De nouvelles craintes pour une famille tchétchène à Sélestat


Le changement c’est…
“, heu, c’est quand déjà?

Communiqué :

Le collectif de soutien aux familles « sans papiers » de Sélestat est à nouveau mobilisé pour demander la régularisation d’une famille tchétchène. La maman a dû quitter la Tchétchénie avec ses 3 garçons, après y avoir subi de graves persécutions par les militaires de ce pays. La menace était de plus en plus dangereuse, les visites des militaires plus rapprochées et plus violentes, si bien que la fuite est devenue la seule issue possible pour sauver la vie de la famille.

La famille est actuellement prise en charge par ASF 67 (Accueil Sans Frontières) mais en février 2011, l’OFPRA ( Office français des réfugiés et des apatrides) a refusé cette première demande. ASF a constitué un recours à la CNDA (Cours Nationale du droit d’asile) qui a lui aussi rejeté la demande. Ce deuxième rejet est dramatique car l’aîné de la fratrie, 15 ans est autiste et nécessite un besoin permanent d’accompagnement.

Le collectif soutenu par RESF, va intervenir auprès des pouvoir publics et des élus politiques pour qu’ils prennent en compte cette situation dramatique. Nous sommes donc dans l’attente d’une réponse de la préfecture de Strasbourg pour que cette famille soit régularisée.

 M. Khoustaev a gagné contre le préfet du Bas-Rhin

Alors que l’avocate avait brillamment accumulé un grand nombre de possibilités d’annulation de la mesure préfectorale sur des questions juridiques formelles, c’est finalement la question de la possibilité des soins de santé, peu réaliste en Russie qui a été mise en avant par le juge pour décider, après la mise en délibéré immédiate, en faveur de M. Khoustaev.

A noter que contrairement à l’habitude ce président du Tribunal Administratif a pris le temps d’expliquer la raison de son arrêt, laissant le temps à l’interprète de traduire. Il a même indiqué la procédure à suivre pour la suite de la demande d’asile.

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/25785

 VIGICRAGE au CRA de Geispolsheim

A l’est, rien de nouveau, à l’ouest, des expulsions.

M. M. est Tchétchène. Il est au centre de rétention depuis 19 jours et fait la grève de la faim. Sa femme et ses deux enfants de 1 an et demi et 6 ans et demi sont logés par le 115. L’ainé est scolarisé et parle français, Plusieurs membres de la famille ont été tués ou torturés en Tchétchénie. La famille M. est venue directement de Russie en France, sans passer par la Pologne. Or,la France, dans ce cas, en général, n’expulse pas les Tchétchènes vers la Russie. Alors pourquoi le maintenir en rétention s’il doit être relâché après 30 jours?

M. M.que nous avons rencontré au parloir se fait l’écho de plaintes de plusieurs ressortissants de pays de l’est actuellement retenus au CRA de Geispolsheim.
Ils reprochent aux permanentes de l’Ordre de Malte de ne pas accompagner leurs demandes d’asile avec assez de conviction. Et s’étonnent dans plusieurs cas qu’à peine 3 jours après une demande d’asile, une réponse négative arrive, même pendant l’Ascension. Le délai ne semble pas respecté. Par ailleurs les permanentes refuseraient de déposer avec eux des recours qui sont pourtant de droit, en disant qu’ils doivent repartir dans leur pays.

Après la visite à M. M., nous avons parlé à plusieurs de ces ressortissants de pays de l’est à travers les grilles sous la pluie ce jeudi après-midi.
Il y avait un Géorgien en France depuis janvier 2010 dont la demande d’asile déposée le 11 mai a reçu dès le 14 un refus!
Un Albanais arrivé en France depuis 15 jours, emmené à Paris à l’OFPRA et qui a reçu un niet deux jours après!
Un Arménien qui est passé par la Suisse pendant deux mois, puis a obtenu un droit d’asile au Luxembourg, mais a été interpellé à la gare de Strasbourg.
Un Azerbaïdjanais depuis 2003 en Allemagne, renvoyé en Azerbaïdjan, venu en France où on lui refuse le recours après refus du droit d’asile.
Un Tchétchène réfugié en Lituanie où on lui refuse l’asile; il est renvoyé en Russie avec sa femme enceinte ; ils retournent en Lituanie où sa femme perd son enfant; il est arrêté à Strasbourg.
Un Géorgien encore, passé par la Pologne ; il a une hépatite et un rendez-vous avec le Pr. Abergel le 7 juin.
Comme on le voit, la machine à expulser tourne à plein régime, au mépris des droits humains!
Mais de cela, les journaux parlent moins que d’une loi au sujet d’un morceau de tissu.

Une réaction à l’article

Bonjour,

Je me permet d’intervenir ici suite à cet article dans la feuille de chou du groupe Vigicrage car je trouve inadmissibles les accusations portées à l’encontre des intervenantes de l’Ordre de Malte, sans qu’il ait été visiblement procédé à une demande de clarification préalable de leur part.

Quelle que soit l’opinion que l’on porte sur l’Ordre de Malte d’une manière générale, les juristes qui interviennent au centre de rétention sont totalement dévouées à la défense des étrangers retenues qu’elles accompagnent. De ce que j’ai pu observer, elles sont extrêmement compétentes et font de leur mieux, au vu des moyens qui leur sont alloués.

Il est tout à fait possible que l’OFRA rejette une demande d’asile en quelques jours, sans procéder à un entretien préalable avec l’intéressé. C’est ce qu’on appelle la procédure prioritaire. Quand j’intervenais pour la Cimade au CRA de Geispolsheim c’est arrivé une ou deux fois, quand les officiers de protection estimaient la demande infondée. Malheureusement, vu les conditions d’exercice du droit d’asile en centre de rétention (5 jours pour remplir le formulaire OFPRA en français, à l’aide d’interprètes bénévoles contactés par téléphone quand on arrive à en trouver + pour faire traduire les documents à l’appui de la demande), je ne pense pas qu’il soit très constructif d’attaquer les intervenants de l’Ordre de Malte qui, je le répète, font de leur mieux.

Quant au recours qu’elles refuseraient de déposer et qui sont pourtant “de droit”, je suppose qu’il s’agit du recours contre la décision de rejet de l’OFPRA auprès de la CNDA. Je voudrais rappeler que ce recours, dans le cadre de la procédure prioritaire (or, tous les demandeurs d’asile qui sont autorisés à déposer une demande d’asile en centre de rétention sont automatiquement placés en procédure prioritaire) n’est pas suspensif. Autrement dit, il n’empêche pas la mise à exécution de la mesure d’éloignement. Pour être claire, au mieux le demandeur d’asile n’est pas renvoyé dans son pays et il sera bien plus bénéfique pour lui de faire ce recours avec des spécialistes de la question (CASAS fait ça très bien), soit il est renvoyé dans son pays et le recours formulé est rejeté d’office. Il est donc contre-productif de faire un recours à la CNDA en centre de rétention, et ce d’autant plus que rédiger un recours est très, très, très long et que cela se fera au détriment d’une réflexion sur la stratégie de défense à adopter quand le juridique ne sert plus à rien.

Avant de publier un tel article, il serait donc judicieux de chercher à comprendre plutôt que de porter des accusations faciles. Je me tiens à la disposition de quiconque aurait besoin d’informations sur le fonctionnement du CRA et de la mission d’assistance juridique. N’oubliez pas que l’Ordre de Malte intervient dans le centre de rétention dans le but d’aider les retenus à faire valoir leurs droits. Elles ne sont donc pas des ennemies mais des partenaires. Il serait bien plus utile aux retenus d’essayer de comprendre ce dont elles auraient besoin pour améliorer les conditions dans lesquelles elles exercent leur mission plutôt que d’essayer de les décrédibiliser.

Je suis désolée de la longueur du message mais je ne pouvais laisser passer de tels propos sans réagir.

Réponse

Comme l’article le montre, il s’agit du point de vue des retenus dont nous nous faisons les porte-parole .

On ne saurait exiger d’eux, dans la situation où ils se trouvent, de connaitre les subtilités du droit des étrangers!

Et c’est la même chose pour les bénévoles de Vigicrage.

 Urgence RESF 67 Enfants tchétchènes

NOUVEAU RASSEMBLEMENT CE MERCREDI 11H30

DEVANT L’OPERA PLACE BROGLIE A STRASBOURG

familles tchétchènes à la rue

Merci d’entendre et de relayer l’appel de ces enfants de Tchétchénie, livrés à la rue, merci d’entendre leurs histoires de là-bas, innommables et beaucoup trop lourdes à porter pour un enfant, et d’entendre également désormais leur histoire tragique, ici, chez nous.

Suite au rassemblement de soutien, en présence des familles, hier à 18 heures, Place Broglie, l’audience demandée au cabinet de Monsieur le Préfet n’a pas été accordée.

Elle a été fixée mercredi 28/04 à 11h30.

Lundi soir, plusieurs citoyens français ont spontanément proposé d’héberger ces familles, en dépit de leur situation irrégulière, chez eux jusqu’à cette audience.

Deux nuits de répit pour les 14 enfants concernés et leurs parents.

Nous soulignons le nombre important de mères seules, soit que le père ait été assassiné en Tchétchénie soit qu’il ait été d’ores et déjà renvoyé en Pologne par la France.

Ce soulagement ne saurait faire reculer notre grande inquiétude quant à l’issue de l’audience de mercredi.

Et ceci, d’autant plus, que la sortie de l’hébergement est d’ores et déjà prévue pour de nombreuses autres familles.

Pour tenter d’éviter une véritable catastrophe humanitaire avec des dizaines d’enfants à la rue,

Le Réseau Education Sans Frontière 67

appelle à un nouveau rassemblement de soutien de ces familles

demain, mercredi à 11h30, Place Broglie

Ces enfants livrés à la rue et traqués par la police, sont les éclaireurs de ce que le monde, le nôtre, est en train de devenir.
Personne n’a vraiment envie de se regarder dans leur miroir, et quand on pourra le faire, il sera déjà bien tard.

resf.strasbourg@laposte.net

 père de famille arraché aux siens/chasse aux Tchtétchènes en Alsace

http://www.educationsansfrontieres.org/article26842.html

lu dans les DNA

Strasbourg – Strasbourg / Demande d’asile
Mobilisation pour un journaliste tchétchène

L’arrestation mercredi d’un journaliste tchétchène, réfugié à Strasbourg depuis la mi-décembre, a provoqué une levée de boucliers. Au-delà du cas précis, l’affaire illustre la difficulté aujourd’hui à faire valoir le droit d’asile en France.

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 La demande d’asile d’Arsanbeck OUMKAIEV a été enfin acceptée.

Strasbourg, le 1 mars 2010

Le Comité Tchétchénie de Strasbourg a été alerté de la rétention d’Arsanbeck OUMKAIEV en novembre 2006, alors que les délais de tous les recours possibles étaient expirés. Suite au témoignage qu’il nous a fait nous avons demandé au préfet d’instruire en France sa demande d’asile sans le renvoyer en Pologne comme le prévoit le traité de Schengen. Peine perdue, nos démarches ont « agacé » Monsieur le préfet !

Renvoyé en Pologne, il est immédiatement incarcéré. Plusieurs mois plus tard il est transféré dans un camp de réfugié, infesté d’agents du FSB qui incitent les réfugiés tchétchènes à revenir « au pays », quand ce n’est pas par la force qu’ils les embarquent pour les ramener en Russie.

Nous avons alerté les différents réseaux de défense des Droits de l’Homme en Pologne, qui l’ont aidé à sa sortie du camp. Désespérant de voir sa demande d’asile enfin prise en compte, Arsanbeck OUMKAIEV décide de revenir en France. Il rejoint son oncle qui habite Lyon. Nous le mettons en relation avec le Comité Tchétchénie de Lyon, qui le prend en charge.

Demande d’asile, rejet, recours, appel … et enfin l’acceptation de la demande d’asile en février 2010, soit plus de 3 ans après son arrivée en France.

Merci à tous ceux qui, à l’époque, ont bien voulu soutenir notre démarche.

Salut fraternel. Francine et Micha Andreieff

En pièce jointe vous trouverez la lettre que nous avons diffusée lors de son expulsion vers la Pologne.

voir ici http://la-feuille-de-chou.fr/?p=6875