Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!

ujfp logo

Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !

par Pierre Stambul

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.

Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.

Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.

Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.

Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.

L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».

Lire la suite

 7 ème semaine des Oubliés de l’Histoire

pogrome St Valentin Strasbourg 1349 feuille2chouphoto

7 me Semaine des Oubliés de l’Histoire.

Dédiée à Stéphane HESSEL et à Adolphe LOW mort à Strasbourg le 12 novembre 2012 à l’âge de 97 ans. Antinazi, brigadiste international et résistant FFI. « Lion indomptable et doux comme un agneau ».

Cette 7ème semaine va se composer d’un riche ensemble de manifestations qui vont continuer à explorer notre « mémoire en creux » et encourager, toujours, « le devoir de connaissance » que nous privilégions au « devoir de mémoire ».

Et nous nous faisons forts de vous faire découvrir l’au-delà de l’évidence de certains évènements et de certains faits figés dans le marbre constituant nos environnements historique, idéologique et imaginaire familiers.

Pourquoi décidons-nous parfois, collectivement, « de ne pas voir et de ne pas entendre » ?

Cela s’est traduit dès le 14 février 2013 par la célébration, aujourd’hui réglée, du massacre de 1349, Place de la République, à Strasbourg.

Massacre à la structure moderne et si familière, si nous osons dire, qui non pas une fois encore, mais une fois déjà, montre que ce sont les organisations sociales les plus évoluées d’ Occident , en 1349 comme à partir de 1933, qui élaborent les conditions de la mise à mort de l’Autre, du juif ou de tout autre bouc-émissaire potentiel.

En effet Strasbourg, ville libre, dotée d’une des premières constitutions écrites au Monde décide alors de la mise à mort de tous ses juifs , en 1349.

Nous avons retenu de ce massacre la conduite héroïque de l’Ammeister de l’époque, Peter SCHWARBER, qui va prendre le parti des juifs en perdant fortune et charges avec d’être banni à Benfeld.

Nous militons pour qu’une rue lui soit dédiée à Strasbourg et Benfeld.

Nous avons participé le 28 février au désormais mensuel « Café Psy » de l’association Aube, où l’on a invité l’un d’entre nous à évoquer la question de l’exclusion sociale, de la précarité et de la prise en charge des patients les plus fragiles, dont les demandeurs d’asile et les clandestins, dans le domaine de la psychiatrie. (Voir l’article de Prescrire de Novembre 13 : « Accueillir des étrangers malades : l’expérience du département du Bas-Rhin »).

Une journée particulière sera dédiée le 13 mars à l’équipe du Collège André Malraux de Paron près de Sens qui pour la dixième année « Réalise l’Europe »et à qui nous décernerons le 7ème prix Véronique DUTRIEZ.

Voir site www.realisonsleurope.fr

Le travail exécuté autour de Vincent Moissenet, est un travail d’explorateur, unique en Europe, qui consiste à former chaque année une nouvelle classe de 3ème aux techniques de l’investigation historique et aux techniques de l’audiovisuel, pour réaliser un documentaire original sur l’histoire de l’Europe, depuis celui concernant la guerre de 1914-1919 jusqu’aux Etats-Unis d’Europe, demain.

Nous leur présenterons le 13 mars « Le Chemin de la Mémoire et le Chemin de Croix ». (voir site du Judaïsme Alsacien et site de L’Autre Voie No 9)

Le 27 mars à 18H30 nous participerons à accueillir Bernard FRIOT à l’IECS qui insiste de manière originale sur « La puissance du salariat » et sur le fait que les cotisations sociales créent de l’emploi.

Nous sommes attachés dans le cadre des Oubliés à préserver les outils structurés et historiques de la protection sociale à la française fondés, sur l’universalisme et la solidarité.

Nous soutenons la pérennité Sécurité Sociale et nous opposons aux attaques qui la visent.

Nous soutenons la relance de la construction d’un salariat solidaire et efficace, notamment en matière d’emploi.

7 avril à 10H. Yom Hashoah.

Le 20 avril de 15 à 17 H à la Librairie Kléber, Chloé TRABAND, paysagiste parisienne, présentera en exclusivité un travail de recherches effectué en Bosnie Herzégovine en 2010-2011,qui s’intitule « Réconciliés par la Ruine et les Délaissés. Mémoire. Oubli. Absence »,

suite à l’initiative du Centre André Malraux de Sarajevo et du paysagiste Gilles Clément.

Les ruines traumatiques liées à la guerre sont des lieux sensibles devenus des barrières symboliques et physiques pour l’homme.

Celui-ci ne fréquente plus ces espaces , il les évite même.

L’histoire douloureuse qui les marque fait d’eux des zones d’ombres qui ponctuent les espaces investis. Ces sites ne seraient selon Louis Martin même plus des lieux car ils ne sont habités que par le végétal.

Dans cette perspective, Chloé TRABAND propose des réponses soucieuses de la mémoire, de l’oubli et de l’absence, en travaillant sur l’idée de « régénération » et de « résilience ».

Elle interroge la capacité que l’homme et la nature ont de coexister ensemble dans un lieu qui n’est ni tout à fait entièrement de la nature, ni tout à fait dédié à l’homme.

Elle propose d’inciter le franchissement de ces espaces pour leur donner un sens nouveau, tout en respectant la mémoire des lieux et la dynamique végétale en place.

Drainé par la Bregava, une rivière épaisse et nourricière, la ville de STOLAC est une commune de 5 5OO habitants, dans une vallée du sud de la Bosnie Herzégovine. Inscrit dans un contexte rural et montagneux, elle a été, pendant la guerre, une des plus grosses cibles militaires de la région. Aujourd’hui, elle porte toujours de profondes traces des conflits.

Cette approche n’ira pas sans réveiller en nous le souvenir et les représentations mentales d’autres ruines que se soient celles d’une partie de Strasbourg, consécutives aux bombardements américains, de septembre 1944, ou encore celles d’Oradour sur Glane (liées indéfectiblement au souvenir des Malgré Nous).

Sans parler des ruines de Dresde ou celles d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le 27 avril nous nous appuierons sur le texte accueilli par « l’Autre Voie n°9 »

http://www.deroutes.com/AV9/memoire9.htm

et le site du « Judaïsme alsacien »

http://judaisme.sdv.fr/perso/gyfeder/memoire.htm

pour effectuer notre « Chemin de la Mémoire et Chemin de Croix » en collaboration avec le Centre National du Résistant Déporté (CNRD) de Madame Frédérique NEAU-DUFOUR.

Départ en car Place de Bordeaux à 10H.

Visite gratuite réalisée par Georges Yoram Federmann.

Inscriptions dans la limite des places disponibles sur federmanja@gmail.com

Le 28 avril à 10H nous serons devant l’Institut d’Anatomie pour la cérémonie en hommage aux victimes des expérimentations médicales réalisées sur des Juifs et des Roms, à Strasbourg et au Struthof en 1943 et 1944.

Nous militons pour qu’une plaque soit apposée à la Chambre à Gaz du Struthof pour rappeler le martyr des Roms.

Le 18 mai Café d’ Histoire au Mémorial d’Alsace Moselle sur « le Chemin de la mémoire et Chemin de croix ».

Le 13 juin à 19H à la Maison des Associations projection débat autour du documentaire de Gabrielle Schaff « On remuait les lèvres mais on ne disait rien » sur la douleur morale des Malgré Nous, co-animé avec Nicolas Mengus.

Georges Yoram Federmann

et Jean-Marc Lenoble.

federmanja@gmail.com

 Lettre Ouverte D’un Palestinien Au Président De La République Française Suite À L’hommage National Rendu À Stéphane Hessel

par Majed Bamya, jeudi 7 mars 2013

Le Président Hollande évoquant Stéphane Hessel lors de l’hommage national qui lui a été rendu aujourd’hui:
« Il pouvait aussi, porté par une cause légitime comme celle du peuple palestinien, susciter, par ses propos, l’incompréhension de ses propres amis. J’en fus. La sincérité n’est pas toujours la vérité. Il le savait. Mais nul ne pouvait lui disputer le courage ».

stephane-hessel-en-janvier-2012-10869932jhpsu_1713

 

Monsieur le Président,

Des millions de personnes ont suivi l’hommage rendu par la France à l’un de ses citoyens, qui a réussi par ses actes et ses paroles à raviver des valeurs universelles en manque d’incarnation, et à donner corps aux aspirations d’une jeunesse en quête de repères. Vous avez compris qu’au coeur du combat de Stéphane Hessel, il y avait la liberté, et sans doute la dignité humaine. Ce combat, il l’a mené comme résistant, comme diplomate, comme militant, comme écrivain. Il n’a jamais déposé les armes et a continué à défendre jusqu’à son souffle ultime cet absolu, faisant face aux fatalistes, aux résignés, aux frileux.

Lire la suite

 Hommage à Stéphane Hessel

hessel diseur de poésie

Rencontre entre Stéphane Hessel et Elias Sanbar à la librairie Kléber de Strasbourg le 9 mars 2012

Stéphane Hessel et l’indignation

http://la-feuille-de-chou.fr/wp-content/photos/hessel-bach-lib-k.wavHessel Francine A JCM feuille2chouphoto

Hessel sur la Feuille de chou

http://la-feuille-de-chou.fr/?s=hessel&submit=Recherche

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/9239

Hessel/DNA

Download (PDF, 3.61MB)

UJFP

http://ujfp.org/spip.php?article2611

http://ujfp.org/spip.php?article2610

Du fond des égouts, la haine antisémite à l’état pur

LDJ haine Hessel

LireLire

 Le discours de Michel Warschawski, pour le prix 2012 des Droits de l’Homme au Centre d’information alternative

taubira-warschawski-930677-jpg_804496

Prix 2012 des droits de l’homme de la République française remis au Centre d’Information Alternative

Discours de Michel Warschawski

10/12/12

Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs les membres du Jury,

Permettez-moi, au nom de mes collègues et ami/es du Centre d’Information Alternative, Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens, de vous remercier chaleureusement pour avoir bien voulu honorer notre action contre l’impunité.

Si c’est pour cette action spécifique que vous avez bien voulu nous donner ce prix, nous-même le recevons également comme un signe d’encouragement à notre engagement pour le vivre-ensemble et notre volonté de construire des ponts entre les peuples plutôt que des murs.

Nous en sommes d’autant plus honorés que c’est de vos mains, Madame la Garde des Sceaux, que nous recevons ce prix, vous qui, avec détermination, avez combattu pour que soient reconnus comme crimes contre l’humanité, donc imprescriptible, la traite négrière transatlantique et l’esclavage qui en a résulté, reconnaissance à travers cette loi qui porte votre nom et qui honore la France, que l’impunité peut durer pendant des siècles, mais qu’il ne faut jamais cesser de lutter contre elle.

Ne nous y trompons pas : le combat contre l’impunité (par rapport à l’esclavage, au génocide des Juifs d’Europe, à l’apartheid ou à l’occupation coloniale en Palestine) est UN et ne peut ni ne doit être hiérarchisé.

Ce combat s’appuie sur les leçons tirées du judéocide nazi par la communauté internationale tout entière. PLUS JAMAIS CA ! avait proclamé avec force la communauté des nations après la découverte des charniers de Treblinka et d’Auschwitz. Et pour que les enfants des rescapés des camps de la mort ne connaissent plus une barbarie de telle ampleur, cette communauté des Nations nous a armé du Droit International. À commencer par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La présence parmi nous de Christiane et Stéphane Hessel est aussi une façon de marquer ce combat pour le Droit International. Ils sont des amis proches du Centre d’Information Alternative, nos parrains, c’est-à-dire ceux dont la vie, l’action et les valeurs qu’ils défendent nous inspirent et nous guident dans notre combat. Stéphane Hessel nous a donne la DUDH, le devoir de la communauté internationale de juger les criminels de guerre et l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité. Le Traite de Rome et la constitution de la Cour Pénale Internationale ont parachevé cette œuvre pionnière.

Soixante-cinq ans plus tard ses enfants spirituels, que nous sommes, sont honorés par la République Française pour le combat que nous menons contre l’impunité des hommes politiques et des militaires israéliens soupçonnés d’avoir commis de tels crimes, à Gaza, à Jenine ou au Liban.

Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs membres du Jury,

Pourquoi l’impunité face à de tels crimes est-elle inacceptable ? Pourquoi en avons-nous fait un de nos combats prioritaires ? Pour trois raisons essentielles :

- D’abord pour une question d’hygiène internationale: un monde dans lequel les criminels de guerre peuvent vivre normalement et circuler librement serait un monde malade où n’existe aucune frontière entre le bien et le mal.

- Ensuite, parce que la pénalisation des crimes de l’occupation coloniale en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et au Liban, sont un moyen de faire justice, au moins un peu de justice, aux victimes palestiniennes et libanaises. Cette reconnaissance des crimes et leur pénalisation sont également la condition préalable à toute éventuelle réconciliation. L’ont compris nos camarades Sud-Africains quand ils ont mis en place le processus de Vérité et Réconciliation : vérité avant réconciliation, vérité pour qu’il puisse y avoir réconciliation.

- Mais il s’agit aussi, et c’est peut-être la raison la plus importante, d’un acte de libération pour mes propre concitoyen/nes. En effet, il en est des sociétés comme des individus : l’impunité est suicidaire. Rien ne semble pouvoir arrêter le criminel, qui ainsi court à sa propre perte. Qui aime bien, châtie bien, nous disait-on à l’école des Parents, et cette formule, certes un peu archaïque, est certainement valable aussi pour les États et les sociétés.

En dénonçant les crimes de l’occupation coloniale, en traitant les hommes politiques, les officiers et les soldats impliqués dans des crimes de guerre comme des criminels de guerre, et en leur refusant l’impunité, nous, en Israël comme à travers le monde, plaçons des barrières salutaires à l’ubris, cette folie de la puissance qui menace ceux qui croient, méchamment mais aussi bêtement, à l’usage illimité de la force.

C’est dans cet esprit, que le Centre d’Information Alternative s’est pleinement impliqué dans la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – lancée par la société civile palestinienne et reprise par des dizaines de milliers d’individus, d’organisations, de syndicats et de partis politiques à travers le monde. Sanctionner le colonialisme israélien c’est aussi aider faire comprendre à mes concitoyens que pour leur propre bien il faut y mettre fin.

J’aime mon pays, c’est là que vivent mes enfants et grandissent mes petits enfants qui, pour certains d’entre eux, se trouvent avec nous aujourd’hui. Et parce que je l’aime, je me bats pour que la communauté internationale nous aide à mettre fin à son état d’impunité. Car ce qui est profondément anti-israélien c’est de le pousser à la faute et à la fuite en avant, en laissant notre pays dans l’impunité…

 Alima Boumediene-Thiery [avocate ou pas?] devant la Cour d’Appel de Versailles

CR d’audience devant la Cour d’Appel de Versailles – 14/11/2012

Alima Boumediene-Thiery c/ barreau du Val d’Oise

Il s’agissait bien entendu de « l’interdiction professionnelle » faite à Alima par ces Messieurs-dames de Pontoise, en l’occurrence le refus de l’admettre dans leur giron comme avocate, pour des raisons inavouées mais faciles à expliquer.

Mais à rocambolesque histoire, audience hors normes, vous allez voir.

Tout d’abord, précisons qu’Alima arrivait soutenue par les personnalités comme Henri Leclerc, Pdt d’honneur de la LDH et d’une notoriété incontestée dans la profession et dans les médias ; de Roland Weyl (95 ans), avocat ayant pratiqué la profession depuis 60 ou 70 ans (je ne sais plus, c’est unique !), déporté vers les camps d’extermination nazis (et un excellent militant que certains d’entre nous connaissent), enfin de Stéphane Hessel qu’il est inutile de présenter. Jean-Guy Greilsamer représentait l’UJFP.

La plaidoirie de son avocat, Didier Liger, avec qui j’ai échangé des informations et des références sur la culture du boycott, était plus que brillante : extraordinaire. Ce fut un régal pour les militants qui ont permis, aux côtés de quelques membres de la profession, de remplir la salle en soutien à la très courageuse militante pour les droits des Palestiniens. Gilles Paruel, l’ancien bâtonnier du Val d’Oise qui lui faisait face s’en est trouvé en piteuse posture, la salle riant fréquemment aux phrases ajustées et acérées de Didier Liger.

D’abord, ce sont les qualités intellectuelles de l’ex-sénatrice EELV et ex-députée européenne qui ont été détaillées : une flopée de diplômes ahurissante, certains succès étant obtenus au cours de la même année universitaire. Ses origines très modestes (elle a grandi dans le bidonville d’Argenteuil) ont été citées. Son conseil a rappelé de manière magistrale que nombre d’anciens ministres et parlementaires avaient été admis dans tel ou tel barreau avec beaucoup moins de compétences juridiques. Alima, elle, possède les 2 qualités. Le décret instituant l’admissibilité par simple passé de personnalité politique ayant été annulé durant les rebondissements de cette affaire, il restait à notre camarade les qualités essentielles pour exercer ce métier, qualités dont nombre d’avocats inscrits ne peuvent se vanter. Il a été reproché au barreau du 95 de s’appuyer sur des citations en justice (Pontoise, justement) qui n’ont débouché sur aucune condamnation et de jouer en quelque sorte la carte « présumée coupable », choquante pour un représentant des avocats. Il faut dire qu’Alima n’a jamais été convoquée par le barreau pour défendre sa candidature (refus implicite), sauf lorsqu’elle a saisi la Cour d’Appel (organe compétent en la matière) et que les dates d’audience prévues ont été repoussées à deux reprises. Quel embarras ! Et le respect de la procédure contradictoire ?

Mais certaines accusations ont été abandonnées par les inquisiteurs en cours de route. Ils ont gardé un bien étrange motif d’absence de probité, désintéressement et modération pour maintenir leur refus de cette candidature. Pour ce faire, le (faux) témoignage de Me Christelle Monconduit a été précieux : celle-ci, employeur d’Alima, a prétexté une rapide dégradation des relations avec elle alors qu’elle lui a renouvelé deux fois son contrat !

Comme si cela ne suffisait pas, Didier Liger, s’appuyant sur un déontologue réputé de la profession, André Damien, a relevé le fait que le barreau du 95 s’était appuyé dans ses justifications sur un seul article de « presse » émanant d’un site d’extrême-droite : Atlantico (tiens, tiens…). Bel exemple de modération, s’il en fut ! Pour couronner le tout, la jurisprudence en Cour de Cassation a été citée à l’appui. Il a également cité Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du syndicat de la magistrature : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4190 qui dénonçait vertement le refus d’inscription de la juriste surdouée.

Mais le fond de l’affaire a été abordé après la forme : Alima Boumediene-Thiéry a participé à des actions de boycott, dont une au Carrefour de Montigny-les Cormeilles à laquelle je participais aussi (déguisée en bagnard, de même qu’Omar Slaouti, elle avait été « jugée » entre les gondoles par un tribunal expéditif et moqueur). Je peux attester que nous avions fait acte de retenue et de modération en ne faisant que placer de nombreux produits dans deux ou trois caddies en dénonçant à voix haute leur origine frauduleuse et inacceptable. Evidemment, le véritable motif réside là. La critique pacifique de la politique insoutenable d’un Etat a été avancée et bien défendue.

Plaidoirie sans surprise du bâtonnier qui a soutenu que ce « militantisme au demeurant respectable n’était pas conforme au principe de modération ». Comprendre donc qu’un avocat ne peut participer à une opération de boycott, qualifiée de « commando » pour l’occasion.

L’avocate générale a plaidé dans le même sens, mais, surprise, le président en habit d’hermine s’est montré bienveillant. En aîné protecteur, il a échangé quelques mots avec Alima sur son enfance matériellement difficile puis a annoncé, après quelques minutes de suspension, que la Cour, bien que l’affaire eut été plaidée contradictoirement, ne mettait pas en délibéré : du jamais vu. Eh oui, car il a demandé au bâtonnier de trouver un accord avec la recalée en laissant entendre que sinon, l’affaire reviendrait en audience le 19/12 et serait jugée… à l’avantage de la plaignante !

Méfiance tout d’abord d’Alima et de son avocat : que signifiait « arrangement » et à l’avantage de qui cela pouvait-il tourner ? Finalement, débriefing à l’extérieur puis au restau et questionnement, enfin consensus dans l’interprétation de cette sage et habile décision : la Cour d’Appel soutient la plaignante qui a les qualités notoires pour plaider ; les Juges de la Cour d’Appel n’ont, apparemment, pas voulu condamner leurs confrères du Val d’Oise et déconsidérer le barreau tout entier, ce qui eut fait désordre ! Les Juges ne s’entretuent pas !

Prochain épisode qui risque d’être croustillant (et je ne peux pas dévoiler pourquoi) : la convocation à Pontoise d’Alima, où il faudra bien que le barreau change son fusil d’épaule.