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Depuis le 18 janvier, des gardiens de sécurité circulent sur le campus de l’Esplanade et dans les locaux de l’université. Ils sont regroupés en équipes de deux personnes, habillées d’un uniforme jaune. La véritable finalité de cette présence n’est pas connue, mais leur seule action visible, pour l’instant, a été d’expulser une personne sans abri du bâtiment du Patio.

Un contrat a dû être signé par les services centraux de l’Unistra, seuls compétents en la matière. Cet accord a été conclu dans le plus grand silence, sans qu’aucune information directe n’ait été fournie à la communauté universitaire, notamment sur le montant et la durée d’un tel contrat liant l’université à une compagnie privée.

Déjà lors de la cérémonie des vœux 2016 de l’Université de Strasbourg, le 12 janvier dernier, l’UEC avait mis en garde la communauté universitaire contre l’austérité dans le monde de l’éducation, mais également contre l’état d’urgence qui a des conséquences directes sur la vie étudiante (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/01/joyeuse-austerite-joyeux-etat-d-urgence-a-l-universite-de-strasbourg.html). La confirmation de la dérive sécuritaire ne s’est pas faite attendre, et une semaine plus tard c’est une société de sécurité privée qui fait son apparition sur le campus.

Il existe déjà un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT :https://www.unistra.fr/index.php?id=19537) ainsi qu’un Service prévention, sécurité et environnement (SPSE : https://www.unistra.fr/index.php?id=18762). Ces deux organes sont gérés par ou en coordination avec des membres de la communauté universitaire. Nul besoin donc de recourir à une société privée !

C’est suite aux attentats de Charlie Hebdo en janvier dernier que l’on a commencé à voir la police circuler régulièrement au sein même du campus, interpellant et fouillant arbitrairement des étudiants immigrés ou militants (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/01/apres-les-larmes-les-mesures-securitaires-s-imposent-deja-a-l-universite-de-strasbourg.html).

Combien de policiers, combien de gardiens faudra-t-il avant que l’Unistra devienne un lieu plongé dans la privatisation et le délire autoritaire ?

Les universités constituent des environnements favorisant l’émancipation et le développement de la pensée critique. Une compagnie privée de sécurité n’a rien à y faire ! En outre, cette présence est contraire à l’image de liberté et d’ouverture qu’est revendiquée par l’Unistra, en opposition notamment avec certaines de ses homologues parisiennes où l’accès aux bâtiments est entièrement contrôlé par des gardiens. Le président de l’Unistra Alain Beretz déclarait, dans sa lettre à la communauté universitaire faisant suite aux attentats du 13 novembre, que « nous devons nous rassembler autour de nos valeurs, liberté, égalité, fraternité ». Seulement pour Alain Beretz liberté égalité fraternité riment avec société privée de sécurité !

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg dénonce cette nouvelle étape dans la dérive sécuritaire de l’Université de Strasbourg. Nous exigeons de la part de la direction de l’Unistra qu’elle informe l’ensemble de la communauté universitaire sur la finalité ainsi que le montant du contrat qu’elle a conclu avec cette société privée. Nous invitons les étudiants et les membres du personnel de l’université à observer au plus près les actes et manœuvres de ces gardiens de sécurité, et le cas échéant, à leur demander de s’identifier et de justifier leur présence.

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg