Christian Bernard et Jean-Luc Nancy dialoguent à la librairie Quai des Brumes

christian bernard

Christian Bernard, ex-strasbourgeois, directeur du MAMCO Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève, écrivain, a publié Petite Forme cinquante sonnets chez Sitaudis ISBN / 97862684066652065

Il a échangé hier devant une quinzaine de personnes à la librairie Quai des Brumes.

Sitaudis Poètes contemporains/Christian Bernard

En exclusivité sur Feuille2ChouRadio

Feuille2ChouRadio

 

Christian Bernard et Jean-Luc Nancy

Lire

 Jean-Paul Klée lit JPK

Jean-Paul Klée feuille2chouphoto

Une vingtaine de personnes seulement ce matin dans la Salle Blanche de la librairie Kléber à Strasbourg pour écouter le poète.

L’heure, 11h30, n’était peut-être pas très favorable, à la différence de la rencontre la même semaine avec Sido Gall et Dinah Faust .

Mais, les absents ont eu tort. Session de rattrapage, ici…

 Lucien Baumann, avocat, ex-bâtonnier, et poète est décédé

Notre plus ancien membre et président d’honneur, Lucien Baumann, s’est éteint lundi après-midi, dans sa 103ème année.

Homme de loi et de lettres, Lucien Baumann aura défendu la poésie jusqu’aux extrêmes limites de son existence !

Il a publié 27 ouvrages dont certains furent préfacés et illustrés par d’autres grands noms, comme L. Senghor, M. Déon, T. Ungerer, C. Claus, R. Beltz, P. Canda, J-R Haeusser, J-P Ehrismann, C. Lapointe, H. Muller, C6G Stoskopf etc…

La dernière grande exposition de son œuvre a eu lieu à la Médiathèque “André Malraux ” de Strasbourg, en avril 2010 et, à ce propos, les Dernières Nouvelles d’Alsace avaient titré : Lucien Baumann, un siècle de passions.

Il fut à deux reprises, lauréat de l’Académie française.
Plus modestement, il nous a fait l’honneur de donner son nom au prix annuel de poésie classique du lycée Fustel de Coulanges !
Dans sa Prière, ultime texte du très bel ouvrage “Aux rendez-vous de Samarcande ” ( Editions Oberlin – 1995), il résume bien son dernier voyage :

“Épargnez moi mon Dieu le bruit et la violence
Du poing lourd qui s’abat
Donnez moi s’il vous plaît des plages de silence
Où le penser s’ébat.
Je voudrais bien finir
Ma petite existence
Sans connaître la haine
Je voudrais maintenir
Dans sa blonde innocence
Le sable de l’arène
Si j’ai commis des fautes
Savoir les expier
Et partir tête haute
Sur la pointe des pieds.”

 

Il sera enterré ce vendredi 14 septembre 2012, à 14h, en l’église de Niederhaslach.

Ayez une pensée pour lui qui en a eu tant pour nous…

Gérard Wehrlé
Président de l’Amicale des Anciens élèves du Lycée Fustel de Coulanges

Lors de la visite de plusieurs Fustéliens à Lucien Baumann, pour son centième anniversaire, il nous avait reçus chaleureusement avec son épouse, et m’avait confié un exemplaire dactylographié de deux œuvres qui n’avaient pas trouvé d’éditeur. Il souhaitait aussi qu’un documentaire lui soit consacré par la télévision régionale, souhait qui hélas n’a pas été exaucé…JCM

Deux poèmes tirés de Vitrail:

Immortalité

Le gisant sur le lit
A perdu le langage
Seuls les mots qu’il écrit
Sont suprême message:
Car l’être se débat
Aux rives souterraines
Pour l’ultime combat
Des âmes souveraines.

Le souffle est oppressé
Par la toux épuisante,
Le crayon a glissé
De la main hésitante:
Dans la paix du verger
Fane un bouquet d’ombelles.
Le corps va se figer
Aux bornes éternelles.

L’acte se perpétue
Lorsque la voix s’est tue…

Qu’importe les tourments
Et que l’ouvrier meure
Si pour le temps des temps
Son chef-d’œuvre demeure.

Stèle

Au lieu de tailler dans le marbre
Pour braver l’usure des ans,
J’ai songé à planter un arbre
Lorsque s’éveille le printemps.

Car je préfère le feuillage
Celui qui fleurit et qui bruit,
A cette pierre froide et sage
Qui ne portera pas de fruit.

Dalle du pays de Carrare
Que l’on pose sur les tombeaux,
Alors que chantent la guitare,
Les poètes et les oiseaux.

DNA

Niederhaslach
Nécrologie Homme de loi et de lettres, Lucien Baumann s’est éteint

Il restera dans la mémoire locale comme celui qui aura défendu le dernier condamné à mort exécuté en Alsace. À 26 ans, alors tout jeune avocat, M e Baumann avait accepté de plaider au procès de Lucien Sittler, auteur d’un crime à l’arme blanche à Illkirch-Graffenstaden en 1936. Son client sera finalement guillotiné le 8 mai 1937 à Strasbourg. Par la suite, plus personne ne montera sur l’échafaud dans la région.

Lucien Baumann avait assisté à l’exécution : scène qui l’avait profondément marqué. Opposé à la peine de mort, son espoir qu’elle soit un jour abolie fut exaucé par Robert Badinter en 1981.

Élu par ses pairs bâtonnier de l’ordre du barreau de Strasbourg en 1976, il occupa cette fonction jusqu’en 1978. Il créa également l’association des avocats honoraires d’Alsace, dont il était depuis devenu président d’honneur.

Arrivé à la retraite, Lucien Baumann avait quitté un univers, la justice, pour entrer dans un autre, les belles-lettres. Malgré une vocation apparue sur le tard, l’écrivain et poète a signé plus d’une vingtaine d’ouvrages. Un talent de fabuliste et de versificateur reconnu par plusieurs grands auteurs, comme Senghor ou Déon ; quant à ses recueils, certains furent illustrés par des artistes de renom tels Tomi Ungerer ou Camille Claus, notamment…

Les talents littéraires de Lucien Baumann lui valurent de nombreux prix. En particulier, il fut à deux reprises lauréat de l’Académie française. L’institution lui remit en 1986 sa Grande médaille pour Fables d’aujourd’hui et en 1996 le prix Paul-Verlaine pour Le rendez-vous de Samarcande.

Pour l’ensemble de son œuvre, l’académie des Marches de l’Est lui avait également attribué en 2009 son prix de littérature. Enfin, en 2010, pour le centenaire du poète, une exposition lui avait été consacrée à la médiathèque André-Malraux de Strasbourg.

À Niederhaslach, Lucien Baumann avait eu droit au privilège rare d’habiter une rue portant son nom : la rue du Bâtonnier-Baumann.
publié le 12/09/2012 à 05:00

 Vladimir-Claude Fišera/Claude Vancour: ANDRE, PUISQU’IL LE FAUT

ANDRE
in memoriam André Weckmann

« Il fait froid maintenant que tu n’es plus. »
(René Guy Cadou)

André,
tu ne nous laisseras pas
-net wohr?-
repartir tranquillement,
après un signe de croix-simulacre,
te tourner le dos sous prétexte
que tu ne bouges plus,
moi qui t’ai vu sans t’avoir vu
cette dernière fois, il est bon
qu’on ne m’ait pas requis à Stewere,
revu descendre à la maison
du garde-barrière devant
le bistrot toujours fermé par définition
et ce train de Strasbourg-Neudorf
quand reviendra-t-il, on aura
sifflé suffisamment le rectorat et tous
ses affidés, c’était trop, disaient-ils,
d’occuper le bâtiment du lycée, c’était
aussi le refuge des derniers Apaches alsaciens, sachez
qu’André était noir-blanc-bis et qu’il disait
l’amour en alsacien.

Claude Vancour, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vladimir Claude Fišera/Claude Vancour: ANDRE, PUISQU’IL LE FAUT

Dès mon arrivée à Strossburi en 1984-85 et ma rencontre avec le mouvement culturel alsacien (inconnu au bataillon à la Fac où j’enseignais, pourtant tout à côté) à savoir avec Armand Peter, Michel Gruner puis surtout Emma Guntz qui me pilota avec Armand vers André (d’emblée le prénom, il ne s’est jamais annoncé autrement), j’ai découvert celui qui personnifiait tout ce courant, en était la référence centrale incontestable, incontestée, aimée fermement, pudiquement aussi, hors concours dans cette fraternité. A se lever, non sans humour facétieux, quand il téléphonait à la mairie, à Schillik; Armand le lui disait en soulevant le combiné et les deux et nous tous partions d’un gigantesque éclat de rire, claquant des talons à la Schweik.

Bien sûr, tout de suite, rencontre de ses livres, sur la Russie de la guerre surtout et de ses poèmes en trois langues, dont je comprenais que ceux en alsacien étaient les plus précieux, dont je saisissais la musique impeccable avant le sens. Et puis la version française sans un gramme de gras, ce condensé de lyrisme, moderne, tant, cet Apollinaire, Breton, Cadou venu de Stewere pour reprendre, aller plus loin avec le même flambeau. C’est lui, de par son incroyable modestie, qui me consulta lors d’une réédition de son Fastoff à propos de la translittération , de la traduction de quelques mots, quelques noms russes, polonais ou ukrainiens. Comme plus tard, tout aussi invraisemblablement, c’est lui, A. ( en ce moment, j’évite de trop prononcer son nom, son prénom quand je dois désormais en parler au passé, ce sera dur de s’y faire, horripilant) qui me consulte à nouveau lors de la préparation de ses œuvres complètes en ce qui concerne ses textes poétiques en anglais américain composés juste après la guerre quand il était employé dans une base américaine en RFA. Il fut alors bouleversé par sa rencontre avec les soldats afro-américains, solidaire de leur condition difficile (conquis par leur blues et leur jazz), frappé par le manque de reconnaissance de leur de leur dignité de la part de nos frères de peau blancs. Il avait, comme pour l’Ukraine, tout se suite co-éprouvé la souffrance et ressentit la la valeur de ses frères humains et, dans le cas des Américains, jusqu’à pouvoir presque immédiatement s’exprimer dans leur langue, en poésie.

Et puis, vint un quart de siècle de la Biennale Mitteleuropa, sous sa houlette, parfois -dans nos anthologies- avec la bénédiction d’André sous forme de préface, toujours présent aux ouvertures et vernissages. En tout cas, il nous avait reconnus comme on le fait d’enfants trouvés, retrouvés, découverts, adoptés définitivement. Une fraternité évidente sans trop de paroles sauf l’effusion des saluts d’accueil et des au revoir avec force embrassades et accolades cordiales. Rencontres aussi dans les winstubs discrètes, avec une disponibilité constante lors du passage de confrères de l’autre bout de la Mitteleuropa, avec ce sourire des yeux et le miroir de l’âme qu’est son visage accueillant, confiant, lui, naturellement internationaliste parce que tranquillement sûr dans l’arpentage par ses grandes enjambées du territoire ouvert de notre Europe sans rivage. Enfin, sa joie qui me toucha tout particulièrement quand Prague, après 89 se trouva à nouveau si proche: plus de mur entre nous mais une haiae de fleurs qu’on a entretenue amoureusement ensemble.

V.Cl.F/Cl.V.

La Feuille de chou remercie vivement Vladimir Fišera/Claude Vancour pour le poème et l’hommage envoyés début août, dès l’annonce du décès de André Weckmann, mais reçu, seulement, du fait d’un adressage caduc, fin août.

Claude Vancour Vladimir Fisera

 André Weckmann: A mains nues Mit blossen Händen France 3 Alsace

http://alsace.france3.fr/info/deces-de-l-ecrivain-alsacien-andre-weckmann–75035200.html

http://programmes.france3.fr/documentaires/index.php?page=doc&programme=docs-24&id_article=2018

N’y-a-t-il pas de dialectophone ou de germanophone à France 3 Alsace?
On se le demande quand on lit ceci:

Archives

http://wp.me/pEuqP-9yu

D’autres archives sont disponibles en tapant “Weckmann” dans la fenêtre de recherche de la Feuille de chou