Colloque de Strasbourg sur les langues minoritaires et régionales [L’Alsace]

L’Alsace
Dialecte Après les paroles des élus, des actes sont attendus
le 02/06/2013 à 05:00 Sailesh Gya

Le colloque sur les langues de France s’est achevé hier à la Maison de la Région. Ses participants attendaient des signes forts des élus alsaciens.

Difficile de faire vivre les dialectes en France. Les acteurs associatifs et politiques ont beaucoup témoigné de l’espoir, puis du dépit suscité par l’engagement n° 56 du candidat François Hollande portant sur la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Pour eux, « l’État français et en particulier l’Éducation nationale donnent l’impression d’être une citadelle assiégée » , d’après Claude Froehlicher, président de l’association de parents d’élèves Eltern-Alsace, chargé de faire le point sur les deux jours de colloque à la Maison de la Région. « Ce dogme de la langue unique vient à l’encontre de ce que nous demandons, la langue commune dans la richesse de toutes nos diversités » , poursuit-il.

« Co-officialité » ?

Invité à s’exprimer, François Loos (UDI), ancien ministre et vice-président du conseil régional, a nuancé cette opposition entre partisans des langues régionales et État français. « Nous avons eu le parti pris de rester sur la base du volontariat » , rappelle-t-il, en n’éludant pas « les pressions nationales » pour laisser les choses en l’état. « La façon dont les recteurs sont appréciés en Alsace dépend largement de l’interprétation de ce qu’ils ont essayé de faire ou pas dans le domaine du bilinguisme », constate-t-il. Quant à la Charte européenne, il précise qu’ « il faut savoir ce que nous voulons vraiment ». « Moi je ne veux pas que les formulaires administratifs soit en deux langues, ce n’est pas nécessaire » , affirme-t-il.

Or la « co-officialité » français-alsacien (avec l’allemand comme forme écrite) est l’une des revendications de l’appel à une charte linguistique pour l’Alsace lancé par l’ICA (Initiative citoyenne alsacienne), organisa-trice du colloque. « En Guyane française, les langues amérindiennes vont disparaître s’il n’y a pas obligation à ce qu’elles soient la langue administrative » , s’empresse de souligner Jean-Jacob Bicep, député européen écologiste et représentant les communautés ultramarines.

Un exemple qui illustre bien le défi pour l’État de porter une réponse identique sur tout le territoire. Pour Jacques Fernique, conseiller régional EELV, « l’unanimité des responsables locaux risque de sonner creux si elle ne se traduit par des avancées concrètes ». « Nous n’entendons pas renoncer face aux vieux blocages de l’État » , poursuit-il.

« Un vrai frein »

« Oui, il y a des compétences que nous pouvons mieux exercer au niveau local », avait d’ailleurs déclaré Philippe Richert, président de la Région Alsace à l’ouverture du colloque. Et de rappeler le débat avorté sur le conseil unique : « J’ai voulu porter une réforme où le fait régional aurait pu être mieux considéré et mieux reconnu… »

« Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui ? », s’interroge Roland Ries, sénateur PS et maire de Strasbourg. « Il y a un vrai frein dans nos partis politiques respectifs avec des forts débats, répond-il. Il s’agit de maintenir la pression pour faire adopter la charte européenne. » « Ce que nous avons à faire, c’est informer et sortir des chapelles et des initiés » , conclut Pierre Klein, président de l’ICA.

le 02/06/2013 à 05:00 Sailesh Gya

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