Archive feuille2chou: Tamoul expulsé (en 2007) puis assassiné

Cercle de silence 30 novembre 2010 Strasbourg

Vendredi 16 mars 2007

Le Préfet du Bas-Rhin dort bien, merci.

Elanchelvan aurait eu 31 ans en août (2007) prochain (DR)

Tamoul expulsé par le préfet du Bas-Rhin (2007), puis assassiné au Sri Lanka

lu dans les DNA

Débouté du droit d’asile, expulsé, tué par balles

Après la mort de ses deux frères, Elanchelvan Rajendram, Sri Lankais d’origine tamoule, avait fui le Sri Lanka pour Strasbourg, où réside une partie de sa famille. Débouté du droit d’asile, il a été expulsé en août 2005 vers le Sri Lanka, où il est tombé, sous les balles des militaires, fin février.

Arrivé en France en 2002 pour fuir les persécutions dont il était victime au Sri Lanka, Elanchelvan Rajendram a eu moins de chance que les membres de sa famille déjà réfugiés à Strasbourg. Débouté du droit d’asile en 2003, il s’est trouvé sans plus aucune voie de recours en 2004. Il a été expulsé vers le Sri Lanka en août 2005.
Membre du Casas (*), Simone Fluhr l’avait accompagné dans ses démarches successives. Ils avaient sympathisé. Elle l’avait regardé partir la mort dans l’âme : « Nous voyons passer beaucoup de Sri Lankais d’origine tamoule. Nous savons ce qu’ils endurent. L’oncle d’Elanchelvan installé à Hautepierre a été torturé en détention. Le certificat médical qui décrit les séquelles fait trois pages. »
Pour le nouvel an 2006, Simone a pourtant eu la surprise de recevoir une carte de voeux d’Elanchelvan, avec des petits coeurs et des roses de toutes les couleurs.
Elle a appris sa mort la semaine dernière. Le 28 février à l’aube, le jeune homme est tombé, le corps criblé de six balles. Exécuté par les militaires de l’armée sri-lankaise alors qu’il sortait des toilettes installées dans la cour de sa maison. Vêtu d’une simple étoffe et désarmé, Elanchelvan a rendu son dernier souffle dans les bras de sa femme. Sous l’oeil goguenard de ses assassins.

« Je savais qu’il serait en danger au Sri Lanka »

C’est David Balathas, un des amis d’Elanchelvan réfugiés à Strasbourg, qui a contacté Simone pour lui raconter. Dans son magasin de retouches du quartier des Halles, il retient encore ses larmes, une photo de son ami disparu posée sur la table. « Je savais qu’il serait en danger là-bas. Il avait déjà perdu deux frères. Et l’un d’eux était membre des Tigres-tamouls (**), appuie David. Je ne comprends pas pourquoi l’Ofpra (***) ne l’a pas cru. »
Ebranlée, la famille vient d’envoyer, avec l’aide du Casas, un faire part de décès aux organismes intervenus dans le traitement du « dossier » d’Elanchelvan : l’Ofpra, la Commission de recours des réfugiés, la préfecture du Bas-Rhin, la Police aux frontières, etc.
« Il ne s’agit pas de les culpabiliser. Mais de rappeler que, dans le cas de personnes victimes de persécutions, l’expulsion peut être synonyme de mort », précise Simone.
Elanchelvan avait 30 ans. Il laisse derrière lui son épouse et une petite fille âgée de trois mois ainsi que des parents brisés par la perte de leur troisième et dernier fils.

Manuel Plantin

(*) Collectif d’accueil pour les solliciteurs d’asile à Strasbourg. (**) Le LTTE est une organisation indépendantiste tamoule en lutte depuis 1972 contre le pouvoir cinghalais. (***) Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Édition du Ven 16 mars 2007 DNA

DNA 26/03/2007

feuille2chou 6 août 2007

République Française

Etat Français


“Requête rejetée”

Plus concis, tu meurs. C’est par ces deux (2) mots, jetés après un délibéré de moins de 3 minutes, que Mme Anne Dulmet-Gédéon, rapporteur(e) au Tribunal Administratif de Strasbourg, avenue de la Paix, en face de la Synagogue, a confirmé l’Obligation de Quitter le Territoire Français, OQTF, prise à l’encontre d’un jeune père de famille tamoul du Sri-Lanka, devant une salle assommée et silencieuse.

Une trentaine de personnes, ce 6 août, des Tamouls et des membres du RESF 67, étaient présentes par solidarité. Le père a pu quelques instants prendre ses enfants sur ses genoux, avant d’être reconduit par deux gendarmes au Centre de Rétention de Drancy Geispolsheim où il se trouve depuis le 2 août. Qui a dit que les procédures administratives judiciaires sont longues?

L’avocate, Mme Sophie Kling, avait pourtant rappelé que ce même TA avait autorisé le Préfet, l’ancien, a réexpédier manu militari un Tamoul qui a été assassiné quelques semaines après par l’armée sri-lankaise.

C’est l’été, il fait près de 30 degrés, les Français prennent des vacances méritées, moins tape à l’oeil qu’un certain Sarkozy, dont le père, né en Hongrie, a eu la chance d’être accueilli par l’ex-patrie des Droits Humains. Le fils, c’est la double peine? Quant au Saint-Esprit, envolé avec Aaron Lustiger!

Tout sera tenté auprès des médias, de l’évêché, du TA de Nancy en appel (non suspensif) et de la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour garder M. Krishnanathan auprès de sa famille, ici, en France.

tamoul 2007 strasbourg

Modèle de courrier au Préfet d’Alsace, Préfet du Bas-Rhin M. Rebière

PREFECTURE DE REGION D’ALSACE ET DU BAS-RHIN

5 Place de la République

Tél. : 03 88 21 67 68

Fax : 03 88 21 60 56

67073 STRASBOURG Cedex

Monsieur le Préfet Place Petit Broglie 67000 STRASBOURG

Strasbourg, le …..2007

Objet : Demande d’annulation de la mesure d’éloignement et d’admission exceptionnelle au séjour en vertu de l’art. L.313-14 du CESEDA concernant Mr KRISHNANANTHAN Kandiah et de sa famille

Monsieur le Préfet,

Je me permets de vous solliciter au sujet de la situation très délicate dans laquelle se trouve Mr KRISHNANANTHAN Kandiah, né le 09/01/970, ressortissant sri lankais. En effet, il a été arrêté le 1er août dans la matinée, s’est trouvé retenu en garde à vue auprès de la Police Aux Frontières au Port du Rhin et se trouve actuellement au centre de rétention de Geispolsheim.

Mr KRISHNANANTHAN Kandiah est sri lankais d’origine tamoule et du fait de ses origines et de la situation politique dans son pays, il a du s’enfuir et venir demander l’asile en France en juillet 2001. Sa demande a été rejetée auprès de l’OFPRA et de la CRR. Cependant malgré ces décisions, un retour dans son pays est inenvisageable. Le gouvernement mène toujours une guerre contre le peuple tamoul. Son frère, en tant que membre du mouvement d’opposition LTTE « Liberation Tigre Tamoul Ealem » a été tué par l’armée cinghalaise. Et de ce fait aux yeux de l’armée, toute sa famille devient suspecte. C’est pourquoi, des membres de sa famille se sont réfugiés en Inde. Par ailleurs, un de ses frères Pavanandan a obtenu le statut de réfugié en France et vit actuellement à Strasbourg.

La situation de Mr KRISHNANANTHAN est telle qu’un retour dans son pays d’origine l’exposerait à des violences, contraires à la protection prévue à l’article 3 de la CEDH énonçant que « nul ne peut être soumis à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » et également selon les dispositions prévues par l’article L 513-2 du CESEDA. Il est manifeste qu’au regard des pressions, des menaces, dont sa famille, et son frère aujourd’hui décédé, ont été victimes, les risques qu’il soit exposé à des traitements inhumains et dégradants sont considérables. A ce titre, je me permets de vous rappeler le triste événement concernant l’assassinat d’un jeune Sri lankais, Elanchelvan Rajendram, par l’armée cinghalaise qui a été débouté du droit d’asile puis expulsé vers le Sri Lanka en août 2005.

Depuis 2003, il vit en concubinage avec Mlle KANAGASABAI Shanmugapiriya ressortissante sri lankaise, née le 23/10/1984, qui a fui son pays du fait que sa famille était également impliquée dans des problèmes politiques. Son amie a également suivi des cours de français et s’exprime très convenablement.

En date du 22/05/2004, ils ont eu un fils ensemble Kajeenan, qui est actuellement inscrit depuis septembre 2006 en garderie au jardin d’enfants Municipal de Strasbourg. Pour la rentrée 2007, il est inscrit à l’école maternelle Lezay Marnésia à Strasbourg Le couple participe entièrement à l’éducation de leur fils et malgré leur situation très précaire et leur difficulté financière, le couple parvient à subvenir aux besoins matériels de leur fils grâce aux aides caritatives.

Si la situation administrative de Mr KRISHNANANTHAN se régularisait, il serait en mesure de répondre aux besoins de sa famille, puisqu’un restaurateur est prêt à l’embaucher à temps plein en CDI.

Par ailleurs le couple est très ancré dans la communauté sri-lankaise strasbourgeoise qui lui apporte un soutien ainsi qu’au niveau des Eglises puisque la famille se réunit souvent auprès de la Pastorale des Migrants

Au regard de tous ces éléments, je demande de bien vouloir réexaminer avec attention la situation de Mr KRISHNANANTHAN et de sa famille.

En espérant que vous voudrez considérer ma demande avec bienveillance, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

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4 Commentaires

  1. Yossel Yossel
    29 décembre 2010    

    Votre parallèle entre le centre de Geispolsheim et Le camp de Drancy, site clé de la Shoah en France, est lamentable, tout simplement. Je vous demande donc de le supprimer le plus rapidement possible. Peut être ignorez – vous ce que fut ce camp, auquel cas nous ne pouvons vous rendre responsable de rien si ce n’est de ne pas être informé. Dans le cas contraire…. par contre….

    Quelques rappels :

    1 : Ce camp a été pendant trois ans le principal lieu de départ de la France vers les camps d’extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz. Neuf Juifs déportés de France sur dix passèrent par le camp de Drancy pendant la Seconde Guerre mondiale.

    2 : Ce camp est d’abord un lieu d’internement, dans des conditions délibérément durcies – la famine entraîne rapidement la dysenterie, une partie des gendarmes français brutalisent les internés et multiplient les sanctions arbitraires et humiliations (tontes des cheveux, amendes…) etc…

    3 : Jusqu’en mars 1942, le camp sert de réservoir d’otages de représailles. Les prisonniers sont affamés – une douzaine d’internés sont morts de faim entre août et novembre 1941. Le 14 décembre 1941, 47 internés de Drancy sont emmenés au Mont-Valérien où ils sont fusillés le lendemain avec d’autres otages, des communistes. ( Missak …)

    4 : À partir de 1942 et du tournant de l’Allemagne nazie vers la Solution finale, Drancy passe du statut de camp d’internement à celui de camp de transit, et constitue la dernière étape avant la déportation vers les camps d’extermination.
    Lors de la grande rafle du Vel d’hiv’, commencée le 16 juillet 1942, la police française arrête près de 13 000 personnes. Les couples sans enfants et les célibataires sont amenés à Drancy.

    5 : Après leur arrestation par la Gestapo et Klaus Barbie en avril 1944, les enfants d’Izieu furent envoyés à Drancy avant d’être déportés et assassinés à Auschwitz.

    6 : 67 000 hommes, femmes et enfants juifs furent déportés à partir de Drancy sur 76 000 Juifs déportés de France. Moins de 2 000 des déportés de Drancy sont revenus, soit à peine 3 %.

    sans commentaire

    • Schlomo Schlomo
      30 décembre 2010    

      mes grands-parents paternels sont passés par Drancy avant d’être exterminés à Auschwitz, monsieur le donneur de leçons

  2. Saida Saida
    29 décembre 2010    

    soutenez les tigres tamouls , je vous le demande depuis longtemps…

    • Schlomo Schlomo
      29 décembre 2010    

      je soutiens la démocratie au Sri Lanka

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