpignan et d’Alençon aujourd’hui ont abouti à une relaxe des militants.
En particulier, le jugement du 8 juillet 2011 du tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris a clairement établi que « Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. » Et il a rappelé que « certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent BDS »
Ainsi, les accusations d’antisémitisme apparaissent clairement pour ce qu’elles sont : d’ultimes tentatives pour blanchir l’Etat d’Israël de ses crimes et pour harceler le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.
Toutefois les officines françaises au service de l’Etat d’Israël ne baissent pas les bras, et usent de tous moyens et de toute complicité pour continuer à attaquer les défenseurs du droit international.
Et la circulaire de Michèle Alliot Marie, ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, circulaire qui invite les parquets à poursuivre les militants de BDS, n’a pas été abolie à ce jour.
Mais nous sommes confiants dans les droits du peuple palestinien et dans le développement de la Campagne BDS.
NOUS CONTINUERONS A BOYCOTTER L’ETAT D’ISRAEL
JUSQU’A CE QU’IL SE CONFORME AU DROIT INTERNATIONAL !
SOYONS NOMBREUX-SES AUX PROCÈS DE PERPIGNAN ET D’ALENCON !
Cette publicité beauf pour une compagnie aérienne “low cost” (évidemment au centième degré, mais…) s’étale partout en pleines pages, comme dans les DNA ici en Alsace.
Elle invite à voyager vers des destinations chaudes (en plusieurs sens) vers le sud-ouest, le sud-est et la Corse – que vient faire Nantes d’ailleurs dans cette liste-?.
“Pourquoi ne pas aller bronzer avec l’oncle Gino?”
Parce qu’on n’aime pas le racisme anti-Rital
Parce qu’on n’est ni son neveu ni sa nièce
Parce que l’allusion pédophile est de trop
Parce que l’angle de la photographie de “l’oncle”, poilu comme un singe, vêtu d’un slip de bain comme on n’en porte plus, soulignant les couilles, nous en dissuade
Parce que sa moustache est ridicule, et ses lunettes aussi
Parce l’exposition au soleil est cancérigène
Parce que tout ça est d’un ridicule achevé.
On ne prendra donc pas de vols avec cette compagnie…
Après avoir mollement soutenu les manifestants contre la contre-‐réforme des retraites de Fillon-‐ Sarkozy de 2010, après avoir vigoureusement promis qu’il s’attaquerait à la finance lors de sa campagne électorale et qu’il préconiserait toujours des réformes justes, M. Hollande élu Président de la République s’est rapidement installé dans les ornières du traité Merckel-‐Sarkozy.
Désormais, les réformes engagées dans les domaines économiques, sociaux, budgétaires et financiers s’apparentent à celles qui sont préconisées ou demandées par les « marchés financiers », à celles qui sont souhaitées ou conseillées par le FMI, la BCE et la Commission Européenne, à celles qui sont présentées par les économistes et les experts officiels et patentés comme étant les seules possibles, les seules raisonnables et réalistes.
Engagé dans la course à la réduction des déficits publics tout en conservant le boulet de la concurrence fiscale entre les Etats, le gouvernement conduit une réelle politique d’austérité et de rigueur pour la majorité de la population.
Article paru sur Mediapart
La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres
15 mai 2013 Par philippe alain
Depuis lundi 13 mai 2013, la politique de stigmatisation menée par le gouvernement français contre les roms ne se chiffre plus seulement en nombre de reconduites à la frontière ou en nombre de destruction de bidonvilles. Elle se chiffre désormais en nombre de cadavres. Beni, un garçon de 12 ans, ainsi que 2 femmes, Pamela et Patrina sont morts, brûlés vifs, dans l’incendie de l’immeuble dans lequel ils vivaient à Lyon depuis 8 mois.
Il y a quelques jours, en prévision d’une expulsion à venir, la mairie de Lyon, dirigée par le très socialiste Gérard Collomb coupe l’électricité, tenez-vous bien, pour des raisons de sécurité… Les squatteurs ont osé se brancher sur un distributeur de courant et monsieur Collomb craint probablement que des enfants s’électrocutent. Bien lui en a pris, personne n’est mort électrocuté. Il oublie juste que les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. (1) Faute de courant, ils s’éclairent donc à la bougie et trois d’entre eux en sont morts.
Quelques heures après l’incendie, alors que les pompiers travaillent toujours sur les lieux du sinistre et que de nombreux journalistes sont présents, les familles se regroupent sur la place voisine. C’est toute la communauté rom de Lyon qui vient présenter ses condoléances aux familles endeuillées. Un peu plus tard dans la matinée, des hommes en noir affublés d’oreillettes blanches descendent de grosses berlines. Les journalistes quittent la place et le bruit commence à courir que Manuel Valls arrive sur les lieux du drame. Dans la confusion la plus totale et en évitant soigneusement les familles, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, Christine Taubira, Ministre de la Justice, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-François Carenco, Préfet de la région Rhône-Alpes vont se présenter devant le bâtiment qui fume encore.
Pas une de ces personnalités qui représentent les plus hautes institutions de la République et élevées dans le sérail des grandes écoles françaises où on n’enseigne visiblement pas la politesse la plus élémentaire, ne va venir présenter ses condoléances aux familles qui attendent à quelques mètres. Les roms sont-ils dangereux ? Manuel Valls aurait-il peur de femmes et d’enfants tétanisés par la douleur ? Un geste, une parole, un simple regard d’un ministre pour dire aux familles que la République Française s’incline devant leur douleur ? Non, rien, rien de rien. Roms vous êtes, roms vous resterez. Au contraire, Valls, oubliant la souffrance dans laquelle sont plongées les familles endeuillées va réaffirmer le leit-motiv de sa pré-campagne présidentielle qui est également devenu le fondement de la politique du gouvernement français contre la minorité rom: « Il faut poursuivre le travail de démantèlement et d’évacuation des campements », « comme l’a si bien commencé Nicolas Sarkozy » aurait-il pu ajouter. Aucune pudeur, aucune retenue. Alors qu’il a sous les yeux le résultat de plusieurs années d’expulsions à répétition, il répète inlassablement les même paroles et promet la même politique qui est responsable de la mort de 3 personnes. Valls tient absolument à continuer la chasse aux femmes, aux enfants, aux vieillards. Il tient absolument à les condamner à vivre dans des endroits de plus en plus dangereux quitte à ce qu’ils en meurent.
Madame Taubira, qu’on a connu plus inspirée se contente d’approuver les propos de son ministre de tutelle, comme si elle n’avait plus aucun rôle politique et humain à jouer après sa loi sur le mariage homosexuel.
Au moment de repartir, Valls se fait interpeller par un homme. Le ministre refuse de parler à un père et une mère qui sont submergés par la douleur d’avoir perdu un fils, mais il n’hésite pas à venir serrer la main d’un riverain qui demande l’expulsion des familles depuis des mois. Le voisin se plaint de vivre dans des « conditions épouvantables », abandonné de tous (rassurez-vous, il n’a jamais mis les pieds dans le squat, il parle seulement de la vue depuis son balcon). Valls vient le saluer et tenter de répondre à ses critiques. Alors que la discussion s’engage et que les journalistes commencent à enregistrer l’échange, monsieur Carenco, préfet de région, visiblement sur-excité repousse violemment plusieurs d’entre eux afin d’éviter une médiatisation des propos le mettant en cause.
Carenco. Préfet sous Sarkozy, préfet sous Hollande. Préfet pour toujours ? On garde les mêmes pour appliquer la même politique raciste de stigmatisation des étrangers. A Lyon, on gaze les enfants roms (2) on les parque dans des classes ghetto (3) et on met en garde-à-vue des bébés (4). En revanche on n’applique pas la circulaire inter-ministérielle censée apportée d’autres solutions que les expulsions. Carenco sera-t-il aussi préfet sous Le Pen ? « Le préfet de région a une grande part de responsabilité… Sur le terrain les expulsions se poursuivent malgré la circulaire du 26 août 2012 » accuse le sénateur Guy Fischer.
Dans l’après-midi, alors que journalistes et politiques sont partis, les proches des victimes attendent que les pompiers sortent les corps du bâtiment. L’ambiance sur la place est lourde. L’odeur âcre de la fumée fait mal à la gorge. Certains espèrent toujours et demandent désespérément s’il est possible qu’il y ait encore des survivants : « Il ne sont peut-être pas morts… ». Alors que la grande échelle s’approche d’une fenêtre afin de permettre à un pompier de prendre des photos, plusieurs dizaines de personnes s’approchent du bâtiment en criant le nom de l’enfant: « Béni, Béni » Face à ce mouvement de foule, un policier bien formé à l’école de Valls se fait menaçant et sort de son gilet une bouteille de gaz lacrymogène histoire de montrer aux femmes et aux enfants de quel bois il se chauffe. Pendant plusieurs heures, les familles sont totalement abandonnées à leur sort. Une femme perd connaissance plusieurs fois. La police municipale, à quelques mètres reste les bras croisés. Il n’y a aucun médecin, aucun psychologue, aucun soutien.
Mardi matin, alors que les corps calcinés de Beni, Pamela et Patrina viennent à peine d’être sortis des décombres fumants de l’immeuble, le préfet Carenco ordonne l’expulsion d’un nouveau squat. Une trentaine de personnes dont 15 enfants sont jetées à la rue, sans aucune proposition d’hébergement. Elle dormiront dans la rue, avec des enfants en bas âge, dans les conditions d’insécurité que l’on peut facilement imaginer, avant de retrouver un autre squat, probablement encore plus dangereux et insalubre. Valls nous expliquera à nouveau qu’il faut les expulser pour leur plus grand bien. Voilà une preuve de plus du discours mensonger du ministre qui, quelques heures auparavant, soulignait qu’il fallait poursuivre les expulsions tout en proposant des « solutions dignes ». Pour Valls, la rue est plus digne que le cimetière. Je n’en suis pas sur.
L’extrême droite à de beaux jours devant elle. Après Sarkozy, elle peut compter sur Hollande, Valls et les socialistes pour tenir le même discours de haine contre les étrangers et appliquer la même politique discriminatoire et hors la loi contre les roms. La France profonde applaudit, l’Union Européenne, pas son silence est complice. Marine Le Pen se frotte les mains. Manuel Valls, lui, ne pense qu’aux présidentielles. Le fait que son chemin soit désormais parsemé de cadavres ne le perturbe pas un seul instant. « Il faut continuer le travail » ose-t-il dire.
Mardi soir, la préfecture du Rhône fait savoir que les expulsions vont s’accélérer dans les jours à venir. La chasse aux Roms est ouverte. La campagne des municipales également.
Valls prétend que les roms n’ont pas vocation à s’intégrer en France. En les obligeant à vivre comme des chiens errants à la rue ou à brûler vifs dans des squats ils est certain d’avoir raison.