COLLECTIF AAA: APPEL À MANIFESTER LE 15 NOVEMBRE 2014

A Strasbourg, manifestation à 14H30 place Kléber

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Le Collectif Alternative A l’Austérité (AAA), constitué de forces syndicales, associatives et politiques, appelle à manifester dans toute la France le samedi 15 novembre 2014.

Ce collectif est issu du rassemblement de même type constitué à l’occasion de la manifestation du 12 avril 2014 (voir post ici),  à l’appel de plusieurs fédérations syndicales et d’unions départementales de la CGT, de plusieurs syndicats de l’Union syndicale Solidaires, de syndicats de la FSU, d’associations (DAL, associations de chômeurs, féministes…), de forces politiques (Front de gauche, NPA, Alternative libertaire). Cette initiative avait fait l’objet de débats animés dans le syndicalisme, notamment quant au rapport entre champ social et champ politique.

L’appel au 12 avril avait promis des « suites« , qui ont d’abord pris la forme d’une rencontre nationale le 21 juin 2014 (voir les actes ci-dessous), où ont été débattues les raisons de s’engager, la diversité des formes de cet engagement, et l’ébauche de propositions communes contre l’austérité. La perspective d’une action à l’automne face aux choix budgétaires du gouvernement était évoquée.

A la suite de plusieurs réunions en septembre 2014, le collectif du 12 avril a pris le nom de Collectif Alternative à l’austérité (Collectif AAA ou 3 A), a adopté un appel de référence (voir ci-dessous), a poursuivi son travail d’échanges sur des propositions alternatives (sans finalisation à ce stade) et lance un appel à manifester que nous reproduisons ci-après. Un site sera prochainement ouvert.

 

Annonce des propositions du Collectif AAA  

Une journée de mobilisation le samedi 15 novembre

Les raisons pour lesquelles nous avions manifesté ensemble le 12 avril sont plus que jamais à l’ordre du jour.

Sous prétexte de la crise, l’accentuation, l’accélération des politiques gouvernementales et patronales entrainent chaque jour plus de misère, de chômage, de désespoir social. Une insécurité sociale généralisée se met en place ainsi qu’une crise morale et démocratique qui alimente la montée en puissance des forces réactionnaires, de la droite extrême, et du Front National.

Sous l’aiguillon du Medef et en plein accord avec la Commission Européenne, le Gouvernement traduit les objectifs du pacte dit de « responsabilité » dans les orientations et les contenus des Projets de loi de financement de la Sécurité sociale.

Le Collectif 3 A, regroupe de nombreuses associations, des syndicats, les forces politiques du Front de Gauche, avec le NPA et Alternative libertaire (voir sur le site les Actes du 21 juin). Sans exclusive, dans le respect de l’indépendance des organisations syndicales, des associations et des partis politiques, qui partagent ces objectifs, propose une journée de mobilisation nationale le samedi 15 novembre avec le même jour une grande manifestation à Paris et dans les grandes villes et régions.

Nous voulons construire cette mobilisation pour exprimer haut et fort notre refus de la politique gouvernementale, des attaques du Medef et de ce budget d’austérité pour 2015 et de manière plus large notre combat contre l’austérité et notre volonté de construire et d’imposer la prise en compte d’autres choix

Une réunion ce mardi 14 achèvera un communiqué et commencera les tâches pratiques en ce qui concerne l’Ile de France et pour avoir du matériel nationalement.

Cela suppose, avec trente jours de délais, que les contacts soient pris sans attendre.

 

L’appel constitutif du Collectif 3 A

cliquez ici pour télécharger l’appel

Collectif national alternative à l’austérité

COMBATTONS L’AUSTÉRITÉ
ENSEMBLE RECONSTRUISONS L’ESPOIR

Nous n’en pouvons plus. Le chômage gonfle, boucler le mois devient très compliqué. Les aides sociales reculent, les services publics sont asphyxiés, démembrés, fermés, y compris les services de proximité alors que les usagers se mobilisent pour les défendre. Se soigner, se nourrir et se loger décemment, s’occuper de ses enfants ou de ses parents, devient un parcours du combattant. Partout, nous ne rencontrons que du mépris. Mépris pour les chômeurs auxquels on propose des métiers déqualifiés, des bas salaires, des temps partiels sous-payés, et qu’ils doivent accepter à moins d’être radiés. Mépris, quand les loyers et les charges augmentent et qu’il ne reste rien pour vivre. Mépris, quand dans les HLM, faute de budgets sociaux, les plafonds se fissurent, les ascenseurs sont régulièrement hors service. Mépris quand, à la limite du surendettement, EDF ou GDF-Suez exigent que les factures soient réglées ou sinon, c’est la coupure de l’électricité ou du gaz. Mépris pour celles et ceux qui restent sur le carreau, « en vrac », quand les firmes débauchent même si leurs actions flambent. Mépris partout quand on est blacks, beurs, ou sans-papiers surexploités et sans droits. Mépris, quand après 40 ans au boulot, ne reste qu’une retraite de misère. Mépris quand la concurrence au travail nous casse, parfois tue, et qu’il faut faire toujours plus avec moins de moyens. Enfin, mépris, dans la bouche des dirigeants patronaux et politiques, quand on laisse entendre que cette situation serait de la faute de ceux qui trinquent.

Toutes ces galères font monter une immense colère, chez celles et ceux qui les subissent ou qui les voient sévir autour d’eux. Cette colère est légitime. Nous devons transformer cette colère en une force qui fasse cesser les galères, et impose un autre modèle de société, égalitaire et solidaire.

Vite, très vite ! Car l’exaspération produit aussi du « chacun pour soi » et la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux, dont se nourrit le Front National.

Les galères ne viennent pas de nulle part. C’est le résultat du système capitaliste, des politiques libérales et patronales menées depuis des décennies. Depuis 2012, le Président de la République, dans la lignée de son prédécesseur, a enrichi les riches et appauvri les pauvres. Alors que son impopularité tourne aujourd’hui à l’illégitimité, Hollande poursuit sa politique de régression sociale. En plus, il décide autoritairement une réforme des collectivités locales, qui va attaquer plus encore la démocratie et les services publics locaux. Le gouvernement Valls 2, en plein accord avec le MEDEF , donne de nouveaux gages au patronat : démantèlement du code du travail, coupes multipliées dans les dépenses publiques et sociales, accélération des exonérations fiscales pour le capital, démolition de la loi Allur, attaques sur la politique familiale.

Toujours tout aussi autoritairement, au plan international, se négocient dans le plus grand secret des accords de libre échange qui auront des impacts lourds en termes de pouvoirs renforcés des multinationales, de chômage supplémentaire, mal-bouffe. Et se poursuit l’alignement sur la politique étrangère américaine.

L’austérité n’est pas pour tout le monde. Pendant que nous payons, pour eux, les milliards qu’ils empochent, le CAC 40 et les banquiers se gavent : 40 milliards de dividendes versées aux actionnaires en 2013, 5% de plus qu’en 2012.

Cette politique n’est faite ni pour le peuple, ni par le peuple : Il n’a pas voté cela ! Ces nouveaux seigneurs nous gouvernent, circulent et font carrière des sommets de l’Etat aux banques ou aux directions du CAC 40, font leur loi… et se croient au-dessus de la loi.

Cette politique, nous n’en voulons plus. Nous disons : « ça suffit » ! Et nous la combattons.

Beaucoup résistent. Mais nos mobilisations sont trop éparses. Nos combats doivent converger.

Si nous tous, citoyens et citoyennes, salarié-e-s, privé-e-s d’emploi, retraité-e-s, syndicalistes, militant-e-s associatifs et politiques, actrices et acteurs du monde de la culture et du sport, nous nous rassemblons, nous rendrons possible une alternative, une autre politique sociale et solidaire, écologiste et féministe, démocratique.

Nous sommes avec celles et ceux qui luttent et redressent la tête. Avec les salariés qui se battent pour leurs salaires, leurs emplois, leurs droits. Avec les chômeurs, les intermittents, les précaires. Nous sommes dans les luttes pour les droits au logement, à l’éducation, à la santé. Nous sommes dans les luttes des femmes, des migrants, pour faire reculer toutes les discriminations, les exclusions, le racisme, la répression. Nous sommes dans les luttes contre les reculs de la démocratie, à l’œuvre aussi dans les entreprises et les administrations. Nous nous battons contre les projets qui ravagent notre planète et notre environnement.

Nous voulons construire des ponts entre toutes ces luttes.

Nous voulons organiser des mobilisations et des actions communes, localement et nationalement, pour combattre l’austérité et nous en sortir. Le plus rapidement possible.

Partout, nous invitons au lancement de collectifs locaux pour mettre en place des cadres d’actions et de mobilisations communes, soutenir, aider, développer les luttes.

Nous voulons aussi ouvrir un vaste débat, national et local. Comment faire reculer le chômage, quels droits, y compris nouveaux pour les salariés, les citoyens, quelle politique pour le logement, la santé, l’éducation, la culture ? Nous voulons inverser cela : montrer ce que veut et peut le plus grand nombre. Nous voulons qu’on invente les solutions ensemble, en les discutant dans les quartiers, les villes, les entreprises, et sans exclusive : avec toutes celles et tous ceux qui viendront faire entendre leurs exigences sociales contre l’austérité. Nous nous proposons de d’élaborer, mettre en débat ensemble des mesures d’urgence.

Il est plus qu’urgent de nous rencontrer, urgent de résister, urgent de reprendre le contrôle de nos vies, urgent d’empêcher qu’on nous les vole, urgent d’imposer d’autres choix. C’est le but de notre collectif, qui s’est donné pour tâche de réunir mouvement associatif, mouvement syndical et mouvement politique, afin de porter une alternative à l’austérité dans le débat politique et dans la rue.

Paris, le 10 septembre 2014

 

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