Dernières (mauvaises) nouvelles des migrants de Calais

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CALAIS: L’OFPRA SERT À EXPULSER LES CAMPEMENTS

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/21/lofpra-sert-a-expulser-les-campements/

La venue du directeur général de l’OFPRA ce mercredi à Calais, au lieu 
de distribution des repas occupé par les exilés, mérite qu’on y 
revienne. Pendant la journée, la préfecture a dit aux associations, aux 
médias et aux exilés eux-mêmes que les occupants du lieu devaient 
partir, ce qui laisse présager une expulsion, et un dispositif spécial 
pour ceux qui choisiraient de demander l’asile. Le soir, le directeur 
général de l’OFPRA est là pour tenter de crédibiliser ce dispositif. 
Est-ce là le rôle de l’Office Français de Protection des Réfugiés et 
Apatrides ?

La législation européenne (règlement Dublin III) prévoit qu’on ne peut 
demander l’asile que dans un seul pays, et énonce une série de critères 
pour déterminer quel est ce pays. Dans la très grande majorité des cas, 
il s’agit du pays d’entrée dans l’Union européenne. Toute une partie des 
exilés arrivant en France se sont fait prendre leurs empreintes 
digitales dans des pays qui ne respectent pas les droits des demandeurs 
d’asile ou n’offre pas de possibilités d’intégration aux réfugiés 
(Bulgarie, Hongrie, Italie…). S’ils demandent l’asile en France, ils 
risquent donc d’être renvoyés dans le pays où ils ont laissé leurs 
empreintes digitales. Et s’ils demandent l’asile en France, ils devront 
y donner leurs empreintes, et ils ne pourront plus demander l’asile dans 
un autre pays.

Lorsqu’ils arrivent en France, les exilés voient des demandeurs d’asile 
vivre à la rue. Il faut un délais variable selon les préfectures, 
généralement de plusieurs mois, pour obtenir le premier rendez-vous qui 
permet d’entrer dans la procédure d’asile.Pendant ce délais, ils sont 
sans-papiers et à la rue. Ensuite ils doivent attendre souvent plusieurs 
mois une proposition d’hébergement, souvent dans un foyer d’hébergement 
d’urgence où aucun accompagnement des demandeurs d’asile n’est prévu.

La CFDA (Coordination Française pour le Droit d’Asile) a fait en 2012 un 
rapport complet sur la dégradation de l’accueil des demandeurs d’asile 
en France. Les choses ne se sont pas arrangées depuis. Et les exilés 
sont informés de la situation, puisqu’ils rencontrent des demandeurs 
d’asile à la rue.

Par ailleurs, les exilés sont confrontés aux contrôles et arrestations à 
répétition, insultes et brutalités policières, notamment à Calais. Ils 
ont compris que pour les autorités françaises ils n’étaient pas les 
bienvenus, et le premier mot de français qu’ils ont appris de la police 
est généralement « dégage ». Tout est fait au quotidien pour qu’ils 
n’aient pas envie de rester en France.

C’est donc dans ce contexte qu’intervient le directeur général de 
l’OFPRA. Le dispositif qu’il propose évite le temps d’attente à la rue 
avant le rendez-vous en préfecture et la proposition d’hébergement – ce 
qui est d’ailleurs le simple respect de la loi, et on se demande 
pourquoi l’État ne respecte pas la loi tout le temps. Mais rien n’est 
dit quant aux hébergement proposés et surtout au suivi de la demande 
d’asile des personnes, qui est essentiel pour avoir une chance d’obtenir 
une réponse positive (le dossier de demande et le récit de vie doivent 
être écrits en français par exemple, les chances de réponse positive 
sont plus élevées pour les personnes qui ont pu préparer leur entretien 
avec l’OFPRA que pour les personnes qui n’ont reçu aucune aide).

On a déjà eu le mois dernier un détournement des missions de l’ARS 
(Agence Régionale de Santé) pour le montage d’une fausse opération 
contre la gale pour donner une couleur humanitaire à l’expulsion de 
trois campements. Maintenant c’est l’OFPRA qui est détourné de sa 
mission de protection des réfugiés pour jouer le rôle de la « main tendue 
de la France » dans une opération publicitaire visant à mieux faire 
passer l’expulsion des exilés qui occupent le lieu de distribution des 
repas.

Au moment où une réforme de la législation française sur l’asile est en 
discussion, ce détournement des missions de l’OFPRA est particulièrement 
inquiétant.   

 

CALAIS: TIR AUX MIGRANTS

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/13/tir-aux-migrants/

Vers deux heures et demi du matin dans la nuit de jeudi à aujourd’hui vendredi, six exilés marchent rue du Quai de la Loire, à Calais, pas très loin du lieu de distribution des repas. Un bruit sec, l’un d’eux s’écroule. Ses compagnons le ramènent au campement, appellent les pompiers, il est pris en charge le SMUR. Il est encore hospitalisé aujourd’hui, mais ses jours ne sont pas en danger. Il a reçu un plomb de carabine dans le dos.

La police arrive, prévenue par les pompiers, et interroge les témoins. Se présente alors un autre exilé qui a été blessé au bras de la manière manière et au même endroit un peu plus dans la nuit, à minuit et demi. Grâce à un témoins, les policiers retrouvent l’arme, un carabine à plomb munie d’une lunette, puis le tireur, qui serait un vigile travaillant dans l’une des usines de la rue du Quai de la Loire.

Un homme a décidé cette nuit-là de se consacrer à la chasse aux migrants.


http://www.lavoixdunord.fr/region/deux-migrants-blesses-par-des-tirs-de-carabine-a-calais-ia33b48581n2207005

Deux migrants blessés par des tirs de carabine à Calais : un Calaisien interpellé
Publié le 13/06/2014

PAR MARIE GOUDESEUNE

Deux migrants ont été visés par des tirs de carabine dans la nuit de jeudi à vendredi. L’un d’eux, blessé dans le dos, était toujours hospitalisé ce vendredi soir. L’auteur présumé des faits a été interpellé peu de temps après : il s’agit d’un Calaisien de 25 ans qui travaille comme agent de sécurité. Sa garde à vue a été prolongée ce vendredi soir.

Les faits remontent à la nuit la nuit de jeudi à vendredi, vers 1 h. Deux migrants de nationalités soudanaise et érythréenne sont visés par des tirs de carabine alors qu’ils marchent près du port de Calais. Le premier est touché dans le dos, le second à l’avant-bras. Les deux hommes se réfugient alors dans le campement de l’aire de distribution des repas, rue de Moscou. Un Syrien qui a assisté à la scène prévient la police. Tandis que les pompiers de Calais emmènent le Soudanais à l’hôpital (l’autre blessé n’a pas pu être examiné, selon le parquet de Boulogne-sur-Mer), la police patrouille dans la zone et interpelle rapidement un Calaisien de 25 ans qui se trouve non loin de là, quai de la Loire. L’homme est placé en garde à vue.

L’arme est retrouvée à proximité : il s’agit d’une carabine à air comprimé munie d’une lunette. Deux boîtes de plomb sont également saisies.

Le parquet de Boulogne-sur-Mer a décidé ce vendredi soir de prolonger la garde à vue du suspect. D’après la procureure-adjointe Nathalie Bany, les faits se sont produits alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail, mais la carabine n’était en aucun cas son arme de service. Ce Calaisien est connu des services de police pour divers faits « de petite et moyenne délinquance », a indiqué le commissariat. Son audition était toujours en cours ce vendredi soir mais il était trop tôt, selon le parquet, pour se prononcer sur les circonstances de ce drame : tentative d’homicide ? Règlement de comptes ? Légitime défense ? Le commissariat n’excluait pas hier qu’il puisse également s’agir d’un acte « idéologique ». Les déclarations de l’auteur présumé étaient « à géométrie variable », selon un policier. À l’issue de sa garde à vue, le Calaisien sera probablement déféré en vue d’une éventuelle mise en examen.

Le migrant blessé au dos a quant à lui été opéré ce vendredi à l’hôpital de Calais. Ses jours ne sont pas en danger. Quant à son camarade, il était introuvable. Au campement de la rue de Moscou, tout le monde était au courant hier de ce qui s’était passé durant la nuit, mais ces faits semblaient noyés au milieu de mille autres préoccupations (lire ci-dessous).



La grève de la faim continue au campement

La situation n’a pas évolué pour les migrants installés sur le lieu de distribution des repas.

La grève de la faim se poursuit. La trentaine de migrants qui a entamé sa grève de la faim mercredi poursuit le mouvement. Ces hommes sont installés au milieu de la cour, protégés par des bâches. D’après l’un de leurs représentants, certains sont faibles et ne sont pas en bonne santé. Pour d’autres migrants rencontrés ce vendredi, cette action n’est de toute façon pas une bonne idée. « Elle va leur détériorer la santé, et surtout elle ne servira à rien », jugeait l’un d’eux, hier.

Discussions avec les associations. Des associations sont venues jeudi sur l’aire de distribution des repas pour discuter avec les migrants. Elles devaient revenir ce vendredi soir pour reprendre le dialogue. Le but : déterminer quelle attitude elles adopteront lors de leur réunion prévue avec la préfecture mercredi prochain. « Si le préfet décide une nouvelle évacuation, ce sera mal vécu et ça va générer de très grosses tensions », pronostiquait un militant No Border ce vendredi. Les concertations devaient aussi permettre de prévoir de nouvelles actions pour le 20 juin prochain, date de la journée mondiale des réfugiés. Près de 300 migrants occupent l’aire de distribution depuis le démantèlement de deux camps le 28 mai.   

CALAIS: greve de la faim

http://www.lavoixdunord.fr/region/calais-la-greve-de-la-faim-des-migrants-se-poursuit-ia33b48581n2210873

Calais : la grève de la faim des migrants se poursuit

Publié le 15/06/2014

B. M.

Une trentaine de migrants (des Afghans, Égyptiens, Pakistanais et Syriens) poursuivent depuis mercredi une grève de la faim.

Samedi, plusieurs malaises ont été constatés, l’un d’entre eux ayant nécessité une brève hospitalisation. Les grévistes ont été informés par des médecins de Médecins du monde sur les enjeux pour la santé de ce mouvement. « Leur mouvement et leur détermination ne faiblissent pas, indique un militant associatif. Mais ils discutent beaucoup entre eux à propos de la forme et de la durée de leur mouvement. » Le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin est attendu à Calais mercredi, pour une visite consacrée à la problématique des migrants.

EXILÉS DE CALAIS : NOUVEAU COMMUNIQUÉ

http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/05/exiles-de-calais-nouveau-communique/

Puis que les autorités ne donnent plus signe de vie et ne font pas de proposition pour que les exilés puissent s’installer ailleurs que sur le lieu de distribution des repas, ceux-ci relancent le débat par un communiqué et prévoient une manifestation.

« POURQUOI… ?
 
Nous sommes les migrants sans abris de Calais qui occupons le lieu de distribution alimentaire depuis plus d’une semaine. Toutes les communautés y vivent et ont décidé de s’unir pour trouver une solution à notre situation. Nous avons cherché à rencontrer les autorités pour cela, mais elles ont rompu leurs promesses et n’ont pas répondu aux demandes que nous leur avions transmises. Nous sommes sans abris ici et nous voulons que l’on nous offre la possibilité de vivre dignement dans des endroits sûrs à Calais où nous pourrions rester temporairement, en attendant de passer en Angleterre.

Pourquoi est-ce que nous sommes dans une telle situation ? Qui peut nous aider à trouver une solution ? Nous vivions dans la pauvreté et la guerre dans nos pays et maintenant nous nous retrouvons dans une pauvreté encore plus grande. Les autorités nous ont dit au début que nous devions quitter les lieux sous 48 heures ou qu’ils nous expulseraient par la force alors que nous sommes venus ici pour fuir la violence. Est-ce que c’est juste ? Nous voulons que les violences contre les migrants cessent !

Nous sommes venus ici pour la liberté et c’est ce que nous nous attendions à trouver…Nous voulons reconstruire nos vies, et non pas mourir à petit feu. Nous voulons que l’on nous donne une chance de vivre où nous le souhaitons ! Nous sollicitons également une rencontre avec le gouvernement britannique avec qui nous aimerions parler de notre situation. Nous voulons être entendus !

Nous sommes des humains, pas des animaux !

Nous voulons :

– Des maisons à Calais pour tous les migrants qui souhaitent se rendre en Angleterre et les demandeurs d’asile forcés de vivre à la rue
– Des maisons avec des conditions d’hygiènes respectables : toilettes, douches, service de poubelle
– Des maisons où l’on peut aller et venir à n’importe quelle heure pour pouvoir continuer d’essayer de passer en Angleterre
– Des maisons à l’abri des contrôles policiers, de ses mauvais traitements et des expulsions
– Avoir accès à trois repas par jour
– que des négociations soient ouvertes entre la France et le Royaume-uni pour que les personnes aient accès au territoire britannique.

Les exilés de Calais. »   

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