UN 8 MARS POUR NOS MERES… par Michel ETIEVENT

UN 8 MARS POUR NOS MERES…

8 mars. Belle journée de la femme. Journée où il s’agit en 24 heures seulement de décliner ce que femmes et mères nous ont légué. Ouvrez un livre d’histoire. Vous y verrez, sous toutes les déclinaisons, la princesse, la manipulatrice, l’empoisonneuse. La mémoire relègue la femme au rang de l’alcôve ou de l’anecdote. Des vies d’anonymat à donner la vie en s’oubliant elles mêmes. « Combien en ai-je vu de ces femmes ridées avant l’âge qui n’ont jamais pris soin d’elles mêmes. Combien en ai-je vu de ces mères de Moûtiers ou des Allues qui, une heure seulement après leur accouchement à même le champ, s’en retournaient aux prés pour continuer de faucher !» Ce beau témoignage de l’abbé Brun, vicaire de Tarentaise (Savoie) en 1945, en dit long sur la condition des femmes d’ici. A l’image de Mélanie de Naves ou d’Antoinette de St Martin, elles étaient, à l’orée du siècle, bonnes ou domestiques et partaient se placer à Paris rien que pour éviter aux familles les morsures des misères. Qui parlera de ces femmes qui, pour remplacer les hommes partis sur les fronts de 1914, tournaient des obus douze heures par jour à Notre dame de Briançon ou Ugine? Qui évoquera ces résistantes qui, au prix de leurs vies, passaient des messages dans le guidon de leurs vélos ou sous la semelle de leurs sabots ? A l’image de Louise de Glaizette ou de Raymonde de Petit Cœur, elles soignaient les blessés ou cachaient des maquisards. Qui racontera les mille et une heures de travail de ces ouvrières, toujours en quête de travaux d’appoint pour nourrir les enfants et qui, au sortir des travaux des fours assuraient des nuits de lavage dans l’eau glacée des bassins ? Qui parlera de ces veuves, laissées au bord du chemin avec six enfants à charge, contraintes de tout assumer, sans plaintes ni requêtes. Qui les a vues un jour s’arrêter un peu, prendre soin de leurs vies ? Nous les croisons parfois sur les sentiers, ces vieilles sans âge qui, contraintes d’assurer le travail de la ferme après le départ du mari pour l’usine, devaient affronter les taches masculines, du raclage du fumier au bucheronnage. L’histoire les a plongées dans les drames de l’oubli. Et pourtant, elles ont fait nos vies et tissé avec patience la trame de nos avenirs.

Michel ETIEVENT

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