AL-Quds au cœur de la Palestine et de la nation

madrasanabisam

Légende photo : école à Nabi Samu’il, village en cours de purification ethnique

AL-Quds au cœur de la Palestine et de la nation :

Soutien à la résistance maqdisie palestinienne

N°4 – Décembre 2013

I – Al-Quds occupée : asphyxie et purification ethnico-religieuse

Dans la ville occupée d’al-Quds, la politique de l’apartheid menée par l’occupant a été clairement dévoilée lors de la tempête de froid qui s’est abattue dans la région. Si la bande de Gaza a été inondée par les pluies torrentielles et les égoûts en provenance des colonies situées dans la région du Naqab, dans la ville d’al-Quds, la pratique coloniale et raciste de l’occupant fut à son comble, au cours de cette vague de froid. Les rues de la partie Est de la ville, et notamment celles où ne se trouvent aucune colonie, n’ont pas été déblayées par les engins de la municipalité : la neige est restée des jours entiers, bloquant toute possibilité de circulation de la population maqdisie. Suite à cela, la neige s’est transformée en glace dans ces parties de la ville où les colons sont rares, et plusieurs accidents ont eu lieu. De plus, la municipalité sioniste a refusé de répondre aux demandes des Palestiniens maqdisis réclamant l’alimentation électrique, préférant alimenter les quartiers des colons, dans la partie de la ville occupée en 48 et dans les colonies construites après 1967.

Selon les journalistes de la ville, les Palestiniens ont été victimes d’une politique de discrimination criante lors de ces journées de tempête, payant le prix de leur volonté de demeurer dans leur ville. Considérés résidents mais non citoyens « israéliens », les Maqdisis ne furent pas pris en compte par la municipalité de l’occupation lors de la vague de froid. Leur présence dans la ville fut tout simplement ignorée. C’est par leur solidarité et leur appartenance nationale que les plus démunis d’entre eux furent secourus, les équipes palestiniennes formées spontanément ayant réussi à sauver des dizaines de familles, qui seraient mortes de froid. Après la tempête, ce sont les Palestiniens qui ont déblayé les écoles et non les services municipaux de l’occupation.

Les pluies torrentielles et la neige qui se sont abattues sur la ville ont dévoilé les dégâts occasionnés par les creusements et les tunnels construits par l’occupant, notamment à Selwan.

Destruction du tissu social maqdisi : L’occupant sioniste mène une guerre multi-dimensionnelle contre la population palestinienne de la ville. Une de ces dimensions concerne l’unité islamo-chrétienne, que l’occupant vise à détruire, en propageant pour « le service civil » des chrétiens palestiniens, dans ses institutions. Après les territoires occupés en 48, c’est au tour de la population maqdisie et de sa « minorité » chrétienne de subir la politique coloniale sioniste. Selon le journaliste et écrivain Maqdisi, Rassem Ubaydat, de nombreuses soi-disant écoles supérieures ont ouvert leurs portes à la jeunesse maqdisie, l’attirant par des tarifs de départ attrayants, leur seul but étant de normaliser avec l’occupation.

Assassinat d’un enfant : Un colon juif extrémiste a écrasé, samedi 21 décembre, un enfant de 14 ans, Amine Moussa Swaylem, qui est décédé sur le coup.

L’occupation a prolongé l’interdiction d’entrer dans la ville d’al-Quds au sheikh Raed Salah, une des principales figures de la résistance populaire à l’occupation.

La guerre de l’occupant contre l’éducation
Une récente étude portant sur la situation de l’enseignement dans la ville d’al-Quds souligne la politique raciste et discriminatoire de l’occupation sioniste envers la population palestinienne maqdisie. Non seulement des centaines d’élèves sont obligés de passer les barrrages et à travers le mur de l’annexion pour se rendre à leurs écoles, tous les jours, mais l’occupant asphyxie l’enseignement palestinien en refusant de construire de nouvelles salles dans les écoles et de rénover les salles existantes. Il a récemment démoli 4 nouvelles salles de cours dans l’école Dar al-Aytam dans le quartier Thawri, et obligé l’école à payer une amende de 56.000 shekels. Il a de même démoli la cour dans l’école des filles dans Bab al-Zahra, dans l’ancienne ville, en faisant payer une amende de 30.000 shekels. L’exemple de démolition le plus étrange est celui de la démolition des toilettes dans l’école de Nabi Samu’îl. Le rapport récent de l’ONU signale que 4329 à 5300 élèves maqdisis ne sont inscrits dans aucune institution éducative. Pour Hatem Abdel Qader, responsable du dossier d’al-Quds dans le mouvement Fateh, l’occupant est le principal obsacle au développement de l’enseignement dans la ville. Sulayman Rabdi, directeur de l’école des « Frères », ajoute que l’occupant refuse d’accorder aux écoles des permis de construire. « Nous avons fait une demande de construire sur un bout de terrain que nous possédons à Beit Hanina. L’occupant réclame 1 million et demi de shekels pour l’autorisation. Nous sommes obligés de faire appel aux dons, ce qui réclame beaucoup d’efforts et de temps. D’autre part, le financement international consacré à l’enseignement est très maigre, et les donateurs internationaux préfèrent financer les programmes, ceux qui parlent de démocratie, de droits de l’homme et de l’égalité entre les sexes, mais ignorent les principaux besoins de la population ».

Umm Kamel, expulsée de sa maison en novembre 2008 à Sheikh Jarrah, qui a résisté à cette expulsion en plantant une tente pendant un an, devant sa maison envahie par les colons, a été interdite d’entrée aux Etats-Unis par les services de renseignements américains. Umm Kamel, figure résistante maqdisie, à cause de sa persévérance et son courage, qui a fait reconstruire sa tente démolie huit fois par l’occupation, avait pourtant obtenu un visa touristique pour les Etats-Unis où elle devait recevoir le prix AMP et intervenir au cours de réunions pour populariser la lutte des Maqdisis. Elle a été interpellée à l’aéroport d’Istanbul, où elle était en escale, pour se voir notifier qu’elle est indésirable aux Etats-Unis.

Selon un rapport récent, 100.000 Palestiniens Maqdisis en possession de la carte de résidence d’al-Quds délivrée par l’occupation vivent à présent au-delà du mur de l’annexion. Ce chiffre représente, d’après le bureau palestinien central de statistiques près d’un tiers des Maqdisis enregistrés en tant que tels. Selon le rapport de l’ONU au mois de mai dernier, 77% des familles non-juives dans la ville occupée d’al-Quds vivent en-dessous du seuil de la pauvreté, contre 25% des familles juives.

14.000 Maqdisis ont perdu leur carte de résidence depuis 1967, plus de la moitié d’entre eux depuis 2006.
En l’espace d’une semaine, 14 jeunes sont arrêtés à Sour Baher au début du mois de décembre.

L’occupation détruit les maisons palestiniennes et construit des colonies juives : La municipalité de l’occupation colle des ordres de destruction sur deux immeubles dans le quartier Ayn Laouze, dans Silwan, appartenant à la famille Siyam. Ces immeubles ont été construits il y a dix ans. La mère décédée depuis deux ans, avait payé la taxe de 650 mille shekels pour avoir construit sans « autorisation » de l’occupation. Les membres de la famille ont expliqué qu’ils essaient depuis des années d’obtenir cette autorisation, mais en vain. Par contre, les autorités de l’occupation ont dévoilé leur intention de construire de nouvelles colonies dans la ville occupée : deux projets de colonies sont à l’étude, l’un situé dans Ras al-Amoud et l’autre dans Jabal al-Masharef.

II – Al-Quds occupée : les lieux saints

Pour empêcher la résistance populaire à la judaïsation de la mosquée al-Aqsa, les autorités coloniales éloignent des jeunes Maqdisis, en leur interdisant de s’en approcher : après avoir libéré trois jeunes ayant été arrêtés, elles ont décrété leur éloignement pour une période allant de 15 jours à trois mois, et le paiement de lourdes amendes.

Les colons sionistes poursuivent leurs incursions à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa. Le rabbin colon Yehuda Galik a dirigé deux incursions, les 4 et 19 décembre, avec une vingtaine de colons, du côté de la porte al-Maghariba, sous la protection de la police de l’occupation. Les fidèles musulmans et les étudiants sur place ont réagi et refoulé les colons.

Des dizaines de colons ont procédé le 3 décembre à l’éclairage de la « chandelle du temple » à quelques mètres de la partie ouest de la mosquée al-Aqsa, mesure qui prépare la judaïsation et l’invasion. Les incursions des colons avec les « chandelles » ont été stoppées par les fidèles de la mosquée, qui les ont empêchés d’entrer dans la mosquée. Mais le lendemain, les forces de l’occupation ont mené une incursion contre les fidèles à l’intérieur de la mosquée, tirant des bombes lacrymogènes et rouant de coups les fidèles. 15 Palestiniens furent blessés dont le journaliste Ata Uwaysat.

De nouveaux creusements sont menés sous la mosquée al-Aqsa par le département archéologique de l’occupation, près de la porte al-Silsila. L’institution al-Aqsa et le patrimoine dénonce la destruction des vestiges musulmans.

L’occupant installe des caméras de surveillance à l’intérieur même de la mosquée al-Aqsa. Après les caméras installées autour de la mosquée et aux portes, à présent, ce sont trois caméras que l’occupant a installées à l’intérieur.

III – Al-Quds occupée : résistance palestinienne
Une volonté inébranlable, une patience infinie, un esprit de sacrifice immense : c’est par ces qualités que le résistant prisonnier Samer Issawi a obtenu sa liberté. Samer Issawi, du bourg maqdisi al-Issawiya, avait mené une grève de la faim illimitée, pendant 8 mois, pour exiger sa libération. Fort du soutien de sa famille, de ses proches, de son peuple et des libres de ce monde, Samer Issawi a donné une leçon aux occupants, l’obligeant à reculer. Rien n’avait ébranlé sa volonté. Ni les coups, ni les mauvais traitements, ni les pressions exercées par l’Autorité de Mahmoud Abbas pour arrêter sa lutte, n’ont rien fait. Il avait refusé toutes les propositions, faites par les sionistes, les Etats européens, les organismes internationaux, pour cesser sa lutte. Il a refusé son bannissement hors de sa ville. La famille de Samer Issawi et les habitants d’al-Issawiya ont subi arrestations, incursions, destructions des tentes de la solidarité à maintes reprises. Cela ne les pas empêchés de poursuivre leur soutien au héros. Les sionistes craignent même leur joie. Ils leur ont interdit de la manifester en public. Mais la détermination des Palestiniens à fêter le retour de leur héros, jusqu’à l’aube, a défié l’occupation.

Le colon russe Lieberman a réclamé l’emprisonnement à nouveau de Samer Issawi, qui a déclaré que seule le kidnapping des sionistes pouvait entraîner la libération des prisonniers. Samer Issawi a répondu que Lieberman n’était qu’un « chien aboyant ».

Des dizaines de jeunes ont démoli 4 mètres carrés du mur de l’annexion dans la zone al-Shiyyah, qui sépare al-Izariyeh de la ville al-Quds.

Des affrontements entre les jeunes maqdisis et la police sioniste ont eu lieu le 16 décembre dans deux quartiers de Selwan. Alors que les jeunes lançaient des pierres et des cocktails molotov, les forces de l’occupation envoyaient ds bombes sonores et des balles en caoutchouc.

Un officier sioniste a été poignardé près d’une colonie au nord d’al-Quds. « L’assaillant » a réussi à prendre la fuite.

IV- Al-Quds occupée : pages d’histoire
Juste après avoir occupé la partie orientale de la ville d’al-Quds, l’occupant procède à la destruction du quartier « maghrébin », sous le prétexte d’élargir la place qui donne sur le mur a-Bouraq (appelé par les sionistes « mur des lamentations »). Ce quartier, vieux de 700 ans, a été consacré aux populations venant du Maghreb arabe. En juin 1967, il rassemblait 650 personnes, environ 100 familles. Il y avait la mosquée al-Maghariba, la zawiya Fakhriyya, l’école al-Afdaliyya, en plus des 135 maisons. Le 10 juin 1967, l’armée sioniste oblige la population à quitter leurs maisons, dans un laps de temps de deux heures. Avant la tombée de la nuit, le quartier fut rasé.

V – Al-Quds occupée : solidarité
L’Institution Internationale al-Quds – branche de Gaza, a organisé le 7ème congrès consacré à la ville occupée, sous le titre : « la colonisation dans al-Quds et son rôle dans la judaïsation », le 19/12/2013. Dix recherches furent présentées et discutées au cours de ce congrès. Au cours de la séance d’ouverture, M. Isma’ïl Haniyyé, premier ministre du gouvernement à Gaza, a considéré que quatre facteurs permettent à l’occupant d’oser s’en prendre à la ville d’al-Quds, le plus important étant le vide politique dont souffre le projet national palestinien. Il a déclaré que c’est l’absence de projet assurant la protection de la ville occupée d’al-Quds et de la Cisjordanie dans l’ensemble, qui facilite aux sionistes de s’accaparer et de judaïser la ville, tout comme il a considéré que les préoccupations de la nation arabe sont un facteur négatif, indiquant que la question d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa ont perdu leur place prioritaire dans ces préoccupations.

Quant au président de la branche de IIQ à Gaza, le député Ahmad Abou Halbiyyé, il a affirmé que la ville occupée fait face à présent à une des étapes les plus dangereuses de la judaïsation, expliquant les effets néfastes des creusements et des tunnels, la menace de la confiscation du droit du peuple palestinien sur la mosquée al-Aqsa, qui est à présent entouré de dizaines de synagogues et de colonies. Le père Emmanuel Msallam est intervenu au cours du congrès pour déclarer que la lutte pour al-Quds est une lutte pour le droit au retour et la fin de l’occupation et a souligné que la présence d’Israël dans al-Quds et la Palestine n’est qu’une vague coloniale revêtue de religion, pour avoir l’appui des peuples égarés.

L’union mondiale des ulémas musulmans a dénoncé le projet de la chaîne NBC de produire un film sioniste sur la ville d’al-Quds.
Le forum des journalistes palestiniens a dénoncé la participation de la chaîne américaine NBC à la production d’un film dramatique en collaboration avec l’occupant sur la ville d’al-Quds, d’après la vision sioniste. Le film ou série intitulé DIG reprend les mythes sionistes sur la judéité de la ville occupée. Le forum dénonce la légalisation de la politique de l’apartheid, l’épuration ethnique et la colonisation par cette production cinématographique.

Une campagne organisée par plusieurs associations nationales est lancée contre la production de ce film sioniste, dont l’occupant attend qu’il soit sa vitrine touristique. La chaîne NBC a d’ores et déjà affirmé qu’elle « étudierait » la question avant de participer à cette production mensongère. Ce que déplore le quotidien sioniste Haaretz.

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