Le MEDEF revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises !

Position critique du SAF sur le projet d’accord présenté par le MEDEF aux syndicats dans le cadre des négociations sur la sécurisation de l’emploi.

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Communiqué du Syndicat des Avocats de France

“Le MEDEF revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises !” :

“Ce n’est pas de sécurisation de l’emploi dont il est question à chaque ligne du projet d’accord national interprofessionnel élaboré par le MEDEF.

La sécurisation n’y est conçue qu’au profit des entreprises, pour se prémunir de toute obligation de transparence et de justification, et se constituer une véritable immunité judiciaire.

La revendication n’est pas neuve ; elle a déjà servi de fil rouge à l’ensemble des positions patronales des 15 dernières années et a connu déjà plusieurs succès, avec le mécanisme de la rupture conventionnelle obtenue des partenaires sociaux puis du législateur en 2008, ou la pratique des plans de départs volontaires qui se répand elle aussi sans aucun contrôle judiciaire possible.

 

Mais le MEDEF n’entend pas s’en contenter, et réclame désormais le droit :

 de museler les représentants du personnel en leur imposant la confidentialité sur les informations qu’ils reçoivent, et des délais préfix pour entendre leur expert et rendre leur avis ; 

 de subordonner le maintien du CDI à la réalisation d’un projet, transformant ainsi le CDI en CDD ; 

 de licencier sans avoir à justifier d’un motif économique le salarié qui aura refusé une modification de son poste ou de son lieu de travail dans le cadre d’une réorganisation, et de s’exonérer par là même de toute mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et des règles encadrant le licenciement économique ; 

 de licencier sans contrôle les salariés refusant les modifications de leur rémunération ou de leur temps de travail issues des accords dits « de maintien dans l’emploi », en se libérant là aussi de toutes les règles propres au licenciement pour motif économique ; 

 lorsque l’obligation de mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi n’aura pu être contournée, de s’affranchir par accord collectif de toutes les règles encadrant sa présentation, ou de se prémunir de tout contrôle judiciaire sur ce plan par le jeu d’une homologation de l’administration du travail pouvant être simplement implicite ;

 de se prémunir de toute contestation quant à la validité ou la justification de leurs décisions, en tous domaines, en cas de violation des règles de procédure et de formalisme édictées par le code du travail pour encadrer le pouvoir de décision des employeurs (Exit la requalification de nombre de CDD pour absence de motif, exit la requalification des temps partiels pour absence de fixation de l’horaire, exit la nullité des licenciements économiques pour défaut de plan social, exit les garanties procédurales conventionnelles spécifiques, etc…) ; 

 de compenser a posteriori l’indigence de la motivation des lettres de licenciement ;- de plafonner le risque financier des litiges par une barémisation des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

 d’échapper encore et enfin à tout contrôle judiciaire et risque de sanction par des délais de prescription exceptionnellement brefs.

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 Campagne “Ecrire à Messieurs Hollande et Valls”

Campagne “Ecrire à Messieurs Hollande et Valls” (RESF)

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lettre de Colette

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps…

Je voudrais vous dire ma déception et mon espoir,

Ma déception que la politique que vous menez en matière d’immigration continue à briser des familles, à briser des vies, à nier l’espoir.

Hommes, femmes et enfants ne sont pas des statistiques à additionner dans la colonne “expulsions”, mais des êtres de chair et d’os qui ont derrière eux des vies malmenées et aspirent à une vie ouverte et sereine, à partager avec nous.

Mon espoir, encore ténu, que vous sachiez admettre que vous faites fausse route et que vous reveniez à une politique humaniste de la France comme terre d’accueil, fidèle à sa tradition de pays des Droits de l’Homme.

“Le changement maintenant”, disiez-vous ? Oui, maintenant, vite, avant que la déception ne tue l’espoir …

Respectueusement vôtre,

Colette Jamet-Roussillat

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A : M. Valls, ministre de l’intérieur

Monsieur le ministre,

J’ai fui l’Azerbaïdjan quand j’avais 12 ans. J’ai perdu ma famille. En Ukraine, j’ai reçu une obligation de quitter le territoire. En Russie, où mes deux enfants sont nés, j’ai reçu une obligation de quitter le territoire. En France, j’ai reçu une obligation de quitter le territoire.

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 Asile: l’UE veut se doter d’une procédure d’alerte

Asile: L’UE veut se doter d’une procédure d’alerte

BRUXELLES – Le Parlement européen (PE) s’est prononcé mercredi pour l’adoption d’une procédure d’alerte en matière d’asile afin de contraindre les Etats membres à se doter de capacités d’accueil dignes de ce nom pour les réfugiés et les migrants en quête d’une protection.

La mesure approuvée au sein de la Commission des Libertés par 41 élus contre cinq et dix abstentions permet de verrouiller un accord politique avec les Etats membres, a souligné l’élue libérale suédoise Cécilia Wikström qui a présenté ce texte.

Nous devons être pragmatiques, a-t-elle plaidé en réponse aux élus qui jugent cette mesure insuffisante.

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 Dernières grimaces avant dégagement

 

 

 

 







 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant de prendre Saddam, les Ricains avaient diffusé un jeu de cartes des têtes du régime irakien à faire tomber.
Ne manquez pas de contempler cette sélection de clichés en forme de triste jeu du pouilleux, du mistigri, du puant, du valet noir
En accompagnant sans modération cette galerie de quelques lignes de Prévert
Pardon de l’avoir autant caviardé et tronqué (mais retrouvez-les bien entières dès l’occasion trouvée)

D’après Prévert, sur une idée de JLQ

Ceux qui copieusement…

Ceux qui tricolorent

Ceux qui inaugurent

Ceux qui majusculent

Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête

Ceux qui bénissent les meutes

Ceux qui donnent des canons aux enfants

Ceux qui donnent des enfants aux canons

Ceux qui mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton

Ceux qui mamellent de la France

Ceux qui courent, volent et nous vengent, tous ceux-là, et beaucoup d’autres entraient fièrement à l’Élysée en faisant craquer les graviers, tous ceux-là se bousculaient, se dépêchaient, car il y avait un grand dîner de têtes et chacun s’était fait celle qu’il voulait.

il y en avait avec des têtes de boule puante, des têtes d’animaux malades de la tête, des têtes de fromage de tête, des têtes de pied, des têtes de monseigneur et des têtes de crémier.

Quelques-uns, pour faire rire le monde, portaient sur leurs épaules de charmants visages de veaux, et ces visages étaient si beaux et si tristes, avec les petites herbes vertes dans le creux des oreilles comme le goémon dans le creux des rochers, que personne ne les remarquait.

C’était véritablement délicieusement charmant et d’un goût si sûr que lorsque arriva le Président avec une somptueuse tête d’œuf de Colomb ce fut du délire.

“C’était simple, mais il fallait y penser”, dit le Président en dépliant sa serviette et devant tant de malice et de simplicité les invités ne peuvent maîtriser leur émotion ; à travers des yeux cartonnés de crocodile un gros industriel verse de véritables larmes de joie, un plus petit mordille la table, de jolies femmes se frottent les seins très doucement et l’amiral, emporté par son enthousiasme, boit sa flûte de champagne par le mauvais côté, croque le pied de la flûte et, l’intestin perforé, meurt debout, cramponné au bastingage de sa chaise en criant : “Les enfants d’abord.”

Le président s’est levé, il a brisé le sommet de sa coquille avec son couteau pour avoir moins chaud, un tout petit peu moins chaud.

Il parle et le silence est tel qu’on entend les mouches voler et qu’on les entend si distinctement voler qu’on n’entend plus du tout le président parler, et c’est bien regrettable

Mais quand les mouches s’ennuient elles meurent, et toutes ces histoires d’autrefois, toutes ces statistiques les emplissant d’une profonde tristesse, elles commencent par lâcher une patte du plafond, puis l’autre, et tombent comme des mouches, dans les assiettes… sur les plastrons, mortes comme le dit la chanson.

“La plus noble conquête de l’homme, c’est le cheval, dit le président, et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là.”

C’est la fin du discours ; comme une orange abîmée lancée très fort contre un mur par un gamin mal élevé, la MARSEILLAISE éclate et tous les spectateurs, éclaboussés par le vert-de-gris et les cuivres, se dressent congestionnés, ivres d’Histoire de France et de Pontet-Canet.

Mais soudain tous de trembler car un homme avec une tête d’homme est entré, un homme que personne n’avait invité et qui pose doucement sur la table la tête de Louis XVI dans un panier.

C’est vraiment la grande horreur, les dents, les vieillards et les portes claquent de peur.

”cette tête si peu vivante que vous remuez sous le carton mort, cette tête blême sous le carton drôle, cette tête avec toutes ses rides, toutes ses grimaces instruites, un jour vous la hocherez avec un air détaché du tronc et quand elle tombera dans la sciure vous ne direz ni oui ni non.”

Mais une carafe lancée de loin par un colombophile indigné touche en plein front l’homme qui racontait comment il aimait rire. Il tombe, le Pigeon-Soldat est vengé. Les cartonnés officiels écrasent la tête de l’homme à coups de pied et la jeune fille qui trempe en souvenir le bout de son ombrelle dans le sang éclate d’un petit rire charmant, la musique reprend.

La tête de l’homme est rouge comme une tomate trop rouge, au bout d’un nerf un œil pend, mais sur le visage démoli, l’œil vivant, le gauche, brille comme une lanterne sur des ruines.

“Emportez-le”, dit le Président, et l’homme couché sur une civière et le visage caché par une pèlerine d’agent sort de l’Élysée horizontalement, un homme derrière lui, un autre devant.

“Il faut bien rire un peu”, dit-il au factionnaire et le factionnaire le regarde passer avec ce regard figé qu’ont parfois les bons vivants devant les mauvais.

Et puis ils parlent de leurs petites affaires, de leurs enfants, de leurs bronches ; le jour se lève, on tire les rideaux chez le Président.

Dehors, c’est le printemps, les animaux, les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marrent, c’est le printemps, l’aiguille s’affole dans sa boussole, le binocard entre au bocard et la grande dolichocéphale sur son sofa s’affale et fait la folle.

Il fait chaud. Amoureuses les allumettes tisons se vautrent sur leur frottoir, c’est le printemps, l’acné des collégiens et voilà la fille du sultan et le dompteur de mandragores, voilà les pélicans, les fleurs sur les balcons, voilà les arrosoirs, c’est la belle saison.

Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine,

ceux qui écaillent le poisson

ceux qui mangent la mauvaise viande

ceux qui fabriquent les épingles à cheveux

ceux qui soufflent vides les bouteilles que d’autres boiront pleines

ceux qui coupent le pain avec leur couteau ceux qui passent leurs vacances dans les usines ceux qui ne savent pas ce qu’il faut dire

ceux qui traient les vaches et ne boivent pas le lait ceux qu’on n’endort pas chez le dentiste ceux qui crachent leurs poumons dans le métro

ceux qui fabriquent dans les caves les Stylos avec lesquels d’autres écriront en plein air que tout va pour le mieux

ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire ceux qui ont du travail

ceux qui n’en ont pas ceux qui en cherchent

ceux qui n’en cherchent pas

ceux qui donnent à boire aux chevaux ceux qui regardent leur chien mourir

ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire

ceux qui l’hiver se chauffent dans les églises ceux que le suisse envoie se chauffer dehors ceux qui croupissent

ceux qui voudraient manger pour vivre ceux qui voyagent sous les roues ceux qui regardent la Seine couler

ceux qu’on engage, qu’on remercie, qu’on augmente, qu’on diminue, qu’on manipule, qu’on fouille, qu’on assomme

ceux dont on prend les empreintes

ceux qu’on fait sortir des rangs au hasard et qu’on fusille ceux qu’on fait défiler devant l’arc ceux qui ne savent pas se tenir dans le monde entier

ceux qui n’ont jamais vu la mer

ceux qui sentent le lin parce qu’ils travaillent le lin ceux qui n’ont pas l’eau courante ceux qui sont voués au bleu horizon

ceux qui jettent le sel sur la neige moyennant un salaire absolument dérisoire

ceux qui vieillissent plus vite que les autres

ceux qui ne se sont pas baissés pour ramasser l’épingle ceux qui crèvent d’ennui le dimanche après-midi parce qu’ils voient venir le lundi et le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi, et le samedi et le dimanche après-midi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Printemps arabe en Israël…

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Gianfranco Fattorini
Co-président
Représentant permanent auprès de l’ONU
Rue des Savoises 15
CH – 1205 GENEVE

Israël: les effets inattendus de la grogne sociale

Sans mythe, pas de Nation. Israël n’échappe pas à la règle, et s’est construit autour de l’idée de «l’homme nouveau» capable de prouesses économiques, de faire émerger une agriculture du désert, et des dunes de sable, les meilleures puces d’ordinateurs du monde. Un mythe qui, dès les premières années, a largement dépassé les frontières de l’Etat, pour entretenir peu à peu l’aura de réussite économique autour de Tel-Aviv. Ainsi pouvait-on lire en 1962, en conclusion du Que sais-je consacré à Israël : «Au quatorzième anniversaire de l’acte qui prévit sa naissance, l’Etat d’Israël est une réalité vivante et dynamique; il est organiquement enraciné en Terre Sainte et peut s’enorgueillir, en un temps très court au sein de difficultés qui apparaissent dirimantes, de réalisations impressionnantes, dont quelques-unes sont exceptionnelles dans l’histoire des hommes.»

C’était avant même qu’Israël ne devienne, au tournant des années 1990, un pôle high-tech très performant, loué de par le monde, et notamment en 1998 par le magazine américain Newsweek, comme l’un des plus influents et efficaces de la planète; bien avant, aussi, que la Bourse de Tel-Aviv n’atteigne les 1000 points en 2007, contre 100 en 1992.

D’où sortent-ils donc, ces Israéliens mécontents, qui campent et battent le pavé par dizaines de milliers depuis la fin juin? Ne tirent-ils pas eux aussi bénéfice de ce succès économique qui ne se dément pas, puisqu’Israël affiche ces trois dernières années un taux de croissance du PIB supérieur à 5%? Israël ne se situe-t-il pas au 15e rang dans l’échelle de l’Indice de développement humain?

Spécialiste d’Israël et enseignante à Paris-1, Elisabeth Marteu sillonne le pays depuis la mi-juillet, pour voir des tentes s’installer dans toutes les grandes villes et régions, de Haïfa à Tel-Aviv, en passant pas Jérusalem, et jusqu’à Beer-Sheva. Samedi soir, deux manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Tel-Aviv comme à Jérusalem. Du jamais vu en Israël sur des questions sociales.

«Ce qui est intéressant, note la jeune chercheuse, c’est que ces manifestations rassemblent différents portraits et tendances de la société israélienne. Il y a bien sûr ceux qui protestent contre le coût des logements. Ce sont les étudiants, les jeunes couples. Il y a bien sûr les médecins qui, avec les producteurs de fromages, ont été à l’origine du mouvement fin juin. Samedi soir, on a vu également les militants de gauche, travaillistes, du Meretz, et plus à gauche encore, qui ont rejoint les manifestants, soutenus en outre par la centrale syndicale Histadrout. Au centre, Tzipi Livni (dirigeante du parti Kadima) elle-même a participé au mouvement.»

Le miracle économique Israël ne serait-il donc qu’une vue de l’esprit? Non, certes. Les indicateurs sont là, et presque tous au vert: le chômage ne dépasse pas 6%. L’Israélien dispose en moyenne (et selon l’OCDE) d’un pouvoir d’achat de quelque 30.000 dollars par an. La recherche représente près de 5% du PIB, soit l’un des ratios les plus élevés au monde. Le déficit public est à peine supérieur à 3% du PIB: On aimerait, en France, aux Etats-Unis et ailleurs, pouvoir vanter un tel bilan économique. Et pourtant…

Croissance des inégalités, la classe moyenne se mobilise

C’est là une spécificité du mouvement israélien: contrairement aux soulèvements en Tunisie, en Egypte, en Syrie, qui mobilisent en premier les classes populaires, les «indignés» de Tel-Aviv, de Beer-Sheva, de Jérusalem recrutent massivement au sein de la classe moyenne, ce qui marque une rupture avec le paysage politique et économique que l’on connaît en Israël depuis les années 1980.

Mais si soudaine qu’elle puisse paraître, cette mobilisation ne vient pas de nulle part. Elle se retrouve parfaitement dans les statistiques de l’OCDE et de la banque d’Israël. Disposant de quelque 75% à 120% du revenu médian, la classe moyenne représentait, en 1988, 33% des ménages israéliens. En 2000, elle n’en représente plus que 28%. Dans le même temps, sa part dans le revenu national est passée de 21,7% à 20,5%. Le taux de pauvreté (qui rassemble les ménages gagnant moins de la moitié du revenu médian) se montait, en 2000, à 17,6%, contre 20,5% en 2009.

Les foyers arabes comptent pour 53,9 % en 2009 (contre 42,9% de ce taux en 2000). Autre chiffre pertinent: alors que la croissance repart à partir de 2004 – une fois absorbés les effets de la seconde Intifada – et atteint en moyenne 5% par an, le taux de pauvreté ne régresse pas pour autant. Incontestablement, les classes moyennes n’ont que peu profité de la croissance du PIB israélien, et les inégalités se sont creusées en Israël depuis 30 ans.

Pour Elisabeth Marteu, ce mouvement serait en quelque sorte le signe d’une normalisation du mouvement social israélien, quand tant d’autre pays connaissent aujourd’hui les mêmes types de protestations contre la vie chère, le prix du logement ou de l’essence… «Cette fameuse classe moyenne censée s’être irrémédiablement éloignée de la politique, et qui ne voulait plus rien entendre du conflit avec les Palestiniens, se mobilise aujourd’hui uniquement sur les questions sociales et économiques, sur le front intérieur, observe la chercheuse. C’est elle qui paie les impôts. Et qui en a marre de payer pour les colonies et l’armée, qui absorbent une grosse part du budget. Ils se dressent aussi contre les ultra-orthodoxes, et contre ceux qui ne travaillent pas. Tous ne le formulent pas ainsi, mais au fil de manifestations, les cibles du ras-le-bol sont néanmoins bien identifiées. Les manifestants reprochent aussi au gouvernement et aux promoteurs d’avoir construit quantité de logements pour les juifs français et américains, en vacances en Israël 15 jours par an, et qui ont fait grimper le prix de l’immobilier. Et puis, il y a la critique du libéralisme économique, qui monte en Israël depuis plusieurs années, et dont Nétanyahou incarne le symbole. De ce point de vue, on peut noter le lien qui est fait par une minorité entre la demande d’un Etat providence, et d’un Etat davantage démocratique.»

Ce qui mine la société israélienne, ce sont autant les privatisations engagées sous le gouvernement Nétanyahou que les faiblesses structurelles de la société israélienne, notamment en matière d’éducation. «La croissance israélienne n’a pas touché tout le monde, constate Gilbert Benhayoun, économiste spécialiste d’Israël, qui enseigne à l’université d’Aix-en-Provence. Le taux de pauvreté des familles arabes est en partie dû au sous-investissement public dans les villes qu’elles habitent. Sur un plan plus général, les indicateurs d’éducation ne sont pas bons, pas plus que ceux de la santé. Ce qui frappe, c’est que la part de la santé des ménages couverte par des assurances privées a fortement augmenté. Or, ce sont les gens plus aisés qui augmentent leur part de couverture privée de manière substantielle, quand les ménages les plus modestes n’y parviennent pas. Ils souffrent donc d’autant plus de la dégradation des prestations du secteur public. En outre, au niveau du logement, l’on s’est aperçu qu’il n’y a pas de bulle spéculative, comme le prouve une étude récente de la banque d’Israël. C’est simplement un effet du marché, la demande étant très forte par rapport à l’offre. Il y a donc de réelles causes structurelles de mécontentement.»

En 2009, l’OCDE publiait un rapport détaillé consacré à Israël, au sein duquel une note pointait la nécessité de mettre en place une réforme de l’éducation dans les plus brefs délais. Un autre chapitre met en avant une série de recommandations pour tenter de réduire les inégalités croissantes… Pour compléter cette vision moins lisse du paysage économique et social de l’Etat d’Israël en 2011, il n’est pas inutile de se préoccuper de l’écart considérable du taux de chômage en fonction des régions: si à Raahat, ville peuplée de bédouins au sud du pays, ce taux atteint 36,7%, il tombe à…. 1,8% pour une banlieue high-tech comme Kiriat Atidim, située au nord de Tel-Aviv.

Des colonies… et un conflit trop cher?

Si le gouvernement de Benjamin Nétanyahou est directement la cible des manifestants, c’est également en raison des arbitrages budgétaires largement favorables au budget de défense et des colonies de Cisjordanie. L’armée absorbe près de 7% du PIB annuel, évalué à 195 milliards de dollars. La construction des colonies, si l’on en croit une étude reprise par le quotidien israélien Haaretz a coûté plus de 17 milliards de dollars sur une quarantaine d’années, sans compter le coût du «mur de séparation» ou les exonérations fiscales et avantages que perçoivent ceux qui y résident.

«Vu les écarts énormes que l’on observe entre les régions, les manifestants demandent aussi que les investissements s’effectuent moins vers les colonies, et davantage vers la Galilée et le Néguev, explique Gilbert Benhayoun, qui préside à Aix-en-Provence un groupe de travail israélo-palestinien centré sur les questions économiques. C’est particulièrement vrai au niveau du logement. Un exemple : mercredi 3 août, une loi devait être présentée devant le parlement pour permettre la construction de nouveaux logements. Or la principale revendication du mouvement de contestation a été d’annuler cette loi, car elle aura pour effet de privatiser des terres qui deviendront ainsi propriétés de grands groupes financiers. Ici, on entre dans le domaine politique. Le gouverneur de la banque centrale israélienne, Stanley Fischer, n’a-t-il pas lui-même admis que l’un des problèmes d’Israël était la trop forte concentration du revenu national entre les mains de quelques grandes familles?»

Absents de ces mobilisations, les colons craignent autant les coupes dans les budgets alloués à leurs exonérations fiscales que la suite du mouvement, qui pourrait trouver son prolongement dans des défilés en faveur d’une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens. Ils n’ont peut-être pas tort: à bout de souffle, le gouvernement Nétanyahou a tenté une diversion mardi 2 août, après avoir promis la construction de nouveaux logements étudiants. Selon un reportage de la télévision israélienne Channel 2 TV, le premier ministre israélien accepterait maintenant le retour aux frontières de 1967 comme cadre de négociations, offrant par ailleurs d’échanger des territoires situés du côté d’Israël pour d’autres en Cisjordanie. Il y a moins d’un mois, Benjamin Nétanyahou considérait encore comme inacceptable le discours de Barack Obama sur les frontières de 1967.

Aujourd’hui, la position de Nétanyahou est soutenue par le ministre de la défense, Ehoud Barak, qui perdrait toute chance d’accéder à nouveau à un poste ministériel en cas de chute du gouvernement actuel. «En réalité, on en revient toujours au conflit avec les Palestiniens, glisse Elisabeth Marteu. Des coupes dans les budgets de l’armée et des colonies reviendraient à changer de politique vis-à-vis des Palestiniens. Mais pour l’heure, ce type de discours n’est pas formulé en tant que tel par les manifestants qui, en dehors des militants de gauche, n’évoquent pas non plus l’influence du printemps arabe.»

Ce sera peut-être le cas d’ici à la fin de l’été, alors que le mouvement est encore dans une phase ascendante et que se profile en septembre le vote à l’Onu pour la reconnaissance de l’Etat palestinien. Un vote que Nétanyahou souhaite éviter à tout prix, et qui marquerait, lui aussi, une rupture dans l’histoire de la nation israélienne.

Pierre Puchot

 Statistiques en dents de scie pour la sécurité publique dans le Haut-Rhin

lu dans le Monde (extrait)
dans “Police : Guéant furieux contre un rapport de la Cour des comptes”

“De manière encore plus sévère la Cour estime “que les statistiques départementales présentent parfois une grande instabilité qui peut faire douter de leur fiabilité”. Toujours sur l’année 2009, la Cour s’interroge sur “les inversions de tendance de grande ampleur, comme dans le Haut-Rhin où une baisse de 12,2 % en 2008, a laissé place à une hausse de 14,6 % l’année suivante. Ce phénomène a été observé en Gironde, dans la Manche, le Morbihan, l’Orne, l’Oise, l’Ain, en Ille-et-Vilaine, haute-Corse et Savoie”. Les “sages” observent sur la même période un phénomène inverse dans d’autres départements où une hausse sensible laisse place d’une année sur l’autre, à une baisse toute aussi sensible. Afin d’améliorer le système de mesure statistique et de renforcer sa fiabilité, la Cour recommande un rapprochement entre les services des ministères de l’intérieur et de la justice.”

 Les préfets et sous-préfets touchent des primes de résultat, mais pas pour les reconduites à la frontière, selon le ministère de l’Intérieur

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/categorie/mots-cles/prefets

Le 28.06.2010 à 17:45

Les préfets bénéficient de primes de résultat, pouvant porter la totalité des primes perçues par quelques très haut gradés à 60.000 euros par an, a-t-on appris lundi de source préfectorale.

Préfets et sous-préfets peuvent recevoir des primes « réparties en fonction des résultats obtenus » conformément à la politique gouvernementale « actuellement généralisée à tous les cadres dirigeants de la fonction publique », a expliqué le ministère de l’Intérieur.

Ces primes peuvent s’échelonner annuellement de 8.250 euros pour un sous-préfet à 28.164 euros pour un préfet, selon l’arrêté publié avec le décret du 6 novembre 2008 qui les encadre.

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 Blocus de Gaza: Israël ment

Conflits et protection des populations

SIX MOIS APRÈS, LES SIGNES D’ASSOUPLISSEMENT DU BLOCUS DE GAZA SONT TRÈS FAIBLES

le 30 novembre 2010

Les importations de matériaux de construction sont seulement à 11% des niveaux enregistrés en 2007 avant le blocus.

Israël n’approuve les importations que pour 7% du plan de reconstruction de l’UNRWA. [2] ont peu changé le sort de la population civile de Gaza, comme le démontre un rapport publié aujourd’hui par une coalition internationale de 22 organisations de développement, de défense des droits humains et de construction de la paix. Ces organisations appellent à une action internationale renouvelée pour assurer une levée immédiate, inconditionnelle et complète du blocus.

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