Poussée des gauches radicales dans l’édition

« Tue ton patron » : la gauche radicale révolutionne son édition

Les idées radicales de gauche se diffusent plutôt bien. Pour preuve : la vitalité de l’édition d’extrême-gauche, qui a vu en quelques années maisons et publications se multiplier, jusqu’à s’installer confortablement sur les étagères des librairies généralistes.

En plein cœur du quartier populaire de Ménilmontant, les ouvrages politiques côtoient un espace entièrement dédié au dessin et à l’art graphique : la librairie Le Monte-en-l’air, dans le XXe arrondissement de Paris. Sur l’une des étagères, à gauche bien sûr, un rayon entier est consacré à la Commune de Paris, un autre à l’anarchisme – juste au-dessus de celui réservé à l’antifascisme.

Il n’est désormais pas rare de trouver des étals de libraire remplis de livres à teneur subversive. Cette floraison éditoriale a notamment pu s’appuyer sur le développement simultané d’un vaste réseau parisien de librairies indépendantes, qu’elles soient explicitement politiques (Quilombo, Publico, La Brèche…), ou généralistes (Le Monte-en-l’air, Le Merle moqueur…).

Tout le monde pense à l’incroyable succès de « L’Insurrection qui vient » le livre versé au dossier d’instruction dans l’affaire Tarnac. Paru aux éditions La Fabrique, il s’est vendu depuis sa sortie, en mars 2007, à près de 50 000 exemplaires. Un exploit pour un texte qui aurait dû rester confidentiel ; mais le manifeste du Comité invisible masque l’ampleur d’un phénomène plus profond.

Depuis plusieurs années, l’édition d’extrême-gauche est un secteur en pleine explosion. Du plus académique au plus militant, les éditeurs se réclamant de la gauche radicale se multiplient.
Pour Sophie Noël, sociologue spécialiste des éditeurs indépendants, « le basculement s’est fait en 1996 avec la création de Raison d’agir, maison d’édition fondée autour de Pierre Bourdieu à la suite des mouvements sociaux de l’époque. » Depuis, trois à quatre structures se créent chaque année :

* La Dispute (1996),
* Agone (1997),
* La Fabrique (1998),
* Les éditions libertaires (2001),
* Le Croquant (2003),
* Amsterdam (2003),
* L’Echapée (2004),
* Libertalia (2006).

Chacune publie en moyenne entre dix et quinze livres par an. Certaines, comme Libertalia, se font alors un réel plaisir d’exposer des titres volontairement agitateurs : « Tue ton patron », « Grève générale », « Manuel du guerillero urbain ».

« C’est vrai qu’il y a une part de ludique. On fait notre petite révolution en librairie », s’amuse Nicolas Norrito, cofondateur de la maison d’édition installée à Montreuil (93) et militant de la CNT.

« Les mots deviennent un porte-drapeau et on observe un vocabulaire plus offensif », note l’historien Serge Cosseron, auteur du « Dictionnaire de l’extrême-gauche » et ancien militant de « Socialisme ou barbarie ».

Par Christophe Payet | Journaliste | 12/04/2011 | 13H07

La source: rue89

Similar posts

4 Commentaires

  1. Schlomo Schlomo
    2 mai 2011    

    être internationaliste ne signifie pas militer pour l’anglo-étasunien comme langue mondiale, au contraire (on the contrary!)

    la loi Toubon n’est pas respetée, en effet
    les Québécois tiennent plus à leur langue que les Français…!

  2. BubelaH BubelaH
    2 mai 2011    

    Désole Monsieur le franco franchouillard mais je suis internationaliste et n’ ai que faire des frontières culturelles et linguistiques !
    JacQues Toubon pensait comme vous, peut être devriez vous lui rendre hommage !

  3. Schlomo Schlomo
    2 mai 2011    

    trendy“…”supermarket
    ah, la mode linguistique anglomaniaque…

  4. BubelaH BubelaH
    2 mai 2011    

    Comme quoi c est trendy la rebellion ..
    On la trouve même dans les supermarket ..

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.