Des renseignements (très) généraux

Police partout…même dans les conseils municipaux!

On en apprend de belles dans le Journal!
Depuis que les Renseignements généraux ont disparu, fondus dans la DCRI avec la DGSE, on nous jurait que c’en était fini du renseignement politique. Ce qui n’empêche pas que les flics en civil continuent de s’informer plus ou moins incognito.

C’est le cas lors de rencontres, comme celle avec Edwy Plenel, au Strissel, où le fonctionnaire aux grandes oreilles a même eu, par erreur, son nom sur la liste des inscrits au déjeuner. C’est le cas à chaque manifestation de rue où les pandores sans signe visibles, même des commissaires, vont causer “innocemment” avec tel ou tel responsable syndical ou militant de base, pour leur tirer les vers du nez, afin d’informer le gouvernement de l’état de l’opinion.

Et voilà que les DNA nous apprennent que tel policier assiste au conseil municipal à Benfeld. Et pas en cachette, pas du tout.
Décidément avec la “gauche” au gouvernement, on n’arrête pas le progrès du flicage.

A quand les fonctionnaires de police dans nos chambres à coucher?

DNA

Benfeld
Une bourde des services de renseignement ?
Les « yeux » ont la parole

Un fonctionnaire de la SDIG (sous-direction de l’information générale, ex-RG) a été amené à présenter en public, à Benfeld, les nouvelles démarches de collecte du renseignement par son service. Plan com, bourde ou mise sous pression ?

Une fois n’est pas coutume, deux personnes ont assisté mardi soir au conseil municipal de Benfeld : un habitant… et un policier, auquel le maire Jacky Wolfarth a donné la parole en début de séance.

Ce policier au commissariat central de Strasbourg est également l’un des 25 membres de la sous-direction de l’information générale (SDIG), un service né après la disparition des Renseignements Généraux (RG).
« Ce n’est pas du flicage. On est en recherche de tous les renseignements possibles »

« Nous avons une vocation de renseignement au niveau régional, a exposé Nicolas Germain devant la vingtaine de conseillers présents, le journaliste et le public. Nous souhaitons assister aux conseils municipaux des principales communes d’Alsace pour reprendre le pouls. Si vous rencontrez des problèmes particuliers dans votre commune, faites-nous remonter. »

L’intervention n’aura duré que cinq minutes. À l’issue de la réunion, le fonctionnaire a accepté d’en dire un peu plus. S’il réfute le terme de flicage, le policier explique que la SDIG, qui dépend directement du préfet, est là « pour dresser un état des lieux des communes en Alsace. Ce n’est pas du flicage. On est en recherche de tous les renseignements possibles sur une commune, excepté les querelles de voisinage : conflits sociaux dans une entreprise, repli identitaire… »

Si ce service a toujours existé, sous un nom ou un autre, la démarche semble nouvelle. « En n’assistant plus aux conseils municipaux, on s’est éloigné des communes. » À tort a priori. « Quand vous voulez savoir ce qui se passe dans un quartier, vous allez voir le concierge. Dans une commune, vous allez voir le maire. »

Si les membres de la SDIG n’assisteront pas à tous les conseils municipaux, ils se feront envoyer l’ordre du jour et jugeront, en fonction. L’un de ses membres a déjà assisté aux séances des conseils municipaux d’Erstein, Obernai, Barr et Benfeld. Sélestat, Villé et Marckolsheim pour le Centre-Alsace devraient être prochainement concernés. Dans plusieurs de ces communes, des prises de contact ont effectivement déjà eu lieu avec les édiles ou leur administration.

Montrer aux élus que l’État… ne les oublie pas

S’agirait-il aussi de mettre la pression sur les élus en manifestant de façon ostensible l’intérêt de l’Information Générale pour les conseils municipaux à la veille des élections ? « Il s’agit de battre la campagne et de s’imprégner de ce qui s’y passe, mais cela se fait à l’exclusion de tout contexte politique », assure une source interne de l’Information Générale, laquelle précise également que cette procédure de rapprochement avec les élus a cours partout ailleurs. Une norme qui ne se serait pas encore appliquée dans le Bas-Rhin.

Une autre source justifie cette démarche par la volonté de faire remonter les problèmes d’insécurité, les dossiers économiques à soutenir, et, globalement, de rappeler la présence de l’État. Y compris au cœur même des assemblées municipales. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit…

« Une information n’est pas un renseignement »

Pourtant les élus locaux et les administrations préfectorales n’ont pas attendu la SDIG pour jouer leur rôle de courroie de transmission de ce type d’information. « Une information n’est pas un renseignement, réplique cette même source. De plus, doubler ces transmissions permet de sécuriser l’information ».

Mais les arcanes de l’Information Générale sont appelés à… conserver leur part de mystère et les interventions dans les conseils municipaux à se faire nettement moins flagrantes. Il semblerait en effet que la démarche effectuée par ce policier à Benfeld relève davantage d’un excès de zèle… quand la SDIG préfère, à l’évidence, avancer à couvert.
par Florent Estivals et Jean-François Ott, publiée le 03/10/2013 à 05:00

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