Avec beaucoup d’imperfections, voici une traduction rapide de ce texte qui devrait permettre de mieux comprendre le travail d’Arna et Juliano ainsi que la société israélienne. Je laisse volontairement le texte anglais pour que les erreurs puissent être rectifiées


Entretien avec le défunt Juliano Mer-Khamis : “Nous sommes des combattants de la liberté” par Maryam Monalisa Gharavi, The Electronic Intifada, 5 April 2011

The following is an excerpt from my 2006 interview with Juliano Mer-Khamis.

Extraits de l’interview fait en 2006 de Juliano Mer-Khamis

Maryam Monalist Gharavi: How long was Arna’s Children banned in Israel?

Juliano Mer-Khamis: It was not really banned. It was silenced. Journalists who wanted to write about the film could not get through the editorial decisions. There were two TV programs made about the film and cancelled at the last moment. We could not find a distributor in Israel for the film or cinemas to screen it. There were certain moments when some critics and journalists used the film as an outlet for their own frustrations, which were imposed on them by censorship and by directing or imposing a very certain discourse on the media by the government. I’m talking about issuing papers, in which were written ‘words you can use and cannot use,’ ‘certain questions you are not allowed to ask’ and the way you [are allowed to] ask those questions. If you speak to a Palestinian or to the military you have to change your expressions and the terms you use. So this outlet gave them the courage, I believe, to write, and since then they legitimized the film in Israel and it was screened all over the country.

Maryam Monalist Gharavi: Combien de temps Les enfants d’Arna ont-ils été interdits en Israël?
Juliano Mer-Khamis: Il n’a pas vraiment été interdit. Il a été réduit au silence. Les journalistes qui voulaient écrire sur le film ne pouvait pas passer outre les décisions éditoriales. Il y avait deux programmes de télévision réalisés sur le film qui ont été annulés au dernier moment. Nous n’avons pas pu trouver un distributeur en Israël pour le film ou pour le projeter au cinéma. A certains moments, certains critiques et journalistes ont utilisé le film comme un exutoire à leurs propres frustrations, qui leur ont été infligées par la censure et par les consignes pour imposer un certain discours sur les médias par le gouvernement. Je parle de documents d’émission, dans lesquels étaient mentionnés “les mots que vous pouvez utiliser et ne pouvez pas utiliser”, “certaines questions que vous n’êtes pas autorisé à poser et la façon dont vous [êtes autorisés à] poser ces questions. Si vous parlez à un Palestinien ou à l’armée, vous devez changer vos expressions et les termes que vous utilisez. Donc, cette sortie leur a donné le courage, je crois, d’écrire, et depuis lors, ils ont légitimé le film en Israël et il a été projeté dans tout le pays.

MMG: Arna gave a poignant speech upon accepting the Right Livelihood Award at the Swedish parliament. She said that as Rosh Pina [the Israeli settlement where she lived following the Palestinian Nakba of 1948] grew and developed, the nearby Arab village al-Jauna was “erased from the face of the earth,” its Palestinian inhabitants becoming refugees, along with 700,000 others, “through sheer robbery and forced displacement.” What do you think stops other Israelis from coming to the same conclusion as your mother?
JMK: That’s a very interesting question. I’ll give you just the framework in which I can analyze this process of history that enabled Israel to confiscate, to settle and to colonize Palestine and not go through the path my mother chose. The reasons are many but the main reason you must understand is that since the Zionist movement was created, it manipulated the history of the Jews, especially the Holocaust period, and used forces around it to create one of the most successful colonies in Palestine. And since then, the victim philosophy or victim theory or victim policy of Jews and Israelis used all means and all aspects in their history since the pogroms — what they call the persecutions in Russia during the Czar period — till the announcement of hundreds of suicide warnings coming to Israel. From that to here, we see a policy of fear, a ghetto mentality, a policy that distracts the average Israeli from the truth. Frightened and victimized people can justify any crime they do and it enables them to live with their conscience in a very comfortable way like most of the Israelis. Once you are a victim, it’s very easy to create dehumanization and demonization of the other, and this is the success of the first Israeli propaganda in the Zionist movement.
Arna a prononcé un discours émouvant lors de l’acceptation du Right Livelihood Award au parlement suédois. Elle a dit qu’alors que Rosh Pina [la colonie israélienne où elle a vécu après la Nakba palestinienne de 1948] grandissait et se développait, le village arabe voisin al-Jauna avait été lui «effacé de la surface de la terre», et ses habitants palestiniens étaient devenus des réfugiés, comme 700.000 autres, “à travers le vol pur et les déplacements forcés.” Qu’est ce qui selon vous, interdit à d’autres Israéliens d’arriver à la même conclusion que votre mère?
JMK: C’est une question très intéressante. Je vais juste vous donner le cadre à travers lequel je peux analyser ce processus de l’histoire qui a permis à Israël de confisquer, de s’installer et de coloniser la Palestine et de ne pas suivre le chemin quee ma mère a choisi. Les raisons sont multiples mais la principale raison, vous devez comprendre, c’est que depuis que le mouvement sioniste a été créé, il manipulé l’histoire des Juifs, en particulier la période de l’Holocauste, et a utilisé les forces autour de lui pour créer l’un des colonialisme les plus réussis en Palestine. Et depuis lors, la philosophie de la victime, la théorie de la victime, la politique de la victime, Juifs et Israéliens ont utilisé tous les moyens et tous les aspects de leur histoire depuis les pogroms – ce qu’ils appellent les persécutions en Russie au cours de la période de Tzar – jusqu’à l’annonce de centaines de avertissements suicide venir en Israël. De là à ici, nous voyons une politique de la peur, une mentalité de ghetto, une politique qui détourne l’Israélien moyen de la vérité. Des personnes effrayée et victimisées peuvent justifier n’importe quel crime qu’elles commettent, et cela leur permet de vivre avec leur conscience d’une manière très à l’aise comme la plupart des Israéliens. Une fois que vous êtes une victime, il est très facile de déshumaniser et diaboliser l’autre, et c’est le succès de la première propagande Israélienne au sein du mouvement sioniste.

MMG: In the scene of your mother’s body at the mortuary, you comment somewhat half-heartedly that the only place that would bury her was the kibbutz. What happened after she died?
JMK: My mother could not be buried because she refused to be buried in a religious ceremony or funeral. Israel is not a democracy; it’s a theocracy. The religion is not separated from the state so all issues concerning the privacy of life — marriage, burial and many other aspects — are controlled by the religious authorities, so you cannot be buried in a civilian funeral. The only way to do it is buy a piece of land in some kibbutzim, which refused to sell us a piece of land because of the politics of my mother. It’s not a very popular thing in a civilian, non-religious way. And then I had to take the coffin home. And it stayed in my house for three days and I could not find a place to bury her. So I announced in a press conference that she was going to be buried in the garden of my house. There was a big scandal, police came, a lot of TV and media [came], violent warnings were issued against me. There were big demonstrations around the house, till I got a phone call from friends from a kibbutz, Ramot Menashe, who are from the left side of the map, and they came from Argentina. Nice Zionist Israelis, maybe post-Zionist. They offered a piece of land there. And the funny thing is that while we were looking for a place to bury my mother, there were discussions in Jenin to offer me to bring her for burial there, in the shahid’s [martyr’s] graveyard. They told me there was one Fatah leader, who was humorously saying, “Well, guys, look, it’s an honor to have Arna with us here, a great honor, the only thing is maybe in about fifty years’ time some Jewish archaeologists will come here and say there are some Jewish bones here and they’re going to confiscate the land of Jenin.” [Laughs] They do it. Even if they find the Jewish bones of a dog, they take the place. That’s the place they do it. Every place they confiscate they find the bones of a Jew and that’s how they justify the ownership of the land, by finding bones.


MMG: Dans la scène avec le corps de votre mère à la morgue, vous commenter comme du bout des lèvres que le seul endroit qui pourrait l’enterrer était le kibboutz. Qu’est-il arrivé après sa mort?
JMK: Ma mère ne pouvait être enterré parce qu’elle refusait d’être enterré avec une cérémonie religieuse ou funéraire. Israël n’est pas une démocratie, c’est une théocratie. La religion n’est pas séparée de l’Etat pour toutes les questions concernant la vie privée – le mariage, l’enterrement et de nombreux autres aspects – sont contrôlés par les autorités religieuses, de sorte que vous ne pouvez pas être enterré avec des funérailles civiles. La seule façon de faire est d’acheter un lopin de terre dans certains kibboutz, qui a refusé de nous vendre un lopin de terre à cause des idées politiques de ma mère (……) Et puis j’ai dû prendre le cercueil à la maison. Et je suis resté dans la maison pendant trois jours, je ne pouvais pas trouver un endroit pour l’enterrer. C’est pourquoi j’ai annoncé au cours d’une conférence de presse qu’elle allait être enterrée dans le jardin de la maison. Cela a provoqué un grand scandale, la police est venue, beaucoup de télévision et des médias aussi], des mises en garde violentes ont été lancées contre moi. Il y avait de grandes manifestations autour de la maison, jusqu’à ce que je reçoive un appel téléphonique d’amis d’un kibboutz, Ramot Menashe, qui sont du côté gauche , et ils sont venus de l’Argentine. Des Israéliens sionistes sympas, peut-être post-sioniste. Ils ont offert un morceau de terre là-bas. Et le plus drôle, c’est que pendant que nous cherchions un endroit pour enterrer ma mère, il y a eu des discussions à Jénine pour me proposer de l’emmener pour l’enterrer là-bas, dans le cimetière des martyrs. Ils m’ont dit qu’il y avait un chef du Fatah, qui avec humour avait dit t: «Eh bien, les gars, regardez, ce serait un honneur d’avoir Arna avec nous ici, un grand honneur, la seule chose est peut-être dans environ cinquante ans, certains archéologues juif viendront ici et diront qu’il y a quelques ossements juifs ici et ils vont confisquer les terres de Jénine. ” [Rires] Ils le font. Même s’ils trouvent les os d’un chien juif, ils prennent la place. C’est l’endroit où ils le faire. Chaque endroit qu’ ils confisquent ils trouvent les os d’un Juif et c’est ainsi ils justifient la propriété de la terre, en trouvant des os.

MMG: There was a recent, widely-publicized Haaretz poll that 68 percent of Israelis would not live in the same building as an Arab.
JMK: I have it here.
Il y a eu récemment un sondage, largement publié dans Haaretz qui indique que 68 % des israéiens ne vivraient pas dans le même immeuble qu’un Arabe
JMK: Je l’ai ici

MMG: So the logic runs that if you don’t want to live next to a Palestinian, why be buried next to one?
Yeah. And almost 50 percent of Israelis think the Arabs inside the ’48 [boundary], inside Israel, are a [demographic] and security threat. These are their neighbors, so imagine what kind of relationships, imagine what kind of democracy this is.

MMG: Donc, la logique est que si vous ne voulez pas vivre à côté d’un Palestinien, pourquoi être enterré à côté de celui-ci?
JMK: Oui. Et près de 50 pour cent des Israéliens pensent que les Arabes de l’intérieur de ’48 [frontière], à l’intérieur d’Israël, sont un menace [démographique] pour la sécurité. Ce sont leurs voisins, alors imaginez ce genre de relations, imaginez quel genre de démocratie ce n’est.

MMG: I thought one of the most important scenes in the film occurred when Alaa’s house, as well as Ashraf’s [two of Arna’s theatre students in the film], had been destroyed in Jenin, and your mother asks them to express their anger, even to hit her. You end up with this tension, as elsewhere in the film, of a tragicomedy. You find the audience laughing through their teeth.
JMK: [Arna] was trained as a psychodramatist. She was successful at it.
J’ai trouvé que l’une des scènes les plus importantes dans le film est celle qui se passe quand la maison d’Alaa, ainsi que celle d’Achraf [deux des étudiants en théâtre d’Arna dans le film], a été détruite à Jénine, et ta mère leur demande d’exprimer leur colère, même de la frapper. Vous terminez avec cette tension, comme ailleurs dans le film, avec une tragi-comédie. On trouve le public qui rit à travers ses dents.
JMK: [Arna] a été formé au psychodre. Elle était très performante.

MMG: How would you respond to pro-Zionists watching your film, that despite your mother’s “rehabilitation of the Arab mind,” the child actors become “terrorists?”
JMK: It’s a very sick question, not yours, but the pro-Zionist attitude that thinks the problem of violence is the violence of children and not the violence of the Israeli occupation and it’s exactly to turn the pyramid upside down again, and I mean to use the propaganda to turn the question [upside down]. The question is not about the Israeli soldiers’ violence. You don’t have to heal the children in Jenin. We didn’t try to heal their violence.
We tried to challenge it into more productive ways. And more productive ways are not an alternative to resistance. What we were doing in the theatre is not trying to be a replacement or an alternative to the resistance of the Palestinians in the struggle for liberation. Just the opposite. This must be clear. I know it’s not good for fundraising, because I’m not a social worker, I’m not a good Jew going to help the Arabs, and I’m not a philanthropic Palestinian who comes to feed the poor. We are joining, by all means, the struggle for liberation of the Palestinian people, which is our liberation struggle. Everybody who is connected to this project says that he feels that he is also occupied by the Zionist movement, by the military regime of Israel, and by its policy. Either he lives in Jenin, or in Haifa, or in Tel Aviv. Nobody joined this project to heal. We’re not healers. We’re not good Christians. We are freedom fighters.

MMG: Comment répondriez-vous aux pro-sionistes qui regardant votre film, diraient que, malgré la “réhabilitation de l’esprit arabe» effectuée par votre mère, les enfants acteurs deviennent des «terroristes?”
JMK: C’est une question très malsaine, pas le vôtre, mais l’attitude pro-sioniste qui pense que le problème de la violence est la violence des enfants et non pas la violence de l’occupation israélienne. C’est exactement comme inverser la pyramide à nouveau, et je veux dire d’utiliser la propagande pour renverser la question. La question n’est pas sur la violence des soldats israéliens. Vous n’avez pas à guérir les enfants de Jénine. Nous n’avons pas essayé de guérir leur violence.
Nous avons essayé de la canaliser d’une façons plus productive. Et de façon plus productive ne signifie pas une alternative à la résistance. Ce que nous faisions à travers le théâtre n’est pas en essayer d’élaborer un remplacement ou une alternative à la résistance des Palestiniens dans la lutte pour la libération. C’est tout le contraire. Cela doit être clair. Je sais que ce n’est pas bon pour la collecte de fonds, mais je ne suis pas un travailleur social, je ne suis pas un bon Juif qui va aider les Arabes, et je ne suis pas un Palestinien philanthropique qui vient nourrir les pauvres. Nous nous joignons, par tous les moyens, à la lutte pour la libération du peuple palestinien, qui est notre lutte de libération. Chaque personne en relation avec ce projet, dit qu’elle sent être également occupée par le mouvement sioniste, par le régime militaire d’Israël, et par sa politique. Qu’elle vive à Jénine ou à Haïfa ou à Tel-Aviv. Personne ne rejoint ce projet pour guérir. Nous ne sommes pas des guérisseurs. Nous ne sommes pas de bons chrétiens. Nous sommes des combattants de la liberté.

MMG: The film was cancelled in many cities?
JMK: Yeah, the screenings of it. It was sold, but not broadcast and also in Israel in many places. I don’t know, this is for you to judge, but I believe that people will try to boycott or create difficulties to screen this film. Of course, that’s why we’re pushing it so hard, trying to do it by ourselves. But just to clarify the theatre , joining the Palestinian intifada, by our definition: we believe that the strongest struggle today should be cultural, moral. This must be clear. We are not teaching the boys and the girls how to use arms or how to create explosives, but we expose them to discourse of liberation, of liberty. We expose them to art, culture, music — which I believe can create better people for the future, and I hope that some of them, some of our friends in Jenin, will lead … and continue the resistance against the occupation through this project, through this theatre.

MMG: Le film a été annulé dans de nombreuses villes?
JMK: Oui, les projections de celui-ci. Il a été vendu, mais pas diffusé et aussi en Israël dans de nombreux endroits. Je ne sais pas, c’est à vous de juger, mais je crois que les gens vont essayer de boycotter ou de créer des difficultés à la parution à l’écran ce film. Bien sûr, c’est pourquoi nous poussons si fortement, en essayant de le faire par nous-mêmes. Mais juste pour clarifier la du théâtre qui rejoint l’Intifada palestinienne, selon notre définition: nous croyons que la lutte la plus forte aujourd’hui doit être culturelle, moral. Cela doit être clair. Nous ne sommes pas en train d’enseigner aux garçons et aux filles comment se servir d’armes ou comment créer des explosifs, mais nous les mettons face à des discours de libération, de liberté. Nous les exposons à l’art, la culture, la musique – qui je le crois peuvent créer de meilleures personnes pour l’avenir, et j’espère que certains d’entre eux, certains de nos amis à Jénine, mèneront … et poursuivront la résistance contre l’occupation à travers ce projet, grâce à ce théâtre.

MMG: Israeli director Yehuda “Judd” Ne’eman says he came to filmmaking “through the slaughterhouse of modern warfare.” He says he was disillusioned by art in the face of war atrocities, but, I’m quoting, “When the situation in my country deteriorates politically, when my body deteriorates physically, it’s high time to believe in art.” Is that different or similar to your own mission across political and artistic fault lines?
JMK: The same aspects and same starting points apply for me. Art, in our case, can combine and generate and mobilize other aspects of resistance. All I care about is resistance. I’m not doing art for the sake of art. I don’t believe in art for the sake of art. I think art can generate and motivate and combine and create a universal, liberated discourse. This is my concern about art. On the other side there is the therapeutic level, and the therapeutic level is not to heal. This is very important if you can point it out — it’s not to heal anybody from his violence. It’s to create an awareness they can use in the right way. Not against themselves.
Le réalisateur israélien Yehuda “Judd” Ne’eman dit qu’il est venu au cinéma “grâce à l’abattoir de la guerre moderne.” Il dit qu’il était déçu par l’art dans le face à des atrocités de guerre, mais, je cite, «Quand la situation se détériore dans mon pays politiquement, quand mon corps se détériore physiquement, il est grand temps de penser à l’art.” Est-ce différent ou similaire à votre propre mission à travers des lignes de faille politique et artistique?
JMK: Les mêmes aspects et les mêmes points de départ s’appliquent pour moi. L’Art, dans notre cas, peut se combiner, générer et mobiliser d’autres aspects de la résistance. Tout ce qui m’importe est la résistance. Je ne fais pas l’art pour l’amour de l’art. Je ne crois pas en l’art pour l’amour de l’art. Je pense que l’art peut produire, motiver, combiner et créer un discours libéré universel,. C’est mon préoccupation quant à l’art. De l’autre côté il y a la dose thérapeutique et la dose thérapeutique n’est pas guérir. Ceci est très important si vous pouvez le remarquer – il ne s’agit pas de guérir quelqu’un de sa violence. C’est pour créer une prise de conscience qu’ils peuvent l’utiliser dans le droit chemin. Non pas contre eux-mêmes.

MMG: You served in the Israeli army but quit after you were asked to stop your father’s Palestinian relatives at a military checkpoint. How significant was that event as a turning point in your political and even artistic formation?
JMK: It was the straw that broke the camel’s back. But I was boiling since I tried to disguise myself. The outfit could not fit, you see? I could not fit the outfit. And it blew up in my face that certain day in the checkpoint, but I was boiling for years.
Vous avez servi dans l’armée israélienne mai vous l’avez quitté après que l’on vous ait demandé d’arrêter des parents palestiniens de votre père à un barrage militaire. Quelle est l’importance de cet événement comme un tournant dans votre formation politique et même artistique?
JMK: C’était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Mais j’étais en ébullition depuis que j’avais essayé de me déguiser. La tenue ne me correspondait pas, vous voyez? Je ne pouvais m’adapter à celle-ci. Et ce jour là, dans le poste de contrôle tout m’a explosé au visage, mais je bouillonnais depuis des années.

MMG: How long did you serve?
JMK: I served for one and a half years, but in a very intensive special forces unit [the Paratroopers Brigade]. I don’t regret it, I must be honest. First of all, from the practical side, it saved my life many times during this theatre-making and the film. I know all aspects of the Israeli army, I speak Hebrew, I know the language, I know how to deal with them. It’s like combat training for life. And on the other hand, I penetrated the deepest sources of the Israeli propaganda, the smallest cells of Israeli society, which is fertilized in the army. The army in Israel is the essence of life, the army in Israel is the discourse of life, the army in Israeli is the foundation of the society. Once you penetrate this and you understand the dynamics, you can oppose and create and use it for yourself.
Combien de temps avez-vous servi?
JMK: J’ai servi pendant un an et demi, mais dans une unité de forces spéciales très intensive [la Brigade de parachutistes]. Je ne le regrette pas, je dois être honnête. Tout d’abord, du côté pratique, c ela m’a sauvé la vie plusieurs fois au cours de ce théâtre-faire et le film. Je connais tous les aspects de l’armée israélienne, je parle hébreu, je connais la langue, je sais comment leur faire face. C’est comme l’entraînement au combat pour la vie. Et d’autre part, j’ai pénétré les sources les plus profondes de la propagande israélienne, les plus petites cellules de la société israélienne, qui sont fécondées dans l’armée. L’armée en Israël est l’essence de la vie, l’armée en Israël, c’est le discours de la vie, l’armée israélienne est le fondement de la société. Une fois que vous pénétrez cela et que vous comprenez les dynamiques, vous pouvez vous y oppose, créer et l’utiliser pour vous-même.

Maryam Monalisa Gharavi has contributed poetry and critical writing to various publications. Her films have been screened at Townhouse Gallery of Contemporary Art, Harvard Film Archive, Pacific Film Archive and elsewhere. She is a doctoral candidate in Comparative Literature and Film and Visual Studies at Harvard University. The full version of her interview with Juliano can be found here.