Le général Aussaresses coule des jours tranquilles dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une page effarante du journal l’Alsace de dimanche : une interview du général Aussaresse, qui coule des jours paisibles dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Il y justifie la pratique de la torture en Algérie et se dit fier de l’avoir pratiquée “en bon soldat”..

Aucun commentaire du journaliste….
Aucun commentaire de la rédaction…
Pas la moindre prise de distance…

Un choix rédactionnel pour le moins “curieux” entre les deux tours, à l’heure où tous les républicains appellent à un sursaut citoyen pour battre Sarkosy et ses dérives vichystes…

Notre ami Bernard Enggasser réagit. Il a mille fois raison !

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Monsieur le Rédacteur en ChefJournal L’ALSACE

 

Flaxlanden le 29 avril 2012

 

 
Monsieur le Rédacteur en Chef,

 

Je suis effaré du fait que votre journal a publié, dans son  édition  du dimanche 29 avril 2012, une interview du Général AUSSARESSES lui permettant de justifier sa pratique de la torture lors de la guerre d’Algérie en déclarant, entre autre… « C’était pour la France. C’est le devoir d’un soldat…. ».

L’article en question a été accompagné d’aucun commentaire ou témoignage permettant de contrebalancer de telles déclarations.

On apprend que ce triste individu se proclame croyant et pratiquant !

D’autres comme le Général Jacques PARIS DE LA BOLLARDIERE on marqué la désapprobation de la torture en demandant officiellement (28 mars 1957) à être relevé de son commandement.

Albert CAMUS, François MAURIAC, VERCORS, Pierre VIDAL-NAQUET, Jean-Paul SARTRE et bien d’autres démocrates et humanistes se sont élevés contre ces pratiques qui déshonorèrent  la France.

Paul TEITGEN Secrétaire général de la police à  Alger en 1957, catholique, stigmatisera à l’époque les méthodes expéditives de l’armée. Il démissionnera même, s’offusquant que la France utilise des procédés qu’il avait connu comme résistant dans les caves de la Gestapo à Nancy.

Il y aurait eu  matière à mettre en défaut les propos du Général AUSSARESSES ce que la déontologie d’un journal d’information exigerait.

Que cette interview soit publiée entre les deux tours des présidentielles m’intrigue d’autant plus que nous connaissons une montée de l’extrême droite relayée  dans ses propos par le candidat sortant.

Il est de notoriété publique que bon nombre d’anciens de l’OAS, de tortionnaires, se retrouvent dans les rangs du Front National y imprimant leur idéologie, d’ailleurs AUSSARESSES, dans cet article, se déclare lui-même d’extrême droite et pense que du bien de Marine LE PEN !

Est-ce qu’on a voulu faire un scoop par cette interview ? Si oui, je pense que c’est un mauvais service rendu au journal et à ses lecteurs ; ce n’est pas par le « sensationnel » que l’on sauvera la presse d’informations quotidiennes de ses difficultés actuelles.

Mon propos n’est pas de fustiger la profession des journalistes, salariés qui, comme bien d’autres, subissent pressions et précarité. En effet, la quasi-totalité de la presse étant contrôlés par des groupes financiers eux-mêmes, sous influence de l’actuel pouvoir, pèsent de tout leur poids sur les rédactions. De même le Crédit Mutuel, contrôlant l’ensemble des journaux du grand Est semble, à travers les déclarations de son Président LUCAS, avoir une conception bien singulière du rôle de l’information.

Il est grand temps qu’ensemble, journalistes et citoyens, nous exigions que l’on revienne aux valeurs du programme du Conseil National de la Résistance se voulant d’assurer la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances de l’argent et des influences étrangères.

 

Veuillez accepter,  Monsieur le Rédacteur en Chef, mes salutations les meilleures.

 

Bernard ENGGASSER

 

 

PS : je rends  cette lettre publique.

 

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