Le secrétaire régional de la CGT appelle à voter non. Le projet, dit-il, ne vise qu’à diminuer les droits des salariés.

publiée le 06/03/2013 à 05:00 | Vu 36 fois

Opinion Raymond Ruck, secrétaire régional de la CGT « La collectivité, un cheval de Troie »
Raymond Ruck. Photo Archives DNA

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Raymond Ruck. Photo Archives DNA

La création de la collectivité territoriale d’Alsace qui remplacerait les trois collectivités que sont les deux départements et l’actuelle Région serait-elle de nature à améliorer la vie des salariés de notre région ?

Ce projet n’est pas porté par une volonté populaire. La notion d’empilement institutionnel et de savoir qui fait quoi sont uniquement des spéculations d’initiés. À l’heure où le nombre de demandeurs d’emploi atteint, voire dépasse le pic le plus élevé jamais connu dans notre région, cette idée ne suscitera que peu d’intérêt parmi nos collègues de travail dans les entreprises.

Si la question semble relever de la sphère politique, la CGT sait d’expérience qu’une décision politique n’est jamais neutre pour les intérêts des salariés.

La question de la modification de l’organisation du territoire découle, au-delà des préoccupations politiciennes des élus locaux, de l’environnement économique et social. Nous connaissons aujourd’hui une crise majeure qui touche durement les salariés. Sa cause réside dans les objectifs de rentabilité fixés par les financiers, les banquiers, les actionnaires et les PDG à leurs services. Pour atteindre leurs exigences, ils veulent obliger les salariés à une flexibilité de leur emploi et de leur salaire.
Variable d’ajustement

Dans cette optique, les règles du Code du travail sont trop contraignantes et sont un obstacle au développement de la compétitivité. Les salariés, qui sont les créateurs des richesses produites, sont ainsi voués à être des variables d’ajustement de la guerre économique planétaire. L’accord honteux négocié le 11 janvier entre toutes les organisations syndicales des employeurs et trois syndicats de salariés (CFDT, CGC et CFTC) minoritaires réduit sévèrement encore les droits des salariés et s’inscrit dans cette orientation désastreuse.

Les choix politiques dans tous les domaines ne répondent pas aux souhaits des électeurs mais bien à cette vaste compétition qui broie la vie de millions de personnes.

Le projet porté par une majorité des élus locaux n’échappe pas à cette règle et vise à augmenter la compétitivité du territoire alsacien. Ce n’est pas une invention de la CGT ; l’objectif de favoriser l’attractivité et la compétitivité du territoire alsacien figure dans les documents produits lors de l’élaboration de ce projet de fusion territoriale. C’est pourquoi, dans un premier temps, le texte soutenant le projet réclame l’attribution d’une capacité réglementaire et d’un droit à expérimenter.
Les jours fériés locaux

Certains pensent d’ailleurs déjà à instrumentaliser le droit local hérité de l’histoire particulière de notre région pour le faire évoluer indépendamment du cadre des lois de la République française. Le MEDEF d’Alsace, qui a opté pour la fusion de ses instances départementales, revendique un processus concerté avec les syndicats des salariés de la région pour augmenter la compétitivité en abandonnant par exemple les jours fériés supplémentaires issus du droit local.
« Les économies ne se feront qu’au détriment de l’emploi »

Les discours produits par les promoteurs de la collectivité unique occultent ces enjeux fondamentaux au profit d’arguments simplistes susceptibles d’emporter la conviction des électeurs. Les présidents Richert, Kennel et Buttner mettent en avant la simplicité et les économies d’échelle censées découler de la mise en place d’une structure unique pour assurer plus d’efficacité. Ce n’est qu’un miroir aux alouettes. Si les économies devaient se réaliser, ce ne serait qu’au détriment de l’emploi et des services publics rendus à la population.

La CGT Alsace appelle les salariés à réfléchir et à ne pas se laisser abuser par cette nouvelle collectivité dont personne ne connaît les compétences et les moyens propres à les financer. On nous réclame un chèque en blanc. Quel peut-être l’intérêt pour la région Alsace de faire cavalier seul alors qu’un acte III de la décentralisation est en cours de discussion dans le cadre national ? Ce projet soumis à votre approbation n’est qu’un cheval de Troie.

Salariés, lors de la consultation référendaire le 7 avril pour défendre vos droits sociaux, le vote efficace, c’est le vote non.
publiée le 06/03/2013 à 05:00

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