Roland Ries mieux inspiré contre le GCO que pour la laïcité...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roland Ries, sénateur-maire socialiste de Strasbourg a enfin répondu au brûlot de Philippe Richert, président du Conseil régional qui, le jour du “Vendredi Saint, avait menti, dans les DNA, sur le sujet, accusant faussement François Hollande de vouloir supprimer les lois d’exception religieuses en Alsace-Moselle, alors qu’il annonce au contraire qu’il les inscrira dans la Constitution!
Sous le titre “Notre [sic] concordat n’est pas menacé“, Roland Ries rétablit certes la vérité du programme du candidat Hollande, mais, en même temps, confirme ce que les laïques d’Alsace-Moselle, qui ne sont pas tous à gauche de l’échiquier politique, savaient déjà du sénateur-maire, ancien élève du Collège épiscopal Saint-Étienne (ça laisse des traces indélébiles, faut-il croire!).

Je l’ai dit publiquement et je le répète, François Hollande ne remettra pas en cause le régime concordataire, pas plus que les dispositions de lois spécifiques qui s’appliquent à l’Alsace-Moselle. Elles sont l’héritage historique du rattachement de notre région à l’Allemagne entre 1871 et 1918 et sont une composante essentielle de l’identité alsacienne au même titre que le bilinguisme et la culture régionale. Vouloir faire croire, comme Philippe Richert, le contraire, c’est essayer de susciter chez les Alsaciens un réflexe de peur en travestissant sciemment la vérité.

Les laïques sont prévenus: “François Hollande ne remettra pas en cause le régime concordataire

On se demande pour quelle raison, Ries pratique ensuite la même confusion intéressée que Philippe Richert, en évoquant tout de suite après “les dispositions de lois spécifiques qui s’appliquent à l’Alsace-Moselle.
S’agit-il des dispositions concernant les religions dites reconnues, ou bien, comme chez Richert, des lois sociales particulières d’Alsace-Moselle qu’aucun vrai laïque ne confond avec les autres et qui doivent être conservées, et même devraient être étendues, elles, à la France de l’intérieur!

Y mêler “le bilinguisme et la culture régionale” que les vrais amis de l’Alsace-Moselle veulent conserver et développer, participe du confusionnisme dominant.

Confusionnisme insistant quand Ries déclare: “le concordat sera, comme les autres spécificités du droit local applicables à l’Alsace-Moselle, maintenu.”

Eh bien, n’en déplaise à Roland Ries et Philippe Richert, les laïques veulent conserver “le droit local” à l’exception du droit des religions!

Notons en passant que Roland Ries se trompe quand il fait remonter seulement à la période allemande 1871 à 1918 l’origine de ces lois qui pour certaines remontent à 1802 ou 1850!

Oui, Richert ment pour que les Alsaciens ne votent pas Hollande, mais Ries dévoile à ceux qui l’ignoreraient encore que le PS a renoncé à l’application des lois laïques en Alsace-Moselle.

Les laïques de gauche en Alsace-Moselle, voteront donc Jean-Luc Mélenchon!

Quant à “la transposition en droit français de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires“, elle divise la gauche entre jacobins et  régionalistes.

La feuille de chou a déjà publié:

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/30728

Voir aussi:

http://laicitedaccord.com

Le point de vue de Roland Ries dans les DNA du 15 avril:

Réponse de Roland RIES à Philippe Richert

Notre concordat n’est pas menacé

Dans une tribune parue vendredi 6 avril, Philippe Richert se demandait si les Alsaciens allaient vivre leur dernier Vendredi saint férié de l’histoire.

Curieuse question, à laquelle l’intéressé répondait par une attaque violente et injuste contre François Hollande, n’hésitant pas à manier les raccourcis et les contre-vérités sans rien apporter au débat de fond. Je regrette sincèrement qu’un ministre de la République, qui de plus se veut le grand rassembleur de l’Alsace, s’abaisse ainsi au rang de simple porte-voix du candidat Nicolas Sarkozy, à la rédaction d’une tribune dont les arrière-pensées politiciennes sont si évidentes.

Je l’ai dit publiquement et je le répète, François Hollande ne remettra pas en cause le régime concordataire, pas plus que les dispositions de lois spécifiques qui s’appliquent à l’Alsace-Moselle. Elles sont l’héritage historique du rattachement de notre région à l’Allemagne entre 1871 et 1918 et sont une composante essentielle de l’identité alsacienne au même titre que le bilinguisme et la culture régionale. Vouloir faire croire, comme Philippe Richert, le contraire, c’est essayer de susciter chez les Alsaciens un réflexe de peur en travestissant sciemment la vérité.

François Hollande l’a écrit lui-même: le concordat sera maintenu

François Hollande l’a écrit lui-même à l’ensemble des représentants des cultes alsaciens-mosellans, et tous les parlementaires socialistes de nos deux régions l’ont confirmé aux maires: le concordat sera, comme les autres spécificités du droit local applicables à l’Alsace-Moselle, maintenu.

Il n’y a là aucune volonté de «stigmatiser l’Alsace» et les Alsaciens ou de faire de l’Alsace «une monnaie d’échange». Les attaques de Philippe Richert sont purement et manifestement absurdes.

Ces allégations et procès d’intention sont inacceptables et n’ont d’autre objectif que de jeter le trouble dans l’esprit des électeurs à la veille de l’échéance présidentielle.

Oui, notre République est et restera respectueuse des identités et des diversités locales. Je rappelle d’ailleurs que c’est la gauche et François Mitterrand qui ont mis en place la décentralisation, donnant ainsi aux collectivités locales de nouveaux pouvoirs et de nouvelles libertés.

J’observe d’ailleurs que le ministre est bien mal placé pour se faire le défenseur de l’Alsace et plus largement du fait territorial quand il appartient, pour quelques jours encore, à un gouvernement qui a refusé la transposition en droit français de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. François Hollande s’est, lui, engagé dans ses 60 propositions à faire enfin ratifier cette Charte par le Parlement français.

La ficelle est grosse, mais personne ne sera dupe!

Dans une campagne électorale, je considère que les candidats, tout comme ceux qui se prétendent leurs porte-paroles, se doivent de dire la vérité à leurs concitoyens. Ils ne doivent pas céder à la tentation du discours populiste, de la démagogie, des contre-vérités et du mensonge au risque d’affaiblir le niveau du débat, d’exacerber les passions et de détourner les citoyens des urnes.

Oui, ce qui préoccupe aujourd’hui nos concitoyens, qu’ils soient alsaciens, lorrains, bretons ou poitevins, ce sont les vrais défis auxquels notre pays est aujourd’hui confronté: le redressement économique, la lutte contre le chômage, la justice sociale et fiscale, l’éducation et l’avenir de leurs enfants, la place de la France dans le monde…

C’est sur ces questions que doit se situer le débat électoral. C’est sur ces questions que nos concitoyens attendent des propositions fortes de la part des politiques. C’est sur ces questions essentielles que François Hollande a pris des engagements clairs, à la hauteur des problèmes auxquels la France est aujourd’hui confrontée.

Je trouve, pour ma part, que cette mauvaise querelle, ce faux procès qui est fait à François Hollande n’est qu’une tentative de diversion pour détourner l’attention des vrais problèmes. La ficelle est grosse, mais personne ne sera dupe!

par Roland Ries,, publié le 15/04/2012 à 05:00 | Mis à jour il y a environ 48 minutes