Profanation/Strasbourg/Justice et Libertés/DNA

lu dans les DNA

Indignés et solidaires

Une soixantaine de personnes s’est retrouvée hier après-midi, à l’appel du collectif Justice et Libertés, devant le cimetière israélite de Cronenbourg, récent théâtre d’actes de profanation.

Ils se sont rassemblés vers 16 h devant la grille du cimetière, puis ils ont déployé leur banderole « Justice et Libertés ». Le collectif, qui rassemble une vingtaine d’associations, syndicats et partis plutôt proches de la gauche – Collectif judéo-arabe pour la paix, Union juive française pour la paix, UNSA éducation, Parti de Gauche, Parti socialiste, Amis du Monde Diplomatique etc. – a voulu « manifester [son] indignation face à cet acte inqualifiable (la profanation du cimetière, Ndlr) et sa solidarité avec les citoyens juifs ».
Parmi les manifestants, des membres du PCF, de l’association TaPages, du théâtre du Potimarron (représentant également l’association PasSages), et de Culture et Bilinguisme.
Lors des prises de parole, il a beaucoup été question des « groupes nazis qui déshonorent notre province » et qui, « anonymement (…) sèment la haine en oubliant l’altérité de l’humanité ».
Mais les discours ont aussi mis en cause le gouvernement, et en particulier Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, qui compte « parmi ces politiciens qui jouent avec le feu et portent une part de responsabilité dans ces événements ». Une allusion nette au débat sur l’identité nationale, et à un supposé « racisme d’en haut » qui encouragerait la « peste brune ». Jean-Claude Meyer, du Collectif judéo-arabe pour la paix, a rappelé qu’« une bonne partie de [sa] famille » est enterrée au cimetière israélite de Cronenbourg et que les gens qui « sèment la haine » se trouvent aussi à gauche – en citant pour l’occasion le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frèche. Ali Rastegar, du collectif Justice et Libertés, a fustigé la « dénazification incomplète » de l’Alsace et les « nostalgiques du IIIe Reich ».
Les manifestants sont restés devant la grille, la communauté israélite ne les ayant pas autorisés à se rendre sur les sépultures souillées. La volonté, sans doute aussi, de décourager une forme de tourisme malsain.

Denis Tricard

Édition du Lun 1 fév. 2010

Emotion

Une cérémonie émouvante avait déjà réuni dans la matinée près de 150 proches et amis des personnes décédées dont les tombes ont été découvertes brisées ou taggées mercredi. De nombreuses personnes âgées avaient tenu à participer à ce moment fort, malgré les conditions climatiques rudes. Quatre jours après le 65e anniversaire de la libération des camps de la mort, ce moment de recueillement revêtait évidemment une dimension particulière.

DNA

Une forme de tourisme malsain“.

C’est ainsi que s’achève l’article de Denis Tricard des Dernières Nouvelles d’Alsace, sur le rassemblement organisé par Justice et Libertés devant le cimetière israélite de Strasbourg-Cronenbourg.

Dommage de finir ainsi, à cette occasion!

Qu’il existe un “tourisme malsain“, nul ne le contestera. Un tourisme nécrophile, certainement, en ces temps de mode “gothique”, chère à beaucoup d’adolescents, et même à de vieux adolescents.

La même pulsion (de mort?) qui fait ralentir, et pas seulement par prudence, les automobilistes quand, sur l’autre voie, un accident vient d’avoir lieu. Et certains, même, garent leurs véhicules, pour mieux jouir du “spectacle”.

Mais, enfin, ici, dans le cas précis du rassemblement digne de Justice et Libertés, était-ce vraiment le moment d’évoquer cela?

D’autant que c’est lié, dans l’article, à l’interdiction signifiée de pénétrer dans le cimetière.

Y aurait-il des gens dignes de se recueillir et d’autres, interdits de recueillement?

On apprend, par le Journal, (merci) et après-coup, qu’une cérémonie avait eu lieu le matin même. Quoique membre de la Communauté, on n’en avait pas été averti…

Pour finir sur un mode moins sombre, et parce que la vie l’emporte toujours, comme l’ont rappelé encore la semaine passée, à la télé, les sourires de certains rescapés des camps de la mort, membres malgré eux des Sonderkommando, filmés par Claude Lanzmann dans “Shoah“, proposons à Joël Henry, l’inventeur du latourex le Laboratoire de Tourisme Expérimental, de rajouter une rubrique “Tourisme malsain“, à ses facétieuses propositions.On lui fait confiance pour inventer les destinations les plus morbides!

Verbindung gegen ein freundschaftlich ploke:

Lichtbild

dumm-gebore-un-nix-dezuegelehrt

(nés stupides, ils n’ont rien appris de plus)

comme quoi, l’allemand est plus concis

lu sur la (très à) droite strasbourgeoise, frappé sur le clavier d’Eric Neustadt:

…on avoue ici souhaiter que les décérébrés qui se croient malin en déversant leur prose sur des murs soient mis hors d’état de nuire surtout s’il s’agit d’agitateurs. Qu’il en soit de même pour ceux qui ne respectent pas la mort et les morts.

On lui en donnerait presque acte, si en lecteur assidu, de la prose qui s’étale (dans tous les sens du terme, y compris la bouse) chez nos “hussards“, on ne percevait une sorte de division spontanée, peut-être, ou pas, du travail, entre ceux qui manient la plume ou frappent azertyuiop (en attendant la baffe promise par Miclo) et ceux qui, noctambules sauteurs de murs, mais moins lettrés que Peter Schneider, manient la bombe à peinture dans les nécropoles.

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3 Commentaires

  1. Schlomo Schlomo
    2 février 2010    

    ah!
    je n’y avais pas pensé
    il est vrai que je refuse d’utiliser ce terme, et même celui de shoah
    comme Raoul Hilberg, j’appelle ça génocide, ou destruction, ou massacre de masse ou extermination

  2. 2 février 2010    

    Mode gothique et “tourisme malsain” : remarquons que dans l’inconscient (qui est, comme on sait, structuré comme un langage) anglo-saxon, LOW COST rime et résonne avec HOLOCAUSTE . . .

  3. 1 février 2010    

    Merci, Kumpel !
    A 12. 15 et 19. sq, un turbo-reportage sur RUNDUM, concernant notre Atelier de Lecture Les mr Ebs ! J’ y conçois mon rôle surtout comme la tentative de relire, de ré-insuffler de la vie et de faire ré-interpréter tous ces textes oubliés, caviardés ou méconnus – souvent excellents et passionnants ! – de la littérature d’Alsace depuis Otfried ( mais surtout depuis le 19° s) en allemand standard, en Elsässerditsch et … en français !

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