Témoignages à charge contre les « méthodes inacceptables » de Vinci et des services de l’État

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Ce n’est pas la première fois que Vinci et les services de l’État sont mis en cause dans la mise en oeuvre de grands projets inutiles et imposés : on connaissait les casseroles de Vinci révélées par nos camarades de Reporterre, les « méthodes de voyous » de Vinci avaient déjà été évoquées lors d’un discours du vice-président d’Alsace Nature, La Feuille de chou avait également enquêté longuement sur le rôle très ambigu des opérateurs de diagnostics archéologiques pour le projet du GCO/COS, et, ce vendredi 24 février 2017, lors d’une conférence de presse à l’initiative du Collectif GCO non merci!, d’autres éléments sont venus s’ajouter à la liste déjà longue des « sorties de route de Vinci » et de ceux qui gravitent autour de lui.

Ainsi, pas moins de 7 membres du Collectif contre le GCO, des élus, agriculteurs et associatifs ont, devant la presse, exposé patiemment, des situations aussi douloureuses que révoltantes, libérant les indignations trop longtemps retenues, en témoignages publics. Les faits exposés sont accablants, le bilan dressé catastrophique, et pourtant ils ne concernent que la phase de diagnostics archéologiques et géotechniques préalables au projet de Vinci : « pressions sur les élus, les propriétaires, les exploitants », et contre ceux qui ne se plient pas « aux ordres de Vinci », « non-respect des engagements, du monde agricole, des terres, de l’environnement », « passage en force », « irrégularités », « illégalité », « non-respect du droit », etc… Là, une foreuse installée illégalement et un champ creusé sans autorisation de son propriétaire, là, des sondages archéologiques bâclés et hors norme, et des pelleteuses qui défoncent tout sur leur passage, mais surtout, une pression constante sur chaque acteur du projet et une précipitation irraisonnée à chaque étape et dans chaque secteur.

Tous les intervenants ont fustigé Vinci et ses filiales, plusieurs ont déploré la complicité des services de l’État dans cette entreprise ubuesque tant dans « l’intimidation des personnes » que dans l’impunité accordée -de fait- à la multinationale.

« Ça augure mal... » ont résumé plusieurs intervenants, conscients que Vinci allait jouer la carte du passage en force au moins jusqu’à la fin de l’année, et que les méthodes décriées pour cette phase de diagnostics préalables, seraient celles qu’il faudrait affronter jusqu’au bout. « Nous étions déjà révoltés avant qu’ils viennent sur place, tout le monde va comprendre qu’on ne va être que plus révoltés encore et que plus déterminés encore à s’opposer à cette chose ! »

 

Durga-L.Org

 

Information de dernière minute : Il n’y a pas que les maires, propriétaires et opposants qui reçoivent des « pressions » et « intimidations » de la part de Vinci : La Feuille de chou a reçu, hier soir (27/02), alors même que cet article était en cours de rédaction, un mail d’un directeur de Vinci nous faisant part du fait que nos articles ne le faisaient « pas vraiment » sourire et nous proposant de le rencontrer…!

 

Ci-dessous des vidéos et de larges extraits des interventions. Certains témoignages sont illustrés par des photos prises par la Feuille de chou à l’époque des faits évoqués aujourd’hui.

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Intervention de Maurice Wintz, vice-président d’Alsace nature :

 

Extraits : « Nous sommes dans le cadre d’une DUP (Déclaration d’Utilité Publique) qui est ancienne, qui date de janvier 2008 et qui arrive à échéance en janvier 2018, c’est à dire que si les travaux ne sont pas commencés avant l’expiration de la DUP, il faudra que Vinci demande une nouvelle DUP. Vinci a déclaré qu’il avait demandé une prorogation de la DUP -qui à ma connaissance n’est pas encore accordée- mais je voulais juste rappeler ça parce que un projet similaire où les diagnostics archéologiques avaient été fait, c’est le golf de la Sommerau avec une DUP qui était ancienne aussi et le projet a fini par tomber ! Ça veut dire que des projets pour lesquels, pendant 10 ans, on n’est pas capable de monter quelque chose qui soit sérieux et qu’on essaye de passer en force quelques mois juste avant l’expiration de la DUP, ce sont des projets qui posent question et qui ne sont peut-être pas si utiles et efficaces que cela par rapport aux enjeux…! » « Notre opposition est légitime parce que ce projet ne répond pas aux enjeux de circulation autour de Strasbourg. »

« Aujourd’hui, nous voulons attirer l’attention sur une attitude de la part de Vinci et de toutes les sociétés qui gravitent autour de Vinci, y compris de certains services de l’État, qui nous semble inacceptable. Pour 3 raisons : d’une part, parce que nous sommes dans le cadre de ce qu’on peut appeler une intimidation vis-à-vis des personnes. Y compris des élus des communes qui reçoivent des ordres de la part de FitConseil, de la part d’Arcos, etc…, on intime aux élus de faire telle et telle chose ! Or, ce n’est pas comme ça que ça se passe : nous sommes normalement dans un système démocratique, les élus ont leurs responsabilités, ont leurs compétences, et s’il y a des choses qui sont à faire impérativement, c’est au Préfet de faire son travail, c’est pas à Vinci de se substituer au Préfet pour demander aux communes de faire des choses ! Ça va aussi loin que, l’un des élus, a été “poursuivi” par le chef des travaux (archéologiques?, Ndlr) jusqu’à son lieu de travail pour lui demander de permettre le début des travaux (de diagnostics archéologiques?, Ndlr), donc ça va quand même très loin ! »

« Il y a un autre aspect, c’est la précipitation dans laquelle travaille Vinci. Alors, de deux choses l’une : ou ils sont sûrs, comme ils le disent,  d’obtenir la prorogation de la DUP, et dans ce cas-là, il n’y a aucune raison de travailler dans la précipitation comme ils le font aujourd’hui, ou alors, ils ne sont pas sûrs, et là, qu’ils en tirent les conséquences ! Mais on est là dans une situation où manifestement on fait tout à contresens, on fait tout dans la précipitation, ça a été le cas sur les diagnostics archéologiques où on a deux exemples de précipitation : Pourquoi ne faire les diagnostics archéologiques que sur 5% et pas sur 10% comme ça se fait habituellement et comme ça se fait sur les grandes infrastructures ? C’est bien parce que, pressé par le temps, on va aller le plus vite possible ! Après, on fait ça dans des conditions météorologiques qui sont ubuesques : on a bien vu l’état des chantiers, on ne peut pas dire qu’on fait raisonnablement des travaux archéologiques dans des conditions pareilles ! donc, ça montre bien qu’on est dans une précipitation !”

Autre exemple de précipitation, ça concerne les autorisations que Vinci a demandées pour pouvoir réaliser ces travaux préliminaires : Vinci avait besoin pour certaines portions du tracé d’autorisations du Ministère et de Préfet en rapport aux espèces protégées, ces autorisations étaient obtenues moyennant la mise en œuvre de mesures compensatoires, et là encore, un exemple de précipitation, c’est que normalement les mesures compensatoires sont mises en œuvre avant le début des travaux, alors qu’ici, les travaux préliminaires sont quasiment terminés et les mesures compensatoires ne sont toujours pas en place ! Et Vinci n’a même pas encore tout le foncier pour pouvoir mettre en œuvre les mesures compensatoires ! Et ça, ça se fait avec la complicité de l’État, ce qui est encore plus grave de notre point de vue ! Des services de l’État jouent le jeu de Vinci et acceptent cette forme de précipitation de la part de Vinci ! Il se trouve par exemple que des personnes du Collectif (GCO non merci!, Ndlr) sont allées regarder les tranchées qui avaient été creusées dans le secteur Duppigheim/Duttlenheim, (…) ont trouvé un trou qui correspondait à un terrier de hamster, ont alerté les services de l’État en disant “Attention, il y a peut-être un terrier de hamster”; nous avons alerté les services de l’État en disant “Où sont les écologues, qu’est-ce que vous faites, est-ce que vous prenez les mesures nécessaires ?”, et le lendemain, le trou est rebouché ! Voilà, circulez, y a rien à voir… C’est proprement inacceptable ! » « Ce sont des conditions inacceptables de la part d’une multinationale qui prétend tout faire correctement dans le cadre de l’environnement ! Il faut arrêter de dire dans les plaquettes qu’on fait tout pour améliorer l’environnement alors que dans la réalité, c’est exactement l’inverse qui se passe ! »

« Pourquoi tant de précipitation ?! Pourquoi attendre 10 ans pour mettre en place ce projet ? Si ce projet était si urgent et si utile que ça, il serait déjà en place !»

 

 

Intervention de Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim qui présente la situation sur son ban communal :

 

Extraits : « Nous sommes sur un ban communal entièrement traversé par le projet du GCO (COS). (…) En ce qui concerne les diagnostics archéologiques, la moitié du tracé est concernée par Alsace Archéologie et l’autre moitié, par l’INRAP. Nous avons tenu ici une réunion avec ces gens-là (en automne 2016) et ils nous ont expliqué en quoi cela consiste : ils nous ont expliqué gentiment qu’il y avait sur place des archéologues et des écologues, et que ces archéologues venaient sur place et faisaient un travail propre parce qu’ils avaient l’habitude. (…) Généralement, les diagnostics archéologiques se font sur environ 10% de l’espace du chantier (…), c’est la norme dans ce genre de situation (…), ici nous avons été surpris que pour les travaux -qui concernent 24 ha chez nous- le diagnostic ne s’est porté que sur 5% de l’espace ! Ce qui fait que la probabilité de trouver quelque chose quand on cherche sur 5% (…) est relativement faible ! »

« Mi-janvier nous recevons en mairie un arrêté du préfet et de la Ministre de l’écologie qui autorise le début des diagnostics archéologiques (en zone de protection du hamster, Ndlr). (…) Le lendemain de cet arrêté, est arrivé 3 semi-remorques avec 3 énormes pelleteuses (pour Alsace Archéologie, Ndlr) (…) Il se trouve que mi-janvier, c’était le dégel, et il se trouve qu’il a plu. Quand le sol est gelé, comme il a fait très froid début janvier, le dégel a rendu le sol très meuble et comme en dessous le sol était encore gelé, la pluie n’a pas pu s’infiltrer et donc nous avions une gadoue terrible à tel point que le camion qui livrait le pétrole (gasoil pour les pelleteuses, Ndlr) est arrivé sur place pour faire le plein, qu’il s’est embourbé et a bloqué la route ! (…) Tout de suite après sur l’autre partie du ban, arrive l’INRAP et 3 autres pelleteuses (…) en plein dans la gadoue ! (…) Les pauvres petits hamsters qui se trouvent en dessous et toute la diversité biologique que nous avons dans nos terrains, écrabouillés par les chenilles de ces engins en plein dégel et sous la pluie ! »

 

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Camion embourbé à Stutzheim, 6 février 2017

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« Comment voulez-vous respecter le protocole, comment voulez-vous respecter les procédures qu’on nous avait expliquées en long et en large, fin 2016, quand en 2017, on ne tient absolument pas compte des conditions météo et climatiques ?! Ils ont donc creusé plus ou moins bien, dans la gadoue, évidemment, aucun archéologue ni écologue n’a pu venir chercher des vestiges… De plus, ils nous avaient assuré que les véhicules et les engins allaient systématiquement être ramenés au bon endroit, ce qui n’est pas vrai ! »

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Stutzheim, 1er février 2017

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Pluie, brouillard, gadoue… Stutzheim, 1er février 2017

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« Regardez les traces que faisaient les pelleteuses ! Ensuite quand on a creusé (les tranchées, Ndrl) et bien, ça se remplit d’eau, quand il pleut (…), alors voyez les recherches de vestiges…! Imaginez qu’il y a une poterie là-dedans… c’est du foutage de …! Et regardez les chemins complètement défoncés par les chenilles qui ont circulé sur les chemins alors qu’on nous avait dit “on fera très attention, on utilisera les champs” ! Je ne vous explique pas dans quel état ils ont laissé les choses ! Donc, nous sommes non seulement mécontents de la manière dont c’est fait, mais aussi mécontents du non-respect de leur parole, ça augure mal ! Je sais bien que le GCO n’est qu’un mensonge depuis le début, mais là, non seulement on est dans le mensonge mais aussi dans quelque chose qui n’est pas respectueux du tout ni des engagements pris, ni des travaux tels qu’ils auraient dû être faits ! (…) Les agriculteurs sont très mécontents (…), car quand ces engins, dans la période de dégel ont enfoncé la terre, elle est dure sur une certaine épaisseur et donc ensuite le rendement, la vie microbienne et tout ce qui enrichit et fertilise le sol ne peut pas correctement fonctionner, et là aussi nous sommes extrêmement déçus du non-respect, ni du monde agricole, ni de l’environnement, ni de la parole donnée aux élus !»

 

 

Intervention de Michel Bernhardt, agriculteur et maire de Breuschwickersheim, et de Dany Karcher, maire de Kolbsheim :

 

Extraits (Michel Bernhardt): « Nous sommes très déçus quand on a vu la manière dont ils travaillent. On nous a menti encore sur la façon dont se passe les choses ! Le premier mensonge de Vinci c’est de dire “le GCO passe en limite de ban.” Et bien, ils n’ont jamais pris la limite de ban chez nous jusqu’à présent ! Ils passent à travers, là où ils veulent et où c’est le plus opportun pour eux ! » « Vous avez vu l’état des terres maintenant ?! Alors nous on demande aux agriculteurs de resemer ces terres ! (…) Pour de la betterave, c’est pas possible, elle ne lèvera même pas dans une terre comme ça, la terre est trop massacrée ! »

« Deuxième mensonge : la surface impactée. La surface impactée sera plus importante que ce qu’on nous a dit.»

« Ils passent chez nous dans un triangle très préservé qui regroupe les communes de Breuschwickersheim, Osthofen et Handschuheim. Là, la nature est vraiment très préservée, il y a beaucoup de chevreuils et autres gibiers. Et là, ils ont creusé. »

 

Extraits (Dany Karcher) : « Il n’y a pas que les diagnostics archéologiques, il y a aussi les diagnostics géotechniques. Ce qu’on essaie de mettre en évidence ce midi ce sont les méthodes utilisées. On a vu en septembre dernier que Vinci est venu sur le ban de Kolbsheim et a commencé à faire des forages alors qu’ils étaient dans une zone strictement protégée (hamster) et qu’ils n’avaient pas les autorisations ! »

« Le deuxième point qui m’a choqué en tant qu’élu, c’est quand mes concitoyens agriculteurs viennent me voir et me racontent comment cela se passe : ça vaut son pesant de cacahuètes ! J’ai plusieurs témoignages où “on” vient voir les exploitants pour avoir leur autorisation d’occuper les terrains, et pour avoir les signatures, c’est contre indemnisation, et là on leur fait un petit calcul où on leur dit grosso modo qu’ils vont avoir entre 2200 et 2300€ par hectare d’indemnité, mais lorsque les agriculteurs disent “ce projet (du GCO, NDLR) ne nous intéresse pas, nous sommes tout à fait contre et nous ne voulons pas signer”, la réponse est : “si vous ne signez pas, c’est un expert qui passera  et qui va évaluer, et au lieu des 2200-2300€, vous aurez un petit peu plus que 1500€. Et, bien sûr, la plupart des gens signent… Le message, c’est :”vous avez plus à perdre si vous ne signez pas tout de suite…!”»

« J’ai un témoignage plus particulier qui concerne des cultures plus spéciales comme le maraîchage ou les arbres fruitiers; s’il n’y a pas d’accord, le ton peut devenir très arrogant, et quand on découvre que la personne a des plans de parcelles qui ne sont pas à jour, le paysan se fait arracher des mains ses plans à lui, et obligé de sortir ses plans cadastraux pour pouvoir continuer de discuter et ça se termine par le départ du monsieur qui conseille à l’agriculteur de s’entourer de bons juristes…» « Voilà comment se passe l’obtention des signatures pour occuper les terrains ! »

« J’ai aussi un témoignage du châtelain, puisqu’à Kolbsheim, outre les terres agricoles, il y a une zone paysagère très particulière qui est le jardin protégé du Château qui va être traversée et donc là, il y a normalement un aménagement paysager de compensation qui est prévu, et donc le châtelain me fait part d’un projet très brouillon, qui fait très amateur, qu’il n’arrive pas à avoir de réponse, on lui donne des croquis avec 2-3 arbres et il ne voit pas comment l’impact (du GCO-COS, NDLR) sur le paysage peut être compensé par ce qu’on lui a promis comme étude paysagère. »

« On a eu hier une réunion de la sous-commission de l’aménagement foncier. Le premier point, c’est que les points de passage prévus à Kolbsheim par Vinci n’étaient absolument pas celui prévu lors de l’aménagement foncier (…), et le pompon : hier à la réunion, le département vient avec des plans qu’il a eu parait-il la veille (…), et nous découvrons avec stupeur que là où la RD45 traverse l’autoroute, se sont rajoutées 2 bretelles, d’une emprise de 5 ha, dont la vocation serait de vider l’autoroute en cas de problème. Alors qu’il y a 2 échangeurs de chaque côté un peu plus loin. Cette surconsommation des terres représente 20% de terres supplémentaires à ce qui est déjà prévu d’être consommé ! On passe de 5,4 à 6,4% du ban de Kolbsheim consommé (=21ha) ! Je vous laisse deviner ce que va être l’état d’esprit des paysans et des concitoyens quand ils vont découvrir ça ! C’est juste intolérable ! » « Et en tant que maire de la commune, je découvre par la commission d’aménagement foncier, du département et des géomètres, un plan que je ne connaissais pas alors que j’avais le Directeur des études au téléphone la veille ou l’avant veille ! pour me souhaiter la bonne année… » « Voilà sur les méthodes de Vinci ! »

« Nous étions déjà révoltés avant qu’ils viennent sur place, tout le monde va comprendre qu’on ne va être que plus révolté encore et que plus déterminés encore à s’opposer à cette chose ! »

 

 

Intervention de Philippe Ployé (les Fédinois contre le GCO) et de Julien Wurtz, conseiller municipal à Griesheim-sur-Souffel:

 

Extraits (Philippe Ployé) : « A Vendenheim, on a des choses comparables. On a été sur des chantiers de diagnostics archéologiques pour surveiller un peu ce qu’ils font, on est arrivés plus d’une fois et il n’y avait pas de marquage du chantier, n’importe quel gamin pouvait aller à proximité des fosses, ce n’était pas balisé, il n’y avait pas de barrière de rubalise (…) On a vu des pelleteuses travailler sans archéologue à proximité. On avait constaté des irrégularité au début du chantier alors on a demandé “où sont les écologues qui surveillent le ban communal de Vendenheim ? Est-ce qu’ils sont passés avant que les pelleteuses saccagent tout ? Est-ce qu’on peut avoir leurs noms pour qu’on puisse discuter avec eux ?”, ben, la réponse elle est “Niet”, je n’ai pas de réponse ! Donc, on ne sait pas si il y a des écologues qui sont effectivement nommés sur ces bans communaux ou si c’est un refus de communiquer des informations, en tout cas, c’est blackout. » « Ce genre de méthode n’est pas acceptable ! »

« Des fouilles se sont faites sur des terrains sans autorisation. Un habitant de Vendenheim nous dit qu’on a fouillé sa parcelle, qu’il a été voir les archéologues pour leur demander de lui donner la copie ou l’avis d’autorisation qu’il aurait pu signer. Les archéologues lui ont dit qu’ils recevaient les autorisations de la société FitConseil qui est le cabinet conseil de Vinci, donc ce monsieur contacte FitConseil pour leur demander de lui fournir la copie de l’autorisation qu’il aurait semble-t-il signée, et à partir de cette demande précise, FitConseil a coupé toute communication, c’est à dire plus de réponse au téléphone ni plus de réponse au mail. Ce monsieur est formel, il n’a jamais donné d’autorisation de fouiller sa parcelle ! Et malgré ça, ils y vont, et ils creusent sans problème et en toute illégalité ! »

 

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Parcelles creusées sans autorisation, début 1er décembre 2016 à Vendenheim

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Extraits (Julien Wurtz) : « A Griesheim, notre maire avait placé un arrêté pour empêcher Arcos-Vinci de débuter les travaux puisque nous avions reçu par mail, un vendredi soir à 17h, l’annonce du début des travaux (…) alors que l’arrêté auquel Vinci se référait pour débuter les travaux n’était pas encore paru au Journal Officiel ! »

 

 

Intervention de Michel Dupont, Collectif Non au GCO !

 

Extraits : « Il y a une espèce de duplicité de l’État, et de la Préfecture en dessous, sur une des mesures de compensation qui est la zone de la base militaire de Entzheim. En fait, dans le texte, on voit que Arcos aura jusqu’au 31 décembre 2017 pour l’acquérir. Dans des documents venant du Ministère de la Défense, le Ministère de la Défense appelle à publicité et à appel d’offre. Or, tout laisse penser qu’il y aura une délégation de priorité ; c’est quand même absolument affolant ! » « D’autant plus que dans le principe général de la DUP, on prend une déclaration d’utilité publique parce que les travaux sont urgents ! Or, comme on est arrivés à 10 ans, on est dans quelque chose de complément absurde ! Ça illustre aussi la précipitation dans laquelle on est !  »

« Les pressions sur certains propriétaires : (…) certains reçoivent des injonctions d’huissiers pour les pousser à accepter d’aller sur le terrain pour faire l’état des lieux pour accepter de signer la convention de travaux temporaires (de diagnostics archéologiques, NDLR). Il y a vraiment des procédures qui sont inacceptables, et qui sont en partie couvertes par les services préfectoraux ! »

« Sur le problème fondamental de savoir si c’est le propriétaire ou l’exploitant qui doit donner l’autorisation, on est dans une ambiguïté sur l’ensemble des types de travaux. (…) Les textes disent bien que le droit des tiers, donc le droit des propriétaires – il y a quand même dans la Constitution une suprématie du droit de propriété, ou alors si ce n’est plus le cas, il faut changer la Constitution…- est totalement mis en cause, et mis en cause à la fois par la Chambre d’Agriculture, par le Conseil départemental, par les services de l’État et par l’État lui-même ! » « Et là on trouve des preuves dans des tas de textes, alors est-ce qu’il faut être perpétuellement en recours ? Il y en a déjà beaucoup qui sont pendants, il y en a d’autres qui sont en préparation, il faut que Vinci se rende compte que le Collectif (GCO non merci!, NDLR) et les associations ou les personnes qui ont intérêt à agir, le feront le moment venu !  »

 

Durga-L.Org

2 Commentaires

  1. j j
    13 mars 2017    

    Je souhaiterais juste rappeler au maire amateur des photos de champs boueux qui a l’air de très bien s’y connaitre en archéologie préventive que, lors d’un diagnostic, les archéologues se postent en face de la pelle mécanique lorsqu’elle creuse la tranchée, ceci afin de pouvoir surveiller l’apparition de vestiges ou artefacts archéologiques. Et lorsque le substrat/sol naturel est atteint, toute cette joyeuse équipe se déplace pour aller creuser une nouvelle tranchée. Donc si cette tranchée a eu le temps de se remplir d’eau c’est qu’elle n’a livré aucun vestige ou artefact archéologique et ne nécessitait donc pas d’étude approfondie (relevé, fouille…). A moins qu’il ne soit habituel dans ce coin de l’Alsace qu’il tombe 2 à 3 mètres cube d’eau par nuit…

    • L'équipe F2C L'équipe F2C
      13 mars 2017    

      Tiens, Archéologie Alsace a retrouvé sa langue et une bouée pour sortir de ses tranchées…?

      D’habitude aussi, il semblerait que pour ce genre de projet d’aménagement, les archéologues diagnostiquent 10% des surfaces (selon votre propre documentation) et n’abandonnent pas 5% à Vinci…!

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  1. Dossier GCO : Témoignages à charges... | GCO NON MERCI on 2 mars 2017 at 11 h 41 min

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