Sale ambiance à Strasbourg ce mardi 26, jour où la librairie Kléber avait cru bon inviter l’ancien président Sarkozy à présenter son nouveau “livre”, prétexte à un début de campagne à peine déguisée mais mal partie si on en croit les quelques rares supporters qui osaient encore scander son nom sur son passage…

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Si l’homme-Sarko semble avoir fait son temps, sa politique en revanche a de l’avenir tant elle a fait des émules. Le changement de majorité n’a rien changé du tout et le gouvernement Hollande-Valls fonce tête baissée vers encore plus d’injustice sociale, de chômage, de xénophobie d’État, d’atteintes aux libertés, et de sécuritaire comme seule réponse et seule perspective.

Le sécuritaire, parlons-en. L’angle de la place Kléber et des rues des Francs-Bourgeois et du 22 Novembre étaient prises d’assaut par des dizaines de CRS, policiers en civils et des renseignements, et de la BAC aussi sans doute. Plusieurs véhicules de police et de fonction stationnaient sous le bâtiment abritant la librairie, elle-même, hautement sécurisée. D’en bas, on pouvait voir les gardes du corps de l’ancien président arpenter le balcon extérieur, leurs téléphones vissés à l’oreille.

A l’entrée de la librairie, quelques dizaines de personne attendaient, parquées derrière des barrières métalliques, la sortie de Sarko. Il y avait là, des droitiers cravatés et des fausses blondes, des jeunes LR sûrs de leur devenir, des journalistes poireautant des heures pour gagner leur croûte avec une prise de 30 secondes, des curieux qui voulaient vérifier que la venue de Sarko dans une librairie n’était pas un hoax ou une blague du Gorafi, d’autres qui étaient simplement venus constater qu’un président peut être en réalité un tout petit homme à talonnettes.

De nombreuses critiques dans la rue portaient sur l’argent dépensé pour cette venue, sur la débauche de policiers qui “seraient plus utiles ailleurs” et sur la “qualité” de cet invité qui rappelle tant de mauvais souvenirs et compte tant de casseroles… Certaines personnes présentes à la manifestation, contre l’austérité, des personnels de la Fonction publique, le matin même, s’effaraient du contraste entre le train de vie de l’ancien président et le leur. Enfin, quelques paroles contestataires groupées se sont fait entendre mais ont été rapidement contenues car menacées par les “féroces de l’Ordre”. Lire à ce propos le compte-rendu fait par les Jeunes Communistes du Bas-Rhin interdits de slogans et menacés de garde à vue. Au prétexte de l’état d’urgence, le choix imposé est désormais le garde à vous ou la garde à vue…

Après une attente interminable, le grand auteur est enfin sorti du “petit salon blanc” de la librairie, entouré de sa protection rapprochée et est allé serrer des mains sous quelques huées et envolées de noms d’oiseaux («La France pour la vie» aurait-elle déjà du plomb dans l’aile…?) Puis, s’étant engouffré dans une berline grise garée près des badauds, le maestro de la plume a pris soin de baisser sa vitre fumée pour les photos “people”. La voiture a démarré suivie d’un cortège de véhicules qui ont sillonné les rues de Strasbourg, vidées pour l’occasion.

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