Réseau Education Sans Frontières (RESF)

Vous trouverez ci-dessous une tribune d’élus parisiens et franciliens, relative à l’expulsion du lycéen parisien Khatchik. Parmi les premiers signataires figurent, entre autres, les noms de Anne Hidalgo, Rémi Féraud, Secrétaire de la fédération PS de Paris, Henriette Zoughebi, Vice présidente de la Région IdF chargée des lycées,Guillaume Balas, Président du groupe PS à la Région IdF. D’autres élus pourront signer cette tribune par la suite.

Premiers signataires :
Pierre Aidembaum, Maire du 3ème arrondissement ; Guillaume Balas, Président du groupe PS et apparentés de la Région Ile de France, Claudine Bouygues, Adjointe au Maire de Paris chargée des droits de l’Homme, de l’intégration, de la lutte contre les discriminations et des citoyens extracommunautaires ; Ian Brossat, Président du groupe communiste et élus du parti de gauche au Conseil de Paris, Colombe Brossel, Adjointe au Maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative ; Fanélie Carrey-Conte, députée de Paris (20e arrdt); Alexis Corbière, Conseiller de Paris ; Véronique Dubarry, Adjointe au Maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap ; Myriam El Khomri, Adjointe au Maire d Paris chargée de la prévention et de la sécurité ;Rémi Féraud, Secrétaire de la fédération de Paris du PS, maire du 10ème arrondissement ; Isabelle Gachet, Adjointe au Maire de Paris chargée de la jeunesse ; Sylvain Garel, Président du groupe Europe écologie-Les Verts au Conseil de Paris ; Anne Hidalgo, 1ere Adjointe au Maire de Paris ;Pierre Laurent, Sénateur PCF de Paris et secrétaire national du PCF Paris ; Pascale Le Néouannic, Présidente du groupe Front de Gauche, parti de gauche, les Alternatifs à la Région Ile-de-France ;Gabriel Massou, Président du groupe Front de Gauche, Parti Communiste, Gauche Unitaire et Alternative Citoyennes; Christophe Najdovski, Adjoint au Maire de Paris chargé de la petite enfance ;Mounir Satouri, Président du groupe EELVà la Région Ile-de-France ; Danielle Simonnet, Conseillère de Paris ; Olga Trostiansky, Adjointe au Maire de Paris chargée de la solidarité, de la famille et de la lutte contre l’exclusion ; Catherine Vieu-Charrier, Adjointe au Maire de Paris chargée de la mémoire et du monde combattant ; Jean Vuillermoz, Adjoint au Maire de Paris, chargé du sport ; Henriette Zoughebi, Vice-présidente de la Région Ile-de-France chargée des lycées.

Et le Réseau Education Sans Frontières (RESF)

 

Non à l’expulsion des lycéens sans papiers

Samedi 12 octobre 2013, malgré la mobilisation des lycéens, d’organisations de jeunesse, d’élus et de RESF, Khatchik, lycéen de 19 ans est expulsé vers l’Arménie après trois semaines de détention administrative. Il est le premier lycéen parisien expulsé depuis 2006.

Khatchik est scolarisé au lycée Camille JENATZY dans le 18ème arrondissement de Paris. Il a fuit l’Arménie en 2011 pour suivre son père menacé pour ses activités politiques. Toute la famille est présente en France. A leur arrivée, ils ont fait une demande d’asile.

Très rapidement Khatchik a construit son projet professionnel ici, comme l’attestent les professeurs de la classe d’accueil du lycée Dorian dans lequel il a été scolarisé lors de son arrivée. Il est devenu majeur et pour lui les choses sont claires : son pays c’est la France. Il a respecté les règles fixées par sa demande d’asile : aucun contact avec les autorités de son pays.

Contrôlé le 19 septembre avec des amis parce qu’ils sont soupçonnés d’un vol simple, Khatchik est le seul à être inquiété. Pas pour l’éventuel vol mais parce ce que, comme le reste de sa famille, il est devenu sans papiers suite au refus de sa demande d’asile. Mais il n’a pas pu contester cet état de fait, le jugement ayant été envoyé à leur ancienne adresse.

Khatchik est placé en Centre de Rétention Administrative et son expulsion se prépare. Une première tentative le 10 octobre échoue : une trentaine d’élèves, d’enseignants du lycée Jenatzy, des soutiens RESF, JC et FIDL ayant convaincu des passagers de soutenir le refus d’embarquer de Khatchik.

Le samedi 12 au petit matin Khatchik est de nouveau extrait de sa cellule alors qu’il devait passer devant un juge des libertés trois jours plus tard. Malgré cette tentative surprise, la mobilisation s’organise. Un groupe va à l’aéroport et les élus interpellent la Préfecture de Police et le ministère de l’intérieur. Mais rien n’y fait. L’expulsion a bien lieu cette fois-ci.

Les études Khatchik sont stoppées net, sa vie de famille est brisée et surtout il attend, en prison et avec angoisse, de connaître le sort que lui réserve la justice de ce qui n’est plus son pays. Il ne s’est pas fait recenser pour son service militaire en Arménie et est donc considéré là-bas comme déserteur. Pour cela il risque 3 à 5 ans de prison.

Ce recensement aurait pu être fait par l’intermédiaire de l’ambassade d’Arménie mais cela aurait signifié enfreindre les règles de l’asile. Il risque donc des années de prison pour avoir respecté les règles !

Nous regrettons profondément l’expulsion de Khatchik du territoire français.  Nous nous adressons au président de la République pour permettre le retour en France de Khatchik, comme cela a été possible pour Suzilène, Taoufik, Mohamed, Ilyes et Najlae lycéens de toute la France, expulsés puis revenus grâce aux mobilisations entre 2005 et 2011.

D’autres lycéens sont aujourd’hui concernés par cette situation. Nous affirmons tous ensemble que nous mettrons tout en œuvre pour protéger les lycéens sans papiers parisiens. Pour nous, le droit à la scolarité et à la vie en famille n’est pas négociable.

mercredi 16 octobre 2013.