Tirer dans le tas ! De l’avenir des musulmans en France par Alain Gresh

islamophobie

Longtemps, les colonisés ont été considérés comme appartenant à une espèce inférieure, dont le statut ne relevait ni de principes universels, ni du droit international. Et que l’on pouvait exploiter, voire exterminer sans remords. Dieu reconnaîtrait les siens !

En 1898, Heinrich von Treischke, un expert en sciences politiques, soutenait ce qui pour nombre de ses contemporains apparaissait comme une banalité : « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. » La balle dum-dum fut inventée à la fin du XIXe siècle ; elle causait des blessures particulièrement graves. En 1897, la convention internationale de La Haye adoptée par les Etats « civilisés » la bannissait ; elle fut réservée à « la chasse au gros gibier et aux guerres coloniales » (lire « La fin du droit international ? », 16 août 2006). « Exterminez toutes ces brutes », gribouille, durant ses tribulations au cœur du Congo colonial, le Dr Kurz, le personage central de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad.

A la même époque, l’antisémitisme, fondé sur les mêmes théories « scientifiques » de la race, affirmait que les juifs étaient des sous-humains, théories ouvrant la voie au génocide de la seconde guerre mondiale. Durant ces années, le gouvernement de Vichy adoptait des lois sans précédent d’exclusion des juifs, d’interdiction de nombre de leurs pratiques religieuses, de déchéance de citoyens français de leur nationalité, tout en contribuant activement à l’entreprise génocidaire nazie.

Depuis, il semblait que ces discours et ces mesures d’exclusion ne pouvaient être défendus en France, non seulement contre les juifs, mais contre toute minorité. Nous avions tort.

Dans un texte intitulé « Que faire des musulmans une fois le Coran interdit ? », publié par le site Boulevard Voltaire et qui n’a suscité aucune condamnation officielle de tous ceux qui sont si prompts à condamner tout acte antisémite, Christine Tasin fait « un rêve » — merci à Sébastien de m’avoir signalé ce texte.

« Les musulmans, qu’ils soient Français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales, afin de supprimer l’appel d’air permanent qu’elles suscitent. Bien sûr, il faudra ou sortir de l’Union européenne ou la faire exploser puisqu’elle voudra nous empêcher de faire la loi chez nous, et reconstituer une Europe des nations.

Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. »

(…)

« Bien sûr enfin, on nous dira qu’il y a trop de citoyens concernés. Et qu’on ne peut expulser des gens présents depuis si longtemps en France, avec la nationalité du pays. À ceux-là, nous répondrons qu’en 1962, on a fait partir d’Algérie plus de 10 % de sa population, dont la plus grande partie n’avait plus aucun contact avec la France depuis plusieurs générations. À notre connaissance, c’est loin d’être le cas de nombreux musulmans qui vont en vacances, tous les ans, “au pays”. »

Ce texte se passe de commentaires. Pour vous distraire, si l’on peut dire, remplacez le terme musulmans par juifs, roms ou Noirs… Et vous aurez une idée de la France « ethniquement pure » que l’on nous prépare.

http://blog.mondediplo.net/2013-04-16-Tirer-dans-le-tas-De-l-avenir-des-musulmans-en

 “Peur sur les lycées”, “Traque à l’apprenti terroriste”: le rôle des médias dans la psychose sécuritaire d’Etat

peur sur les lycées dna 180513

Ce samedi 18 mai, seuls les quotidiens régionaux d’Alsace, font leur une sur l’affaire.
http://unes.spqr.fr/?date=20130518

Mais quelle une!

Peur sur les lycées“, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace.au-dessus d’une photo volontairement floue, où l’on distingue un brassard “Police” orange au premier plan, et quelques lycéens, en tenue réglementaire, jean-blouson-baskets, mains dans les poches, démentant le titre.

La photo semble prise devant le Gymnase Jean Sturm, au centre-ville, établissement privé, protestant, sous contrat, où la bourgeoisie envoie ses rejetons.

Le sous-titre de la photo fait dans l’exagération et le hors-sujet, en écrivant que “un jeune homme avait menacé sur Internet de commettre une tuerie..;”, sans mentionner la menace de suicide.

La Feuille de chou y était hier vers 17 h, où on pouvait observer que, si un véhicule de police nationale était garé sur le trottoir, et que des policiers en uniforme surveillaient la sortie, on ne percevait rigoureusement aucune différence avec l’ambiance décontractée d’une sortie de classe habituelle.

Même chose au Lycée Marcel Rudloff, dans le quartier plus excentré et populaire des Poteries, proche de Hautepierre, avec le véhicule de police sur le terre-plein, juste en face de la fontaine toujours sèche, transformée en pot-de-fleur géant, et de l’entrée. Quant aux policiers, ils étaient invisibles à l’heure du constat, avec, peut-être, l’un ou l’autre en civil, adossé comme une pseudo “caillera, à l’angle d’un mur, pianotant son portable. Calme plat, chef!

Les DNA en rajoutent une couche dans la confusion mentale organisée par l’État et les médias déchainés réunis. “Traque à l’apprenti terroriste“, saute aux yeux du lecteur de la page région 13.

N’importe quoi!

Le sous-titre parle d’un “message évoquant une tuerie dans un établissement scolaire..”, passant sous silence que la première menace du dit message est celui du suicide d’un adolescent.

Le papier signé Antoine Bonin, rappelle la chronologie des faits depuis l’alerte d’une mère de famille de Versailles, [des Versaillais, au sens historique?] informée par son fils. Alors que la presse se plaint habituellement (s’oubliant elle-même), de la non-maitrise par la jeunesse de la langue française, ici, on a l’impression qu’écrire un “texte relativement long dans un français impeccable” serait une preuve à charge. Il y a d’ailleurs à la place de préparatifs qu’on attendrait, le mot préparations, qui peut convenir aussi.

Racaille

Tous les jeunes à capuche suspects?

Dans sa contribution aux recherches policières, le Journal qui a, comme beaucoup, publié des photos du responsable présumé de l’expédition du message, et les reproduit en agrandissement dans cette édition papier,et sur la toile, remarque que “Sur les clichés qui ont été diffusés aux médias à la mi-journée, apparaît un jeune homme portant un sweat-shirt sombre à capuche“.

On espère que les milliers de garçons ainsi vêtus, auront pensé à se changer ce matin, sans quoi, ils risquent d’être abattus comme des loups par le GIPN.

Et voilà pourquoi “le préfet a décidé, en concertation avec le procureur, les forces de l’ordre et le recteur d’académie, de mettre en place un dispositif monstre aux abords de l’ensemble des lycées du Bas-Rhin.“. Les plus fous ne sont pas ceux qu’on pense.

255 OPJ, 500 policiers et gendarmes mobilisés!

Tout ça pour un jeune qui, soit a fabriqué “un canular“, selon le mot du Procureur, soit, mal dans sa peau, lance un appel au secours, par une menace de suicide public, au lendemain d’un autre, réussi, et hyper-médiatisé déjà, dans la cour d’une école maternelle. C’est le SAMU qu’il faut appeler, pas l’armée et la police.

Le Journal se fait cependant, in fine, l’écho de la sagesse lycéenne et populaire: “Pas de psychose parmi les lycéens, dans l’ensemble convaincus qu’il s’agit d’une ‘mauvaise blague’“.

A l’opposé de cette sagesse, le directeur des DNA, Dominique Jung, éditorialise en sens inverse.

Dès le titre “Angoisses“, au pluriel, on s’attend aux pires amalgames. Et on n’est pas déçus.

A sa décharge, on relève ceci : “Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier, devient une affaire d’État“.

Mais enfin, Dominique Jung, pour quoi ne pas creuser et documenter ce bon sens? Ce qu’on a essayé de faire ici.

Archives F2C
A qui, à quoi profite le climat médiatico-politique toujours plus sécuritaire? http://la-feuille-de-chou.fr/archives/50233
La guerre se prépare à Jeoffrecourt http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49492

Sur-lignage grassé par la F2C

Angoisses

Nous sommes démunis. Et sur les nerfs. On l’a vu hier en Alsace.

Une lettre anonyme postée à partir d’un cybercafé de Strasbourg promet une fusillade dans un lycée indéfini. Coup d’esbroufe d’un gamin qui ne sait pas comment exister, canular mal calibré, vraie menace ? On n’en sait rien. Le texte est sorti de nulle part, il est vague mais il fait froid dans le dos. Le principe de précaution va jouer à plein.

L’hypothèse d’une fusillade, aussi peu documentée soit-elle, dessine le scénario le plus noir. Cette lettre qui naguère aurait pu finir au panier devient une affaire d’État. Ne rien faire est impensable. On dépêche des policiers et des gendarmes devant les lycées du Bas-Rhin parce qu’il y a des précédents : la tragédie scolaire est hélas à la mode, qu’il s’agisse de fusillades aveugles, de prises d’otages ou, comme jeudi à Paris, d’un suicide programmé sous les yeux d’enfants de six ans. La réaction collective était donc indispensable.

La surveillance policière n’épuise toutefois pas les questions. Jusqu’à quand cette protection ? Et pourquoi juste dans le Bas-Rhin ? Si un esprit dérangé envisage vraiment une fusillade, rien ne l’empêche de se transporter un peu plus loin.

Mais notre société est ainsi faite que le déploiement policier décidé à l’échelon d’un département entier apparaît comme une marque d’attention suffisante et appropriée de la part des pouvoirs publics. Le symbole rejoint ici l’action. Nous avons besoin d’être rassurés. Vigipirate fonctionne comme jadis l’ange gardien ; c’est le complément obligé de la panoplie chargée de conjurer nos angoisses.

Espérons au moins que si la menace émane d’un suicidaire, il a eu le temps de se raviser et de renoncer à son acte fou. Et si c’est un mauvais plaisant, qu’il soit sanctionné à la mesure de l’émotion des familles.
publiée le 18/05/2013 à 05:00

L’Alsace 180513

L'Alsace 180513

Un jeune homme a fait part de son intention de se tuer, mais avant cela, de provoquer un carnage dans un lycée : canular ou menace réelle, un dispositif impressionnant a été déployé.

L’Alsace

« On ne flippe pas, mais… »
le 18/05/2013 à 05:00 H. de C.

Les lycéens du Bas-Rhin ont vécu hier une journée très particulière : des cours ordinaires, mais une présence policière, des déplacements parfois limités… et une angoisse sourde.

On s’attendait à trouver l’effervescence. Mais devant ce grand lycée strasbourgeois, hier en milieu d’après-midi, il règne un calme inhabituel. « D’habitude, il y a toujours plein de jeunes devant la porte, qui fument, qui discutent… Là, c’est vrai que c’est beaucoup plus tranquille » , constate Maximilien, élève de seconde, un des rares lycéens dehors à ce moment-là, avec deux amies.

Cette tranquillité apparente est peut-être due à la voiture bleu foncé stationnée juste devant l’entrée. Elle est banalisée, mais ça n’est franchement un mystère pour personne : les trois hommes à l’intérieur sont des policiers en civil. Toutes les entrées de ce lycée sont ainsi surveillées, et il y a au moins une présence devant chaque établissement du secteur. « Et pendant ce temps, la ville est ouverte aux délinquants ! » , lâche un de ces « surveillants » d’un nouveau genre…

Absentéisme

À l’intérieur du lycée, le téléphone de l’accueil ne cesse de sonner. « On assure les cours, rien ne change » , répond la standardiste à un parent inquiet. « Ça n’arrête pas depuis ce matin ! , confie-t-elle après avoir raccroché. Après, généralement, ils sont rassurés. » Mais pas tous… Certains parents sont venus rechercher leurs enfants, hier matin. « Je crois que des élèves en ont profité… »

Maximilien confirme un absentéisme élevé : « Cet après-midi, il manquait près d’un tiers des élèves de ma classe ! On ne flippe pas, mais c’est vrai qu’on fait attention… » Et ça n’empêche pas de rigoler un peu : « Des filles ont fait semblant d’avoir peur et, pour les calmer, le prof a dû fermer la porte de la classe à clé… » Une façon comme une autre d’évacuer la crainte sourde de ce qui peut ou aurait pu survenir… Tandis qu’elle répète aux parents que tout va bien, la dame de l’accueil surveille avec une attention particulière les entrées sur ses écrans de vidéosurveillance ; juste à côté des moniteurs est posée la photo du suspect. « Mais ici, il n’y en a pas beaucoup qui entrent avec des capuches… »
Devant un autre grand lycée de la ville, la présence policière est, cette fois, bien visible : la voiture de police garée devant l’entrée n’est pas banalisée et ses quatre occupants sont bien en uniforme. Seules les deux entrées principales de cet établissement ont été laissées ouvertes, tous les portails secondaires ont été temporairement fermés. Une autre voiture s’est positionnée dans l’enceinte même du lycée. Et dans un troisième établissement, hier matin, des policiers arpentaient le hall d’entrée…
Un œil sur les caméras de télésurveillance

« Des policiers sont venus jeudi nous montrer la photo du suspect, pour nous demander si on le connaissait , raconte un enseignant. C’est vrai qu’il y a un peu plus d’anxiété que d’habitude, surtout de la part des parents, et qu’on regarde les élèves un peu plus attentivement… Mais sinon, rien n’a changé ! »

Malgré tout, dans certains établissements, on a restreint les déplacements des élèves : ici, ceux-ci devaient rester dans un périmètre bien défini entre midi et deux ; là, ceux-là n’ont pas eu le droit de quitter l’enceinte du lycée à la pause de 10 h. Et ce matin, un examen dans un lycée strasbourgeois sera raccourci de deux heures parce qu’il n’y aura pas assez de présence policière pour aller jusqu’au bout des cinq heures d’épreuve…

 

 Amnistie sociale : un jour « grave » pour la gauche

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A l’appel de la CGT, militants syndicaux et politiques se sont rassemblés jeudi 16 mai pour soutenir la proposition de loi sur l’amnistie sociale. Le texte revenait, le matin même, en débat à l’Assemblée nationale. La gauche est profondément divisée.

La suite: http://www.regards.fr/web/Amnistie-sociale-un-jour-grave,6648

Et aussi: Amnistie sociale: syndicalistes et Front de gauche se mobilisent:

http://www.humanite.fr/social-eco/lois-sur-lamnistie-sociale-et-les-licenciements-bo-541712

 Du théâtre palestinien à Strasbourg

Come to Palestine- poster travel 1938

Du 14 au 17 mai, au TAPS Scala, en coproduction avec le Théâtre National Palestinien :

TAPS Strasbourg

Spectacle en arabe surtitré en français
Antigone de Sophocle
Théâtre des Quartiers d’Ivry
Taps Scala
du mardi 14 mai au vendredi 17 mai 2013 à 20h30

 Psychiatrie : Lettre ouverte a monsieur le Président de la République

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

par LE COLLECTIF DES 39 CONTRE LA NUIT SECURITAIRE

Il est des mots, des discours prononcés, des dérives, en face desquels le devoir d’une prise de parole exigeante s’impose.
Notre collectif composé de professionnels -psychiatres, infirmiers, éducateurs, psychologues, psychanalystes…- de patients et de familles, d’acteurs du monde de la culture, est né en 2008 en réaction aux prises de position de votre prédécesseur considérant les malades mentaux comme des êtres potentiellement dangereux. Il s’agissait d’utiliser un fait divers pour alimenter une idéologie politique « sécuritaire », en prenant la personne souffrante pour cible.
Cette position, éminemment stigmatisante a provoqué un émoi justifié parmi les citoyens de notre pays : 40 000 personnes signèrent alors un texte dénonçant vivement cet incroyable recul culturel.

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 Non à la parade de l’extrême-droite le 12 mai à Paris

Ce 12 mai, une nouvelle fois, l’extrême-droite la plus violente annonce plusieurs manifestations dans Paris.

Plusieurs groupes et organisations, dont certains sont ouvertement néo-nazis, vont en effet « commémorer » à leur manière, la mort d’un de leurs militants, survenue le 9 mai 1994 suite à une manifestation non autorisée et violente, organisée par le GUD ; pour certains d’entre eux il s’agit aussi de rendre leur « hommage » à Jeanne d’Arc.

Le premier cortège partira de la Madeleine à 10h ; il est organisé par le groupe « 3ème Voie » son dirigeant Serge Ayoub alias ” Batskin” , a animé nombre d’organisations et de mouvances, dont certains militants ont très rapidement franchi le pas vers la violence active, voire le meurtre. Ainsi le 18 juin 1990 au Havre, le jeune James Dindoyal était empoisonné puis jeté à l’eau, avant de décéder dans d’atroces souffrances. Les responsables étaient deux membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, proches de Serge Ayoub (1).

Aujourd’hui, Serge Ayoub et ses troupes prétendent à la respectabilité : cependant, très récemment, le 23 avril dernier les deux militants armés venus soutenir les agresseurs homophobes du bar de Lille et interpellés par la police, ont fait référence à leur appartenance au groupe 3ème Voie (2).

Cette manifestation est appelée au nom de la lutte contre l’’ impérialisme ». Or, la dernière initiative de ce type (3) a rassemblé autour de 3ème Voie des organisations de défense de la dictature syrienne, organisations dont les militants ont attaqué très violemment, à Paris et ailleurs en France, des manifestations organisée par les démocrates syriens (4).

Cette initiative est d’ailleurs rejointe par d’autres groupes notamment une partie des « nationalistes autonomes », belges et français, dont la dangerosité immédiate n’est plus à prouver. Ainsi, leur section de Nancy s‘est spécialisée dans l‘agression des cibles habituelles de l’extrême-droite, membres des minorités ou des mouvements progressistes (5).

La seconde manifestation est appelée notamment par l’Oeuvre Française, à 10h à la Concorde. On y trouvera aussi les Jeunesses Nationalistes et le GUD. Ces trois organisations sont ouvertement pétainistes et pro-nazies. Leur propagande est faite d’un mélange extrêmement violent d’antisémitisme, de racisme, d’homophobie et de négationnisme. Les Jeunesses Nationalistes comme le GUD sont à l’origine de nombreuses agressions ces deux dernières années : très récemment, le GUD a appelé ouvertement à la violence contre les homosexuels (6), et l’un de ses membres a également été condamné pour l’agression grave d’un jeune musulman dans les Yvelines (7).

Plus globalement c’est autour de ces groupes et de leur propagande en ligne, que gravitent et se forment les individus qui attaquent les locaux des associations LGBT, des forces de gauche, les centres de planning familial, les mosquées. C’est aussi sur leurs sites et leurs pages Facebook que sont diffusées des théories meurtrières contre les Juifs et les Roms et des appels au passage à l’acte contre ces populations.

L’après-midi, une troisième manifestation se tiendra à l’appel de CIVITAS, et nul doute que nombre des manifestants du matin iront ensuite grossir les rangs de l’organisation catholique intégriste.

Ces dernières semaines, galvanisée par l’élan violent des manifestations homophobes, cette extrême-droite n’hésite plus, même dans la capitale, à passer à l’attaque physique contre les manifestations ou les militants : le 1er mai, un cortège en hommage à Brahim Bouarram a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés (8).

ll ne s’agit pas de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques: ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l’UMP que dans les défilés du FN ” dédiabolisé” quoi qu’en disent Marine Le Pen ou Frigide Barjot. C’est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu’ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l’adresse personnelle de journalistes et d’intellectuels désignés comme les cibles à abattre (9)

Comment comprendre que de tels défilés belliqueux, organisés par des individus et des organisations ayant fait la preuve de leur violence, se voient autorisés ?

Stopper cette agitation haineuse et dangereuse doit constituer une priorité pour un gouvernement se revendiquant du progressisme et affirmant vouloir protéger les minorités mises en cause.

Il n’y a aucun obstacle juridique pour interdire ces manifestations du 12 mai : les précédents violents lors des manifestations d’extrême-droite sont légion, même en prenant uniquement en compte les derniers mois. Le «  trouble à l’ordre public » est donc bien constitué sauf si l’on considère que l’attaque de certaines catégories de la population ne provoque pas un trouble conséquent et important.

La démocratie, c’est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d’expression.

Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.

Nous exigeons du Ministre de l’Intérieur, et du Préfet de Police qu’ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu’ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l’espace public à tous et à toutes.

Nous demandons également à toutes les organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de se mobiliser pour que ce 12 mai ne soit pas une nouvelle banalisation des parades fascistes.

Memorial 98

Operation Poulpe

(1)http://www.liberation.fr/histoires/0101262224-skins-tueurs-a-la-biere-empoisonnee-les-meurtriers-d-un-mauricien-au-havre-demasques-huit-ans-apres

(2)http://www.nordeclair.fr/faits-divers-justice/violences-homophobes-deux-skinheads-armes-etaient-ia0b0n198056

(3)http://www.streetpress.com/sujet/73877-les-skinheads-de-troisieme-voie-defileront-samedi-au-coeur-de-paris

(4)http://www.lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2011/10/03/portraits-d-opposants-syriens-agresses-a-paris_1581630_3218.html#ens_id=1481132

(5)http://www.libestrasbourg.fr/actu/2011/02/cinq-skinheads-suspectes-dagressions-en-serie.html

(6)http://yagg.com/2013/04/03/provocation-homophobe-du-gud-linter-lgbt-va-porter-plainte/

(7)http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/31/deux-militants-d-extreme-droite-comparaissent-pour-agression-contre-un-musulman_1637089_3224.html

(8)http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/1er-mai-des-militants-anti-fascistes-agresses-lors-d-un-hommage-7948618.html

(9)http://www.europe1.fr/France/Le-Monde-va-porter-plainte-contre-le-FN-1503797/

Comment relayer cet appel ?

Vous pouvez également l’envoyer aux associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de défense des droits de l’homme, afin qu’ils prennent des initiatives contre ces parades d’extrême-droite. Et bien sûr, le diffuser dans vos propres réseaux… ou faire votre propre appel.

 Texte d’une militante du Collectif de Soutien aux Rroms du Val Maubuée

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Constatez sans peine les tas d’immondices, de ça , de là.
Des rats aussi parfois.
L’autorité locale compétente interdit le ramassage des ordures.
Ainsi le bidonville sera vite répugnant, aux yeux des bonnes gens.
Qu’ils sont sales ces bohémiens.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
D’où sortent femmes et enfants.
Ils roulent des caddies qui transportent les bidons, Qu’ils vont remplir d’eau , A la bouche d’incendie, très loin.
Le robinet, à coté, a été fermé par l’autorité locale.
Rendons leur la vie impossible et qu’ils aillent s’installer ailleurs.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Observez ces mères qui portent sur leur dos, Leur enfant endimanché, jusqu’au trottoir.
Ainsi les godillots resteront propres pour l’école, Malgré la boue de l’hiver trop humide qui salit tout.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Ecoutez la mélodie du violon de Katalin.
14 ans, musicien, sans conservatoire et sans professeur, Regardez son sourire, Timide, un peu, Heureux, beaucoup, Quand l’instrument obéit à ses doigts de magicien.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
2 familles doivent partir demain,
Référé, jugement , expulsion.
Le juge a statué pour 4 adultes et 6 enfants.

Mais regardez arriver les hommes, en bleu, casquettes et rangers.
Qu’ils partent tous pour que les bulldozers puissent saccager et tout raser.
Menaces, pressions, OQTF* à la main,
Qu’ils partent tous ou elles seront distribuées.
Prenez garde, c’est demain que la loi est bafouée.

Voyez ce campement de baraques multicolores.
Ecoutez le silence.
Ecoutez,
Le violon de Katalin s’est tu,
Il chante ailleurs,
Le bonheur d’être en France plutôt qu’en Roumanie, « C’est ça la vie des Rroms » disait Florea avant de partir.

* OQTF = Obligation de Quitter le Territoire Français

 La laïcité, bordel!

Logolaicitedaccord

 

 

 

C’est maintenant!

Juiboustiaman

APPEL à toutes les organisations, associations, partis
qui se réclament de la laïcité

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Depuis un an, nous avons changé de président de la République et de majorité à l’assemblée nationale.

Des événements récents ont montré que nous nous heurtons constamment à un hiatus entre le droit tel qu’il est interprété et dit par le Conseil d’Etat, par le Conseil Constitutionnel ou par la Cour de cassation, et la volonté des républicains laïques.

C’est le rôle des législateurs, des parlementaires de changer cet état de fait en prenant les décisions politiques nécessaires.

Car nous nous retrouvons encore et toujours à devoir mettre en avant les revendications traditionnelles des laïques dans notre pays, et notamment :

Respect de la loi de 1905, son extension à tous les territoires de la République sans exception.

C’est pourquoi le Comité 1905 de Draguignan a décidé d’adresser une lettre ouverte aux parlementaires pour qu’ils prennent les décisions politiques nécessaires :

Pour l’abrogation du concordat et des textes de l’ancien régime et de 1939 qui contreviennent à la loi de 1905

Plus nombreux nous serons et plus nous aurons de chances de nous faire entendre !

Comme à l’époque de l’initiative contre les accords Vatican-Kouchner, nous vous proposons donc de reprendre à votre compte le texte ci-joint ou de vous prononcer sous la forme que vous choisirez pour peser dans le même sens.

Download (DOC, 25KB)

Nous mettrons cette lettre ouverte aux parlementaires en pétition sur internet

en invitant les signataires à demander à leurs organisations de se joindre à l’initiative ou prendre position dans le même sens.

Toutes les associations, organisations, partis qui prendront position seront ajoutés immédiatement à la liste des initiateurs.

Merci de bien vouloir nous répondre quel que soit votre choix.

Salutations républicaines et laïques.

Pour le CA du Comité 1905 (Draguignan) réuni le 8 avril 2013

Patrice DECORTE : patricedecorte@laposte.net

Les associations suivantes ont décidé de co-lancer cette initiative :

- Comité 1905 de Draguignan.

- Observatoire de la Laïcité des Alpes-Maritimes – OLAM.

- Associationloi1905 (Carros 06).

- Association des Libres Penseurs de France – ADLPF.

- Comité 1905 de la région Rhône-Alpes.

- Conseils Départementaux des Familles Laïques – CDAFAL :

Drôme 26
Isère 38
Savoie 73